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Lénine a violemment réprimé les ouvriers

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CitationsCitations [ modifier ]

« Alors qu’il se proclamait le chef du pouvoir du prolétariat, Lénine mena une politique tout aussi violente contre les ouvriers, au point que les ouvriers des grandes usines de Petrograd, dont ceux de l’usine Poutilov qui avaient été à la pointe de la révolution en 1917-1918, se mirent en grève au printemps 1919. Lénine vint de Moscou pour leur parler, mais sans succès. Il ordonna alors la prise d’assaut des usines par les troupes de la tcheka, qui arrêtèrent 900 grévistes et en fusillèrent 200. Des massacres identiques d’ouvriers en grève se multiplièrent, en particulier à Toula et à Astrakhan. Le 29 janvier 1920, face aux grèves des ouvriers dans l’Oural, Lénine télégraphiait aux communistes locaux : « Il y a du sabotage manifeste des cheminots […] Je suis étonné que vous vous en accomodiez et que ne procédiez pas à des exécutions massives pour sabotage. » »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
« De tous les épisodes de répression, l’un des plus soigneusement occultés par le nouveau régime fut la violence exercée contre le monde ouvrier, au nom duquel les bolcheviks avaient pris le pouvoir. Commencée dès 1918, cette répression se développa en 1919-1920 pour culminer au printemps 1921, avec l’épisode, bien connu, de Kronstadt. Le monde ouvrier de Petrograd avait manifesté, dès le début de 1918, sa défiance vis-à-vis des bolcheviks. Après l’échec de la grève générale du 2 juillet 1918, le second temps fort des troubles ouvriers dans l’ancienne capitale éclata en mars 1919, après que les bolcheviks eurent arrêté un certain nombre de dirigeants socialistes-révolutionnaires, dont Maria Spiridonova qui venait d’effectuer une tournée mémorable des principales usines de Petrograd où elle avait été partout acclamée. Ces arrestations déclenchèrent, dans une conjoncture déjà très tendue à cause des difficultés de ravitaillement, un vaste mouvement de protestation et de grèves. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentEn 1918

« Quel que soit le nombre exact des victimes de la Terreur rouge de l’automne 1918 – et le seul décompte des exécutions rapportées dans la presse nous suggère qu’il ne saurait être inférieur à 10 000-15 000 –, cette Terreur consacrait définitivement la pratique bolchevique de traiter toute forme de contestation réelle ou potentielle dans le cadre d’une guerre civile sans merci soumise, selon l’expression de Latsis, à « ses propres lois ». Que des ouvriers se mettent en grève, comme ce fut, par exemple, le cas à l’usine d’armement de Motovilikha, dans la province de Perm, au début du mois de novembre 1918, pour protester contre le principe bolchevique de rationnement « en fonction de l’origine sociale » et les abus de la tcheka locale, c’est l’usine tout entière qui est aussitôt déclarée « en état d’insurrection » par les autorités. Aucune négociation avec les grévistes : lockout et renvoi de tous les ouvriers, arrestation des « meneurs », recherche des « contre-révolutionnaires » mencheviks soupçonnés d’être à l’origine de cette grève. Ces pratiques avaient certes été monnaie courante dès l’été 1918. À l’automne cependant, la tcheka locale, désormais bien organisée et « stimulée » par les appels au meurtre venus du Centre, alla plus loin dans la répression ; elle fit exécuter plus de 100 grévistes sans autre forme de procès. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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« Dans la seconde quinzaine de mai et au mois de juin 1918, de nombreuses manifestations ouvrières furent réprimées dans le sang à Sormovo, Iaroslavl, Toula, ainsi que dans les villes industrielles de l’Oural, Nijni Taguil, Beloretsk, Zlatous, Ekaterinbourg. La part de plus en plus active prise par les tchekas locales dans la répression est attestée par la fréquence croissante, en milieu ouvrier, des mots d’ordre et slogans contre la « nouvelle Okhranka » (police politique tsariste) au service de la « commissarocratie ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentSuite à la dissolution des soviets tenus par des opposants

