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Le Rassemblement national est-il un parti fasciste ?

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Pour comprendre le débatPour comprendre le débat [ modifier ]

À chaque élection française, la question est reposée : le Rassemblement national (ex-FN) est-il un parti fasciste ?

Pour les uns, le RN partage des caractéristiques typiques des partis fascistes, comme le nationalisme, le racisme ou l'utilisation du slogan « Ni droite, ni gauche ». Le RN aurait également la base sociale traditionnelle du fascisme, et ses dirigeants entretiendraient des liens étroits avec des individus de la mouvance fasciste française et européenne.

Pour les autres, le FN (devenu RN) aurait abandonné toute référence proche ou lointaine au fascisme avec l'arrivée de Marine Le Pen, qui aurait entrepris une opération de « dédiabolisation ». Les quelques traits partagés avec les partis fascistes de Mussolini et Hitler ne pourraient suffire à faire oublier les traits essentiels de ces partis : ils avaient pour objectif de façonner un ordre nouveau et possédaient des milices armées. Selon certains historiens et sociologues, le RN ne serait qu'un parti national-populiste.
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Voir aussi : Rassemblement national et Fascisme sur Wikipédia [ modifier ]

Pour comprendre le débatCarte des arguments

POUR

Argument POURLe RN est un parti nationaliste
Argument POURLe RN est un parti raciste, xénophobe, antisémite et homophobe
Argument POURLe RN tire son origine d'individus et groupes fascistes
Argument POURLes Le Pen entretiennent des liens avec des personnes considérées fascistes
Argument POURL'étude du fascisme fait partie de la formation des militants
Argument POURLe RN a la base sociale traditionnelle du fascisme
Argument POURLe slogan "Ni gauche, ni droite" est typiquement fasciste
Argument POURLe programme du RN a un volet sécuritaire via le respect de l'autorité policière et donne une place à l'armée très importante
Argument POURL'idéologie du RN prône la haine et l'exclusion
Argument POURLe RN favorise des comportements fascistes (exclusion, haine, discriminations etc.)
Argument POURLe RN soutient les mouvements identitaires considérés comme extrémistes
Argument POURLe RN tire profit de la crise politico-sociétale
Argument POURLe RN est coutumier des fake news

CONTRE

Argument CONTRELe RN s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen
Argument CONTRELa tendance fasciste du RN est en voie de marginalisation
Argument CONTRELe RN n'a pas de milices armées
Argument CONTRELe RN n'a pas pour objectif de façonner un ordre nouveau
Argument CONTRELe RN est un parti intégré dans le jeu électoral
Argument CONTRELe RN se réclame de la démocratie
Argument CONTRELe RN est un parti national-populiste
Argument CONTRELe RN n'utilise pas la terreur ni la violence de rue
Argument CONTRECrier au loup fasciste avec le RN sert les intérêts politiciens de la gauche et de la droite

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Arguments POURArguments POUR [ modifier ]

Argument POURLe RN est un parti nationaliste

« Comme son nom l'indique clairement, le nationalisme est l'un des piliers du Front national. Le FN se qualifie lui-même de « parti patriote ». C'est un parti nationaliste qui glorifie le mythe de la nation. Marine Le Pen a même accepté le qualificatif de « nationaliste-populiste ». Ce nationalisme se manifeste principalement autour de deux thèmes, de deux boucs-émissaires extérieurs qui seraient la cause de tous les problèmes que rencontre la société française :
  1. L'immigration rendue responsable du chômage, des déficits et de l'insécurité. Elle est présentée comme une menace pour l'identité nationale. En conséquence et logiquement le FN entend donner la priorité aux Français : « la priorité nationale ».
  2. L'Union européenne et l'euro considérés comme sources de contraintes et responsables de la perte d'une indépendance qu'il faudrait reconquérir.
Il en résulte des positions souverainistes et protectionnistes. »
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionPatriotisme n'est pas nationalisme

Le Front national se décrit comme un parti patriote. Or, il existe une différence majeure entre le patriotisme et le nationalisme. Ce sont deux visions différentes de l'identité nationale.

Le nationalisme consiste à définir son pays en opposition des autres. C'est ne pas aimer les autres pays, considérer le sien comme meilleur. Un nationaliste s'érige en protecteur de son pays face à un ennemi intérieur (typiquement, les immigrés). C'est la logique du "nous" contre "eux". Les immigrés ne peuvent, selon eux, s'intégrer et mettent forcément en danger l'identité nationale. C'est une vision représentée par Maurice Barrès.

A l'inverse, le patriotisme consiste à aimer son pays, ce qui le constitue sans pour autant avoir une vision d'opposition et de supériorité face aux autres pays. Un patriote ne considère pas forcément que l'immigration est mauvaise car les immigrés font partie de l'histoire du pays. Un patriote se battra aussi pour défendre son pays mais face à un autre pays qui essaye d'attaquer (lors d'une guerre par exemple), pas face à un prétendu ennemi intérieur qui mettrait en péril l'identité nationale. C'est une vision représentée par Jean Jaurès.
« Le patriotisme, c'est aimer son pays. Le nationalisme, c'est détester celui des autres. »
Charles de Gaulle.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Le Rassemblement national est un parti patriote
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection D'après les définitions ci-dessus, le Front national est donc bien un parti nationaliste
Objection Le patriotisme est utilisé comme faux nez du nationalisme
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionNational-populiste n'est pas fasciste

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »
Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus, Gaël Brustier, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.
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« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

ObjectionDe nombreux nationalistes ont combattu le fascisme durant la 2ème Guerre mondiale

De Gaulle appartenait à la droite et était nationaliste. Il a été rejoint à Londres par un certain nombre de nationalistes de droite, qui combattaient le nazisme et soutenaient l'idée d'une "France éternelle". On ne peut absolument pas établir une équivalence entre "nationalisme" et "fascisme".

Argument POURLe RN est un parti raciste, xénophobe, antisémite et homophobe

« Le 13 septembre 1987, Jean Marie Le Pen déclare sur RTL que les chambres à gaz sont « un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ». [...] Le 2 septembre 1988, dans un discours, M. Le Pen évoque le ministre de la Fonction publique Michel Durafour, et fait un calembour : « Durafour crématoire ». [...] Le 12 janvier 2005, Jean-Marie Le Pen estime dans un entretien à l’hebdomadaire Rivarol que l’occupation allemande en France « n’a pas été particulièrement inhumaine ». [...] Fin décembre 2010, Marine Le Pen assimile les prières de rues musulmanes à « une occupation ». [...] Le 7 avril 2015, Jean-Marie Le Pen affirme dans Rivarol qu’il n’a « jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître ». [...] Le 7 juin 2014, Jean-Marie Le Pen s’en prend dans une vidéo à des artistes qui ont pris position contre le FN. A son interlocutrice qui évoque le nom de Patrick Bruel, il répond : « Ecoutez, on fera une fournée la prochaine fois ». Le 9 avril 2017, en pleine campagne pour l’élection présidentielle, Marine Le Pen déclare : « Je pense que la France n’est pas responsable du Vel d’Hiv » en référence à la rafle, en 1942 à Paris, au cours de laquelle plus de 13 000 juifs avaient été arrêtés par la France. »
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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLe RN fait l'amalgame entre immigration et terrorisme

« Fermer les frontières pour lutter contre le terrorisme Le rétablissement immédiat des frontières, avec l'aide des réservistes qui seront rappelés, fait partie intégrante de son projet de lutte contre cette immigration : "On ne peut pas contre notamment le danger majeur qui pèse sur nous, qui est le terrorisme, sans maîtriser nos frontières". »

Sous-argumentLa dédiabolisation n'est qu'une façade

« Elle écrit qu'elle se rend compte très vite, comme elle s'y attendait, que la stratégie de dédiabolisation du FN est une façade. Les réunions internes auxquelles elle assiste sont souvent imprégnées d'islamophobie et de racisme. On s'y complait dans des théories complotistes. Celle du complot islamo-pétrolier remporte visiblement tous les suffrages.

[...]

Ce qui est très désarmant ce sont les paradoxes des militants. Trois membres de la famille de mon secrétaire départemental, qui est d'origine juive, ont ainsi été déportées pendant la deuxième guerre mondiale. Cela ne l'empêche pas d'être très radical, prêt à prendre les armes s'il le faut. L'histoire personnelle des militants ne les fait pas réfléchir. S'ils étaient recadrés quand il y a des dérapages racistes, on pourrait peut-être parler de dédiabolisation. Mais ils ne sont pas repris en main. Bien au contraire. Lors d'une réunion à laquelle j'ai assisté, l'un des cadres était même chargé de rectifier les dérives des membres «FN light»! »
Marie-Estelle Pech, « Une journaliste infiltrée au cœur du Front national », Le Figaro, 22/02/2012.
OBJECTIONS

ObjectionLe RN s'est dédiabolisé avec l'arrivée de Marine Le Pen

« Lorsqu'elle décide d'entreprendre sa stratégie de normalisation, au début des années 2000, Marine Le Pen s'applique à marquer une rupture avec les fondamentaux nationalistes des origines. Celle-ci passe par une prise de distance avec les conceptions racialistes et antisémites et par un virage sociétal en rupture avec les conceptions des nationaux-catholiques qui continuent de peser dans l'appareil. [...] Marine Le Pen a tapageusement exclu en 2011 les cadres du FN membres de l'Oeuvre Française (OF), Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, faisant ainsi coup double, puisqu'ils étaient également des soutiens de Bruno Gollnisch. Les groupuscules périphériques apparaissent ainsi instrumentalisés dans le jeu de concurrence interne au parti, même si Pierre Sidos affirme que l'OF n'a nullement cessé son entrisme. Marine Le Pen a pu de cette manière se donner à voir comme celle qui rompait avec l'antisémitisme et le référentiel fascisant. D'ailleurs, sitôt élue présidente du FN, elle a fait une déclaration qui se voulait exemplaire en indiquant que « ce qui s'est passé » dans les rangs nazis constitue le « summum de la barbarie ». »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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« Pour le parti, la solution passe à l'évidence par la formation des militants. En confiant celle-ci à son aile modérée en 2012, alors qu'elle avait été jusqu'ici marquée de la patte des radicaux, le FN entrave tout projet éventuel de l'extrême-droite radicale d'influencer la ligne du parti. S'il parvenait à mener cet encadrement à terme, ce serait la défaite définitive de Dominique Venner, lui qui espérait un contrôle du parti unitaire par un groupuscule radical, avec une cristallisation peut-être plus nette des deux sous-ensembles majeurs de l'extrême-droite, l'un constitué de ses groupuscules, l'autre que l'autre que l'on pourrait qualifier, dorénavant, d'institutionnel. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

ObjectionLe RN ne prône pas de théories racistes

Le racisme consiste, au sens premier, à soutenir des théories sur le caractère des prétendues "races" et à établir une hiérarchie entre elles. C'est en s'appuyant sur cette pseudo-hiérarchie que le racisme conduit à stigmatiser - voire, vise à éliminer - certaines "races". Le FN ne soutient pas de théorie racialiste, il n'est donc pas un parti raciste.
Sous-débat
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Le Rassemblement national ne prône pas de théories racistes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Des politiciens RN tiennent des propos racistes
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionRaciste n'est pas fasciste

Que les responsables du Front national tiennent de tels propos ne suffit pas à faire de ce parti un parti fasciste. Bien d'autres conditions d'un parti fasciste ne sont pas réunies :

En cela on ne peut sérieusement considérer le Front national comme un parti fasciste.

