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Lénine a mené la terreur contre ses opposants

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Résumé de l'argumentRésumé de l'argument [ modifier ]

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CitationsCitations [ modifier ]

« » Camarades, le soulèvement koulak dans vos cinq districts doit être écrasé sans pitié. Les intérêts de la révolution tout entière l’exigent, car partout la lutte finale avec les koulaks est désormais engagée. Il faut 1°) Pendre ( et je dis pendre de façon que les gens le voient ) pas moins de cent koulaks, richards, vampires connus. 2°) Publier leurs noms. 3°) S’emparer de tout leur grain. 4°) Identifier les otages comme nous l’avons indiqué dans notre télégramme hier. Faites cela de façon qu’à des centaines de verstes à la ronde, le peuple voie, tremble, sache et s’écrie : ils étranglent et continueront d’étrangler les koulaks-vampires. Télégraphiez que vous avez reçu et mis à exécution ces instructions. Votre Lénine.

P.S. Trouvez des gens plus durs.

Ce télégramme de Lénine, daté du 11 août 1918, véritable appel au meurtre, fait partie des quelques milliers de textes du fondateur de l’Union soviétique qui n’ont jamais été inclus dans aucune des cinq éditions canoniques des « Œuvres Complètes » de Lénine, parues entre 1920 et 1965. Depuis l’implosion de l’Union soviétique et l’ouverture de ses archives, les historiens ont eu accès aux textes du « Lénine censuré », du Lénine inconvenant pour l’édification des masses. »
Nicolas Werth, [Académie de Sciences morales et politiques Académie de Sciences morales et politiques], 20 janvier 2003.

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Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentLénine a violemment réprimé les paysans

« Désormais privé du grenier à blé de l’Ukraine, occupée par les Allemands, n’ayant rien à proposer aux paysans en échange de leurs récoltes puisque les « nationalisations » avaient désorganisé l’industrie, Lénine se trouva confronté au problème du ravitaillement des villes, îlots de pouvoir bolchevik au milieu de l’océan des campagnes hostiles. En mai 1918, il accusa donc les paysans « riches » de stocker leur blé, lança le cri de « Mort aux koulaks ! » – était stigmatisé comme koulak tout paysan qui résistait au pillage – et instaura le « communisme de guerre ». Ainsi débuta une guerre entre la paysannerie – les « verts » –, qui représentait 85 % de la population et le pouvoir ; les paysans, qui n’avaient que leur récolte pour survivre, se défendirent avec l’énergie du désespoir et des révoltes éclatèrent un peu partout à l’été 1918. La riposte de Lénine fut terrible. Le 10 août, il envoyait un télégramme au comité bolchevik de Penza, dans la région de la Volga :

« Camarades ! Le soulèvement koulak […] doit être écrasé sans pitié. Les intérêts de la révolution tout entière l’exigent, car partout la « lutte finale » avec les koulaks est désormais engagée. Il faut faire un exemple : 1. Pendre (et je dis pendre de façon que les gens le voient) pas moins de 100 koulaks, richards, buveurs de sang connus. 2. Publier leurs noms. 3. S’emparer de tout leur grain. 4. Identifier les otages […] Faites cela de façon qu’à des centaines de lieues alentour les gens voient, tremblent, sachent et s’écrient : ils tuent et continueront de tuer les koulaks assoiffés de sang […]. Vôtre Lénine. PS : Trouvez des gens plus durs. »

Et encore le 1er février 1920, dans une lettre à Trotski, Lénine exigeait que soit réduite la ration de pain des ouvriers ne travaillant pas pour les transports : « Que des milliers de gens périssent si nécessaire, mais le pays doit être sauvé. » Dans son délire idéologique, Lénine assimilait le pays au pouvoir bolchevik qui, au même moment, par sa folle politique, détruisait le pays réel. »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
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« La lutte contre les paysans refusant les réquisitions et la conscription – les Verts – mobilisaient toutes les énergies. Les rapports, aujourd’hui disponibles, des départements spéciaux de la Tcheka et des Troupes de défense interne de la République, chargés de lutter contre les mutineries, les désertions et les émeutes paysannes, révèlent dans toute son horreur l’extraordinaire violence de cette « sale guerre » de pacification menée en marge des combats entre Rouges et Blancs. C’est dans cet affrontement crucial entre le pouvoir bolchevique et la paysannerie que se forgea définitivement une pratique politique terroriste fondée sur une vision radicalement pessimiste des masses « à ce point obscures et ignorantes, écrivait DzeIjinski, qu’elles ne sont même pas capables de voir où est leur propre intérêt ». Ces masses bestiales ne pouvaient être matées que par la force, par ce « balai de fer » qu’évoquait Trotski pour caractériser de manière imagée la répression qu’il convenait de mener afin de « nettoyer » l’Ukraine des « bandes de bandits » dirigées par Nestor Makhno et d’autres chefs paysans. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentEn 1918

« Certains rapports de synthèse de la Tcheka donnent des indications chiffrées sur l’ampleur de cette guerre de pacification des campagnes. Ainsi, pour la période du 15 octobre au 30 novembre 1918, dans douze provinces de la Russie seulement, éclatèrent 44 émeutes (bounty), au cours desquelles 2 320 personnes furent arrêtées, 620 tuées, 982 fusillées. Durant ces troubles, 480 fonctionnaires soviétiques furent tués, ainsi que 112 hommes des détachements de ravitaillement, de l’Armée rouge et de la Tcheka. Durant le mois de septembre 1919, pour les dix provinces russes sur lesquelles on dispose d’une information synthétique, on compte 48 735 déserteurs et 7 325 « bandits » arrêtés, 1 826 tués, 2 230 fusillés, 430 victimes du côté des fonctionnaires et des militaires soviétiques. Ces chiffres très incomplets ne prennent pas en compte les pertes, bien plus importantes encore, subies lors des grandes insurrections paysannes. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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« Citons un dernier texte, écrit en 1921 par un autre dirigeant bolchevique, Karl Radek, qui éclaire parfaitement la politique bolchevique au printemps 1918, soit plusieurs mois avant le développement de l’affrontement armé qui allait opposer, deux ans durant, Rouges et Blancs : « Le paysan venait tout juste de recevoir la terre, il venait de rentrer du front chez lui, il avait gardé ses armes, et son attitude vis-à-vis de l’État pouvait être résumée ainsi : à quoi bon un État ? Il n’en avait que faire ! Si nous avions décidé de faire rentrer un impôt en nature, nous n’y serions pas arrivés, car nous n’avions pas d’appareil d’État, l’ancien avait été cassé et les paysans ne nous auraient rien donné sans y être forcés. Notre tâche, au début de 1918, était simple ; il nous fallait faire comprendre aux paysans deux choses élémentaires : que l’État avait des droits sur une partie des produits de la paysannerie pour ses propres besoins, et qu’il disposait de la force pour faire valoir ses droits. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentEn 1919

« Source exceptionnelle permettant d’appréhender les multiples facettes de cette guérilla paysanne, les rapports des divers départements de la Tcheka chargés de la répression distinguent deux types principaux de mouvements paysans : le bount, révolte ponctuelle, brève flambée de violence impliquant un groupe relativement restreint de participants, de quelques dizaines à une centaine de personnes ; la vosstanie, l’insurrection impliquant la participation de milliers, voire de dizaines de milliers de paysans, organisés en véritables armées capables de s’emparer de bourgs et de villes et dotés d’un programme politique cohérent, à tendance social-révolutionnaire ou anarchiste.

« 30 avril 1919. Province de Tambov. Au début d’avril, dans le district Lebiadinski, a éclaté une émeute de koulaks et de déserteurs qui protestaient contre la mobilisation des hommes, des chevaux, et la réquisition de céréales. Aux cris de "À bas les communistes ! À bas les soviets !", les insurgés armés ont mis à sac quatre comités exécutifs de canton, tué de façon barbare sept communistes, découpés vifs à la scie. Appelé au secours par les membres du détachement de réquisition, le 212e bataillon de la Tcheka a écrasé les koulaks révoltés. Soixante personnes ont été arrêtées, cinquante exécutées sur-le-champ, le village d’où est partie la rébellion a été entièrement brûlé. »

« Province de Voronej, 11 juin 1919, 16 h 15. Par télégraphe. La situation s’améliore. La révolte du district de Novokhopersk est pratiquement liquidée. Notre aéroplane a bombardé et entièrement brûlé le bourg Tretiaki, un des nids principaux des bandits. Les opérations de nettoyage se poursuivent. »

« Province d’Iaroslavl, 23 juin 1919. La révolte des déserteurs dans la volost Petropavlovskaïa a été liquidée. Les familles des déserteurs ont été prises en otages. Lorsqu’on a commencé à fusiller un homme dans chaque famille de déserteurs, les Verts ont commencé à sortir des bois et à se rendre. Trente-quatre déserteurs ont été fusillés pour l’exemple. »

