Il existe trop de souffrances et d'injustices pour qu'il existe un dieu

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Sommaire

Présentation de l'argument [ modifier ]

Le mal est souvent synonyme d'une souffrance imméritée et injuste : les victimes qui meurent lors d'attentats ou dans les camps de concentration, les victimes de catastrophes naturelles etc.

Tout au long de l'histoire, on voit des victimes innocentes, non seulement dues à des malheurs suscités par des volontés humaines (guerres, génocides, crimes etc.) mais aussi par des malheurs qui dérivent des forces naturelles (tsunamis, éruptions volcaniques, épidémies etc.).

Ainsi non seulement l'homme est un loup pour l'homme, mais la nature n'épargne personne, le juste comme l'injuste sont frappés. Ceci montre un univers indifférent, qui suit son cours et obéit à des lois implacables. Il n'y a pas place dans cette configuration pour un Dieu d'amour ou de miséricorde, se préoccupant des humains et de leur destinée, qui est soumise aux hasards.

Citations

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Sous-arguments [ modifier ]

La vie humaine est absurde

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La souffrance des innocents contredit la "bonté" de Dieu

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La souffrance des innocents contredit la "bonté" de Dieu
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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Partout on constate que des innocents sont frappés de malheurs : handicap de nouveaux-nés, assassinat d'enfants, viols de femmes, etc. Si Dieu était bon, pourrait-il permettre ces actes ? Un père qui voit son enfant se faire malmener dans une cour de récréation, puis un autre enfant prendre un bâton pour le frapper, réagira. Dieu, censé être infiniment meilleur que le moindre père de famille, laisse des choses bien pires advenir à ses enfants ou à ses créatures. Même S'Il existe, Il n'est pas "bon".
« Pourquoi Dieu nous a-t-il créés si faibles, si lâches, si violents, si avides, si prétentieux, si lourds ? Pourquoi tant de salauds ou de médiocres, si peu de héros ou de saints ? Pourquoi tant d’égoïsme, d’envie, de haine, si peu de générosité et d’amour ? Banalité du mal, rareté du bien ! Il me semble qu’un Dieu aurait pu obtenir, même en nous laissant libres et imparfaits, une proportion plus favorable. »
André Comte-Sponville, L'esprit de l'athéisme, Albin Michel, 2006.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« Il reste que le mal, même pour les plus optimistes, voyez Leibniz, est incontestable. Le bien l’est aussi ? Sans doute. Mais la nature suffit à expliquer l’un et l’autre, alors qu’un Dieu les rendrait tous les deux incompréhensibles, le premier par l’excès, le second par l’insuffisance. Il y a trop d’horreurs dans ce monde, trop de souffrances, trop d’injustices – et trop peu de bonheur – pour que l’idée qu’il ait été créé par un Dieu tout-puissant et infiniment bon me paraisse acceptable. »
André Comte-Sponville, L'esprit de l'athéisme, Albin Michel, 2006.

