Des années vingt aux années trente le système pénal de rééducation par le travail s'est métamorphosé en châtiment par le travail

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Présentation de l'argument

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Citations [ modifier ]

« « Ceux qui ont étudié le fonctionnement de la justice et des patriques pénitentiaires dans les années vingt (période de la NEP) savent que le camp était conçu pour être une forme de détention plus humaine que les "cages" appelées prisons. Ce lieu où l'on travaillerait dans des conditions proches de la normale était considéré comme le meilleur moyen de rééduquer et de réhabiliter (...) Les tribunaux cherchaient à limiter les peines de prison au profit de condamnations au travail "obligatoire" (prinudraboty), souvent traduit à tort en occident "travail forcé". Les débats et les publications sur la criminalité étaient très novateurs et publics (....) Tout cela prend fin dans les années trente, même si les conceptions libérales se maintiennent encore. Des magistrats et des criminologues se battent pour que les camps ne deviennent pas un instrument de châtiment par le travail ( en fait par le travail forcé ), perdant ainsi leur fonction intitale de rééducation par le travail. Mais en vain. La conception du "travail forcé" est un effet secondaire de l'industrialisation à outrance. La main d'oeuvre incarcérée est facile à mobiliser, peu coûteuse, soumise à une discipline de fer et aisément remplaçable (... ) Le NKVD et sa police secrète ne peuvent qu'être intéressés à jouer un rôle de première importance dans l'industrialisation du pays. Ils sont le fer de lance de la transformation du système pénitentiaire en un immense secteur industriel sous leur administration. il va de soi que les condamnés en seront la main d'oeuvre. Il faut donc en fournir le plus grand nombre possible. Les tâches de basse police ne sont pas de celles qui peuvent donner du prestige au NKVD. » »
Moshe Lewin, Le siècle soviétique, p.151 et 152, Fayard / le Monde diplomatique, Paris,, 2003.
« Lénine aurait été le créateur des "camps de concentration" en Russie (les premiers "camps de concentration"ont été créés vingt ans plus tôt par l'Angleterre en Afrique du Sud lors de la guerre des Boers). Cette expression ayant pris un sens terrible avec l'institution stalinienne du "goulag", et pis encore avec les camps de la mort hitlériens, l'effet produit par cette assertion est assuré. Or il y a là tromperie qualifiée. La guerre civile conduit Lénine à décider d'ouvrir au printemps 1918 des camps d'internement, camps dans lesquels commencera d'être organisé du travail en 1919, à partir de l'idée de sa portée rééducative. Il n'y a dans ces camps ni mise en place d'un système d'exploitation économique ni politique de dépersonnalisation, moins encore de plan d'extermination. Parler en ce cas de "camps de concentration" est pratiquer délibérément l'équivoque, ce par quoi un historien ne se grandit pas. Sur ce point non plus, Staline n'est pas déjà dans Lénine. »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine., p.p. 41, note 35, De la dictature du prolétariat au "refus de tout compromis", Editions sociales / 1917+ cent, Paris, 2017.

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Sous-arguments [ modifier ]

La destalinisation a ressuscité les exigences de la Tcheka imposées au début de la NEP

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La destalinisation a ressuscité les exigences de la Tcheka imposées au début de la NEP
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« L'opinion occidentale horrifiée et fascinée par l'absurdité de la répression sous Staline et disposant d'une masse de données sur cette époque, a accepté sans difficulté l'idée qu'après Staline la terrur continuait avec les mêmes moyens et avec la même échelle. Mais les deux périodes ne sont pas comparables, ne serait-ce que parce que cette police politique si puissante avait perdu le droit exorbitant de juger et de punir elle-même ses victimes. Les affaires relevaient désormais des tribunaux. Quant aux enquêtes du KGB elles devaient -comme c'était le cas pour la Tcheka au début de la NEP- être dûment enregistrées auprès de la Procurature générale ou des procuratures locales. Les résultats de ces enquêtes devaient être communiquées au fur et à mesure au département spécial de la Procurature chargé de les superviser (la procédure était la même au niveau local) . Des documents en nombre encore insuffisant attestent que ces procédures étaient respectées - même si l'on peut s'attendre à ce que l'ouverture des archives révèle bien des lacunes dans cette supervision (...) On dispose maintenant de beaucoup d'informations sur leur nombre, les peines prononcées, les appels, les réductions de peine ou les non-lieux. »
Moshe Lewin, Le Siècle soviétique, p.235, II ème partie D'un nouveau modèle à une nouvelle impasse, de Khrouchtchev à Andropov. Chapitre II Le KGB et l'opposition politique Arrestations politiques et "prophylaxie" (1959-1974)., Arthème Fayard / Le Monde diplomatique, Paris, 2003.

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Objections

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Références

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Débat parent