Des milliers de rapports similaires témoignent de l’extraordinaire violence de cette guerre de pacification menée par les autorités contre la guérilla paysanne, alimentée par la désertion, mais le plus souvent qualifiée de « révolte de koulaks » ou d’« insurrection de bandits ». Les trois extraits cités révèlent les méthodes de répression les plus couramment utilisées : arrestation et exécution d’otages pris dans les familles des déserteurs ou des « bandits », villages bombardés et brûlés. La répression aveugle et disproportionnée reposait sur le principe de la responsabilité collective de l’ensemble de la communauté villageoise. Généralement, les autorités donnaient aux déserteurs un délai pour se rendre. Passé ce délai, le déserteur était considéré comme « bandit des forêts » passible d’exécution immédiate. Les textes des autorités tant civiles que militaires précisaient, par ailleurs, que, « si les habitants d’un village aident de quelque manière que ce soit des bandits se cachant dans les forêts avoisinantes, le village sera entièrement brûlé ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
Sous-débat
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Lénine a violemment réprimé les paysans en 1919
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection En 1919 les paysans ukrainiens et les populations centrifuges prennent fait et cause pour les Bolcheviks
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Sous-argumentEn Ukraine

« Le troisième grand pôle d’affrontement entre les bolcheviks et les paysans en 1920 restait l’Ukraine, reconquise en décembre 1919-février 1920 sur les armées blanches, mais dont les campagnes profondes étaient restées sous le contrôle de centaines de détachements verts libres de toute allégeance ou d’unités plus ou moins rattachées au commandement de Makhno. À la différence des Aigles noirs, les détachements ukrainiens, composés pour l’essentiel de déserteurs, étaient bien armés. Durant l’été 1920, l’armée de Makhno comptait encore près de 15 000 hommes, 2 500 cavaliers, une centaine de mitrailleuses, une vingtaine de canons d’artillerie et deux véhicules blindés. Des centaines de « bandes » plus petites, rassemblant chacune de quelques dizaines à quelques centaines de combattants, opposaient également une forte résistance à la pénétration bolchevique. Pour lutter contre cette guérilla paysanne, le gouvernement nomma, au début de mai 1920, le chef de la Tcheka, Feliks Dzerjinski, « commandant en chef de l’arrière du front sud-ouest ». Dzerjinski resta plus de deux mois à Kharkov pour mettre sur pied vingt-quatre unités spéciales des forces de sécurité interne de la République, unités d’élite, dotées d’une cavalerie chargée de poursuivre les « rebelles », et d’avions destinés à bombarder les « nids de bandits ». Elles avaient pour tâche d’éradiquer, en trois mois, la guérilla paysanne. En réalité, les opérations de « pacification » se prolongèrent durant plus de deux ans, de l’été 1920 à l’automne 1922, au prix de dizaines de milliers de victimes. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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« La retraite des bolcheviks, qui n’étaient parvenus à établir leur pouvoir que dans les plus grandes villes, laissant les campagnes aux paysans révoltés, s’accompagna d’exécutions massives de prisonniers et d’otages, sur lesquelles nous reviendrons. Dans leur retraite précipitée à travers le pays profond tenu par la guérilla paysanne, les détachements de l’Armée rouge et de la Tcheka ne firent pas de quartier : villages brûlés par centaines, exécutions massives de « bandits », de déserteurs et d’« otages ». L’abandon puis la reconquête, fin 1919-début 1920, de l’Ukraine donnèrent lieu à une extraordinaire débauche de violence contre les populations civiles, dont rend, bien compte le chef-d’œuvre d’Isaak Babel, Cavalerie rouge. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentContre les Aigles noirs

« Jusqu’en 1922, une répression impitoyable allait s’abattre sur les campagnes en lutte contre le pouvoir. En février-mars 1920, une nouvelle grande révolte, connue sous le nom d’« insurrection des fourches », éclata sur un vaste territoire s’étendant de la Volga à l’Oural, dans les provinces de Kazan, Simbirsk et Oufa. Peuplées de Russes, mais aussi de Tatars et de Bachkirs, ces régions étaient soumises à des réquisitions particulièrement lourdes. En quelques semaines, la rébellion gagna une dizaine de districts. L’armée paysanne insurgée des « Aigles noirs » compta à son apogée jusqu’à cinquante mille combattants. Armés de canons et de mitrailleuses, les Troupes de défense interne de la République décimèrent les rebelles armés de fourches et de piques. En quelques jours, des milliers d’insurgés furent massacrés, et des centaines de villages brûlés. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentLénine avait une haine profonde des paysans

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Sous-débat
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OBJECTIONS

ObjectionLes bolchéviks ont été contraints de réprimer l'opposition paysanne pour sauver la révolution

« Si les horreurs de la guerre civile sont dès lors partagées entre « rouges » et « blancs », la matrice de toutes les terreurs à venir résiderait cependant dans une guerre cachée, une guerre dans la guerre, contre la paysannerie. Afin d’inscrire les victimes de la famine de 1921-1922 au tableau des crimes du communisme, Nicolas Werth tend parfois à la présenter parfois comme le résultat d’un choix d’extermination délibéré de la paysannerie. Les documents sur la répression des villages sont souvent accablants. Mais est-il possible pour autant de dissocier les deux problèmes, celui de la guerre civile et celui de la question agraire ? Pour faire front à l’agression, l’Armée rouge a dû mobiliser en quelques mois quatre millions de combattants qu’il a fallu équiper et nourrir. En deux ans, Pétrograd et Moscou ont perdu plus de la moitié de leur population. L’industrie dévastée ne produisait plus rien. Dans ces conditions, pour nourrir les villes et l’armée, quelle autre solution que les réquisitions ? Sans doute peut-on imaginer d’autres formes, tenir compte, avec le recul du temps, de la logique propre d’une police politique, des dangers d’arbitraire bureaucratique exercé par des tyranneaux improvisés. Mais c’est une discussion concrète, en termes de choix politiques, d’alternatives imaginables devant des épreuves réelles, et non de jugements abstraits. »
Daniel Bensaïd, « Communisme contre stalinisme », Rouge, n°1755, 1997.
Sous-débat
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ObjectionLénine désapprouve, le 29 avril 1918, le socialisme par le fusil réclamé par les communistes de gauche

« Le fusil était une chose excellente quand il fallait fusiller le capitaliste qui nous faisait la guerre, quand il fallait prendre les voleurs en flagrant délit et les fusiller. Mais quand le camarade Boukharine nous dit qu'il y a des gens qui touchent 4. 000 roubles et qu'il faut les coller au mur, ce n'est pas juste (...) Nous n'imaginons pas d'autre socialisme que celui découlant de la grande civilisation capitaliste. Le socialisme sans poste, sans télégraphe, sans machines, est une phrase absolument creuse. Mais il est impossible de balayer d'un seul coup le milieu bourgeois et les habitudes bourgeoises, car nous avons besoin de l'organisation sur laquelle reposent toute la science et la technique moderne. Parler à ce propos de fusil, c'est la plus grande des sottises. Il dépend du degré d'organisation du peuple tout entier que l'ensemble de la population paie l'impôt sur le revenu, que l'obligation du travail soit instituée, que chacun soit enregistré ; tant qu'il n'est pas enregistré il faut que nous le payions. »
Lénine, oeuvres de Lénine, tome 27 février-juillet 1918, p.322-323, 29 avril 1918, Editions sociales, Paris, 1961.

ObjectionLe 2 février 1920 il appelle à la fin des exécutions capitales

Nous n'avons pas trouvé dans les tomes correspondants oeuvres de Lénine (30, 35, 36, 42, 44) cette lettre à Trotsky du 1er février 1920 invoquée par M. Stephane Courtois demandant à affamer les ouvriers. A cette date elle est d'autant moins probable que du fait du redressement de la situation militaire, il appelle le lendemain 2 février à l'arrêt des exécutions capitales.
« Aussitôt après avoir remporté une victoire décisive, avant même la fin de la guerre, dès la prise de Rostov, nous avons renoncé aux exécutions capitales, démontrant que nous suivions comme nous l'avions promis notre propre programme (... ) Et je pense, je l'espère et j'en ai la conviction que le Comité exécutif central ratifiera à l'unanimité cette mesure du Conseil des Commissaires du Peuple et qu'il fera en sorte que les exécutions capitales deviennent impossibles en Russie. »
Lénine, « Rapport d'activité du CECR et du Conseil des Commissaires du Peuple », oeuvres de Lénine, tome 30, p.p.338, 2 février 1920, Éditions Sociales, Paris, 1964.

ObjectionDocument sur les cent koulaks à pendre apocryphe : daté ici du 10, ailleurs du 11, contenant par ailleurs une information coupée par des points de suspension, sur un autre télégramme, à ce jour inexistant.