ObjectionLe RN est simplement un parti national-populiste

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »
Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus, Gaël Brustier, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.
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« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

ObjectionLe RN n'est ni homophobe, ni antisémite, ni sexiste

Un certain nombre de cadres du RN ont fait leur "coming out" et sont gays ; Marine Le Pen s'est abstenue de se rendre à La Manif pour Tous ; enfin, elle a multiplié les déclarations en soutien à la communauté juive notamment lors de diverses épreuves la frappant.
« Ce "nettoyage de vitrine" suffit-il à expliquer à lui seul le fait que de plus en plus d'homosexuels se tournent vers le FN ? Plusieurs militants frontistes interrogés dans le cadre de notre enquête avancent un autre motif de ralliement : la peur suscitée par l'islam et son intolérance supposée à l'égard des homosexuels. "Je veux que nous n'ayons pas peur de s'aimer librement, même dans des zones actuelles de non-droit", explique Lucas. "J'ai vécu dans un immeuble social du 9-3 à Saint-Ouen, où j'ai vécu l'enfer en raison du racisme anti-gay", ajoute John. »
Auteur anonyme, « Le Front national est-il vraiment devenu "gay friendly" ? », France Tv info, 12/03/17.
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« La candidate à l’élection présidentielle Marine Le Pen sera si elle est élue, "le plus grand défenseur de la communauté juive de France", a-t-elle affirmé lors d’une interview publiée jeudi dans le magazine israélien Makor Rishon, ajoutant par ailleurs que l’Etat d’Israël avait "le droit d’établir sa capitale où il le souhaite". (...) "J’ai toujours été très claire à ce propos, tout le monde sait que nous sommes en rupture avec mon père sur ce sujet, même si cela me peine, car il s’agit de mon père", a affirmé Marine Le Pen à Makor Rishon. »

Argument POURLe RN tire son origine d'individus et groupes fascistes

« Le Front national est un projet porté par le mouvement néofasciste Ordre nouveau, fondé en 69 et dissout par l’Etat en 1973. [...] Ordre nouveau [ON] se définit comme « nationaliste-révolutionnaire » et ne fait pas de mystère sur que ce que signifie néofasciste dans le cadre de l’après-guerre. Le mouvement se veut très subversif, mais dans ses sections on lit quand même plutôt Maurras, il y a une petite difficulté à accorder le ressenti révolutionnaire avec des idées qui le soient autant. D’où l’importance de la violence physique, qui donne chair à ce révolutionnarisme mais finit par mener à la dissolution. Se retrouvent à ON tous les items qui font l’extrême droite : représentation de la nation comme un organisme, utopie de régénération, dégagement des « élites véritables » en lieu et place de la « démoploutocratie », etc. »
Nicolas Lebourg, « Les origines du Front national », 13 octobre 2013.
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SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionLa filiation n’est que chronologique

« Nous l’avons dit : Ordre nouveau fut à l’origine du FN. Mais peut-on encore parler en 2014 de filiation autre que chronologique ? Il reste dans la formation de Marine Le Pen d’anciens militants d’Ordre nouveau [ON]. Leur fidélité à l’engagement nationaliste est intacte mais le parti dans lequel ils militent ne peut plus être un calque de celui de leur jeunesse : la violence politique a drastiquement diminué ; les lois réprimant le racisme et la xénophobie rendraient certainement illégaux nombre d’éléments de langage d’ON ; l’anticommunisme et l’antigaullisme ne sont plus des déterminants majeurs du combat politique ; enfin, la « dédiabolisation » voulue par l’actuelle direction passe par l’élimination de la visibilité du « folklore » nationaliste (mais non des fondamentaux nationalistes). »
Jean-Yves Camus, « Préface », Aux racines du FN, Éditions Fondation Jean-Jaurès, 2014.

ObjectionLe RN compte aussi à sa fondation des Résistants dans ses rangs

« Si le parti de Marine Le Pen est présenté régulièrement par ses adversaires comme un parti de « collabos », il ne faut pas oublier que le Front national a compté dans ses rangs, et depuis sa fondation, de nombreux résistants et déportés dont voici quelques noms célèbres :
  • Maître Jean-Baptiste Biaggi, avocat, ancien député de Paris, ancien conseiller régional de Corse, ancien maire de Cagnano (Corse), officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-1945, médaille de la Résistance.
  • Rolande Birgy, ancienne de la JOC (1928), membre du Sillon catholique (1930), de la CFTC (1929) et du MRP (1945), résistante (Réseau Valette d’Osia), croix du Combattant volontaire de la résistance, Yad-Waschem (titre de « Juste » décerné par l’Etat d’Israël, en 1984), membre de SOS Tout Petits.
  • Jean-Charles Bloch, Croix de guerre, président du Comité des Français juifs.
  • [...] »
Jordi Vives, « Le Front national et la Résistance française, une histoire méconnue », Lengadoc Info, 28 avril 2017.

ObjectionLe RN n'a actuellement pas pour objectif de façonner un ordre nouveau

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ObjectionLe RN n'a actuellement pas de milices armées

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ObjectionLa tendance fasciste est en voie de marginalisation

« Les néo-nazis ne sont plus qu'une infime minorité au sein du FN depuis 1981-82 et leur engagement est purement individuel... À partir de 1985, les sympathisants frontistes aux convictions néo-nazies rejoignent, à sa création, le Parti Nationaliste Français Européen (PNFE)... En règle générale, la durée de l'engagement frontiste des néo-nazis est courte : elle se termine soit par exclusion, soit par départ volontaire en direction des groupuscules. »
Jean-Yves Camus, Le Front national, 1997.

ObjectionLe RN est simplement un parti national-populiste

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »
Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus, Gaël Brustier, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.
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« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

Argument POURLes Le Pen entretiennent des liens avec des personnes considérées fascistes

Au début de années 1960, Jean-Marie Le Pen se rend en Espagne pour saluer d'anciens nazis ou d'anciens collaborationnistes. Marine Le Pen entretient toujours actuellement des amitiés avec d'anciens du GUD, dont Philippe Péninque. Elle a participé au Parlement européen pendant une année, en 2007, à un groupe dont une membre, petite-fille de Mussolini, a déclaré « Mieux être fasciste que pédé ! ». Régulièrement, Marine Le Pen se rend à des bals organisés par des nostalgiques du IIIe Reich. Quant à Marion Maréchal-Le Pen, une photo datant de 2012 la montre en compagnie d'un leader du GUD, Edouard Klein, et d'un membre du mouvement skin, Baptiste Coquelle, que l'on retrouve sur une autre photo un casque de nazi sur la tête.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentJean-Marie Le Pen entretient des relations avec d'anciens nazis et collaborationnistes

« Au début des années 1960, Jean-Marie Le Pen, n’ayant rien renié de son passé sulfureux, se rend en Espagne pour aller saluer d’anciens compagnons de combat. Il rend visite à :
  • Abel Bonnard : Maurassien, il évolue vers le fascisme dans les années 1930. Partisan d’un rapprochement franco-allemand, il devient, durant la seconde guerre mondiale, une figure de la collaboration avec l’occupant nazi. Nommé ministre de l’Éducation nationale en 1942, il fait partie des « ultra » et des derniers partisans du régime de Vichy. […]
  • Louis Darquier de Pellepoix : Individu politique d’extrême droite, il est principalement connu pour son engagement antisémite et pour son activité de collaborateur durant la Seconde Guerre mondiale. […]
  • Léon Degrelle : Journaliste et homme politique engagé à l’extrême droite, il est surtout connu pour son engagement antisémite et pour son activité de collaborateur durant la Seconde Guerre mondiale. […] Engagé volontaire, il combattit sur le front de l’Est avec le grade de commandant dans la 28e division SS Wallonie.
  • Otto SKORZENY : Il rejoint le parti nazi autrichien en 1931. Comme colonel SS, il participa à de très nombreuses opérations prestigieuses, telle que l’évasion de Mussolini d’une prison italienne, en 1944. »
Léon Landini, « Front national : Les chiens ne font pas des chats ! », janvier 1970.

Sous-argumentMarine Le Pen entretient des relations avec d'anciens néonazis

« Si elle [Marine Le Pen] s'est séparée de plusieurs compagnons de la première heure, elle reste fidèle à certaines amitiés à la trajectoire jugée sulfureuse [...] Emmanuel Leroy, cet ancien d'Ordre nouveau, a un parcours beaucoup plus marqué à l'extrême droite dure. Il a, par le passé, animé une lettre aux relents néonazis (la Lettre noire) et revendique toujours sa filiation nationaliste-révolutionnaire et gréciste. [...] Il est encore consulté de temps à autre sur des dossiers précis, notamment concernant les relations avec la Russie. [...] Un ancien acteur est Philippe Péninque, ancien du GUD. [...] Cette défaite n'entame pourtant en rien le crédit de Philippe Péninque, qui continue de prodiguer ses conseils à Marine Le Pen, celle-ci le chargeant de surcroît de quelques missions délicates, notamment en ce qui concerne les finances de son parti. »
Abel Mestre, « Les réseaux du Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.

Sous-argumentMarion-Maréchal Le Pen entretient des relations avec d'anciens néonazis

« C'est une photo dont Marion Maréchal-Le Pen se serait bien passée. Sur cette image, [...] la benjamine de l'Assemblée nationale pose en compagnie d'Edouard Klein, leader du GUD (Groupe union défense, une organisation étudiante d'extrême droite), et de Baptiste Coquelle, présenté comme un membre du « mouvement skin ». La photo date du 11 décembre 2012. Ce soir-là, le FN célébrait en grande pompe ses 40 années d'existence à la salle de la Mutualité, à Paris. Au centre, Baptiste Coquelle. Sur un autre cliché non daté publié par l'hebdomadaire, on retrouve Baptiste Coquelle, casque de SS sur la tête, réalisant un salut nazi devant un drapeau frappé de la croix celtique, symbole des néonazis. »
Jim Jarrassé, « La photo qui embarrasse Marion Maréchal-Le Pen et le FN », Le Figaro, 11/04/2013.

