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Limiter la liberté d'expression n'est pas nécessaire

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Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentLes individus sont doués de raison et capables de s'autocensurer

Interdire des opinions, c'est considérer les citoyens comme des enfants qui ne peuvent pas juger par eux-mêmes. C'est tout l'inverse du projet d'émancipation des Lumières, qui voulaient libérer les Hommes de la tutelle des Églises, des rois et des docteurs. Or, tous les individus sont dotés de raison et n'ont pas besoin d'autorité au-dessus d'eux pour leur dire ce qu'ils doivent lire, penser et faire. Ils sont donc capables de savoir ce qui est bon pour eux et de s'autocensurer quand il le faut.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionLes êtres humains sont irrationnels

La psychanalyse nous apprend que l'individu est le jouet de forces inconscientes, comme la pulsion de mort. Ainsi, l'Homme ne cherche pas toujours son bien-être, ni même ce qui est nécessaire à sa survie ou à celle de la société. Il est naïf et irréaliste de fonder une position politique sur l'idée que les Hommes seraient raisonnables.

ObjectionLes humains sont influençables

Les individus sont sensibles aux sirènes du populisme, de la haine et des passions. Celles-ci peuvent être éveillées et titillées par des contenus manipulateurs (caricatures, propagande, fake news, etc.). Or ces contenus favorisent le passage à l'acte : en entendant des propos qui incitent à la violence, à la haine ou au racisme, certains individus vont commettre des actes violents, haineux, racistes, etc. Pour prévenir ces actes, il faut donc limiter l'exposition des citoyens à ces contenus.

Sous-argumentChacun doit faire preuve de tolérance

Plutôt que de poser toujours plus de limites à la liberté d'expression, mieux vaut développer la tolérance. Celle-ci implique que toutes les opinions et toutes les formes d'expression doivent être considérées comme légitimes si on veut vivre dans une société ouverte. Chacun y sera choqué, pourra se considérer offensé et devra assumer qu'il existe des opinions inadmissibles pour lui.
« La tolérance consiste à s'abstenir d'intervenir […] dans les opinions d'autres personnes alors même que ces opinions […] nous paraissent désagréables, franchement déplaisantes […] ou moralement répréhensibles. […] quel sens y aurait-il à parler de tolérance si l'on ne faisait que tolérer ce qu'on aime bien ou ce qu'on peut à la rigueur supporter ? […] Ce qui fait la difficulté, c'est que la décision de tolérer ne dépende pas d'une position sceptique, mais d'une forme de certitude : je sais que c'est mal, mais si la tolérance est une vertu aussi absolue, elle implique qu'il est moralement bon d'accepter aussi ce qui est mauvais. »
Monique Canto-Sperber, Jusqu'où tolérer ?, Le Monde Editions, 1996.
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« Car ce qui le porte à exiger et à préserver la tolérance, ce n’est pas un égard pour le contenu des théories à tolérer mais la connaissance du fait que seule la tolérance peut créer et maintenir l’état de paix dans la société, sans lequel l’humanité serait retombée dans l’inculture et la pauvreté des temps révolus. C’est avec les armes de l’esprit et non avec celles de la force brutale et de l’oppression que le libéralisme combat la stupidité, l’absurdité, l’erreur et l’esprit du mal. »
Ludwig von Mises, Le libéralisme, Éditions Charles Coquelin, 1996.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS
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Sous-argumentLes paroles ne sont pas des actes

Il existe une différence de nature entre les mots et les choses qu'ils désignent : un chien peut mordre, mais le mot "chien" ne mord pas. De même, une insulte n'est pas une gifle, une caricature n'est pas un incendie, une menace de mort n'est pas un meurtre. Les atteintes morales ne peuvent pas être mises sur le même plan que les atteintes physiques. Selon la formule de Pierre Vidal-Naquet : "On combat un Eichmann de papier par le papier, et un Eichmann en armes par les armes."
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionLes discours aussi peuvent blesser

Les discours, tout comme les œuvres d'art, produisent des effets émotionnels chez les personnes qui les reçoivent. Ils peuvent heurter la sensibilité d'une personne et blesser tout autant que des atteintes physiques. Une insulte peut être ressentie comme un crachat dans la figure, une scène pornographique comme un choc émotionnel profond. Il est donc nécessaire de protéger les individus contre de telles agressions.

ObjectionLes discours préparent et inspirent les actes

On ne peut pas se contenter de dire que les paroles et les actes ne sont pas de même nature, car les discours ont de l'influence sur les actes. Les théories racistes fondent et motivent les actes racistes ; les appels au meurtre incitent et poussent au crime. Il est donc efficace de limiter la diffusion de ces discours pour limiter la diffusion de ces actes.

ObjectionIl y a une gradation entre les discours et les actes

La frontière entre les actes et les paroles n'est pas si tranchée. Une menace n'est-elle pas aussi un acte ? Dans le cas du harcèlement, à partir de combien de messages agressifs considère-t-on que c'est d'un acte qu'il s'agit ? Entre les pensées, les discours et les actes, un même geste se déploie. Ainsi, on commence par penser "Je vais repeindre mon plafond", puis on en parle ; ensuite, on prend les pinceaux et de la peinture, et enfin on peint. On peut décomposer en différentes phases ce processus, mais il s'agit d'un continuum.

Sous-argumentL'opinion publique s'autorégule

Il n'y a pas besoin de lois pour encadrer la liberté d'expression, car les opinions intolérables seront reconnues comme telles par la majorité des citoyens. Peu à peu, elles seront éliminées ou marginalisées, les gens n'osant plus les exprimer : l'opinion publique s'autorégule.