Voici le document intégral. Deux soucis donc : a) La citation est ici, en 2003, redatée sans explication par Nicolas Werth du 11 août et non plus du 10 comme en 1997 dans le Livre Noir... Cette date du 11 août est anticipée ou reprise par la plupart des biographes de Lénine (Hélène Carrère d'Encausse, Robert Service, Dominique Colas, Jean-Jacques Marie, Lars T Lih, Luc Mary). Mais celle du 10 août est reprise, à partir du Livre Noir, succcesivement en 2013 par un article de Jean-Baptiste Noe, puis en 2017 par la biographie primée de Stephane Courtois ainsi que par son article du Figaro Histoire. Aucune date d'ailleurs ne figure sur le document censé avoir été envoyé au Soviet exécutif de Penza : elle a donc pu être seulement induite.

b) Il est enfin question dans le document d' "Identifier les otages comme nous l’avons indiqué dans notre télégramme hier." Mais lequel ? En ce qui me concerne, pour ce qu'il en est des pièces destinéees au Soviet exécutif de Penza je n'ai trouvé trace d'un quelconque appel à prise d'otages dans les oeuvres de Lénine (tomes 35, 36 44 de l'éd. française) ni à la date du 9 août, veille du 10 ni à celle du 10 août veille du 11.
« "Camarades, le soulèvement koulak dans vos cinq districts doit être écrasé sans pitié. Les intérêts de la révolution tout entière l’exigent, car partout la lutte finale avec les koulaks est désormais engagée. Il faut 1°) Pendre ( et je dis pendre de façon que les gens le voient ) pas moins de cent koulaks, richards, vampires connus. 2°) Publier leurs noms. 3°) S’emparer de tout leur grain. 4°) Identifier les otages comme nous l’avons indiqué dans notre télégramme hier. Faites cela de façon qu’à des centaines de verstes à la ronde, le peuple voie, tremble, sache et s’écrie : ils étranglent et continueront d’étrangler les koulaks-vampires. Télégraphiez que vous avez reçu et mis à exécution ces instructions. Votre Lénine.

P.S. Trouvez des gens plus durs."

Ce télégramme de Lénine, daté du 11 août 1918, véritable appel au meurtre, fait partie des quelques milliers de textes du fondateur de l’Union soviétique qui n’ont jamais été inclus dans aucune des cinq éditions canoniques des « Œuvres Complètes » de Lénine, parues entre 1920 et 1965. »
Werth Nicolas, Académie des Sciences morales et politiques, 20 janvier 2003.
Sous-débat
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Document sur les cent koulaks à pendre apocryphe : daté ici du 10, ailleurs du 11, contenant par ailleurs une information coupée par des points de suspension, sur un autre télégramme, à ce jour inexistant.
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Sous-argument Ces Editions des oeuvres de Lénine jugées "canoniques" par Nicolas Werth témoignaient d'un réel souci de transparence
Sous-argument La lettre de Lénine envoyée à Zinoviev le 26 juin 1918 se trouve également dans "les oeuvres canoniques"
Sous-argument Il existe au moins une pièce "canonique" restée inédite jusqu'à la chute de l'URSS
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Sous-argumentLénine a violemment réprimé les ouvriers

« Alors qu’il se proclamait le chef du pouvoir du prolétariat, Lénine mena une politique tout aussi violente contre les ouvriers, au point que les ouvriers des grandes usines de Petrograd, dont ceux de l’usine Poutilov qui avaient été à la pointe de la révolution en 1917-1918, se mirent en grève au printemps 1919. Lénine vint de Moscou pour leur parler, mais sans succès. Il ordonna alors la prise d’assaut des usines par les troupes de la tcheka, qui arrêtèrent 900 grévistes et en fusillèrent 200. Des massacres identiques d’ouvriers en grève se multiplièrent, en particulier à Toula et à Astrakhan. Le 29 janvier 1920, face aux grèves des ouvriers dans l’Oural, Lénine télégraphiait aux communistes locaux : « Il y a du sabotage manifeste des cheminots […] Je suis étonné que vous vous en accomodiez et que ne procédiez pas à des exécutions massives pour sabotage. » »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
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« De tous les épisodes de répression, l’un des plus soigneusement occultés par le nouveau régime fut la violence exercée contre le monde ouvrier, au nom duquel les bolcheviks avaient pris le pouvoir. Commencée dès 1918, cette répression se développa en 1919-1920 pour culminer au printemps 1921, avec l’épisode, bien connu, de Kronstadt. Le monde ouvrier de Petrograd avait manifesté, dès le début de 1918, sa défiance vis-à-vis des bolcheviks. Après l’échec de la grève générale du 2 juillet 1918, le second temps fort des troubles ouvriers dans l’ancienne capitale éclata en mars 1919, après que les bolcheviks eurent arrêté un certain nombre de dirigeants socialistes-révolutionnaires, dont Maria Spiridonova qui venait d’effectuer une tournée mémorable des principales usines de Petrograd où elle avait été partout acclamée. Ces arrestations déclenchèrent, dans une conjoncture déjà très tendue à cause des difficultés de ravitaillement, un vaste mouvement de protestation et de grèves. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentEn 1918

« Quel que soit le nombre exact des victimes de la Terreur rouge de l’automne 1918 – et le seul décompte des exécutions rapportées dans la presse nous suggère qu’il ne saurait être inférieur à 10 000-15 000 –, cette Terreur consacrait définitivement la pratique bolchevique de traiter toute forme de contestation réelle ou potentielle dans le cadre d’une guerre civile sans merci soumise, selon l’expression de Latsis, à « ses propres lois ». Que des ouvriers se mettent en grève, comme ce fut, par exemple, le cas à l’usine d’armement de Motovilikha, dans la province de Perm, au début du mois de novembre 1918, pour protester contre le principe bolchevique de rationnement « en fonction de l’origine sociale » et les abus de la tcheka locale, c’est l’usine tout entière qui est aussitôt déclarée « en état d’insurrection » par les autorités. Aucune négociation avec les grévistes : lockout et renvoi de tous les ouvriers, arrestation des « meneurs », recherche des « contre-révolutionnaires » mencheviks soupçonnés d’être à l’origine de cette grève. Ces pratiques avaient certes été monnaie courante dès l’été 1918. À l’automne cependant, la tcheka locale, désormais bien organisée et « stimulée » par les appels au meurtre venus du Centre, alla plus loin dans la répression ; elle fit exécuter plus de 100 grévistes sans autre forme de procès. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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« Dans la seconde quinzaine de mai et au mois de juin 1918, de nombreuses manifestations ouvrières furent réprimées dans le sang à Sormovo, Iaroslavl, Toula, ainsi que dans les villes industrielles de l’Oural, Nijni Taguil, Beloretsk, Zlatous, Ekaterinbourg. La part de plus en plus active prise par les tchekas locales dans la répression est attestée par la fréquence croissante, en milieu ouvrier, des mots d’ordre et slogans contre la « nouvelle Okhranka » (police politique tsariste) au service de la « commissarocratie ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
Sous-débat
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Lénine a violemment réprimé les ouvriers en 1918
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Sous-argument Suite à la dissolution des soviets tenus par des opposants
Sous-argument Même à Petrograd
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Sous-argumentAu printemps 1919

« Le printemps 1919 fut marqué par de très nombreuses grèves, sauvagement réprimées, dans plusieurs centres ouvriers de Russie, à Toula, Sormovo, Orel, Briansk, Tver, Ivanovo-Voznessensk, Astrakhan. Les revendications ouvrières étaient presque partout identiques. Réduits à la faim par des salaires de misère qui couvraient tout juste le prix d’une carte de rationnement assurant une demi-livre de pain par jour, les grévistes réclamaient d’abord l’alignement de leurs rations sur celles des soldats de l’Armée rouge. Mais leurs demandes étaient aussi et avant tout politiques : suppression des privilèges pour les communistes, libération de tous les prisonniers politiques, élections libres au comité d’usine et au soviet, cessation de la conscription dans l’Armée rouge, liberté d’association, d’expression, de presse, etc. Ce qui rendait ces mouvements dangereux aux yeux du pouvoir bolchevique, c’est qu’ils ralliaient souvent les unités militaires encasernées dans les villes ouvrières. À Orel, Briansk, Gomel, Astrakhan, les soldats mutinés se joignirent aux grévistes, aux cris de « Mort aux youpins, à bas les commissaires bolcheviques ! », occupant et pillant une partie de la ville qui ne fut reconquise par les détachements de la Tcheka et les troupes restées fidèles au régime qu’à l’issue de plusieurs jours de combat. Face à ces grèves et à ces mutineries, la répression fut diverse. Elle alla du lock-out massif de l’ensemble des usines, avec confiscation des cartes de ravitaillement – une des armes les plus efficaces du pouvoir bolchevique était l’arme de la faim – jusqu’à l’exécution massive, par centaines, des grévistes et des mutins. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
Sous-débat
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Lénine a violemment réprimé les ouvriers au printemps 1919
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Sous-argument À Toula
Sous-argument À Astrakhan
Sous-argument Dans les usines Poutilov
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Sous-argumentEn 1920 suite aux mesures de militarisation du travail