Sous-argumentMarine Le Pen a fait partie en 2007 d'un groupe parlementaire européen avec des néofascistes

« Pendant une année, en 2007, au Parlement européen, Marine Le Pen a fait partie d’un groupe parlementaire composé de 20 parlementaires qui se nommait Identité Tradition Souveraineté (ITS). Parmi les deux députés italiens qui composaient ce groupe, qui se réunissaient avec Mme Le Pen sans que cela ne lui pose le moindre problème, il y avait une certaine… Alessandra Mussolini ! Cette dernière est la petite-fille du « Duce » Benito Mussolini. Sur les plateaux de télé elle refuse publiquement que l’on rejette « l’héritage mussolinien ». Le 9 mars 2006 (soit un an avant que Mme Le Pen ne voit aucune difficulté à faire un groupe parlementaire avec elle) Mme Alessandra Mussolini avait déclaré à la télé « Meglio fascista che frocio ! » ce qui signifie en bon français : « Mieux vaut être fasciste que pédé ! ». Classe, non ? Ces propos n’ont bien sûr jamais été condamnés par la présidente du FN. »

Sous-argumentLes Le Pen participent à des évènements néonazis

« Depuis 2005, par un vote de l’assemblée générale de l’ONU, le 27 janvier est devenue la « Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste ». […] Le même jour, [...] Marine Le Pen dansait la valse, à Vienne, avec la crème européenne des néonazis, des nostalgiques du IIIe Reich, et des négationistes. La candidate du Front National a répondu à l'invitation du FPÖ, le parti de feu Jorg Haider, et de sa figure de proue, l’antisémite et néonazi Martin Graf, au bal annuel d’Olympia, cette société secrète interdite aux Juifs et aux femmes, et dont les membres sont chargés de véhiculer dans la société des idées néonazies, pangermanistes, antisémites et négationnistes. Jean Marie Le Pen, qui assistait au bal avec Bruno Gollnisch, et qui en a été l'invité d'honneur en 2008, a ainsi montré à sa fille Marine Le Pen l’exemple à suivre. »
OBJECTIONS

ObjectionLe RN s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen

« Lorsqu'elle décide d'entreprendre sa stratégie de normalisation, au début des années 2000, Marine Le Pen s'applique à marquer une rupture avec les fondamentaux nationalistes des origines. Celle-ci passe par une prise de distance avec les conceptions racialistes et antisémites et par un virage sociétal en rupture avec les conceptions des nationaux-catholiques qui continuent de peser dans l'appareil. [...] Marine Le Pen a tapageusement exclu en 2011 les cadres du FN membres de l'Oeuvre Française (OF), Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, faisant ainsi coup double, puisqu'ils étaient également des soutiens de Bruno Gollnisch. Les groupuscules périphériques apparaissent ainsi instrumentalisés dans le jeu de concurrence interne au parti, même si Pierre Sidos affirme que l'OF n'a nullement cessé son entrisme. Marine Le Pen a pu de cette manière se donner à voir comme celle qui rompait avec l'antisémitisme et le référentiel fascisant. D'ailleurs, sitôt élue présidente du FN, elle a fait une déclaration qui se voulait exemplaire en indiquant que « ce qui s'est passé » dans les rangs nazis constitue le « summum de la barbarie ». »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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« Pour le parti, la solution passe à l'évidence par la formation des militants. En confiant celle-ci à son aile modérée en 2012, alors qu'elle avait été jusqu'ici marquée de la patte des radicaux, le FN entrave tout projet éventuel de l'extrême-droite radicale d'influencer la ligne du parti. S'il parvenait à mener cet encadrement à terme, ce serait la défaite définitive de Dominique Venner, lui qui espérait un contrôle du parti unitaire par un groupuscule radical, avec une cristallisation peut-être plus nette des deux sous-ensembles majeurs de l'extrême-droite, l'un constitué de ses groupuscules, l'autre que l'autre que l'on pourrait qualifier, dorénavant, d'institutionnel. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

ObjectionLa tendance fasciste est en voie de marginalisation

« Les néo-nazis ne sont plus qu'une infime minorité au sein du FN depuis 1981-82 et leur engagement est purement individuel... À partir de 1985, les sympathisants frontistes aux convictions néo-nazies rejoignent, à sa création, le Parti Nationaliste Français Européen (PNFE)... En règle générale, la durée de l'engagement frontiste des néo-nazis est courte : elle se termine soit par exclusion, soit par départ volontaire en direction des groupuscules. »
Jean-Yves Camus, Le Front national, 1997.

ObjectionUn parti fasciste ne se contente pas de relations avec des fascistes

Que les responsables du Front national entretiennent des relations avec des personnes considérées fascistes ne suffit pas à faire de ce parti un parti fasciste. Bien d'autres conditions d'un parti fasciste ne sont pas réunies :

En cela on ne peut sérieusement considérer le Front national comme un parti fasciste.

ObjectionLe RN est juste un parti national-populiste

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »
Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus, Gaël Brustier, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.
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« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

Argument POURL'étude du fascisme fait partie de la formation des militants

« Ce n'est pas la propagande frontiste qui relaie les thèmes des fascismes européens, mais les livres recommandés par la presse favorable au FN (et souvent écrits par des membres ou sympathisants du parti), ainsi le réseau de librairies militantes qui vendent par correspondance ou en magasin à ses membres. L'étude des fascismes fait donc partie de la culture historique et idéologique acquise par les mieux formés des adhérents. Un signe de la nostalgie du romantisme fasciste réside dans la vénération quasi unanime dont sont l'objet au FN deux hommes : François Brigneau et Roland Gaucher. Le sympathisant frontiste qui fréquente les librairies nationalistes se voient proposer trois modèles de dirigeants et de meneur d'hommes : Corneliu Z. Codreanu, idéologue de la Garde de Fer roumaine ; Léon Degrelle, fondateur belge du Rexisme ; José Antonio Primo de Rivera, théoricien de la Phalange espagnole. Dans un ouvrage qui a formé nombre de militants (une photographie de Le Pen le montre même en train de le lire), et intitulé Doctrines du nationalisme, Jacques Ploncard d'Assac, collaborateur de Présent et National-Hebdo, expose les idées politiques de José Antonio, Onesimo Redondo et Ramiro Ledesma Ramos. C'est encore la Croisade franquiste qui est décrite dans Les Héros de l'Alcazar (1987), livre d'Alain Sanders (rédacteur à Présent) et Francis Bergeron, ancien candidat du FN. La Phalange espagnole retient leur attention comme mouvement anticommuniste, profondément catholique et mystique. Un petit groupe, le Cercle Franco-Hispanique, se dévoue d'ailleurs uniquement à la commémoration du nationalisme phalangiste, et plusieurs cadres frontistes participent à ses activités. Degrelle est l'auteur de plusieurs ouvrages apologétiques de son engagement dans la division Wallonie de la Waffen SS, vendus par Diffusion de la Pensée Française (DPF), éditeur par correspondance qui existe depuis 1966 et possède un fichier de 40 000 clients. DPF, qui vend plus de 3000 titres, commercialise les livres de nombreux dirigeants frontistes, à commencer par Le Pen. Cependant l'admiration de Degrelle pour Hitler a conduit le journal Présent à recommander en modèle un autre rexiste, José Streel, plus catholique et favorable au maintien d'une Nation belge. Enfin, Codreanu, étudié par Francis Bergeron dans Codréanu et la Garde de Fer (1993), intéresse par le caractère mystique de sa doctrine et l'importance qu'il attache à la communauté des combattants et au sens du sacrifice. L'adhérent connait aussi le fascisme à travers le témoignage des anciens. Le principal est François Brigneau (1919), qui est le meilleur polémiste de la presse d'extrême droite. »
Jean-Yves Camus, Le Front national, 1997.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionLa formation interne a écarté tous les liens avec le fascisme

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Argument POURLe RN a la base sociale traditionnelle du fascisme

« Comme tout mouvement fasciste, la base sociale principale du FN est la petite bourgeoisie déclassée que la crise plonge dans le désespoir et à laquelle il tente de donner une expression politique. Pour acquérir une audience, il est poussé à s’adapter aux références et aux préoccupations des petits commerçants, médecins, auto-entrepreneurs, petits bureaucrates et autres contremaîtres qu’il espère séduire. »
Cédric Piktoroff, « F comme fascistes, N comme Nazis ! », Que faire ?, 9 avril 2011.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
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OBJECTIONS

ObjectionUn critère non suffisant

Que le FN ait la base sociale traditionnelle du fascisme ne suffit pas à faire de ce parti un parti fasciste. Bien d'autres conditions d'un parti fasciste ne sont pas réunies :

En cela on ne peut sérieusement considérer le Front national comme un parti fasciste.

Argument POURLe slogan "Ni gauche, ni droite" est typiquement fasciste

« En brouillant ainsi les frontières entre droite et gauche, en accentuant passablement la ligne « ni droite ni gauche », le FN a d’ailleurs retrouvé l’inspiration originelle du fascisme historique qui, notamment en Italie, s’est initialement construit sur un programme paraissant très à gauche sur les questions sociales (incluant notamment des revendications radicales contre la propriété privée), programme qui fut immédiatement mis de côté une fois le pouvoir conquis au prix d’une alliance avec une partie des élites traditionnelles. »
Ugo Palheta, « Le danger fasciste en France : de quoi le FN est-il le nom ? », Contretemps, 14 décembre 2015.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionMacron aussi serait alors fasciste

S'il suffit de reprendre le slogan « Ni droite, ni gauche » pour être qualifié de fasciste, il faut alors considérer qu'Emmanuel Macron aussi est fasciste puisqu'il a affirmé être « ni de droite ni de gauche » dans sa campagne présidentielle. Or Macron n'est clairement pas fasciste. Que le FN reprenne le slogan traditionnel du fascisme « Ni droite, ni gauche » ne suffit pas à faire de ce parti un parti fasciste. Bien d'autres conditions d'un parti fasciste ne sont pas réunies :

En cela on ne peut sérieusement considérer le Front national comme un parti fasciste.

ObjectionLe RN est juste un parti national-populiste

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »
Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus, Gaël Brustier, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.
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« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

Argument POURLe programme du RN a un volet sécuritaire via le respect de l'autorité policière et donne une place à l'armée très importante

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLa police, qui compte de nombreux sympathisants RN, commet régulièrement des bavures racistes et sexistes

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Sous-débat
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La police, qui compte de nombreux sympathisants RN, commet régulièrement des bavures racistes et sexistes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'extrême gauche entretient une vision fantasmée de la police, bien éloignée de la réalité de la police républicaine
de l'argument pour aller plus loin.
OBJECTIONS

ObjectionLe RN ne demande pas à l'armée de prendre ni d'exercer le pouvoir

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ObjectionDans le programme du RN, la police respecte l'Etat de droit

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ObjectionLe RN prône le respect des autorités comme les politique de droite

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Argument POURL'idéologie du RN prône la haine et l'exclusion

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Sous-argumentLe RN est hostile aux droits des femmes et des LGBT+

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Le RN est hostile aux droits des femmes et des LGBT+
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le RN défend la famille ce qui n'a rien de négatif envers les femmes
Objection Certains cadres du RN sont gays
Objection Marine Le Pen n'a même pas manifesté avec "La Manif pour Tous"
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Sous-argumentLe RN s'intéresse aux problématiques sociétales pour discriminer un groupe humain

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Sous-argumentLe RN est islamophobe

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Le RN est islamophobe
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Marine Le Pen parle de "ses chers compatriotes musulmans"
Objection Le RN ne prône aucune discrimination envers les citoyens musulmans
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ObjectionLa préférence nationale est une mesure banale qui n'a rien de fasciste

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ObjectionL'extrême gauche prône aussi une idéologie haineuse

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L'extrême gauche prône aussi une idéologie haineuse
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection ça ne dédouane en rien celle du RN
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Argument POURLe RN favorise des comportements fascistes (exclusion, haine, discriminations etc.)