« La dissolution des soviets tenus par les opposants, l’expulsion, le 14 juin 1918, des mencheviks et des socialistes-révolutionnaires du Comité exécutif panrusse des soviets suscitèrent protestations, manifestations et mouvements de grève dans de nombreuses villes ouvrières, où la situation alimentaire ne cessait, par ailleurs, de se dégrader. À Kolpino, près de Petrograd, le chef d’un détachement de la Tcheka fit tirer sur une marche de la faim, organisée par des ouvriers dont la ration mensuelle était tombée à deux livres de farine ! On releva dix morts. Le même jour, à l’usine Berezovski, près d’Ekaterinbourg, quinze personnes furent tuées par un détachement de Gardes rouges lors d’un meeting de protestation contre les « commissaires bolcheviques » accusés de s’être approprié les meilleures maisons de la ville et d’avoir détourné à leur profit les cent cinquante roubles imposés sur la bourgeoisie du lieu. Le lendemain, les autorités du secteur décrétèrent la loi martiale dans cette cité ouvrière et quatorze personnes furent immédiatement fusillées par la tcheka locale qui n’en référa pas à Moscou. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
Sous-débat
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Lénine a violemment réprimé les ouvriers en 1918 suite à la dissolution des soviets tenus par des opposants
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection A Ekaterinbourg, informé des turpitudes des gardes rouges et de leurs persécutions de la famille impériale, Moscou envoya début juillet 1918 la tcheka
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentMême à Petrograd

« Le 20 juin, V. Volodarski, un des dirigeants bolcheviques de Petrograd, était abattu par un militant socialiste-révolutionnaire. Cet attentat survenait à une période d’extrême tension dans l’ancienne capitale. Au cours des semaines précédentes, les relations entre les bolcheviks et le monde ouvrier n’avaient cessé de se détériorer ; en mai-juin 1918, la tcheka de Petrograd fit état de soixante-dix « incidents » – grèves, meetings antibolcheviques, manifestations – impliquant principalement les métallurgistes des forteresses ouvrières, qui avaient été les plus ardents partisans des bolcheviks en 1917 et avant. Les autorités répondirent aux grèves par le lock-out des grandes usines nationalisées, une pratique qui allait être généralisée dans les mois suivants pour briser la résistance ouvrière. L’assassinat de Volodarski fut suivi d’une vague d’arrestations sans précédent dans les milieux ouvriers de Petrograd ; « l’assemblée des plénipotentiaires ouvriers », organisation à majorité menchevik coordonnant l’opposition ouvrière à Petrograd, véritable contre-pouvoir ouvrier face au soviet de Petrograd, fut dissoute. Plus de huit cents « meneurs » furent arrêtés en deux jours. Les milieux ouvriers répliquèrent à ces arrestations massives en appelant à une grève générale le 2 juillet 1918. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
OBJECTIONS
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Sous-argumentAu printemps 1919

« Le printemps 1919 fut marqué par de très nombreuses grèves, sauvagement réprimées, dans plusieurs centres ouvriers de Russie, à Toula, Sormovo, Orel, Briansk, Tver, Ivanovo-Voznessensk, Astrakhan. Les revendications ouvrières étaient presque partout identiques. Réduits à la faim par des salaires de misère qui couvraient tout juste le prix d’une carte de rationnement assurant une demi-livre de pain par jour, les grévistes réclamaient d’abord l’alignement de leurs rations sur celles des soldats de l’Armée rouge. Mais leurs demandes étaient aussi et avant tout politiques : suppression des privilèges pour les communistes, libération de tous les prisonniers politiques, élections libres au comité d’usine et au soviet, cessation de la conscription dans l’Armée rouge, liberté d’association, d’expression, de presse, etc. Ce qui rendait ces mouvements dangereux aux yeux du pouvoir bolchevique, c’est qu’ils ralliaient souvent les unités militaires encasernées dans les villes ouvrières. À Orel, Briansk, Gomel, Astrakhan, les soldats mutinés se joignirent aux grévistes, aux cris de « Mort aux youpins, à bas les commissaires bolcheviques ! », occupant et pillant une partie de la ville qui ne fut reconquise par les détachements de la Tcheka et les troupes restées fidèles au régime qu’à l’issue de plusieurs jours de combat. Face à ces grèves et à ces mutineries, la répression fut diverse. Elle alla du lock-out massif de l’ensemble des usines, avec confiscation des cartes de ravitaillement – une des armes les plus efficaces du pouvoir bolchevique était l’arme de la faim – jusqu’à l’exécution massive, par centaines, des grévistes et des mutins. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentÀ Toula