« Destinées à « ramener l’ordre » dans les usines, les mesures de militarisation du travail suscitèrent, contrairement à l’effet recherché, de très nombreux débrayages, arrêts de travail, grèves et émeutes réprimés sans pitié. « La meilleure place pour un gréviste, ce moustique jaune et nuisible, pouvait-on lire dans la Pravda du 12 février 1920, c’est le camp de concentration ! » Selon les statistiques officielles du commissariat du peuple au Travail, 77 % des grandes et moyennes entreprises industrielles de Russie furent touchées par des grèves durant le premier semestre 1920. De manière significative, les secteurs les plus perturbés – la métallurgie, les mines et les chemins de fer – étaient aussi ceux où la militarisation du travail était la plus avancée. Les rapports du département secret de la Tcheka adressés aux dirigeants bolcheviques jettent une lumière crue sur la répression menée contre les ouvriers réfractaires à la militarisation : arrêtés, ils étaient, le plus souvent, jugés par un tribunal révolutionnaire pour « sabotage » ou « désertion ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
Sous-débat
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Lénine a violemment réprimé les ouvriers en 1920 suite aux mesures de militarisation du travail
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Sous-argument À Simbirsk
Sous-argument Dans l'Oural
Sous-argument À Toula
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Sous-argumentEn 1921 à Petrograd

« À Petrograd, les troubles prirent une nouvelle ampleur à partir du 22 février [1921], quand les ouvriers de plusieurs grandes usines élirent, comme en mars 1918, une « assemblée de plénipotentiaires ouvriers » à forte coloration menchevique et socialiste-révolutionnaire. Dans sa première proclamation, cette assemblée exigea l’abolition de la dictature bolchevique, des élections libres aux soviets, les libertés de parole, d’association, de presse, et la libération de tous les prisonniers politiques. Pour parvenir à ces fins, l’assemblée appelait à la grève générale. Le commandement militaire ne parvint pas à empêcher plusieurs régiments de tenir des meetings au cours desquels furent adoptées des motions de soutien aux ouvriers. Le 24 février, des détachements de la Tcheka ouvrirent le feu sur une manifestation ouvrière, tuant douze ouvriers. Ce jour-là, près de mille ouvriers et militants socialistes furent arrêtés. Néanmoins, les rangs des manifestants grossissaient sans cesse, des milliers de soldats désertaient leurs unités pour se joindre aux ouvriers. Quatre ans après les journées de Février qui avaient renversé le régime tsariste, le même scénario semblait se répéter : la fraternisation des manifestants ouvriers et des soldats mutinés. Le 26 février, à 21 heures, Zinoviev, le dirigeant de l’organisation bolchevique de Petrograd, envoya à Lénine un télégramme où perçait la panique : « Les ouvriers sont entrés en contact avec les soldats encasernés. […] Nous attendons toujours le renfort des troupes demandées à Novgorod. Si des troupes sûres n’arrivent pas dans les heures qui viennent, nous allons être débordés. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
OBJECTIONS
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Sous-argumentLénine a violemment réprimé les socialistes

« Alliés des bolcheviks jusqu’à l’été 1918, les socialistes-révolutionnaires de gauche bénéficièrent, jusqu’en février 1919, d’une relative clémence. Leur dirigeante historique, Maria Spiridonova, présida, en décembre 1918, un congrès de son parti, toléré par les bolcheviks. Ayant vigoureusement condamné la terreur pratiquée quotidiennement par la Tcheka, elle fut arrêtée, en même temps que deux cent dix autres militants, le 10 février 1919, et condamnée par le Tribunal révolutionnaire à « la détention en sanatorium étant donné son état hystérique » ; il s’agit là du premier exemple, sous le régime soviétique, d’enfermement d’un opposant politique dans un établissement psychiatrique ; Maria Spiridonova parvint à s’évader et à diriger, dans la clandestinité, le Parti socialiste-révolutionnaire de gauche interdit par les bolcheviks. Selon des sources tchékistes, 58 organisations socialistes-révolutionnaires de gauche auraient été démantelées en 1919, et 45 en 1920. Au cours de ces deux années, 1 875 militants auraient été emprisonnés en qualité d’otages, conformément aux directives de DzeIjinski, qui avait déclaré, le 18 mars 1919 : « Dorénavant, la Tcheka ne fera plus de distinction entre les Gardes blancs du type Krasnov et les Gardes blancs du camp socialiste. […] Les SR et les mencheviks arrêtés seront considérés comme des otages et leur sort dépendra du comportement politique de leur parti. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentEn 1919

« Après avoir autorisé, au plus fort de l’offensive de l’amiral Koltchak, la reparution, du 20 au 30 mars 1919, du journal socialiste-révolutionnaire Delo Naroda (La Cause du peuple), la Tcheka lança le 31 mars 1919 une grande rafle contre les militants socialistes-révolutionnaires et mencheviks, alors même que leurs partis ne faisaient l’objet d’aucune interdiction légale. Plus de mille neuf cents militants furent arrêtés à Moscou, Toula, Smolensk, Voronej, Penza, Samara, Kostroma. Combien furent exécutés sommairement dans la répression des grèves et des révoltes paysannes, où mencheviks et socialistes-révolutionnaires jouaient souvent les premiers rôles ? Peu de données chiffrées sont disponibles car, si l’on connaît, même approximativement, le nombre des victimes des principaux épisodes de répression recensés, on ignore la proportion des militants politiques impliqués dans ces massacres. Une seconde vague d’arrestations suivit l’article que Lénine publia dans la Pravda du 28 août 1919, où il fustigeait une nouvelle fois les SR et les mencheviks, « complices et valets des Blancs, des propriétaires fonciers et des capitalistes ». D’après les sources de la Tcheka, 2380 socialistes-révolutionnaires et mencheviks furent arrêtés au cours des quatre derniers mois de 1919. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentEn 1919 avec la condamnation de Maria Spiridonova

« Alliés des bolcheviks jusqu’à l’été 1918, les socialistes-révolutionnaires de gauche bénéficièrent, jusqu’en février 1919, d’une relative clémence. Leur dirigeante historique, Maria Spiridonova, présida, en décembre 1918, un congrès de son parti, toléré par les bolcheviks. Ayant vigoureusement condamné la terreur pratiquée quotidiennement par la Tcheka, elle fut arrêtée, en même temps que deux cent dix autres militants, le 10 février 1919, et condamnée par le Tribunal révolutionnaire à « la détention en sanatorium étant donné son état hystérique » ; il s’agit là du premier exemple, sous le régime soviétique, d’enfermement d’un opposant politique dans un établissement psychiatrique ; Maria Spiridonova parvint à s’évader et à diriger, dans la clandestinité, le Parti socialiste-révolutionnaire de gauche interdit par les bolcheviks. Selon des sources tchékistes, 58 organisations socialistes-révolutionnaires de gauche auraient été démantelées en 1919, et 45 en 1920. Au cours de ces deux années, 1 875 militants auraient été emprisonnés en qualité d’otages, conformément aux directives de DzeIjinski, qui avait déclaré, le 18 mars 1919 : « Dorénavant, la Tcheka ne fera plus de distinction entre les Gardes blancs du type Krasnov et les Gardes blancs du camp socialiste. […] Les SR et les mencheviks arrêtés seront considérés comme des otages et leur sort dépendra du comportement politique de leur parti. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentEn 1920

« Durant l’été 1920, plus de deux mille militants socialistes-révolutionnaires et mencheviks, dûment fichés, furent arrêtés et incarcérés comme otages. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentEn 1921 après l'introduction de la NEP

« Loin de marquer un relâchement dans la politique répressive, l’introduction de la NEP, à partir de mars 1921, s’accompagna d’une recrudescence de la répression contre les militants socialistes modérés. Cette répression n’était pas dictée par le danger de les voir s’opposer à la Nouvelle Politique économique, mais par le fait qu’ils l’avaient réclamée depuis longtemps, montrant ainsi leur perspicacité et la justesse de leur analyse. « La seule place des mencheviks et des SR, qu’ils soient déclarés ou camouflés, écrivait Lénine en avril 1921, c’est la prison. » Quelques mois plus tard, jugeant que les socialistes étaient encore trop « remuants », il écrivit : « Si les mencheviks et les SR montrent encore le bout de leur nez, les fusiller sans pitié ! » Entre mars et juin 1921, plus de deux mille militants et sympathisants socialistes modérés furent encore arrêtés. Tous les membres du Comité central du Parti menchevik se retrouvèrent en prison ; menacés de relégation en Sibérie, ils entamèrent, en janvier 1922, une grève de la faim ; douze dirigeants, dont Dan et Nikolaïevski, furent alors expulsés à l’étranger et arrivèrent à Berlin en février 1922. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentEn 1922 avec le procès des socialistes-révolutionnaires