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Sous-argumentLes policiers pro-RN sont coutumiers des bavures sur des militants de gauche et sur les minorités

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Les policiers pro-RN sont coutumiers des bavures sur des militants de gauche et sur les minorités
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le RN n'est pas responsable des comportements de ses électeurs éventuels
Objection Les policiers qui font des bavures ne sont pas forcément militants au RN
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Sous-argumentDes élus RN se sont rendus coupables de politiques liberticides

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Des élus RN se sont rendus coupables de politiques liberticides
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Il n'y a pas de politique spécialement liberticide pratiquée par les élus RN
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Sous-argumentLe RN propage des fake news nuisibles envers les minorités

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Le RN propage des fake news nuisibles envers les minorités
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le RN ne propage pas plus de fake news que les autres partis
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Sous-argumentLe RN est soupçonné de liens avec des groupements impliqués dans des faits de violence tels que le GUD et 3ème voie

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Le RN est soupçonné de liens avec des groupements impliqués dans des faits de violence tels que le GUD et 3ème voie
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le RN n'a pas de liens structurels avec le GUD ou 3ème voie
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ObjectionOn ne peut pas incriminer un parti pour des comportements qui se situent à ses marges

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ObjectionIl y a des "brebis galeuses" dans tous les partis

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Il y a des "brebis galeuses" dans tous les partis
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Les "brebis galeuses" sont au contraire la norme
Objection Rien n'est fait pour sanctionner ces dernières
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ObjectionLe RN exclut les individus aux comportements fascistes dès qu'il en a connaissance

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Le RN exclut les individus aux comportements fascistes dès qu'il en a connaissance
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Seulement quand ça fait trop de vagues
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ObjectionLe RN s'inscrit dans le jeu démocratique

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Le RN s'inscrit dans le jeu démocratique
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Un "jeu démocratique" qui met nos vies et nos libertés en danger
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ObjectionLes "antifas" ont des comportements beaucoup plus violents que les militants RN

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Argument POURLe RN soutient les mouvements identitaires considérés comme extrémistes

« Si le Rassemblement national tente de se racheter une vertu, c'est qu'il a externalisé la violence. Génération identitaire est son prête-nom agissant », ajoute-t-il à propos du groupe qui va être dissous par le gouvernement. »
SOUS-ARGUMENTS
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ObjectionLe RN soutient la liberté d'expression qui n'implique pas d'être d'accord

« Apprenant la dissolution prochaine de Génération identitaire, le RN s’était en effet fendu d’un communiqué dans lequel il condamnait une décision « politique » et « une dangereuse atteinte aux libertés fondamentales ». Soulignant qu’il « ne partage pas toutes les opinions exprimées par l’association, […] pas plus qu’il n’approuve toutes ses actions et ses modes d’expression », le parti de Marine Le Pen avait fait valoir qu’« une association n’a pas à plaire ou déplaire à l’opposition, pas plus qu’au gouvernement ». »
Sous-débat
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ObjectionLe RN n'a pas de liens structurels avec ces mouvements extrémistes

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ObjectionCet argument est un argument fallacieux

Sous-débat
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Cet argument est un argument fallacieux
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le RN ne soutiendrait pas ces mouvements si ils n'étaient pas leurs alliés idéologiques
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Argument POURLe RN tire profit de la crise politico-sociétale

Historiquement, tous les partis politiques et politiciens qui ont vu leur popularité augmenter suite à une crise sociétale massive ont toujours eu au minimum des accointances avec le fascisme. Ça a été le cas pour le parti nazi, le parti fasciste italien, Donald Trump, Bolsonaro, le parti Aube Dorée (aujourd'hui considéré comme un mouvement terroriste), Salvini ainsi que divers partis d'Europe de l'Est assumant ouvertement leur hostilité envers les minorités. Il est dès lors peu probable que le RN constitue une exception en la matière.
SOUS-ARGUMENTS
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Argument POURLe RN est coutumier des fake news

« Le FN/RN et sa cheftaine Marine le Pen ne comprennent rien aux « Black bloc ». Ce n’est pas nouveau. En même temps elle n’est pas là pour tricoter mais faire passer sa soupe de propagande.

Aujourd’hui donc elle fait passer sur twitter un post censé effrayer le chaland d’extrême droite:

Problème: Le Pen ment deux fois en UN message.

Tout d’abord, les « casseurs » arrêtés ont toujours été des gens « ordinaires » et pas des militants « autonomistes » (les « BB » de Marine le Pen). Pour le fond de sa formule lapidaire, on repassera. Mais en plus son image est bidon. Elle date du 1er mai 2018.

Bref tout faux de A à Z. »
Auteur anonyme, « WTF 72!!! Marine le Pen: cafouillage sur des photos de « Blacks Blocs » », Debunkers de hoax, 16 mars 2019.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLe RN propage des thèses complotistes

« Ce n’était pas la phrase la plus importante du discours très dense prononcé dimanche, à Fréjus, par Marine Le Pen. C’est pourtant l’une de celles qui ont été le plus applaudies: « Le moment est venu de voir le monde comme il va, et pas comme on nous le raconte. »

La théorie du grand complot n’est jamais bien loin, et pas seulement dans les meetings du Front national: les médias « officiels » ne disent pas la vérité, ils la cachent ou la modifient selon leur intérêt. Ce thème est revenu à plusieurs reprises pendant les deux jours de travaux des Estivales de Fréjus.

Dans les discussions avec les militants, cette théorie du complot permanent était perceptible, persuadés qu’ils sont qu’il y a des consignes dans les rédactions pour minimiser le nombre de migrants, dire du bien de François Hollande (ah bon, mais où ça?), ne pas parler du chômage (ce qui reste à démontrer) ou bien sûr ne pas parler de Marine Le Pen, dont tout le monde parle. « On était 8000. Mais les journalistes vont dire qu’on était combien? » interrogeait une militante au sortir du meeting final. »
Béatrice Houchard, « Les militants FN et la théorie du complot », L'opinion, 20 Septembre 2016.
OBJECTIONS

ObjectionLes thèses complotistes sont issues de nombreux milieux et ne sont pas créées par le RN

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ObjectionIl existe des militants RN complotistes comme dans tous le partis, cela n'implique pas le parti lui-même

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ObjectionOn prend de vagues déclarations de dirigeants du RN pour leur attribuer des thèses complotistes, ce n'est pas crédible

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ObjectionLe RN ne propage pas plus de fake news que n'importe quel autre parti

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ObjectionLe RN diffuse aussi des informations véritables que de nombreux médias taisent et finissent par reprendre un certain temps après

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ObjectionArgument hors-sujet : même si le RN diffusait de nombreuses fake news, cela n'en ferait pas un parti fasciste

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Arguments CONTREArguments CONTRE [ modifier ]

Argument CONTRELe RN s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen

« Lorsqu'elle décide d'entreprendre sa stratégie de normalisation, au début des années 2000, Marine Le Pen s'applique à marquer une rupture avec les fondamentaux nationalistes des origines. Celle-ci passe par une prise de distance avec les conceptions racialistes et antisémites et par un virage sociétal en rupture avec les conceptions des nationaux-catholiques qui continuent de peser dans l'appareil. [...] Marine Le Pen a tapageusement exclu en 2011 les cadres du FN membres de l'Oeuvre Française (OF), Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, faisant ainsi coup double, puisqu'ils étaient également des soutiens de Bruno Gollnisch. Les groupuscules périphériques apparaissent ainsi instrumentalisés dans le jeu de concurrence interne au parti, même si Pierre Sidos affirme que l'OF n'a nullement cessé son entrisme. Marine Le Pen a pu de cette manière se donner à voir comme celle qui rompait avec l'antisémitisme et le référentiel fascisant. D'ailleurs, sitôt élue présidente du FN, elle a fait une déclaration qui se voulait exemplaire en indiquant que « ce qui s'est passé » dans les rangs nazis constitue le « summum de la barbarie ». »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
Voir plus...
« Pour le parti, la solution passe à l'évidence par la formation des militants. En confiant celle-ci à son aile modérée en 2012, alors qu'elle avait été jusqu'ici marquée de la patte des radicaux, le FN entrave tout projet éventuel de l'extrême-droite radicale d'influencer la ligne du parti. S'il parvenait à mener cet encadrement à terme, ce serait la défaite définitive de Dominique Venner, lui qui espérait un contrôle du parti unitaire par un groupuscule radical, avec une cristallisation peut-être plus nette des deux sous-ensembles majeurs de l'extrême-droite, l'un constitué de ses groupuscules, l'autre que l'autre que l'on pourrait qualifier, dorénavant, d'institutionnel. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionLes propos racistes, antisémites et islamophobes sont toujours en vigueur chez certains militants

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ObjectionDes propos qui étaient auparavant considérés comme des dérapages sont aujourd'hui banalisés en raison de la droitisation de la vie politique

« Il y a encore quelques années, ces propos auraient eu un coût pour le FN et entraîné une baisse au moins ponctuelle de l'importance de ses soutiens dans l'opinion et, par extension, dans le corps électoral. Or, il faut croire que ces effets de disqualification sont devenus quasi nuls. Les dérapages s'accumulent, mais sans avoir d'incidence majeure pour le FN. Ce qui en dit long sur le niveau de banalisation, non pas tant du parti, mais de certaines de ses idées. »
Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, « Redécouvrir le Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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« La normalisation du parti est certes passée par des purges et la stabilisation de son camp, mais elle relève moins d'une dédiabolisation que d'une droitisation de la vie politique française. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

ObjectionSi les thèmes fascistes sont publiquement mis en sourdine, ils sont beaucoup plus présents en « off »

« Le Front national n'a pas tout abandonné de ses inspirations antérieures : le pétanisme, l'antigaullisme, la préférence nationale, le retour à la peine de mort, le refus de l'avortement, le natalisme, etc. Simplement, ces thèmes sont mis en sourdine, nuancés, du moins dans le discours public. En privé, ce peut être très différent. La vieille idéologie n'a pas disparu, elle fonctionne chez certains militants et dirigeants, mais en interne. Elle est parfois aussi dévoilée par accident. »
Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.

