Lénine défendait déjà dans sa jeunesse les vertus de la famine de 1891-1892

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Débat parentCet argument est utilisé dans le débat Lénine est-il le précurseur de Staline ?.
Mots-clés : Léninisme, Révolution russe, URSS, Terreur, Bolchévisme, Totalitarisme, Famine[ modifier ].

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« Avant de devenir Lénine, Vladimir Ilitch Oulianov se nourrissait déjà du Catéchisme du révolutionnaire, publié en 1869 par le fameux révolutionnaire russe Serge Netchaïev qui appelait instamment à la destruction totale de la société existante Alors qu’il était déjà marxiste, Oulianov se félicita de la dernière grande famine de l’empire tsariste, qui tua environ 400 000 paysans de la Volga en 1891-1892, et, à l’inverse de l’ensemble de la société il refusa de leur venir en aide, estimant qu’« en détruisant l’économie paysanne attardée, la famine nous rapproche objectivement de notre but final, le socialisme ». »

Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

« Très vite, on perçoit les effets de cette passion scientiste sur un Lénine déjà adulte. En 1891-1892 eut lieu la dernière grande famine en Russie – avant l’ère soviétique – qui fit environ 400 000 morts dans la paysannerie. Non seulement Oulianov [c’est-à-dire Lénine] refusa de participer aux secours des affamés, mais, d’après son ami A. Beliakov, il « avait le courage de déclarer ouvertement que la famine avait de nombreuses conséquences positives, à savoir l’apparition d’un prolétariat industriel, ce fossoyeur de l’ordre bourgeois. […] En détruisant l’économie paysanne attardée, la famine, expliquait-il, nous rapproche objectivement de notre but final, le socialisme, étape immédiatement postérieure au capitalisme. La famine détruit aussi la foi non seulement dans le tsar, mais même en Dieu ? ». Ainsi, à vingt ans, Lénine entretient déjà une vision téléologique et doctrinale de la société et de l’histoire, vision abstraite, coupée de la vie, qui repose sur une philosophie de la nécessité et implique une absence totale de compassion. »

Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.

« La dernière grande famine qu’avait connue la Russie en 1891, approximativement dans les mêmes régions (la Moyenne, la Basse-Volga et une partie du Kazakhstan), avait fait quatre cent à cinq cent mille victimes. L’État et la société avaient alors rivalisé d’émulation pour venir en aide aux paysans victimes de la sécheresse. Jeune avocat, Vladimir Oulianov-Lénine résidait au début des années 1890 à Samara, chef-lieu de l’une des provinces les plus touchées par la famine de 1891. Il fut le seul représentant de l’intelligentsia locale non seulement à ne pas participer à l’aide sociale aux affamés, mais à se prononcer catégoriquement contre une telle aide. Comme le rappelait un de ses amis, « Vladimir Ilitch Oulianov avait le courage de déclarer ouvertement que la famine avait de nombreuses conséquences positives, à savoir l’apparition d’un prolétariat industriel, ce fossoyeur de l’ordre bourgeois. […] En détruisant l’économie paysanne attardée, la famine, expliquait-il, nous rapproche objectivement de notre but final, le socialisme, étape immédiatement postérieure au capitalisme. La famine détruit aussi la foi non seulement dans le tsar, mais même en Dieu ». Trente ans plus tard, le jeune avocat devenu chef du gouvernement bolchevique reprenait son idée : la famine pouvait et devait servir à « frapper mortellement l’ennemi à la tête ». »

Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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