« Parmi les épisodes répressifs les plus significatifs figurent, en mars-avril 1919, ceux de Toula et d’Astrakhan. Dzerjinski se rendit en personne à Toula, capitale historique de l’armurerie en Russie, le 3 avril 1919, pour liquider la grève des ouvriers des usines d’armement. Durant l’hiver 1918-1919, ces usines, vitales pour l’Armée rouge – on y fabriquait 80 % des fusils produits en Russie –, avaient déjà été le théâtre de débrayages et de grèves. Mencheviks et socialistes-révolutionnaires étaient largement majoritaires parmi les militants politiques implantés dans ce milieu ouvrier hautement qualifié. L’arrestation, début mars 1919, de centaines de militants socialistes suscita une vague de protestations, qui culmina le 27 mars lors d’une immense « marche pour la liberté et contre la faim » rassemblant des milliers d’ouvriers et de cheminots. Le 4 avril, Dzerjinski fit arrêter encore huit cents « meneurs » et évacuer par la force les usines occupées depuis plusieurs semaines par les grévistes. Tous les ouvriers furent licenciés. La résistance ouvrière fut brisée par l’arme de la faim. Depuis plusieurs semaines, les cartes de ravitaillement n’étaient plus honorées. Pour obtenir de nouvelles cartes, donnant droit à 250 g de pain, et retrouver leur travail après le lock-out général, les ouvriers durent signer une demande d’embauche qui stipulait notamment que tout arrêt de travail serait désormais assimilé à une désertion passible de la peine de mort. Le 10 avril, la production reprenait. La veille, vingt-six « meneurs » avaient été passés par les armes. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentÀ Astrakhan

« La ville d’Astrakhan, près de l’embouchure de la Volga, avait, au printemps 1919, une importance stratégique toute particulière ; elle constituait le dernier verrou bolchevique empêchant la jonction des troupes de l’amiral Koltchak, au nord-est, et celles du général Denikine, au sud-ouest. Sans doute cette circonstance explique-t-elle l’extraordinaire violence avec laquelle fut réprimée, en mars 1919, la grève ouvrière dans cette ville. Commencée début mars pour des raisons à la fois économiques – les normes de rationnement très basses – et politiques – l’arrestation de militants socialistes –, la grève dégénéra le 10 mars, lorsque le 45e régiment d’infanterie refusa de tirer sur les ouvriers qui défilaient au centre-ville. Se joignant aux grévistes, les soldats mirent à sac le siège du Parti bolchevique, tuant plusieurs responsables. Serge Kirov, président du Comité militaire révolutionnaire de la région, ordonna alors « l’extermination sans merci des poux Gardes blancs par tous les moyens ». Les troupes restées fidèles au régime et les détachements de la Tcheka bloquèrent tous les accès à la ville, avant d’en entreprendre méthodiquement la reconquête. Lorsque les prisons furent pleines à craquer, mutins et grévistes furent embarqués sur des péniches d’où ils furent précipités, par centaines, une pierre au cou, dans la Volga. Du 12 au 14 mars, on fusilla et noya entre deux mille et quatre mille ouvriers grévistes et mutins. À partir du 15, la répression frappa les « bourgeois » de la ville, sous prétexte qu’ils avaient « inspiré » le complot « Garde blanc », dont les ouvriers et les soldats n’auraient été que la piétaille. Durant deux jours, les riches demeures marchandes d’Astrakhan furent livrées au pillage, leurs propriétaires arrêtés et fusillés. Les évaluations, incertaines, du nombre des victimes « bourgeoises » des massacres d’Astrakhan oscillent entre six cents et mille personnes. Au total, en une semaine, entre trois mille et cinq mille personnes furent exécutées ou noyées. Quant au nombre de communistes tués et inhumés en grande pompe le 18 mars – jour anniversaire de la Commune de Paris, comme le soulignèrent les autorités –, il s’élevait à quarante-sept. Longtemps évoqué comme un simple épisode de la guerre entre Rouges et Blancs, la tuerie d’Astrakhan révèle aujourd’hui, à la lumière des documents d’archives disponibles, sa véritable nature : le plus grand massacre d’ouvriers accompli par le pouvoir bolchevique avant celui de Kronstadt. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentDans les usines Poutilov