ObjectionIl existe une deuxième ligne au RN, qui garde le fascisme pour héritage

« En réaffirmant qu'il admirait le maréchal Pétain et que les chambres à gaz étaient un « détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale », Jean-Marie Le Pen a déclenché une crise politique au sein du Front national. [...] cet épisode illustre la coexistence de deux lignes politiques entremêlées au sein du FN. L'une est incarnée par Marine Le Pen, lancée depuis son accession à la tête du parti en 2011 dans l'entreprise dite de « dédiabolisation ». [...] L'autre ligne est celle dont le fondateur du FN ne cesse de rappeler l'existence : la référence au régime de Pétain, l'admiration pour des organisations terroristes d'extrême droite comme l'OAS et la conquête du pouvoir en s'appuyant sur des milices et des moyens extraparlementaires. Même si Marine le Pen a exclu les membres du FN, y compris des cadres, qui affichaient trop ostensiblement leur admiration pour les régimes fascistes ou manifestaient de façon trop grossière leur racisme et leur xénophobie, ce courant reste l'ADN du FN. Il suffit de voir le succès d'estime remporté devant les militants par le vieux Le Pen forçant l'accès à la tribune à l'occasion du rassemblement du 1er mai dernier devant l'Opéra de Paris, alors même qu'il était interdit de discours avant d'être carrément suspendu de son statut d'adhérent. »
Lutte ouvrière, « Où va le Front national ? », Lutte de classe, n°168, mai-juin 2015.
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« La direction du Front national, autour de Marine Le Pen, a fait de grands efforts pour se débarrasser de son image de parti fasciste. Il y a eu une lutte au sein du parti pour faire respecter cette ligne et pour ne pas mettre en avant les éléments les plus liés à son passé fasciste. Mais il y a un noyau dur fasciste au sein du FN et de sa direction. Le FN a discrètement maintenu ses liens avec des groupes violents qui ont la rue comme terrain et a été impliqué dans des attaques violentes contre la gauche. »
Cédric Piktoroff, « La gauche doit mener la lutte contre Le Pen », Que faire ?, 26 avril 2012.

ObjectionLes relations entre les groupes fascistes et le RN sont devenues moins visibles, mais sont toujours présentes

« Marine Le Pen a par ailleurs individualisé, voire privatisé, les relations avec des figures issues de la mouvance radicale. Celles-ci n'ont pas la carte du FN et ne disposent plus de structures militantes mais plutôt d'entreprises, ce qui lui permet d'affirmer que le parti ne serait pas lié à des éléments radicaux. Les anciens du GUD [Groupe union défense] semblent particulièrement impliqués. Le microparti de Marine Le Pen fondé en 2010, Jeanne, est ainsi passé de la direction d'Olivier Duguet à celle d'Alex Lousteau lorsque le premier a été condamné pour escroquerie. Le second, également mis en examen au même motif en 2015, est responsable du cercle Cardinal destiné à prospecter les milieux patronaux, et tout particulièrement ceux des PME-PMI, pour le compte du FN. La communication des candidats frontistes, elle, est entre les mains de Frédéric Chatillon, ancien meneur gudard proche d'Alain Soral. C'est de cette mouvance que vient Minh Tran-Long, ancien de la Fédération d'action nationaliste et européenne (FANE), mouvement ouvertement néonazi, dont l'entreprise a travaillé pour la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2012, ainsi que pour la mairie de Fréjus conquise par le FN en 2014.

Les radicaux ne se trouvent pas que parmi les techniciens, comme en témoigne le ralliement de deux ex-mégrétistes : celui d'Emmanuel Leroy, premier conseiller en relations internationales de la jeune présidente, marqué par l'idéologie du GRECE, à la lisière des courants néonazis et NR, ou encore celui de Philippe Olivier, le beau-frère de Marine Le Pen. Enfin, les municipalités FN représentent un réel débouché social pour les radicaux. Les maires FN de Beaucaire et de Cogolin ont fait appel aux identitaires pour gérer leur communication. Le cas le plus intéressant est celui de la mairie de Béziers, conquise par Robert Ménard. Ce dernier a fait campagne en rassemblant toutes les chapelles, du FN au Bloc identitaire en passant par l'Action française. S'installant à la mairie, il a pris des collaborateurs avec des trajectoires très marquées, par exemple André-Yves Beck, ancien de Troisième Voie, Nouvelle Résistance et Unité radicale, puis cadre de la mairie d'Orange, ou Robert Ottaviani, ancien du groupe néonazi Ultime assaut, du FN et de son Département protection et sécurité. Les postes d'assistants parlementaires au Parlement européen ont également permis de placer divers anciens radicaux.

La relation entre les instances frontistes et l'extrême-droite radicale n'a donc pas pris fin, elle s'est atomisée. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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« Marine Le Pen a également mis sur pied une structure périphérique susceptible d'accueillir toute personne souhaitant rallier le FN sans en devenir membre, autrement dit sans endosser le stigmate de la marque frontiste. C'est ainsi que le Rassemblement bleu marine (RBM) a vu le jour en mai 2012 dans la perspective des élections législatives, avant d'être transformé en association en septembre et de servir de structure d'accueil à des transfuges (dont Gilbert Collard et Sébastien Chenu), mais aussi de sigle pour des listes dites d'ouverture lors des élections municipales de 2014, listes sur lesquelles ont pu figurer des personnalités appartenant aux courants monarchistes, identitaires et nationalistes-révolutionnaires de l'extrême-droite... Mais il fait aussi office d' « organisation parapluie » abritant « sous son toit plusieurs sensibilités idéologiques dont le FN, tout à sa stratégie de dédiabolisation, ne souhaite plus assumer la présence en son sein même ». »
Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, « Redécouvrir le Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

ObjectionIl y a une continuité entre la génération de la « dédiabolisation » du RN et l'ancienne

« Les cadres qui entourent Marine Le Pen à la tête du FN sont des opportunistes capables d'adapter leur stratégie au gré des circonstances. Portés par leurs succès électoraux, ils se sont démarqués avec empressement des déclarations du vieux Le Pen. Dans l'état actuel de la situation politique, ils veulent montrer leur compatibilité avec les institutions républicaines. Ils mettent en avant les personnalités de la société civile qu'ils ont su séduire, l'avocat Collard, député du FN, ou l'ancien journaliste Ménard, nouveau maire de Béziers. Le vice-président du FN et proche conseiller de Marine Le Pen, Florian Philippot, est un énarque, gaulliste et souverainiste qui a démarré sa carrière en soutenant Chevènement en 2002. Ces gens-là aspirent aux ors de la République. Mais la plupart des membres du nouveau comité central du FN, élu en 2011, ont rejoint le FN à l'époque où Le Pen père le dirigeait. Ils n'étaient gênés ni par ses petites phrases ni par son idéologie. À commencer par Marine Le Pen elle-même. Pour ne citer que quelques noms parmi ces nouveaux dirigeants, Stéphane Ravier, 44 ans, sénateur-maire du 7e secteur de Marseille, a adhéré au FN à l'âge de 16 ans, séduit par les idées du vieux Le Pen. Louis Aliot, dont la mère rapatriée d'Algérie était elle-même membre du FN, a fait ovationner lors d'un meeting Bastien-Thiry, organisateur pour l'OAS de l'attentat du Petit-Clamart contre de Gaulle. David Rachline, sénateur-maire de Fréjus de 26 ans, a fait un passage à Égalité et réconciliation, le mouvement identitaire et antisémite d'Alain Soral, avant de s'en éloigner pour policer son image. Quant aux cadres dans l'ombre du FN, ceux qui animent aujourd'hui le micro-parti Jeanne dédié au financement des campagnes de Marine Le Pen ou l'agence Riwal qui organise sa communication, ce sont des anciens du GUD, cette association étudiante d'extrême droite qui faisait le coup de poing dans les années 1970. Tout cela indique la continuité entre la nouvelle génération dirigeante du FN et l'ancienne. Selon les circonstances, les chantres de la dédiabolisation d'aujourd'hui pourraient devenir demain ou après-demain les parrains de milices paramilitaires envoyées contre les travailleurs mobilisés. »
Lutte ouvrière, « Où va le Front national ? », Lutte de classe, n°168, mai-juin 2015.

ObjectionLa dédiabolisation ne pourra être effective que lorsque le RN renoncera à son héritage fasciste

« La dédiabolisation s'arrête, pour les dirigeants du FN, à la suppression de toute forme de négationnisme, de néonazisme ou d'antisémitisme. De fait, un tel processus ne peut être effectif tant que le FN n'aura pas modifié de manière substantielle son logiciel doctrinal, dont la préférence nationale, qui demeure un principe inconstitutionnel, reste l'élément central. C'est à cette condition, c'est-à-dire en renonçant à son héritage fasciste, que l'ancien parti d'extrême droite [italien], le MSI, est devenu, au terme d'un long processus de transformation, un parti de droite conservateur. »
Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, « Redécouvrir le Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

ObjectionLa soi-disant dédiabolisation n'est qu'une façade

« Quoi qu’en dise sa présidente, le Front National n’a jamais cessé d’être raciste et xénophobe, à en juger par l’opinion de ses adhérents et sympathisants. C’est ce que montre le sondage annuel effectué pour la Commission nationale consultative des droits de l’homme.

Depuis que Marine Le Pen a été élue présidente du Front national, en janvier 2011, sa stratégie de conquête du pouvoir passe par la « dédiabolisation », visant à donner du FN l’image d’un parti « comme les autres ». Il s’agit notamment de montrer qu’il n’est ni raciste, ni xénophobe, ni surtout antisémite.

Cette stratégie ne fait pourtant pas l’unanimité dans le parti, si l’on en juge par les nombreuses défections de nouvelles recrues, déçues de découvrir une réalité à mille lieux des discours de la présidente. Nadia Portheault, d’origine algérienne, tête de liste FN à Saint-Alban, en Haute-Garonne, est partie après qu’un cadre lui eut lancé : « Toi et tes enfants, vous êtes bons pour le four… » (La voix du Midi, 4 novembre 2013). Arnaud Cléré aussi, transfuge de l’UMP dans la Somme, effaré de voir des croix gammées tatoués aux bras de certains militants, ou encore Anna Rosso-Roig (Front de gauche) à Marseille et Vincent Morelle (UMP) à Meaux. Sans compter les propos racistes et antisémites avérés de 104 candidats du FN aux départementales de 2015, malgré les strictes consignes données par la direction. Ces exemples incitent à s’interroger sur le degré de racisme et d’antisémitisme au sein du « nouveau » Front national. Le parti a-t-il vraiment changé à cet égard, ou la stratégie de « dédiabolisation » n’est-elle qu’un leurre ?

Le constat est sans appel. Sur toutes les questions relatives à la perception de l’Autre, « autre » par ses origines, sa couleur de peau, sa religion, sa culture, et quelle que soit la vague de sondage retenue, les réponses des sympathisants du FN sont toujours beaucoup plus négatives que celles des sympathisants des autres partis.

