Staline est l'auteur d'une contre-révolution

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Mots-clés : Révolution russe, URSS, Stalinisme, Contre-révolution [ modifier ]

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CitationsCitations [ modifier ]

« Quelques heures après l’assassinat de Kirov, Staline rédige un décret connu comme « loi du 1er décembre 1934 » légalisant les procédures expéditives et fournissant l’instrument privilégié de la grande terreur. Au-delà de l’écrasement des mouvements populaires urbains et ruraux, cette terreur bureaucratique liquide ce qui subsiste de l’héritage d’Octobre. On sait que les procès et les purges ont taillé des coupes claires dans les rangs du parti et de l’armée. La plupart des cadres et des dirigeants de la période révolutionnaire sont déportés ou exécutés. Sur les 200 membres du comité central du Parti communiste ukrainien, il n’y eut que trois survivants. Dans l’armée, le nombre des arrestations atteignit plus de 30 000 cadres sur 178 000. Parallèlement, l’appareil administratif requis pour cette entreprise répressive et pour la gestion d’une économie étatisée explose. D’après Moshe Lewin, le personnel administratif est alors passé de 1 450 000 membres en 1928 à 7 500 000 en 1939, l’ensemble des cols blancs de 3 900 000 à 13 800 000. La bureaucratie n’est pas un vain mot. Elle devient une force sociale : l’appareil bureaucratique d’État dévore ce qu’il restait de militants dans le parti. »
Daniel Bensaïd, « communisme contre stalinisme ; réponse au livre noir du communisme », Site Daniel Bensaid, 1997.
« Bien des militants communistes sincères se sont obstinés à nier le fait d’une contre-révolution bureaucratique sous prétexte de ne pas trouver d’événement majuscule qui soit le parfait symétrique d’Octobre, la claire inversion du processus dont il constitue l’acte initial, un strict retour à ce qui existait avant. Quête illusoire en effet. Plus perspicace, l’idéologue réactionnaire Joseph de Maistre avait compris, dès les lendemains de la Révolution française, qu’une contre-révolution n’est pas « une révolution en sens contraire », mais le « contraire d’une révolution », une réaction rampante, asymétrique, par seuils et par paliers. C’est en quoi l’analogie avec Thermidor, utilisée en Union soviétique dès les années vingt par les oppositionnels, était peut-être plus pertinente qu’ils ne l’avaient eux-mêmes imaginé : une réaction qui ne soit pas une inversion du temps, un retour vers le passé, mais l’invention de formes historiques inédites. »
Daniel Bensaïd, « Bolchevisme et stalinisme », site de Daniel BensaÏd, 2005.
« Ajoutons que la Terreur rouge, à la différence fondamentale de la Terreur stalinienne, ne fut pas dirigée contre le peuple mais contre les ennemis du peuple et la contre-révolution. Qu'il y ait eu des fautes commises dans cette période, des exagérations dues aux circonstances, c'est certain et personne ne le conteste. La question essentielle est de comprendre la différence de nature entre la terreur des années 1918-1921 et celle des années 30 à 50. Face à la terreur blanche les Bolcheviks étaient restés, jusqu'en août 1918, plutôt passifs. Certes ils avaient créé une police politique, la "Tcheka". Mais les arrestations restaient relativement peu nombreuses, les exécutions encore plus rares, et il subsistait encore quelques traces de liberté politique (des journaux d'opposition bourgeoise par exemple subsistent à Pétrograd jusqu'au 3 août 1918). »
Jean Elleinstein, Histoire de l'URSS, tome 1, p.190, Editions sociales, Paris, 1975 deuxième édition.
« Du temps de Lénine, qui fut celui de la terrible guerre civile et des pires difficultés politiques, le parti n'en tenait pas moins congrès chaque année de 1917 à 1924 - en huit ans, huit congrès du VIème au XIII ème, avec libres débats et décisions majoritaires respectant les droits des minoritaires. Après 1924, les congrès ne cessent de se raréfier : deux ans du XIVème au XVème, trois ans et demi du XVème au XVI ème, plus de treize ans du XVIII ème de mars 1939 au XIX ème d'octobre 1952. »
Lucien Sève, Penser avec Marx aujourd'hui tome IV "Le communisme" ?, p.412, chapitre 2 communisme et "communisme" dans le court XXème siècle Staline et le dépérissement de l'Etat, Editions La Dispute, Paris, 2019.
« Raréfaction qui couvre bien plus grave encore : ce n'est plus le congrès qui choisit la politique et la direction, c'est la direction qui "fait" entièrement le congrès, du choix des délégués aux décisions stratégiques et à l'"élection" des dirigeants : inversion complète des rapports où toute souveraineté des adhérents disparaît sous l'omnipotence du chef suprême. »
Lucien Sève, Penser avec Marx aujourd'hui tome IV "Le communisme" ?, p.412-413, chapitre 2 communisme et "communisme" dans le court XXème siècle ; Staline et le dépérissement de l'Etat, Editions La Dispute, Paris, 2019.

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