« Le 10 mars 1919, l’assemblée générale des ouvriers des usines Poutilov, en présence de dix mille participants, adopta une proclamation condamnant solennellement les bolcheviks : « Ce gouvernement n’est que la dictature du Comité central du Parti communiste qui gouverne avec l’aide de la Tcheka et des tribunaux révolutionnaires. » La proclamation exigeait le passage de tout le pouvoir aux soviets, la liberté des élections aux soviets et aux comités d’usine, la suppression des limitations sur les quantités de nourriture que les ouvriers étaient autorisés à apporter de la campagne à Petrograd (1,5 poud, soit 24 kilos), la libération de tous les prisonniers politiques des « authentiques partis révolutionnaires », et tout particulièrement de Maria Spiridonova. Pour tenter de freiner un mouvement qui prenait chaque jour plus d’ampleur, Lénine en personne se rendit, les 12 et 13 mars 1919, à Petrograd. Mais, quand il voulut prendre la parole dans les usines en grève occupées par les ouvriers, il fut conspué en même temps que Zinoviev aux cris de : « À bas les Juifs et les commissaires ! » Le vieux fond d’antisémitisme populaire, toujours prêt à refaire surface, associa immédiatement Juifs et bolcheviks, aussitôt que ceux-ci eurent perdu le crédit dont ils avaient momentanément joui, aux lendemains de la révolution d’Octobre 1917. Le fait qu’une proportion importante des dirigeants bolcheviques les plus connus (Trotski, Zinoviev, Kamenev, Rykov, Radek, etc.) étaient juifs justifiait, aux yeux des masses, cet amalgame bolcheviks-Juifs. Le 16 mars 1919, les détachements de la Tcheka prirent d’assaut l’usine Poutilov défendue les armes à la main. Neuf cents ouvriers environ furent arrêtés. Au cours des jours suivants, près de deux cents grévistes furent exécutés sans jugement à la forteresse de Sch1üsselbourg, distante d’une cinquantaine de kilomètres de Petrograd. Selon un nouveau rituel, les grévistes, tous licenciés, ne furent réembauchés qu’après avoir signé une déclaration dans laquelle ils reconnaissaient avoir été abusés et « induits au crime » par des meneurs contre-révolutionnaires. Désormais, les ouvriers allaient être sous haute surveillance. À partir du printemps 1919, le département secret de la Tcheka mit en place, dans un certain nombre de centres ouvriers, tout un réseau d’indicateurs chargés de l’informer régulièrement sur « l’état d’esprit » dans telle ou telle usine. Classes laborieuses, classes dangereuses… »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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Sous-argumentEn 1920 suite aux mesures de militarisation du travail

« Destinées à « ramener l’ordre » dans les usines, les mesures de militarisation du travail suscitèrent, contrairement à l’effet recherché, de très nombreux débrayages, arrêts de travail, grèves et émeutes réprimés sans pitié. « La meilleure place pour un gréviste, ce moustique jaune et nuisible, pouvait-on lire dans la Pravda du 12 février 1920, c’est le camp de concentration ! » Selon les statistiques officielles du commissariat du peuple au Travail, 77 % des grandes et moyennes entreprises industrielles de Russie furent touchées par des grèves durant le premier semestre 1920. De manière significative, les secteurs les plus perturbés – la métallurgie, les mines et les chemins de fer – étaient aussi ceux où la militarisation du travail était la plus avancée. Les rapports du département secret de la Tcheka adressés aux dirigeants bolcheviques jettent une lumière crue sur la répression menée contre les ouvriers réfractaires à la militarisation : arrêtés, ils étaient, le plus souvent, jugés par un tribunal révolutionnaire pour « sabotage » ou « désertion ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentÀ Simbirsk