Ces résultats montrent un décalage certain entre le discours de la présidente du Front national et celui de ses soutiens. Les sympathisants déclarés de son parti se distinguent par un niveau record de rejet de l’Autre, rejet assumé puisque quatre sur cinq se définit comme « raciste ». Alors que Marine Le Pen a fait de l’antisémitisme un tabou, plus d’un sympathisant sur deux a des notes élevées sur une échelle de préjugés anti-juifs. Alors qu’elle prend soin de cibler le « fondamentalisme islamique » et non l’Islam, ses partisans ne font pas la différence. Ils se distinguent des proches de tous les autres partis par leur niveau exceptionnellement élevé d’« islamophobie », au sens de rejet de l’Islam, de ses pratiques, et de ses fidèles. La « dédiabolisation » entreprise par Marine Le Pen n’est pas en phase avec la vision du monde de ses sympathisants. Le « nouveau FN », à cet égard, ressemble encore beaucoup à l’ancien. »
Nonna Mayer, « Le mythe de la dédiabolisation du FN », La vie des idées, le 4 décembre 2015.
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La soi-disant dédiabolisation n'est qu'une façade
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Cet argument est un procès d'ntention
de l'argument pour aller plus loin.

Argument CONTRELa tendance fasciste du RN est en voie de marginalisation

« Les néo-nazis ne sont plus qu'une infime minorité au sein du FN depuis 1981-82 et leur engagement est purement individuel... À partir de 1985, les sympathisants frontistes aux convictions néo-nazies rejoignent, à sa création, le Parti Nationaliste Français Européen (PNFE)... En règle générale, la durée de l'engagement frontiste des néo-nazis est courte : elle se termine soit par exclusion, soit par départ volontaire en direction des groupuscules. »
Jean-Yves Camus, Le Front national, 1997.
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ObjectionLa littérature fasciste circule toujours, de façon dissimulée

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La littérature fasciste circule toujours au Front national de façon dissimulée
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Cela signifie que des groupes fascistes tentent d'influencer le RN
Objection On ne peut pas empêcher aujourd'hui toutes sortes d'idées politiques de circuler, ce n'est pas y adhérer
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionLe RN n'a pas intérêt à se réclamer du fascisme

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Le Rassemblement national n'a pas intérêt à se réclamer du fascisme
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le RN n'est pas un mouvement fasciste, sinon il s'en réclamerait
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ObjectionAlain Soral, bien qu'ayant rompu avec le RN, est très influent auprès des jeunes militants frontistes

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ObjectionLe RN peut difficilement se passer des fascistes, car certains sont des cadres compétents

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ObjectionLes militants exclus pour fascisme reviennent quand le scandale est oublié

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ObjectionL'exclusion des militants pointés du doigt comme fascistes permet au RN de se dédouaner

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L'exclusion des militants du Front national présumés fascistes permet au RN de se dédouaner
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'exclusion du RN des militants présumés fascistes ou racistes montre que le RN n'adhère pas à ces idéologies
Objection Argument fallacieux : si le RN a des militants fascistes, il est fasciste, mais s'il les exclut, il est fasciste aussi !
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionDe nombreux membres du parti commettent des "dérapages" sans pour autant être exclus

« La revue Dièses révèle qu’une conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes, Sophie Robert, affiche sans complexe son opposition à la pratique de l’IVG, un « fléau » qui « ravage la France », selon elle.

Rien d’étonnant à découvrir un passif très conservateur quant aux droits des femmes, mais aussi très raciste et homophobe, comme le montre l’enquête :

   « Alors que des élèves de Seine-Saint-Denis ont repris la célèbre œuvre Roméo et Juliette, celle-ci s’est offusquée publiquement, dans une publication qu’elle n’a pas manqué de partager sur Facebook : “Roméo et Juliette devient Mamadou et Juliette (…)” »
   « “On imagine que ça peut donner cela : Wesh Juliette, donne-moi ton 06 !”, avant d’ajouter “et l’année prochaine, toujours dans un esprit de progrès, de tolérance, et avec le mariage pour tous, ça pourra donner Mamadou et Mohamed, c’est bien ça ?” »

Alors pourquoi n’a-t-elle pas été a minima convoquée par son parti comme d’autres élus RN ? L’enquête indique :

   « Certains ont été écartés du parti, mais ce n’est visiblement pas le cas de Sophie Robert, dont le nom figure toujours en tant que cadre du bureau et du Conseil national du parti. Les points communs des élus convoqués ? Ils incarnent une ligne politique de droite catholique, et sont des proches soutiens de Marion Maréchal. »

Sophie Robert est elle aussi une proche de Marion Maréchal-Le Pen : c’est même la directrice financière de l’ISSEP, école fondée par la nièce de Marine Le Pen. Ce que nous disent ces élues et candidates du RN

Alors que d’autres partis n’hésitent pas à retirer sa candidature à Sara Zemmahi simplement parce qu’elle porte un voile sur un support de campagne, on dirait que le RN, lui, n’est pas très prompt à faire le ménage chez lui.

On pourrait se dire que ces posts, ces extraits d’interviews parfois vieux de presque dix ans dans le cas de Sophie Robert, sont des casseroles. Des « dérapages », comme on dit souvent dans les médias. Mais c’est aussi une bonne piqûre de rappel, pour celles et ceux qui pensent qu’une femme à la tête d’un parti, même d’extrême droite, c’est une garantie de conserver des acquis en matière de droits des femmes et des minorités.

Tout cela ne fait que confirmer que la stratégie de dédiabolisation du RN a fonctionné dans les urnes, mais a ses limites dans les faits.

Avoir des femmes en son sein ne fait pas du RN un parti respectable. Il aura beau respecter la parité sur les listes électorales (difficile de faire autrement, puisque c’est une exigence inscrite dans la loi du 6 juin 2000), il restera un parti intrinsèquement dangereux, qui brasse des idées sexistes, racistes et homophobes et attire des personnes qui y adhèrent. »

Argument CONTRELe RN n'a pas de milices armées

« Quelles que soient les critiques que l’on peut faire à Mme Marine le Pen, et j’en ai fait quelques-unes dans ce carnet, la décence devrait obliger cette même meute de reconnaître qu’il n’y a rien de « fasciste » ni dans son programme ni dans le comportement de son mouvement. Où sont donc les milices armées qui tiendraient les rues ? Depuis des années elles viennent d’une toute autre mouvance que le FN. »
Jacques Sapir, « Mélenchon, la meute et la dignité », 28 avril 2017.
SOUS-ARGUMENTS
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ObjectionLe RN n'a actuellement pas besoin de milices armées

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Le Rassemblement national n'a actuellement pas besoin de milices armées
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Pour un parti fasciste posséder une milice est toujours une nécessité pour semer la terreur, sinon ce n'est plus un parti fasciste
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionLa situation pourrait toutefois très vite changer

« Quand on parle de fascisme, pour des marxistes cela veut dire des bandes armées extra-parlementaires, des masses de petits bourgeois ruinés et enragés par la crise, mobilisées par le grand capital pour écraser le mouvement ouvrier organisé. C’étaient les chemises noires de Mussolini en 1922, les SA de Hitler en 1933. Il est nécessaire d’insister que pour le moment nous n’en sommes pas là parce que la classe ouvrière est loin de menacer directement le pouvoir de la bourgeoisie : le Front national en France est un phénomène essentiellement électoral. Aujourd’hui l’immense majorité des crimes racistes dans ce pays sont commis par des flics dans l’exercice de leurs fonctions, pas par des fascistes en tant que tels. [...] Mais les choses pourraient changer si la crise économique et sociale s’approfondit. Il n’y a en effet pas besoin de gratter bien loin pour voir au FN un aspect beaucoup plus sinistre que de la simple gesticulation électorale. Le secrétaire départemental du FN pour la Haute-Vienne, un certain Vincent Gérard, s’est fait pincer le mois dernier pour avoir attaqué avec d’autres militants du FN à coups de couteau et de batte de base-ball un bar fréquenté par des militants de gauche. Pas plus tard que samedi dernier, deux musulmans âgés de 70 ans ont été tabassés par des skinheads se revendiquant de Le Pen à Amiens. »
Ligue trotskiste de France, « Victoire de Hollande : cinq ans de sale boulot en perspective », Le Bolchévik, n°200, janvier 1970.
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« L'avenir du FN, entre une évolution vers un grand parti d'extrême droite particulièrement réactionnaire mais intégré dans le jeu parlementaire, et une formation fascisante s'attaquant à la classe ouvrière et aux militants de gauche, ne se déterminera pas dans l'affrontement tragi-comique interne à la famille Le Pen, ni même en interne au FN. La question sera tranchée par la situation économique et ses conséquences sociales. Si l'aggravation de la crise et l'intensification des attaques portées par la bourgeoisie finissent par déclencher des mobilisations sociales et des affrontements entre la classe ouvrière et la bourgeoisie, ou une radicalisation de la petite bourgeoisie frappée par la crise, les partisans des méthodes musclées à l'extrême droite, autrement dit des méthodes de type fasciste, seront alors disponibles et renforcés. Les cadres qui entourent Marine Le Pen à la tête du FN sont des opportunistes capables d'adapter leur stratégie au gré des circonstances. [...] Selon les circonstances, les chantres de la dédiabolisation d'aujourd'hui pourraient devenir demain ou après-demain les parrains de milices paramilitaires envoyées contre les travailleurs mobilisés. »
Lutte ouvrière, « Où va le Front national ? », Lutte de classe, n°168, mai 2015.

ObjectionRobert Ménard a émis l'idée d'en créer une

Le maire de Béziers Robert Ménard a commencé en 2016 le recrutement d'une milice (groupe d'intervention para-policier) en vue de renforcer la sécurité pendant l'état d'urgence de 2015. C'est la justice qui l'a forcé à la dissoudre.
« "L'une des dernières affaires en date concerne la «garde biterroise» : saisi en référé par l'ancien préfet de l'Hérault, le tribunal administratif de Montpellier examinait mercredi la légalité de cette initiative annoncée le 1er décembre. Lors d'une conférence de presse, Robert Ménard avait brandi les affiches prêtes à être placardées : «Etat d'urgence ! Vous êtes ancien policier, ancien gendarme, ancien militaire ou ancien pompier. Rejoignez la garde biterroise !» Cet appel au peuple visait à créer des «patrouilles pédestres» constituées de bénévoles non armés, souhaitant «protéger leur cité». Objectif : parvenir à un «meilleur quadrillage du terrain» durant l'état d'urgence. Un mois et demi plus tard, le maire se frotte les mains : «Une centaine de personnes a candidaté et, parmi elles, une trentaine est opérationnelle tout de suite !»" »
Sarah Finger, « Ménard défend ses milices patriotes », Libération, 13/01/2016.
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Robert Ménard a émis l'idée d'en créer une
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Sous-argument Une personne associable au RN ajoute à l'idéologie du parti
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Argument CONTRELe RN n'a pas pour objectif de façonner un ordre nouveau

« Le FN n’est pas un parti fasciste, au sens historique du terme, car il n’a pas pour vocation de proposer un « ordre nouveau », ayant des finalités totalitaires, motivé par des penchants révolutionnaires ; au contraire il œuvre plutôt vers un retour des « valeurs traditionnelles », et ce pour endiguer la décadence dans laquelle évoluerait actuellement la société française ; il est donc un parti réactionnaire ou ultra-réactionnaire. Le FN n’a pas pour objectif de façonner un « homme nouveau ». »
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OBJECTIONS

Objectionle RN se prétend "anti-système"

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ObjectionLe RN exploite le dégoût des électeurs vis-à-vis de la politique

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ObjectionPas un "ordre nouveau", mais une "régénération"

Si l'on prend une acception large au mot "fascisme" (et nous ne saurions faire autrement sans quoi la question "le RN est-il fasciste" s'arrêterait net si l'on ne retenait que la définition historique, c'est-à-dire comme désignant le seul parti de Benito Mussolini), et qu'on s'enquiert de comprendre l'idéologie nazie, donc nombre de militants d'extrême droite en France se revendiquent volontiers, on voit que ce n'est pas d'un ordre nouveau qu'il est question, mais quelque part un retour à l'ordre (originel - je veux dire des premiers temps, certainement pas dans un sens judéo-chrétien du fait de leur aversion pour ces religions).