La souffrance animale est injuste

« Et puis il y a, bien avant l’apparition de l’homme, la souffrance animale. Des milliards d’animaux, dans des millions d’espèces, n’ont vécu qu’en en dévorant des milliards d’autres, dont l’unique tort était d’être trop faibles ou trop lents pour leur échapper. Je ne fais pas partie de la SPA. Mais tout de même ! Il suffit de voir nos reportages animaliers, à la télévision ce ne sont que des tigres qui égorgent des gazelles, des poissons qui dévorent d’autres poissons, des oiseaux qui avalent des vers de terre, des insectes qui grignotent d’autres insectes… Je ne leur reproche rien : ils font leur métier de vivants. Mais comment faire entrer tant de souffrances, chez leurs proies, et pendant si longtemps, dans un plan prétendument divin ? Nos écologistes protestent, ils ont peut-être raison, contre le gavage des oies. Mais que dire alors de l’invention des carnivores ? La vie, telle que Dieu est supposé l’avoir créée, et bien avant l’apparition d’Homo sapiens, est d’une violence et d’une injustice effrayantes. C’est comme un long carnage, qui n’en finirait pas. De ce point de vue, la première « vérité sainte » du Bouddha, qui enseigne que « toute vie est souffrance », sarvam dukkham, me paraît coller bien davantage à notre expérience, hélas, que l’enseignement des différents monothéismes ! La douleur est innombrable. Le malheur est innombrable. Qu’il y ait aussi des plaisirs et des joies, je ne l’ignore pas. Mais cela, la nature suffit à l’expliquer, quand Dieu rend l’horreur inexplicable. » »
André Comte-Sponville, L'esprit de l'athéisme, Albin Michel, 2006.
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« Assez curieusement, la question qui apparaît la plus embarrassante et la plus difficile à régler dans le cadre d'une théodicée chrétienne est celle que pose la souffrance des animaux. Si l'on peut donner à la douleur humaine une signification en termes de péché, de châtiment, d'avertissement, d'épreuve, de rédemption, de récompense, on ne peut en dire autant des animaux. Ils ne sont pas moralement coupables, ils ne sont pas rachetés, ils n'ont pas de perspective de vie éternelle, et cependant ils souffrent. Pourquoi ? »
Leszek Kolakowski, Philosophie de la religion, p.68, 10/18, 1997.

L'Histoire n'a pas de sens

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L'Histoire n'a pas de sens
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Il y a un sens de l'Histoire
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L'Histoire paraît "une histoire racontée par un idiot." Il n'y a pas de progrès moral : l'humanité souffre toujours globalement d'autant de guerres, d'oppressions et de misères. Quand dans certaines contrées le mal décroît, il croît dans d'autres endroits.

L'humanité semble donc ni pire ni meilleure selon les temps. S'il y avait un Dieu préoccupé de morale, le niveau moral devrait progresser ; de même, s'il y avait un Dieu créateur de l'univers qui s'était manifesté dans une religion, celle-ci devrait s'imposer à l'humanité. Or on ne voit que divisions et stagnation morale. Enfin si un Dieu guidait une civilisation, celle-ci devrait se maintenir : toutes les civilisations obéissent à des cycles, les unes surgissent, les autres meurent...

On ne voit pas de trace d'une évolution dans l'Histoire, qui obéit peut être à des lois mais pas à un "plan divin".

La nature est cruelle

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Les représentants de Dieu sur terre ne montrent pas toujours l'exemple

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Objections [ modifier ]

Dieu n'est pas tout-puissant

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Dieu n'est pas tout-puissant
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Un Dieu qui n'est pas tout-puissant n'est pas Dieu
La compassion n'a pas de sens pour Dieu
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Le terme de "tout-puissant" employé dans les Bibles traduit l'expression hébraïque : "Celui qui dit : 'Assez!'" (référence : Catherine Challier, préface a Le concept de Dieu après Auschwitz).

La notion de puissance est relationnelle : x est puissant s'il peut agir sur y. La notion de "toute-puissance" est contradictoire ; elle signifierait une puissance que rien ne peut limiter. Or toute existence en dehors d'une telle puissance serait une limite à cette toute-puissance (voir Hans Jonas, Le concept de Dieu après Auschwitz).