« À l’occasion du procès des socialistes-révolutionnaires avait été appliqué le nouveau Code pénal, entré en vigueur le 1er juin 1922. Lénine avait tout particulièrement suivi l’élaboration de ce code qui devait légaliser la violence exercée à l’encontre des ennemis politiques, la phase de l’élimination expéditive, justifiée par la guerre civile, étant officiellement close. Les premières ébauches soumises à Lénine appelèrent de sa part, le 15 mai 1922, ces remarques adressées à Kourskii, commissaire du peuple à la Justice : « A mon avis, il faut élargir le champ d’application de la peine de mort à toutes les formes d’activités des mencheviks, socialistes-révolutionnaires, etc. Trouver une nouvelle peine qui serait le bannissement à l’étranger. Et mettre au point une formulation qui lie ces activités à la bourgeoisie internationale. » Deux jours plus tard, Lénine écrivait à nouveau : « Camarade Kourskii, je veux ajouter à notre entretien cette ébauche d’un paragraphe complémentaire pour le Code pénal. […] L’essentiel est clair, je crois. Il faut poser ouvertement le principe, juste politiquement – et pas seulement en termes étroitement juridiques –, qui motive l’essence et la justification de la terreur, sa nécessité, ses limites. Le tribunal ne doit pas supprimer la terreur, le dire serait se mentir ou mentir ; mais la fonder, la légaliser dans les principes, clairement, sans tricher ou farder la vérité. La formulation doit être la plus ouverte possible, car seule la conscience légale révolutionnaire et la conscience révolutionnaire créent les conditions d’application dans les faits. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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« Quelques semaines après ces parodies de jugement s’ouvrit à Moscou, le 6 juin 1922, un grand procès public, annoncé dans la presse depuis le 28 février : le procès de trente-quatre socialistes-révolutionnaires accusés d’avoir mené des « activités contre-révolutionnaires et terroristes contre le gouvernement soviétique », parmi lesquelles figuraient notamment l’attentat du 31 août 1918 contre Lénine et la « direction politique » de la révolte paysanne de Tambov. Selon une pratique qui allait être largement utilisée dans les années 30, les accusés constituaient un ensemble hétérogène d’authentiques dirigeants politiques, dont douze membres du Comité central du Parti socialiste-révolutionnaire, dirigé par Abraham Gots et Dimitri Donskoï, et d’agents provocateurs chargés de témoigner contre leurs coaccusés et de « confesser leurs crimes ». Ce procès permit aussi, comme l’écrit Hélène Carrère d’Encausse, de« tester la méthode des accusations emboîtées comme des poupées russes, qui, partant d’un fait exact – dès 1918, les socialistes-révolutionnaires s’étaient bien opposés à l’absolutisme dirigeant des bolcheviks –, aboutit au principe… que toute opposition équivaut en dernier ressort à coopérer avec la bourgeoisie internationale ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
OBJECTIONS

ObjectionC'est un SR de gauche qui assassina à Moscou avec le soutien des siens l'ambassadeur allemand Von Mirbach le 6 juillet 1918, mettant ainsi en danger la souveraineté de la Russie.

« Aujourd'hui vers 3 heures de l'après-midi un SR de gauche a jeté une bombe sur Mirbach et l'a tué. Cet assassinat sert évidemment les intérêts des monarchistes ou des capitalistes anglo-français. Ne voulant pas livre le meurtrier, les SR de gauche ont arrêté Dzerjinski et Latsis, et ont déclenché un soulèvement contre nous. Nous sévirons sans pitié cette nuit même, et nous dirons au peuple toute la vérité : nous sommes à un cheveu de la guerre. »
Lénine, « Tsaritsyne au commissaire du peuple Staline », Oeuvres de Lénine, tome 27 février-juillet 1918, p.567, 7 juillet 1918 1 heure du matin, Editions sociales, Paris, 1961.
Sous-débat
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C'est un SR de gauche qui assassina à Moscou avec le soutien des siens l'ambassadeur allemand Von Mirbach le 6 juillet 1918, mettant ainsi en danger la souveraineté de la Russie.
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Sous-argument La veille de l'attentat Lénine et Maria Spiridovna débattaient dans un congrès des Soviets
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ObjectionLes mencheviks et les socialistes-révolutionnaires sont devenus des adversaires au cours de la révolution

« Les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires [...] se sont transformés au cours de la révolution en des organisations étroitement alliées à la contre-révolution et qui nous font une guerre déclarée. L’armée de Koltchak a été formée par les socialistes-révolutionnaires (comme ce nom sonne aujourd’hui faux et creux !) et soutenue par les mencheviks. Sur le front nord, les uns et les autres combattent contre nous depuis un an et demi. Les dirigeants mencheviks du Caucase, ex-alliés des Hohenzollern, alliés présentement à Lloyd George, arrêtaient et fusillaient les bolcheviks en parfait accord avec des officiers anglais et allemands. Les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires de la Rada du Kouban ont créé l’armée de Denikine. Les mencheviks estoniens, membres du gouvernement, ont participé directement à la dernière offensive de Youdenitch contre Pétersbourg. »
Léon Trotski, Terrorisme et communisme, 1920.

Sous-argumentLénine a violemment réprimé les anarchistes

« Un des premiers faits d’armes de celle-ci [la Tcheka] avait été l’assaut, lancé le 11 avril 1918, contre les anarchistes de Moscou, dont plusieurs dizaines avaient été exécutés sur-le-champ. La lutte contre les anarchistes ne se relâcha pas au cours des années suivantes, bien qu’un certain nombre d’entre eux eussent rejoint les rangs des bolcheviks, occupant même des postes importants à la Tcheka, comme Alexandre Goldberg, Mikhail Brener ou Timofei Samsonov. Le dilemme de la majorité des anarchistes, qui refusaient à la fois la dictature bolchevique et le retour des partisans de l’Ancien Régime, est illustré par les volte-face du grand leader anarchiste paysan Makhno, qui dut à la fois faire cause commune avec l’Armée rouge contre les Blancs, puis, une fois la menace blanche écartée, combattre les Rouges pour tenter de sauvegarder ses idéaux. Des milliers de militants anarchistes anonymes furent exécutés en tant que « bandits » lors de la répression menée contre les armées paysannes de Makhno et de ses partisans. Ces paysans constituèrent, semble-t-il, l’immense majorité des victimes anarchistes, si l’on en croit le bilan, incomplet sans doute mais seul disponible, de la répression bolchevique présenté par les anarchistes russes en exil à Berlin en 1922. Ce bilan faisait état de 138 militants anarchistes exécutés durant les années 1919-1921, 281 exilés et 608 toujours emprisonnés au 1er janvier 1922. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentDès 1918

« La Tcheka lança sa première opération d’envergure dans la nuit du 11 au 12 avril 1918 : plus de mille hommes de ses troupes spéciales prirent d’assaut à Moscou une vingtaine de maisons tenues par des anarchistes. À l’issue de plusieurs heures d’un combat acharné, 520 anarchistes furent arrêtés et 25 d’entre eux furent sommairement exécutés comme « bandits », une dénomination qui, dès lors, allait servir à désigner ouvriers en grève, déserteurs fuyant la conscription ou paysans insurgés contre les réquisitions. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentContre Makhno

« Le dilemme de la majorité des anarchistes, qui refusaient à la fois la dictature bolchevique et le retour des partisans de l’Ancien Régime, est illustré par les volte-face du grand leader anarchiste paysan Makhno, qui dut à la fois faire cause commune avec l’Armée rouge contre les Blancs, puis, une fois la menace blanche écartée, combattre les Rouges pour tenter de sauvegarder ses idéaux. Des milliers de militants anarchistes anonymes furent exécutés en tant que « bandits » lors de la répression menée contre les armées paysannes de Makhno et de ses partisans. Ces paysans constituèrent, semble-t-il, l’immense majorité des victimes anarchistes, si l’on en croit le bilan, incomplet sans doute mais seul disponible, de la répression bolchevique présenté par les anarchistes russes en exil à Berlin en 1922. Ce bilan faisait état de 138 militants anarchistes exécutés durant les années 1919-1921, 281 exilés et 608 toujours emprisonnés au 1er janvier 1922. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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Lénine a violemment réprimé les anarchistes de Makhno
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Makhno s'est appuyé sur la petite-bourgeoisie koulak réactionnaire
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Sous-argumentÀ Kronstadt