Or le RN est probablement le principal parti français qui se revendique d'une régénération des temps et valeurs anciennes - on oppose habituellement révolutionnaire et réactionnaire, mais c'est oublier le sens étymologique que J. Chapoutot rappelle : revenir à l'origine (comme la Terre à la fin de sa course héliocentrique).

Si l'on prend par exemple la brochure "séparatisme" du RN, on comprend que l'ordre actuel est considéré comme néfaste pour le peuple (dans un sens biologico-culturel, c'est-à-dire racial, comme les Germains pour les nazis). Cet ordre actuel qu'il faut abandonner en réactivant un ordre ancien fantasmé, c'est celui de la pluralité culturelle, linguistique, et d'origines géographiques. Face à cette réalité du pays, le RN oppose une négation pure et simple :

« Introduire dans la Constitution le principe suivant : «  A l’exception de la Communauté nationale, la République ne reconnaît aucune communauté ». » « Faire cesser les ambiguïtés dans le discours officiel et même présidentiel qui parle de « culture plurielle » » « les références à la culture d’origine des Français d’origine étrangère relèvent de la vie privée. Il n’est pas du rôle de l’Etat de prendre en compte l’enseignement des langues et des cultures d’origine » « Renouer avec le modèle assimilationniste républicain : refus des exigences communautaires, cultiver la fierté d’être français »

L'ordre nouveau, déguisé en ordre ancien, doit être celui d'une France de culture unique (catholique ou au moins chrétienne?), et de langue unique (le français standardisé parisien?).

Il s'agit bien d'un ordre nouveau, puisqu'il n'a jamais existé avant : en témoignent les centaines de langues issues de familles linguistiques diverses qui ont existé pendant des siècles sur le territoire hexagonal (langues romanes du normand au berrichon, du provençal au picard, du catalan au franc-comtois... langue basque, langues germaniques comme le flamand ou l'alsacien, langues celtiques comme les différentes variantes du breton...), et les religions et croyances qui ont coexisté des siècles durant malgré les pires persécutions.
« Johann Chapoutot décrit ainsi le rapport tout particulier que les Nazis entretiennent avec le concept de révolution : « [Les nazis] étaient obsédés par cela, par un cycle révolutionnaire ouvert par la Révolution française qui a promu les idées, chimériques à leurs yeux, de liberté, d’égalité et de fraternité. Contre cette révolution et contre le sens même de ce mot révolution inauguré par la Révolution française – ouverture sur un avenir infini de progrès –, les nazis reviennent à la conception au fond cosmologique, astronomique et naturelle, biologique, de la révolution comme retour – revolvere – au point d’origine. Ce retour à l’origine, c’est le retour à la race germanique originelle, à son ethos, à sa manière d’être, à des normes, d’où l’intérêt pour l’Antiquité, la loi des Anciens qui doit redevenir la loi des Modernes. Platon était un guerrier viril, selon eux. Sénèque n’avait rien d’un humaniste ou d’un enfant de chœur, c’était quelqu’un qui, selon eux, promouvait l’eugénisme. Il faut revenir à ces normes-là et, en revenant à cette origine-là, déblayer les sédiments qui se sont accumulés sur la race germanique, les sédiments des aliénations successives : christianisme, humanisme, libéralisme, Révolution… » »
Johann Chapoutot, Comprendre le nazisme, Taillandier, 2020.

Argument CONTRELe RN est un parti intégré dans le jeu électoral

Les fascistes ont pris le pouvoir par la force (Marche sur Rome pour Mussolini ; Nuit de cristal pour Hitler ; guerre civile pour Franco). Ce n'est pas l'ambition du FN, qui ne cherche pas à prendre le pouvoir autrement que par les élections.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionHitler et Mussolini se sont aussi présentés aux élections

« Les nazis de Hitler ont joué le jeu électoral de la bourgeoisie, et ne l’ont abandonné qu’après s’être saisis du pouvoir. »
Internationalist Group, « National Front At Forefront of Capitalist Drive Toward “Strong State” in France », The Internationalist, 8 juin 2002.
Voir plus...
Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« Hitler était profondément nationaliste et, à la suite du putsch de Munich en 1923, il choisit d'atteindre le pouvoir par la voie électorale. Dans les années vingt et trente, les responsables fascistes français faisaient preuve d'une aussi grande flexibilité et n'en étaient pas moins fascistes pour autant. [...] Quand l'orage frondait, ils affichaient de manière plus voyante leur hostilité à la démocratie et penchaient davantage pour « l'action ». »
Robert Soucy, Le fascisme français, 1924-1933, 1992.
Sous-débat
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ObjectionLe RN joue le jeu électoral seulement pour acquérir une large audience

« Le fascisme est un mouvement dynamique qui doit être compris dans son processus de développement. Si le FN met aujourd’hui davantage l’accent sur son activité électorale que sur l’activisme contre les immigrés et le mouvement ouvrier, c’est que cela constitue la tactique la mieux adaptée pour acquérir une audience dans une situation où la capacité de la classe dominante à diriger la société commence seulement à vaciller. Il nous faut donc identifier l’endroit où réside dans la situation présente la possibilité de construction d’un parti fasciste de masse. Dire que le FN n’est pas un parti fasciste en ne considérant que son étape actuelle de développement, c’est croire que la situation politique et sociale ne peut que rester stable. Or, la crise du capitalisme n’est plus seulement une possibilité évoquée par une poignée d’irréductibles révolutionnaires. Elle commence à façonner la réalité de façon de plus en plus palpable, accentuant l’instabilité sociale et politique tout comme les confrontations de masse. »
Cédric Piktoroff, « F comme fascistes, N comme Nazis ! », Que faire ?, 9 avril 2011.

ObjectionLe RN pourrait être amené à prendre le pouvoir par la force dans un contexte de crise sociale aiguë

« Le FN de Marine Le Pen se présente pour le moment principalement comme un phénomène électoral centré sur le nationalisme français et le racisme anti-arabe. Mais cette posture ne réussit pas à dissimuler le fait que le FN est infesté de nervis fascistes, comme le montre le nombre impressionnant de candidats aux élections municipales que Le Pen a été obligée de retirer de ses listes après qu’ils se furent révélés sous leur vrai jour, avec tatouages à la gloire des Waffen SS et autres insignes nazis. Leur posture parlementaire peut donc vite changer avec l’aggravation de la crise économique et sociale et la consolidation par le FN d’une base active dans le pays. »
Ligue trotskiste de France, « Les trahisons des directions du mouvement ouvrier attisent la réaction », Le Bolchévik, n°207, mars 2014.
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« Les années 20 et 30 furent marquées par des périodes de polarisation aigüe, et le fascisme prit son essor à travers la peur qu’inspira à la petite bourgeoisie puis au grand capital la poussée révolutionnaire du mouvement ouvrier. Aujourd’hui, les fascistes ont pris acte d’un changement stratégique fondamental : ils doivent d’abord rechercher la respectabilité électorale avant d’espérer pouvoir transformer leur soutien en mouvement de masse. Avant de viser à rassurer les capitalistes en leur montrant qu’ils peuvent gouverner le pays en défendant leurs intérêts, la recherche d’audience électorale constitue pour les fascistes, plus encore qu’hier, une condition pour pouvoir construire un mouvement populaire et indépendant. Pour le noyau fasciste qui dirige le FN, la possibilité d’une stratégie plus brutale reste ouverte, lorsque les circonstances se montreront plus favorables. L’accent mis sur l’activité électorale plutôt que sur les méthodes violentes est davantage une stratégie imposée par la situation qu’une remise en cause des buts poursuivis. »
Cédric Piktoroff, « F comme fascistes, N comme Nazis ! », Que faire ?, 9 avril 2011.

Argument CONTRELe RN se réclame de la démocratie

« Atlantico : Aujourd'hui le Front national est une source d'inquiétude, comme le montre un sondage Ifop pour Atlantico, selon lequel Marine Le Pen "fait peur" à 55% des Français. Sur le plan des valeurs par exemple, peut-on vraiment considérer le Front National comme étant anti démocratique?

Erwan Lecoeur : Le Front national n'est pas un parti qui se propose ni se présente comme antidémocratique, au contraire. Il a même, dans une certaine mesure, une forme d'ultra démocratie de façade, puisqu'il se présente comme le parti le plus respectueux de la parole du peuple, qui ne serait pas aujourd'hui représenté correctement ni à l'Assemblée nationale ni dans différentes instances. Par ailleurs, en proposant le recours au référendum de façon régulière, il se présente comme une alternative à la confiscation du pouvoir par des élites et les fléaux que la classe politique aurait laissé se développer : l’immigration et le mondialisme en tête. (...)

François Martin : Le FN n’est certainement pas un parti antidémocratique. Il ne propose pas, que je sache, de remplacer la démocratie ni même la République par un autre régime. De ce point de vue, il est nettement plus démocratique que ne l’était par exemple le Parti communiste du temps de la guerre froide. Par ailleurs, il ne défend pas d’opinions qui seraient intolérables en démocratie comme le racisme, l’antisémitisme ou la haine des étrangers. Enfin, le FN ne propose pas, que je sache, de supprimer du bloc constitutionnel la déclaration des droits de 1789 ni les autres principes sur lesquels la jurisprudence du Conseil constitutionnel s’est fondée pour garantir le respect des droits et libertés. Tous ces principes ont une valeur supérieure à la loi et continueraient à s’appliquer si Mme Le Pen était élue ! »
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionLe RN tend vers un régime autocratique tel que celui de Poutine

« Derrière son discours sur le pouvoir du peuple, à bien des niveaux, on pourrait dire que l'imaginaire politique qu'il représente en France se rapproche beaucoup plus aujourd’hui du régime de Vladimir Poutine en Russie, ou de ce que Donald Trump donne à voir aux USA, voire des nationalistes hindouistes en Inde, que de la tradition démocratique européenne, ou française. C’est le cas de la plupart des régimes populistes et nationalistes, qui construisent un peuple sur une base « ethnico-religieusse » (Inde, USA) et entendent régler les problèmes de façon nette et directe, au nom d’une certaine efficacité. Le FN est dans la lignée de ces courants de pensée et la démocratie est une modalité qu’il peut aménager pour accéder au pouvoir. »
Sous-débat
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Le Rassemblement national tend vers un régime autocratique tel que celui de Poutine
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le RN veut un régime plus démocratique, avec des référendums et la proportionnelle
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionHitler et Mussolini ont été élus démocratiquement

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Sous-débat
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Hitler et Mussolini ont été élus démocratiquement
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Hitler et Mussolini inspiraient la terreur et utilisaient des milices, ce qui n'est pas le cas du RN
de l'argument pour aller plus loin.