Dieu permet le mal à cause de la liberté

C'est les être humains, pas Dieu, qui sont responsables du mal. Le mal n'existe que parce que les hommes sont libres.
« Le centre de toute théodicée doit, à mon sens, consister en une « justification par le libre arbitre ». Elle concernera, pour commencer, le mal moral, mais on pourra l’étendre également à une bonne partie du mal naturel. La justification par le libre arbitre consiste à dire que c’est un grand bienfait que les êtres humains aient le libre arbitre, ou faculté de choix libre et responsable, mais ce libre arbitre suppose alors nécessairement la possibilité naturelle du mal moral. (Par « possibilité naturelle », je veux dire qu’il n’est pas déterminé à l’avance si le mal se produira ou non.) Un Dieu qui dote les êtres humains d’un tel libre arbitre ouvre inévitablement la porte à cette possibilité, de sorte que la production effective du mal échappe à son contrôle. Il n’est pas logiquement possible – ce serait une supposition contradictoire – que Dieu nous accorde ce libre arbitre tout en s’assurant que nous en usions toujours correctement. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, Ithaque, 2009.
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« La plupart des souffrances humaines sont le résultat de nos propres fautes. N’est-ce pas alors un peu facile d’en rendre Dieu responsable ou de s’indigner qu’il n’intervienne pas ? Dieu nous a créés libres, ce qui veut dire que nous devons assumer et subir les conséquences de nos paroles et de nos actes. Sinon nous serions des marionnettes sans volonté. Mais dans son amour, Dieu a décidé de ne pas nous laisser nous entredéchirer. En fait, il a déjà donné un moyen pour vaincre le mal, en Jésus : «Dieu a tant aimé la monde qu’il a donné son Fils unique pour que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle» (Evangile de Jean ch.3 v.16). Le sacrifice de Jésus a pour but de vaincre le mal et donc la souffrance. En vivant comme Dieu le demande, à l’exemple de Jésus, nous nous éviterons toute souffrance. C’est à chacun(e) de le vouloir et de le décider. »

Dieu a besoin du conflit pour faire avancer son plan dans l'histoire

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Dieu n'a pas créé le mal qui existe de toute éternité

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Dieu n'a pas créé le mal qui existe de toute éternité
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Il n'existe pas deux substances coéternelles
Le bien et le mal se mélangent
Le mal est une illusion
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Le mal est une réalité attestée non seulement dans les hommes, mais dans l'univers lui-même. Il suffit de regarder des insectes s'entre-dévorants et la souffrance dans la nature pour le savoir. Le mal n'est pas un phénomène subjectif, c'est un des aspects de la réalité, tout comme le bien. Le réel est double, à la fois beau et effrayant. Cette dualité se retrouve dans la nature, dans l'être humain, etc. Or cette dualité que l'on constate partout dérive d'une dualité ontologique : notre univers est le mélange de deux réalités distinctes et éternelles, le Mal et le Bien (ou l'Esprit et la Matière chez Platon : voir Simone Pétrement, "Le dualisme chez Platon").

Le dualisme est une doctrine qui a été professée par les Manichéens sur plusieurs millénaires (voir par exemple Amin Maalouf "Les jardins de Lumière"), les gnostiques des IIème et IIIème siècles (voir Jacques Lacarrière, "Les gnostiques"), Platon... Saint-Augustin fut longtemps manichéen ; Bayle, dans son "Dictionnaire Historique et Critique", consacre plusieurs entrées aux doctrines manichéennes ou proches.

Dieu, en évolution, a besoin du conflit pour devenir conscient de Lui-même

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Dieu, en évolution, a besoin du conflit pour devenir conscient de Lui-même
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On se trouve ici aux antipodes de la vision traditionnelle de Dieu; créateur parfait et immuable de l'univers. On touche même à des spéculations hérétiques, ou du moins opposées à l'enseignement connu des religions. Pour le psychanalyste Carl-Gustav Jung, l'Ancien Testament montre que l'image de Dieu change et évolue. C'est comme si Dieu lui-même se transformait et acquérait peu à peu une conscience morale. Ainsi le mal et le conflit sont nécessaires, ils permettraient à Dieu de dépasser sa colère voire de devenir plus conscient. On trouve cette idée chez le théosophe Jacob Boehme, qui a influencé Hegel.

Citations Jung et Boehme

Cf. Jung

Le mal est dû à un accident cosmique non prévu par Dieu

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Le mal est dû à un accident cosmique non prévu par Dieu
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Le mal est une illusion

Un renard dans un poulailler : c'est un bien pour le renard, un mal pour les poules. En soi, rien n'est "bien" ni "mal", ces mots sont des catégories relatives à une position particulière. Il est illogique de faire du "mal" une catégorie à part entière, une substance, alors qu'il s'agit d'une relation : x est mal pour y, bon pour z. X (événement, personne, situation, phénomène etc.) n'est ni bon ni mauvais en soi !

Citation Spinoza

Non seulement on peut établir intellectuellement que le "mal" n'existe pas en soi, mais certaines personnes l'ont réalisé à travers l'expérience mystique. Dans cette expérience, tout est parfait, tout est bien, la notion de mal se dissout.