« Pour briser net le mouvement, la tcheka de Petrograd reçut l’ordre, le 7 mars, d’« entreprendre des actions décisives contre les ouvriers ». En quarante-huit heures, plus de deux mille ouvriers, sympathisants et militants socialistes ou anarchistes, furent arrêtés. À la différence des mutins, les ouvriers n’avaient pas d’armes et ne pouvaient guère opposer de résistance face aux détachements de la Tcheka. Ayant brisé la base arrière de l’insurrection, les bolcheviks préparèrent minutieusement l’assaut contre Kronstadt. Le général Toukhatchevski fut chargé de liquider la rébellion. Pour tirer sur le peuple, le vainqueur de la campagne de Pologne de 1920 fit appel aux jeunes recrues de l’École militaire, sans tradition révolutionnaire, ainsi qu’aux troupes spéciales de la Tcheka. Les opérations s’engagèrent le 8 mars. Dix jours plus tard, Kronstadt tombait au prix de milliers de morts de part et d’autre. La répression de l’insurrection fut impitoyable. Plusieurs centaines d’insurgés prisonniers furent passés par les armes dans les jours qui suivirent leur défaite. Les archives récemment publiées font état, pour les seuls mois d’avril-juin 1921, de 2103 condamnations à mort et de 6459 condamnations à des peines de prison ou de camp. Juste avant la prise de Kronstadt, près de huit mille personnes avaient réussi à s’enfuir, à travers les étendues glacées du golfe, jusqu’en Finlande, où elles furent internées dans des camps de transit, à Terijoki, Vyborg et Ino. Trompées par une promesse d’amnistie, nombre d’entre elles rentrèrent en 1922 en Russie où elles furent aussitôt arrêtées et envoyées dans les camps des îles Solovki et à Kholmogory, l’un des plus sinistres camps de concentration, près d’Arkhangelsk. Selon une source émanant de milieux anarchistes, sur les cinq mille détenus de Kronstadt envoyés à Kholmogory, moins de mille cinq cents étaient encore en vie au printemps 1922. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
Sous-débat
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Lénine a violemment réprimé les anarchistes de Kronstadt
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection La révolte de Kronstadt avait un caractère contre-révolutionnaire
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OBJECTIONS

ObjectionLes bolchéviks devaient tenir

« Au début de 1921, le soulèvement des marins de Cronstadt fut précisément une protestation contre ce régime économique et la dictature du Parti. Quelles que soient ses intentions et sa probité, un parti qui gouverne un pays affamé ne saurait garder sa popularité. La spontanéité des masses s’était éteinte ; les sacrifices et les privations usaient la minorité active de la révolution. Les hivers glacés, les rations insuffisantes, les épidémies, les réquisitions dans les campagnes répandaient la rancune, une sorte de désespoir, l’idéologie confuse de la contre-révolution pour le pain blanc. Si le Parti bolchevik lâchait les rênes du pouvoir, qui, dans cette situation, prendrait sa succession ? Son devoir n’était-il pas de tenir ? »
Victor Serge, « Trente ans après la Révolution russe », 1947.

ObjectionLes bolchéviks ont commis des erreurs

« Les erreurs et les fautes du pouvoir se nouent autour de Cronstadt, 1921. Les marins ne se révoltèrent pas que parce que Kalinine refusa brutalement de les entendre. Où il fallait de la persuasion et de la compréhension, le président du Comité exécutif des Soviets n’employa que la menace et l’insulte. La délégation de Cronstadt au Soviet de Petrograd, au lieu d’être fraternellement reçue pour des négociations, fut arrêtée par la Tchéka. La vérité sur le conflit fut cachée au pays et au parti par la presse qui, pour la première fois, mentit au grand jour en publiant qu’un général blanc, Kozlovski, exerçait l’autorité à Cronstadt. La médiation proposée par des anarchistes américains influents et bienveillants, Emma Goldman et Alexandre Berkman, fut repoussée. Les canons tonnèrent dans une bataille fratricide et la Tchéka, ensuite, fusilla ses prisonniers. […] Lénine, en proclamant la fin du « communisme de guerre » et la « nouvelle politique économique », satisfit les revendications économiques de Cronstadt, après la bataille et le massacre. Il reconnut ainsi que le Parti et lui-même s’étaient enferrés en maintenant un régime intenable et dont Trotsky avait du reste dénoncé les périls et proposé le changement un an auparavant. »
Victor Serge, « Trente ans après la Révolution russe », 1947.

Sous-argumentLénine a fiché et expulsé les intellectuels

« Depuis le début 1922, Lénine était entré en guerre contre l’intelligentsia, faisant fermer revues, journaux et départements universitaires. Mais c’est le 19 mai qu’il demanda à Dzerjinski de préparer « la déportation à l’étranger des écrivains et des professeurs qui aident la contre-révolution ». Une commission spéciale du Bureau politique fut formée à cet effet et, pour que les choses se fassent « dans la légalité », Lénine mit en chantier un nouveau Code pénal et ajouta à l’article 57 une clause de « clémence » : l’expulsion administrative – sans jugement – à l’étranger. Le 25 mai, Lénine eut sa première attaque cérébrale ; mais à peine remis, sa préoccupation fut de demander à Staline, secrétaire général du parti communiste, des comptes sur les intellectuels à expulser ; indiquant que la Tcheka devait « dresser des listes », il ajoutait : « plusieurs centaines de ces gentlemen doivent être expulsés dehors sans pitié. Nous allons nettoyer la Russie une fois pour toutes. […] Ils doivent tous être virés de Russie » ; et il n’hésitait pas à dénoncer nommément ses futures victimes. Il inaugurait ainsi la pratique des quotas de répression établis à l’avance, dont Staline allait faire un si large usage lors de la Grande Terreur. Lénine ordonna que la Tcheka fabriquât un dossier d’accusation pour chacun des futurs expulsés, ce qui n’était pas facile tant on ne pouvait leur reprocher que leurs idées. Le 10 août 1922 fut rendu public le nouvel article 57 qui autorisait les expulsions administratives. Comme l’avait déclaré Lénine en mars : « Dans la sphère économique, la retraite continue, dans le domaine politique, l’assaut continue ». Déjà le 6 juin, il avait créé le Glavlit, organe, durant des décennies, de la censure de toutes les publications et de contrôle de la pensée. Et comme le 15 septembre 1922 Gorki, depuis son exil, lui avait écrit pour le mettre en garde contre ces expulsions, Lénine lui répondit avec son élégance coutumière : « […] les intellectuels, les laquais du capital, pensent qu’ils sont le cerveau de la nation. En réalité, ils n’en sont pas le cerveau, ils en sont la merde ». »
Stéphane Courtois, « Lénine et la destruction de l’intelligentsia russe », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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« Parallèlement à ces expulsions, la police politique continuait le fichage de tous les intellectuels suspects de second rang, promis soit à la déportation administrative dans des parties reculées du pays, légalisée par un décret du 10 août 1922, soit au camp de concentration. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentL'expulsion des intellectuels

« Dès le 22 mai [1922], le Bureau politique mit sur pied une Commission spéciale, comprenant notamment Kamenev, Kourskii, Unschlicht, Mantsev (deux adjoints directs de Dzerjinski), chargée de ficher un certain nombre d’intellectuels pour arrestation, puis expulsion. Les premiers à être expulsés, en juin 1922, furent les deux principaux dirigeants de l'ex-Comité social de lutte contre la famine, Serge Prokopovitch et Ekaterina Kouskova. Un premier groupe de cent soixante intellectuels renommés, philosophes, écrivains, historiens, professeurs d’université, arrêtés les 16 et 17 août, fut expulsé par bateau en septembre. Y figuraient notamment quelques noms qui avaient déjà acquis ou devaient acquérir une renommée internationale : Nikolaï Berdiaev, Serge Boulgakov, Semion Frank, Nikolaï Losski, Lev Karsavine, Fedor Stepoun, Serge Troubetskoï, Alexandre Izgoïev, Ivan Lapchine, Mikhaïl Ossorguine, Alexandre Kiesewetter … Chacun dut signer un document stipulant qu’en cas de retour en URSS il serait immédiatement fusillé. L’expulsé était autorisé à emporter un manteau d’hiver et un manteau d’été, un costume et du linge de corps de rechange, deux chemises de jour et deux de nuit, deux caleçons, deux paires de chaussettes ! Outre ces effets personnels, chaque expulsé avait le droit d’emporter vingt dollars en devises. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.