Argument CONTRELe RN est un parti national-populiste

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »
Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus, Gaël Brustier, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.
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« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionLe terme « populiste » n'est pas rigoureusement défini

« Le recours à la qualification de populisme et à ses variantes, le national-populisme, selon le néologisme formé par Pierre-André Taguieff (1984) ou bien encore le néo-populisme, selon le titre de l'histoire du FN proposée par Erwan Lecoeur (2003), pose plusieurs problèmes. Le premier tient au flou qui entoure ce terme : on ne sait jamais très bien si son usage correspond à une exigence scientifique, ou au sens commun ou journalistique. La littérature spécialisée regorge de livres et d'articles s'efforçant d'affronter ce problème. »
Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.
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« La confusion des repères et le brouillage du clivage gauche/droite sont permis et aggravés par l’usage fort répandu de la notion de populisme. En Amérique latine, au cours de la période allant des années 1930 aux années 1960 le terme de populisme correspondait à une réalité spécifique : des gouvernements nationaux populaires ou des mouvements rassemblés autour de figures charismatiques – Vargas, Perón, Cardenas – disposant d’un soutien populaire important et développant une rhétorique anti-impérialiste. Or, l’usage qui est fait du terme aujourd’hui en France et en Europe est vague et imprécis. Ainsi, à propos du Front national, P.-A. Taguieff définit le populisme comme « un style rhétorique qui est lié directement à l’appel au peuple ». D’autres politologues réfèrent le populisme à « une position politique qui se situe du côté du peuple contre les élites » : une caractérisation qui peut convenir pour presque tous les partis et mouvements ! »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.

ObjectionLe terme « populiste » ne renvoie qu'à une partie des idées du RN

« On peut s'étonner de voir resurgir la notion de « populisme » pour qualifier le parti de Marine Le Pen, tant les mises au point académiques sur le sujet ont été nombreuses par le passé. D'une part, en effet, le terme a perdu toute signification à force d'être utilisé pour désigner un ensemble toujours plus large de personnalités ou de phénomènes (de Margaret Thatcher au chanteur Renaud, de Bernard Tapie au guide Michelin, du général Boulanger à Internet, de Lech Walesa au mouvement altermondialiste, etc.). D'autre part, le plus petit dénominateur commun entre ses multiples manifestations réside dans un style politique d'appel au peuple – style qui ne saurait être considéré comme une nouveauté au FN. Il faut donc admettre que cette notion est impropre à qualifier le parti de Marine Le Pen, même si la présidente du parti le revendique pour elle-même, précisément parce qu'elle est moins « stigmatisante » que l'étiquette d'extrême droite qui est généralement accolée au FN. »
Alexandre Dézé, Le Front national : à la conquête du pouvoir ?, Armand Colin, Paris, 2012.

ObjectionLe populisme ne s'installe généralement pas dans le paysage politique

« Il faut tirer quelques leçons de ces indications encore élémentaires. La première est que contrairement au « boulangisme » ou au « poujadisme », le FN est inscrit dans la durée, capable de survivre à des changements importants, tant internes (scission de 1998 ou succession de 2011), que dans son environnement politique, social, culturel. [...] L'adjectif « populiste » n'en demeure pas moins souvent appliqué. Mais, en règle générale, le populisme ne s'installe pas durablement, c'est plutôt un moment, une configuration qui correspond à un état singulier d'une société. Ce n'est pas le cas avec le Front national. »
Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.

ObjectionL'usage du terme « populisme » sert à éviter de qualifier le RN de raciste

« Quand on l’applique au Front national (ou à d’autres partis européens d’extrême droite) ce pseudo concept [de populisme] devient un euphémisme trompeur qui permet – délibérément ou non – de les légitimer, les rendant plus acceptables, voire appelant – car qui refuse d’être pour le peuple contre les élites ? – à écarter les termes dérangeants de racisme, xénophobie, fascisme, ou extrême-droite. »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.
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« Pour contourner le véritable interdit moral qui empêche désormais toute assimilation du FN français ou du FPÖ autrichien au fascisme, les « intellectuels » ont inventé le mot de « populisme », jugé historiquement plus « neutre » et moins polémique. Quelle erreur ! Ce faisant, on a légitimé un peu plus ces partis : dans « populisme », il y a peuple et le FN, par exemple, en joue pour affirmer qu’il est le parti du peuple. Ce terme qui se veut méprisant valide en réalité son discours : d’un côté, il y aurait un parti populiste ou « anti-establishment », pour reprendre une expression de Le Pen père, à l’écoute du peuple, de l’autre « l’UMPS » représentant les élites. Le mot « populisme » donne une façade aimable à des partis qui détestent les valeurs européennes d’égalité, de liberté, de fraternité léguées par la Révolution française. S’interdire de nommer ce que l’on combat, c’est s’interdire tout simplement de le combattre : si les jeunes sont attirés par ces partis, c’est aussi parce qu’ils sont sans filiation encombrante, qu’ils paraissent neufs alors, ce qui leur permet de se revendiquer des traditions nationales les plus nobles, comme le fait sans vergogne le FN avec De Gaulle et Jaurès. »
Jean Quatremer, « Le fascisme à visage humain », 17 octobre 2016.

ObjectionL'usage du terme « populisme » sert à amalgamer extrême droite et gauche radicale

« En France et en Europe le mot populisme est aussi délibérément utilisé par certains idéologues et médias comme un moyen de mystification, qui permet d’opérer un amalgame entre l’extrême droite et la gauche radicale, par exemple le Front de gauche, de mettre en regard d’un populisme de droite un populisme de gauche, sous prétexte que les deux s’opposent aux politiques néolibérales et à la construction européenne… »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.

Argument CONTRELe RN n'utilise pas la terreur ni la violence de rue

Les partis fascistes suscitent la terreur et persécutent leurs opposants en utilisant des milices ou des hommes de main. Ils viennent interrompre les réunions des partis de gauche et font le coup de poing. Tout ceci est étranger au RN, qu se comporte comme un parti démocratique normal, qui fait des meetings comme d'autres partis. Même son défilé du 1er Mai est normal et consiste à poser devant la statue de Jeanne d'Arc. Utiliser la violence et la terreur sont constitutifs des mouvements fascistes, donc ceci montre que le RN n'est pas un mouvement fasciste.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLe RN n'attaque pas physiquement ses adversaires

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Sous-argumentLe RN n'organise pas de chasse aux étrangers ni aux immigrés

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Sous-argumentLe RN n'appelle pas à la violence

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Le RN n'appelle pas à la violence
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le RN a exprimé son soutien à des militaires ayant appelé au putsch
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Sous-argumentLe RN ne brûle pas de livres ni ne saccage de lieux de culture

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Sous-argumentLe RN ne fait peur à personne, c'est même quasiment sans risques que l'on peut l'attaquer et le caricaturer

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Sous-argumentLe RN ne tente pas d'empêcher physiquement les meetings de gauche

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ObjectionLe RN n'a pas vraiment intérêt à appeler publiquement à la terreur

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Argument CONTRECrier au loup fasciste avec le RN sert les intérêts politiciens de la gauche et de la droite

« Quand le PS n’a rien à dire, il lui reste la lutte contre le FN, son meilleur ennemi.

Au Parti socialiste, on n’a pas d’idées ni de projets (à l’exception du mariage pour tous et de l’augmentation des impôts), mais on a le FN. Le parti de Marine Le Pen était d’ailleurs au centre des préoccupations de l’université d’été du PS, le week-end dernier à La Rochelle. La «lutte contre l’extrême droite» et le «fascisme» : rien de tel pour motiver et ressouder les troupes quand on n’a rien d’autre à dire. Entre l’extrême droite et la gauche, c’est une vieille histoire d’amour en forme de passion adultérine.

Ces deux-là ne peuvent convoler aux yeux de tous, mais chacun a besoin de l’autre. Sans la gauche refusant de prendre à bras le corps l’insécurité, la montée du communautarisme et l’immigration clandestine, le FN ne prospérerait pas autant et ne gênerait pas la droite. Sans le FN qui lui sert d’épouvantail, la gauche de gouvernement aurait du mal à différencier sa politique économique – dictée par l’Union européenne – de celle de la droite, sinon à des variables d’ajustement. »
Christian Authier, « PS / FN : je t'aime, moi non plus… », L'Opinion, 28/08/2013.
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« Que le FN ne soit pas un parti fasciste, c’est une évidence. Est-ce pour autant « un parti comme les autres » ? La question se pose en des termes nouveaux et c’est alors que des antilepénistes de choc, tombant le masque, passent de la diabolisation à la banalisation et répondent aujourd’hui par l’affirmative. Certes, ils ne disent pas que le FN doit être confondu avec les autres formations républicaines mais ils ne cachent pas qu’au second tour, ils s’abstiendront plutôt que d’apporter leurs suffrages à l’adversaire de Marine Le Pen. Or cela revient au même et ce comportement électoral implique une telle révision idéologique. Toutes les études montrent qu’une forte abstention pourrait porter la Présidente du FN à l’Elysée. La conclusion coule de source : s’abstenir, c’est voter Le Pen. Et ce risque devient admissible alors qu’hier toute critique était suspecte dès lors qu’elle n’était pas outrancière. Voilà donc le FN banalisé, habilité à gouverner, par ceux-là mêmes qui l’avaient ostracisé. Preuve que cette diabolisation, sous couvert d’exigence morale, n’était qu’une instrumentalisation électorale. »
François de Closets, « François de Closets: «Le Front national et le piège de l’abstention» », L'Opinion.fr, 2/04/2017.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLe "barrage républicain" est un prétexte des politiciens pour garder leur place

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ObjectionLes anciens déportés et résistants appellent tous à ne pas voter RN

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Les anciens déportés et résistants appellent tous à ne pas voter RN
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Objection Beaucoup de résistants venaient de mouvances nationalistes qui seraient aujourd'hui considérées comme de droite nationale
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BibliographieBibliographie [ modifier ]

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  • Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, al., Les faux-semblants du Front national : sociologie d'un parti politique, Presses de Sciences Po, 2015.
  • Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.
  • Jean-Yves Camus, Le Front national. Histoire et analyses, Olivier Laurens, 1997.
  • Charles Rojzman, Véronique Le Goaziou, Comment ne pas devenr un électeur du Front national, Desclée de Brouwer, 1998.
  • Dominique Reynié, Les nouveaux populismes, Pluriel/Fayard, 2013.

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