« Ainsi à Simbirsk, pour ne prendre que cet exemple, douze ouvriers de l’usine d’armement furent condamnés à une peine de camp en avril 1920 pour avoir « fait du sabotage sous forme de grève italienne […] mené une propagande contre le pouvoir soviétique en s’appuyant sur les superstitions religieuses et la faible politisation des masses […] donné une fausse interprétation de la politique soviétique en matière de salaires ». Déchiffrant cette langue de bois, on peut en déduire que les accusés avaient fait des pauses non autorisées par la direction, protesté contre l’obligation de travailler le dimanche, critiqué les privilèges des communistes et dénoncé les salaires de misère… »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentDans l'Oural

« Les plus hauts dirigeants du Parti, dont Lénine, appelaient à une répression exemplaire des grèves. Le 29 janvier 1920, inquiet devant l’extension des mouvements ouvriers dans l’Oural, Lénine télégraphia à Smimov, chef du Conseil militaire révolutionnaire de la Ve armée : « P. m’a rapporté qu’il y a du sabotage manifeste de la part des cheminots. […] On me dit que les ouvriers d’Ijevsk sont aussi dans le coup. Je suis étonné que vous vous en accommodiez et que vous ne procédiez pas à des exécutions massives pour sabotage. » Il y eut de nombreuses grèves suscitées en 1920 par la militarisation du travail : à Ekaterinbourg, en mars 1920, 80 ouvriers furent arrêtés et condamnés à des peines de camp ; sur la ligne de chemin de fer Riazan-Oural, fin avril 1920, 100 cheminots furent condamnés ; sur la ligne de chemin de fer Moscou-Koursk, en mai 1920, 160 cheminots furent condamnés ; dans l’usine métallurgique de Briansk, en juin 1920, 152 ouvriers furent condamnés. On pourrait multiplier ces exemples de grèves sévèrement réprimées dans le cadre de la militarisation du travail. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentÀ Toula

« L’une des plus remarquables [grèves] fut, en juin 1920, celle des manufactures d’armes de Toula, haut lieu de la protestation ouvrière contre le régime, pourtant déjà très durement éprouvée en avril 1919. Le dimanche 6 juin 1920, un certain nombre d’ouvriers métallurgistes refusèrent de faire des heures supplémentaires demandées par la direction. Quant aux ouvrières, elles refusèrent de travailler ce jour-là et les dimanches en général, expliquant que le dimanche était le seul jour où elles pouvaient aller au ravitaillement dans les campagnes environnantes. À l’appel de l’administration, un fort détachement de tchékistes vint arrêter les grévistes. La loi martiale fut décrétée, et une troïka composée de représentants du Parti et de la Tcheka fut chargée de dénoncer la « conspiration contre-révolutionnaire fomentée par les espions polonais et les Cent-Noirs dans le but d’affaiblir la puissance combattante de l’Armée rouge ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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Sous-argumentEn 1921 à Petrograd

« À Petrograd, les troubles prirent une nouvelle ampleur à partir du 22 février [1921], quand les ouvriers de plusieurs grandes usines élirent, comme en mars 1918, une « assemblée de plénipotentiaires ouvriers » à forte coloration menchevique et socialiste-révolutionnaire. Dans sa première proclamation, cette assemblée exigea l’abolition de la dictature bolchevique, des élections libres aux soviets, les libertés de parole, d’association, de presse, et la libération de tous les prisonniers politiques. Pour parvenir à ces fins, l’assemblée appelait à la grève générale. Le commandement militaire ne parvint pas à empêcher plusieurs régiments de tenir des meetings au cours desquels furent adoptées des motions de soutien aux ouvriers. Le 24 février, des détachements de la Tcheka ouvrirent le feu sur une manifestation ouvrière, tuant douze ouvriers. Ce jour-là, près de mille ouvriers et militants socialistes furent arrêtés. Néanmoins, les rangs des manifestants grossissaient sans cesse, des milliers de soldats désertaient leurs unités pour se joindre aux ouvriers. Quatre ans après les journées de Février qui avaient renversé le régime tsariste, le même scénario semblait se répéter : la fraternisation des manifestants ouvriers et des soldats mutinés. Le 26 février, à 21 heures, Zinoviev, le dirigeant de l’organisation bolchevique de Petrograd, envoya à Lénine un télégramme où perçait la panique : « Les ouvriers sont entrés en contact avec les soldats encasernés. […] Nous attendons toujours le renfort des troupes demandées à Novgorod. Si des troupes sûres n’arrivent pas dans les heures qui viennent, nous allons être débordés. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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