Citation mystiques

L'existence du mal est la punition infligée par Dieu

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L'existence du mal est la punition infligée par Dieu
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Aucun sous-argument n'a été entré. Dieu serait alors injuste, car trop de personnes qui n'ont commis aucun mal seraient punies
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Notre monde est le meilleur des mondes possibles

« La sagesse de Dieu, non contente d’embrasser tous les possibles, les pénètre, les compare, les pèse les uns contre les autres, pour en estimer les degrés de perfection ou d’imperfection, le fort et le faible, le bien et le mal : elle va même au-delà des combinaisons finies, elle en fait une infinité d’infinies, c’est-à-dire une infinité de suites possibles de l’Univers, dont chacune contient une infinité de créatures ; et par ce moyen la sagesse divine distribue tous les possibles qu’elle avait déjà envisagés à part, en autant de systèmes universels, qu’elle compare encore entre eux : et le résultat de toutes ces comparaisons et réflexions est le choix du meilleur d’entre tous ces systèmes possibles, que la sagesse fait pour satisfaire pleinement à la bonté; ce qui est justement le plan de l’Univers actuel. Et toutes ces opérations de l’entendement divin, quoiqu’elles aient entre elles un ordre et une priorité de nature, se font toujours ensemble, sans qu’il y ait entre elles aucune priorité de temps. »
Leibniz, Essai de théodicée, §225, 1710.
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« Dieu pouvait sans doute faire un monde plus parfait que celui que nous habitons. Il pouvait, par exemple, faire en sorte que la pluie, qui sert à rendre la terre féconde, tombât plus régulièrement sur les terres labourées, que dans la mer, où elle n’est pas si nécessaire. Mais pour faire ce monde plus parfait, il aurait fallu qu’il eût changé la simplicité de ses voies, et qu’il eût multiplié les lois de la communication des mouvements, par lesquels notre monde subsiste ; et alors il n’y aurait plus eu entre l’action de Dieu et son ouvrage cette proportion qui est nécessaire pour déterminer un être infiniment sage à agir, ou du moins il n’y aurait point eu la même proportion entre l’action de Dieu et ce monde si parfait, qu’entre les lois de la nature et le monde que nous habitons. Car notre monde, quelque imparfait qu’on le veuille imaginer, est fondé sur des lois de mouvement si simples et si naturelles, qu’il est parfaitement digne de la sagesse infinie de son auteur. »
Malebranche, Traité de la nature et de la grâce, I, §14, 1680.

Le mal concourt à un plus grand bien

L'homme n'est pas capable de saisir les tenants et les aboutissants des décisions de Dieu. Avoir l'occasion de souffrir rend possible un grand bien

Dieu n'est pas bon

Dans un de ses ouvrage, Sade avance l'hypothèse d'un "Dieu mauvais", qui joue avec les humains, récompense les mauvais et châtie les bons.

Citation Evola sur Sade

Argument de l'enfer éternel.

L'homme n'a pas à juger Dieu

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Dieu étant parfait, l'univers est régi par une sagesse parfaite et on n'a pas à se poser le problème du mal
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Aucun sous-argument n'a été entré. Citation de Hans Jonas sur la bonté incompréhensible de Dieu
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On ne peut pas "juger Dieu". Par définition, son pouvoir et son intelligence dépassent de toutes parts l'être humain. Donc il faut supposer que Dieu fait tout ce qu'il fait pour des raisons qui nous échappent, mais qui sont par nature parfaites en fonction de ses qualités.

Cf. livre de Job
« Si Dieu existe, il est parfait ; s'il est parfait, il est sage, puissant et juste ; s'il est juste et puissant, mon âme est immortelle ; si mon âme est immortelle, trente ans de vie ne sont rien pour moi, et sont peut-être nécessaires au maintien de l'univers. Si l'on m'accorde la première proposition, jamais on n'ébranlera les suivantes ; si on la nie, il ne faut point disputer sur ses conséquences. [...] Toutes les subtilités de la métaphysique ne me feront pas douter un moment de l'immortalité de l'âme, et d'une Providence bienfaisante. »
Jean-Jacques Rousseau, « Le tout est bien, ou tout est bien pour le tout », Lettre sur la Providence, 1759.