Ainsi, les discours qui justifiaient la violence au nom de la nation, de la révolution ou de la lutte des peuples étaient largement répandus au cours du vingtième siècle. Ces discours sont aujourd'hui devenus archaïques : ils ont été combattus dans l'opinion publique sans introduire de lois spécifiques.
« L’opinion publique, voilà le seul juge compétent des opinions privées, le seul censeur légitime des écrits. Si elle les approuve, de quel droit, vous, hommes en place, pouvez-vous les condamner ? Si elle les condamne, quelle nécessité pour vous de les poursuivre ? Si, après les avoir improuvés, elle doit, éclairée par le temps et par la réflexion, adopter tôt ou tard, pourquoi vous opposez-vous aux progrès des Lumières ? comment osez-vous arrêter ce commerce de la pensée, que chaque homme a le droit d’entretenir avec tous les esprits, avec le genre humain tout entier ? L’empire de l’opinion publique sur les opinions particulières est doux, salutaire, naturel, irrésistible ; celui de l’autorité et de la force est nécessairement tyrannique, odieux, absurde, monstrueux »
Maximilien de Robespierre, Oeuvres de Robespierre, 1867.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionL'opinion publique est orientée par les détenteurs des médias

En régime libéral, les médias sont en partie détenus par des grands groupes industriels et financiers, qui orientent les débats, privilégient certains problèmes et masquent certaines données. L'opinion publique, loin d'être éclairée, est manipulée. On ne peut donc s'en remettre à l'opinion publique seule pour que soient prises les justes décisions.
« La tolérance universelle devient problématique lorsqu’elle est appliquée à des individus manipulés et endoctrinés qui répètent comme des perroquets, comme si cela venait d’eux, l’opinion de leurs maîtres (...). Avec la concentration des pouvoirs économique et politique et avec l’intégration d’opinions opposées dans une société qui utilise la technologie comme un instrument de domination, la contestation réelle reste bloquée. Dans une démocratie organisée sur un mode totalitaire, l’objectivité entretient une attitude mentale tendant à oblitérer la différence entre ce qui est juste et ce qui est erroné. En fait le choix entre des opinions opposées a été fait avant que ne commence la discussion. Il n’a pas été fait par une conspiration, mais juste par « le cours normal des événement », qui n’est que le cours des évènements administrés. Le choix s’impose de lui-même dans des choses telles que la composition d’un journal qui découpe l’information vitale et en disperse les morceaux parmi des matériaux qui lui sont étrangers, parmi des articles qui n’ont rien à voir avec elle, et relègue ainsi les informations importantes à une place des plus obscures. La juxtaposition d’annonces publicitaires, l’interruption des émissions par des spots de publicité neutralisent les opinions contraires. Les gens exposés à cette impartialité trompeuse ne sont pas des tabula rasae, ils sont endoctrinés par les conditions dans lesquelles ils vivent et qu’ils n’arrivent pas à transcender. Comment briser la tyrannie de l’opinion publique et de ceux qui la construisent dans une société close ? Pour rendre les individus capables de devenir autonomes, de trouver par eux-mêmes ce qui est vrai, il faudrait les libérer de l’endoctrinement dominant qu’ils ne reconnaissent même plus comme endoctrinement. La vérité, « toute la vérité », requiert la rupture avec l’apparence des faits. Une partie essentielle de la vérité est de reconnaître dans quelle effrayante mesure l’histoire a été faite par et pour les vainqueurs, c’est-à-dire de reconnaître dans quelle mesure elle est le développement de l’oppression. Je crois qu’il y a un « droit naturel » de résistance pour les minorités opprimées et étouffées, un droit d’utiliser des moyens illégaux si les moyens légaux se révèlent inadéquats. »
Herbert Marcuse, Tolérance répressive, Homnisphères, 2008.

ObjectionL'opinion publique est orientée par les algorithmes des réseaux sociaux

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ObjectionL'opinion publique est conditionnée par l'État

Depuis la prime enfance, les citoyens sont exposés à des programmes scolaires encadrés et déterminés par l'État. Leurs opinions et leurs réflexes intellectuels ne sont donc pas neutres, mais conditionnés par l'éducation du pays. L'opinion publique tend ainsi à refléter l'idéologie inculquée par les pouvoirs dominants.

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ObjectionsObjections [ modifier ]

ObjectionsLimiter la liberté d'expression est nécessaire pour protéger les personnes et maintenir l'équilibre global de la société

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentPour lutter contre les contenus choquants

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Sous-argumentPour lutter contre les idées dangereuses

Sous-argumentPour protéger l'État et les entreprises

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Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Il faut limiter la liberté d'expression pour protéger l'État et les entreprises
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Sous-argument Par le devoir de réserve
Sous-argument Par le secret défense
Sous-argument Par le secret des affaires
Objection Il faut protéger le droit de citation
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentPour éviter les troubles à l'ordre public

La société est toujours soumise à la contestation de groupes minoritaires, qui cherchent à déstabiliser l'équilibre social. Il est alors nécessaire d'interdire les actes et propos susceptibles de favoriser le désordre, voire le chaos.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Il faut limiter la liberté d'expression pour éviter les troubles à l'ordre public
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Sous-argument Contre les propos incitant à la violence
Sous-argument Contre les manifestations risquant de troubler l'ordre public
Objection Le droit de manifestation est un droit fondamental pour tous
de l'argument pour aller plus loin.
OBJECTIONS

ObjectionLimiter la liberté d’expression est inefficace

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Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

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