Sous-argumentLe fichage des intellectuels

« Parallèlement à ces expulsions, la police politique continuait le fichage de tous les intellectuels suspects de second rang, promis soit à la déportation administrative dans des parties reculées du pays, légalisée par un décret du 10 août 1922, soit au camp de concentration. Le 5 septembre 1922, Dzerjinski écrivit à son adjoint Unschlicht : « Camarade Unschlicht ! Dans le domaine du fichage de l’intelligentsia, les choses sont encore bien artisanales ! Depuis le départ d’Agranov, nous n’avons plus de responsable compétent en ce domaine. Zaraïski est un peu trop jeune. Il me semble que, pour progresser, il faudrait que le camarade Menjinski prenne l’affaire en main. […] Il est indispensable de faire un bon plan de travail, que l’on corrigerait et compléterait régulièrement. Il faut classer toute l’intelligentsia en groupes et sous-groupes : 1) écrivains ; 2) journalistes et politiciens ; 3) économistes (indispensable· de faire des sous-groupes : a) financiers, b) spécialistes de l’énergie, c) spécialistes du transport, d) commerçants, e) spécialistes de la coopération, etc.) ; 4) spécialités techniques (ici, aussi, des sous-groupes s’imposent : a) ingénieurs, b) agronomes, c) médecins, etc.) ; 5) professeurs d’université et leurs assistants, etc., etc. Les informations sur tous ces messieurs doivent provenir de nos départements et être synthétisées par le département "Intelligentsia". Chaque intellectuel doit avoir chez nous son dossier. […] Il faut toujours avoir à l’esprit que le but de notre département n’est pas seulement d’expulser ou d’arrêter des individus, mais de contribuer à l’élaboration de la ligne politique générale vis-à-vis des spécialistes : les surveiller étroitement, les diviser, mais aussi promouvoir ceux qui sont prêts, pas seulement en paroles, mais en actes, à soutenir le pouvoir soviétique. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
OBJECTIONS

ObjectionLes bolchéviks avaient besoin de briser la résistance des intellectuels pour les rallier au pouvoir des soviets

« La dictature du prolétariat commence précisément par « malmener » les classes autrefois dominantes pour les obliger à reconnaître l’ordre nouveau et à s’y soumettre. Élevés dans le préjugé de la toute-puissance bourgeoise, les intellectuels professionnels demeurèrent longtemps sans croire, sans pouvoir croire, sans vouloir croire, que la classe ouvrière était décidément capable d’administrer le pays, qu’elle n’avait pas pris le pouvoir du fait d’un hasard, que la dictature du prolétariat était un fait inéluctable. Les intellectuels bourgeois considéraient donc avec une grande légèreté leurs obligations envers l’État ouvrier, même quand ils entraient à son service, et trouvaient tout simple, en régime prolétarien, soit de livrer aux impérialistes étrangers ou aux gardes blancs les secrets militaires et les ressources matérielles, soit de recevoir pour la propagande antisoviétique des subsides de Wilson, de Clemenceau ou de Mirbach. Il fallait lui montrer par les faits – et lui montrer fermement – que le prolétariat n’avait pas pris le pouvoir pour permettre à ses dépens des plaisanteries d’un goût aussi douteux. »
Léon Trotski, Terrorisme et communisme, 1920.
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« Alors que la lutte pour la conquête et l’affermissement du pouvoir atteignit son plus haut degré d’intensité, que la majorité des intellectuels jouait le rôle d’un bataillon d’assaut de la bourgeoisie, nous combattant ouvertement ou sabotant nos institutions, le pouvoir des Soviets combattait impitoyablement les « spécialistes » parce qu’il se rendait compte de leur valeur organisatrice capitale, tant que, se bornant à remplir les missions que leur confie une des classes fondamentales, ils ne nourrissent pas le dessein d’avoir leur politique « démocratique » personnelle. Ce n’est qu’après que la résistance des intellectuels eut été brisée par une lutte implacable que nous eûmes la possibilité de convier les spécialistes au travail. Nous le fîmes aussitôt. »
Léon Trotski, Terrorisme et communisme, 1920.
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Sous-argumentLénine a violemment réprimé les ecclésiastiques

« Comme en témoignent les rapports hebdomadaires de la police politique, la campagne de confiscation des biens d’Église atteignit son apogée en mars, avril et mai 1922, provoquant 1414 incidents recensés et l’arrestation de plusieurs milliers de prêtres, de moines et de moniales. Selon des sources ecclésiastiques, 2691 prêtres, 1962 moines et 3447 moniales furent tués en 1922. Le gouvernement organisa plusieurs grands procès publics de membres du clergé, à Moscou, Ivanovo, Chouïa, Smolensk et Petrograd. […] À Petrograd, soixante-seize ecclésiastiques furent condamnés à des peines de camp, et quatre exécutés, dont le métropolite de Petrograd, Benjamin, élu en 1917, très proche du peuple et qui avait pourtant assidûment plaidé pour une Église indépendante de l’État. À Moscou, cent quarante-huit ecclésiastiques et laïcs furent condamnés à des peines de camp, et six à la peine de mort, aussitôt appliquée. Le patriarche Tikhon fut placé en résidence surveillée au monastère Donskoï à Moscou. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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« En mars 1922, au cœur de la famine, dans une directive ordonnant de détruire l’Église orthodoxe à laquelle les paysans étaient très attachés, Lénine écrivait avec un cynisme révoltant : « Avec tous ces gens affamés qui se nourrissent de chair humaine, avec les routes jonchées de centaines, de milliers de cadavres, c’est maintenant et seulement maintenant que nous pouvons (et par conséquent devons) confisquer les biens de l’Église avec une énergie farouche, impitoyable. […] Tout indique que nous n’arriverons pas à nos fins à un autre moment, parce que seul le désespoir engendré par la faim peut entraîner une attitude bienveillante, ou du moins neutre, des masses à notre égard. » »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionL'authenticité de la note de mars 1922 est contestée

Lucien Sève rapporte en 2017 et 2019 les doutes qu'il avait exprimés en 1999 dans une recension de la biographie l'année précédente de Lénine par Hélène Carrère d'Encausse, et rapporte d'autres propos de Lénine qui prêchent au contraire la tolérance religieuse
« Hélène Carrère d'Encausse cite aussi p. 566 une note de Lénine "très secrète" à Molotov pour le Poltiburo, note de mars 1922 "impitoyable pour son auteur", commente-t-elle, où Lénine appelle à détruire l'ennemi (L'Eglise) (...) En rajoutant ce mot pour que le lecteur "comprenne bien", Hèlène Carrère d'Encausse soulignait plus encore, sans le comprendre elle-même ce que le mot "l'ennemi" a ici d'étonnant. Car pour Lénine l'ennemi n'a jamais été l'Eglise vue anti-cléricale-bourgeoise, dont il a vingt fois fait la critique radicale. Lénine peut-il avoir écrit cela ? Je disais quant à moi :" si quelque âme pieuse, assez inexperte en matière de politique comme d'écriture léniniennes, mais non étrangères au monde complexe des archives soviétiques, avait voulu de toute son ingéniosité nuire (...) à la mémoire de l'antéchrist qui repose dans le mausolée de la place Rouge, c'est un texte de ce genre qu'elle aurait bien pu fabriquer " »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine., p.89-90, En finir avec l'obsession antiléninienne, Editions sociales les parallèles, 1917 + cent, Paris, 2017.
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« Parlant des ouvriers qui gardent la foi en Dieu , Lénine écrit "nous sommes absolument contre la moindre injure à leurs convictions religieuses" (t. 15, p. 439). Devenu Président du Conseil des Commissaires du Peuple, il envoie la note suivante à Molotov en avril 1921 : si j'ai bonne mémoire, les journaux ont publié une lettre ou une circulaire du Comité central à propos du 1er Mai qui dit : faire éclater le caractère mensonger de la religion ou quelque chose de ce genre. Il n'en est pas question. C'est un manque de tact. A l'occasion de Pâques justement, il faut recommander autre chose : non pas faire éclater le caractère mensonger, mais éviter absolument tout irrespect envers la religion. Il faut faire paraître une lettre ou une circulaire complémentaire. Si le secrétariat n'est pas d'accord en référer au bureau politique."(t. 45 p. 94) »
Lucien Sève, « A propos d'une lettre secrète à V.M. Molotov, rédigée entre le 9 et le 21 avril 1921, publiée pour la première fois en 1945 oeuvres de Lénine tome 45 p. 94 », Penser avec Marx aujourd'hui tome IV Le Communisme ?, p.433, Chapitre II Communisme et "communisme" dans le court XXè siècle Staline et la dialectique, Editions la Dispute, Paris, 2019.