L'existence du mal est un mystère

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L'existence du mal est un mystère
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Aucun sous-argument n'a été entré. Ce n'est pas l'existence de Dieu mais celle du mal qui est un mystère
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Le mal naturel permet à Dieu de communiquer aux hommes un message

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Le mal naturel permet à Dieu de communiquer aux hommes un message
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« Le mal naturel permet aux êtres humains d’effectuer des choix, de deux manières. D’abord, le fonctionnement de lois de la nature entraînant des maux procure aux êtres humains des connaissances (s’ils décident de les acquérir) sur la manière de produire eux-mêmes ces maux. En observant que j’attrape une maladie par le fonctionnement de processus naturels, j’acquière la capacité soit d’utiliser ces processus de manière à transmettre cette maladie à d’autres, soit, par négligence, de laisser d’autres l’attraper, ou bien de prendre des mesures pour empêcher les autres d’attraper cette maladie. L’étude des mécanismes de la nature dans sa production de maux (et de biens) variés offre aux êtres humains un vaste champ pour la décision. Dieu ne pourrait-il pas nous donner la connaissance requise (concernant la production d’un bien ou d’un mal) dont nous avons besoin pour exercer une décision libre et responsable par un moyen moins coûteux ? Ne pourrait-il simplement nous murmurer de temps en temps à l’oreille quelles sont les différentes conséquences de nos différentes actions ? Certes oui. Cependant, si quelqu’un venait à penser que c’est Dieu qui l’informe que telle de ses actions aura tel effet, il devrait considérer que toutes ses actions s’accomplissent sous l’œil d’un Dieu qui voit tout. Il ne pourrait plus se contenter de la forte conviction que Dieu existe, il saurait, en toute certitude, que Dieu existe. Cette connaissance pourrait entraver largement sa liberté de décision, et lui rendrait très difficile la décision de faire le mal. Ceci parce que nous avons tous, par inclination naturelle, le désir d’être bien vu par tout le monde, et surtout, le cas échéant, par un Dieu parfaitement bon ; que nous ayons cette inclination est une très bonne caractéristique humaine : sans elle, il manquerait quelque chose à notre humanité. Si donc nous étions directement informés des conséquences de nos actes, nous serions privés de la possibilité de décider de chercher à découvrir leurs conséquences grâce à l’expérimentation et la coopération sérieuse. Cette connaissance nous submergerait. Seuls des processus naturels peuvent donner aux êtres humains la connaissance des effets de leurs actions sans entraver leur liberté, et si le mal doit être une vraie possibilité pour eux, il leur appartient de découvrir comment ils peuvent le faire advenir. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.102-103, Ithaque, Paris, 2009.

Le mal subi dans cette vie sera compensé dans la vie après la mort

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Le mal subi dans cette vie sera compensé dans la vie après la mort
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Dieu compense la souffrance en offrant la possibilité d'une vie après la mort.
« Si quelqu’un n’était pas convaincu par ce que j’ai dit de la force relative des biens et des maux considérés, s’il estime que, aussi grands que soient les biens, ils ne justifient pas les maux qu’ils impliquent, j’ai une position de repli. Il se peut que mes arguments vous aient convaincu de ceci : les biens rencontrés sont suffisamment grands pour que vous admettiez qu’un Dieu parfaitement bon serait justifié s’il créait des maux à cause des biens qu’ils rendent possibles, si et seulement si Dieu offrait du même coup une compensation, sous forme de bonheur après la mort, aux victimes dont les souffrances ont rendu possibles ces biens. Si votre théodicée réclame un soutien de ce genre, il vous faudra une raison indépendante de penser que Dieu offre une telle vie après la mort : je mentionnerai au chapitre suivant le genre de raison qu’il peut y avoir. »
Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, p.106, Ithaque, Paris, 2009.

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Références

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Débat parent