Sous-argumentLénine a exterminé les Cosaques

« Parmi les divers épisodes de la lutte menée par le pouvoir bolchevique contre la paysannerie, la « décosaquisation » – c’est-à-dire l’élimination des Cosaques du Don et du Kouban en tant que groupe social – occupe une place particulière. Pour la première fois, en effet, le nouveau régime prit un certain nombre de mesures répressives pour éliminer, exterminer, déporter, suivant le principe de la responsabilité collective, l’ensemble de la population d’un territoire que les dirigeants bolcheviques avaient pris l’habitude de qualifier de « Vendée soviétique ». Ces opérations ne furent pas le résultat de mesures de rétorsion militaire prises dans le feu des combats, mais furent planifiées à l’avance, firent l’objet de plusieurs décrets pris au plus haut niveau de l’État, impliquant directement de très nombreux responsables politiques de haut rang (Lénine, Ordjonikidze, Syrtsov, Sokolnikov, Reingold). Mise en échec une première fois, au printemps 1919, à cause des revers militaires des bolcheviks, la décosaquisation reprit, avec une cruauté renouvelée, en 1920, lors de la reconquête bolchevique des terres cosaques du Don et du Kouban. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLa décosaquisation

« Ce n’est qu’en février 1919, lors de l’avance générale des bolcheviks vers l’Ukraine et le sud de la Russie, que les premiers détachements de l’Armée rouge pénétrèrent dans les territoires cosaques du Don. D’emblée, les bolcheviks prirent un certain nombre de mesures qui annihilaient tout ce qui constituait la spécificité cosaque : les terres appartenant aux Cosaques furent confisquées et redistribuées à des colons russes ou aux paysans locaux qui n’avaient pas le statut cosaque ; les Cosaques furent sommés, sous peine de mort, de rendre leurs armes or, de par leur statut traditionnel de gardiens des confins de l’Empire russe, tous les Cosaques étaient armés ; les assemblées et les circonscriptions administratives cosaques furent dissoutes. Toutes ces mesures faisaient partie d’un plan préétabli de décosaquisation ainsi défini dans une résolution secrète du Comité central du Parti bolchevique, datée du 24 janvier 1919 : « Au vu de l’expérience de la guerre civile contre les Cosaques, il est nécessaire de reconnaître comme seule mesure politiquement correcte une lutte sans merci, une terreur massive contre les riches Cosaques, qui devront être exterminés et physiquement liquidés jusqu’au dernier. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentUn génocide de classe

« Le premier acte de génocide majeur eut lieu en 1919-1920 quand fut engagée contre les Cosaques du Don et du Kouban la « décosaquisation » sur un ordre du Bureau politique du Parti bolchevique du 24 novembre 1919 spécifiant de « les exterminer jusqu’au dernier » ; en un an, 15 0000 Cosaques furent massacrés et leurs familles internées dans des camps que la Tcheka elle-même qualifiait de « camps de la mort » ; au total, entre 300 000 et 500 000 personnes furent massacrées ou déportées sur une population de 3 millions d’habitants. »
Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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« Le processus confine alors au génocide de classe. En effet si Gracchus Babeuf, dans sa brochure de 1794 La Guerre de la Vendée et le système de dépopulation, condamne le traitement appliqué aux Vendéens et se dit « homme à préjugé sur la question de l’extermination », Lénine ne l’est pas. Le 24 novembre 1919, il fait adopter par le Politburo la décision de « décosaquisation » du Don – « les exterminer jusqu’au dernier » –, entraînant l’assassinat ou la déportation de 300 000 à 500 000 cosaques sur une population de 3 millions. L’intention est confirmée par Steinberg, socialiste révolutionnaire de gauche et commissaire du peuple à la Justice début 1918, qui interroge Lénine : « À quoi bon un commissariat du peuple à la Justice ? Autant l’appeler commissariat du peuple à l’extermination sociale, et la cause sera entendue. » Celui-ci lui répond : « Excellente idée. C’est exactement comme cela que je vois la chose. Malheureusement on ne peut pas l’appeler ainsi. » »
Stéphane Courtois, « La terreur : moyen ordinaire de gouvernement », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
Sous-débat
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Lénine a entrepris un génocide de classe contre les Cosaques
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUne opération menée sans discernement

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Sous-débat
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Lénine a mené la décosaquisation sans discernement
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Sous-argument Des exécutions expéditives
Sous-argument L'enfermement des vieillards, des femmes et des enfants
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Sous-argumentUne opération qui préfigure les opérations de dékoulakisation

« Par bien des aspects, les « opérations » de décosaquisation de 1920 préfiguraient les grandes « opérations » de dékoulakisation lancées dix ans plus tard : même conception d’une responsabilité collective, même processus de déportation par convois, mêmes problèmes d’intendance et de lieux d’accueil non préparés à recevoir les déportés, même idée d’exploiter les déportés en les soumettant au travail forcé. Les régions cosaques du Don et du Kouban payèrent un lourd tribut pour leur opposition aux bolcheviks. Selon les estimations les plus fiables, entre trois cents et cinq cent mille personnes furent tuées ou déportées en 1919-1920, sur une population totale qui n’excédait pas trois millions de personnes. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
OBJECTIONS
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Sous-argumentLénine a fait massacrer la famille impériale

« L’acte le plus symbolique [de la terreur] fut le massacre de la famille impériale, y compris les enfants et les serviteurs, dans des conditions horribles dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918. Cette opération fut organisée par Lénine en personne, à l’insu même de la direction bolchevik. »
Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
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« Le 16 juillet 1918, l’assassinat de la famille impériale scelle dans le sang la volonté terroriste de Lénine, qui est l’organisateur secret et personnel de ce carnage. »
Stéphane Courtois, « Guerre et totalitarisme », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
« Staline quant à lui a commencé à se faire une ligne de conduite fruste à son image : réduire les situations complexes à des bien-ou-bien simplistes, recourir au rapport de force voire au cynisme pour faire prévaloir son point de vue et à la limite se débarasser des problèmes en tuant ceux qui les posent -n'est-ce pas ce qu'on avait fait avec le tsar et sa famille ? »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiogrpahie dominante. Suivi d'une choix de textes de Lénine, p.114, Communisme, socialisme ?, Editions sociales les parallèles, 1917 + cent, Paris, 2017.

Références

  • Marc Ferro, Nicolas II, Payot, Paris, 1990.  
  • Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, Tallandier, Paris, 2012.  
  • Marina Grey, Enquête sur le massacre des Romanov, Perrin, Paris, 1987.  
  • Joseph Lasies, La tragédie sibérienne, le drame d’Ekaterinbourg, la fin de l’amiral Koltchak, L’édition française, Paris, 1921..  
  • Michel Wartelle, L'affaire Romanov ou le mystère de la maison d'Ipatiev tome 1 ; tome 2 nouveaux documents inédits, Louise Courteau, Quebec, 2008 et 2017.  
  • Elie Durel, L'autre fin des Romanov et le prince de l'ombre, Lanore, Paris, 2009.  
  • Essad Bey, Devant la révolution russe Nicolas II, Payot, Paris, 1935.  
  • Lénine, Oeuvres de Lénine : tomes 17, 28, 33, Editions sociales, Paris.  
  • Anthony, Summers, Tom Mangold, Le dossier Romanov, Albin Michel, Paris, 1980 (1976).  
  • Olga Nicolaievna, Marie Stravlo, (ed), Estoy viva : las memorias inéditas de la última Romanov, éditions Martinez Roca, Madrid, 2012.  
    SOUS-ARGUMENTS

    Sous-argumentLénine a appelé à l'extermination d'une bonne centaine de Romanov

    Preuve que Lénine était un exterminateur impitoyable et qu'il fit personnellement assassiner toute la famille impériale en est son appel à tuer tous les Romanov c'est--àdire une bonne centaine ; appel relevé à charge par deux auteurs Edvard Razinsky et Hélène Carrère d'Encausse
    «  Il faut décapiter au moins une centaine de Romanov, pour faire passer à leurs descendants le goût du crime.  »
    Edvard Radzinsky, Nicolas II le dernier des tsars, p.366, Le Cherche-Midi, Paris, 2002 (1993).
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    « Il faut exterminer tous les Romanov, c’est-à-dire une bonne centaine.  »
    Hélène Carrère d'Encausse, Lénine, p.432, Fayard, Paris, 1998.
    OBJECTIONS

    ObjectionLe massacre de la famille impériale n'a jamais existé, comme l'ont montré depuis les années 1980 Marina Grey, fille du général Denikine et Marc Ferro.

    Archives et témoignages à l'appui, le massacre de la famille de Nicolas II -seule victime incontestée des Bolcheviks- dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, dont aucun corps n'a été retrouvé par les nouveaux occupants à Ekaterinbourg, a été solidement contesté par une poignée d'historiens, dont en 1987 la fille du général Denikine, Marina Grey. Ce à partir d'une enquête pionnière de deux journalistes britannique, Anthony Summers et Tom Mangold, parue en France en 1980 sous le titre "Le Dossier Romanov." Ont suivi la voie documentée de Marina Grey, dès 1990 les historiens Marc Ferro, Michel Wartelle, Elie Durel, Marie Stravlo (laquelle découvrit et édita en 2012 les mémoires d'Olga N. fille ainée de Nicolas II, écrites en 1957). Les accusations formulées par Stephane Courtois contre Lénine ne reposent à l'inverse sur aucune source archivée et tournent le dos aux aspirations du personnage à la révolution mondiale qui l'amenaient à demander en échange aux Allemands la libération de spartakistes. Plusieurs points doivent être précisés : la Terreur Rouge n'était pas encore à l'ordre du jour (fin août début septembre 1918) ; comme le reconnaît Nicolas Werth en 1997 dans le livre Noir du communisme p. 112 mais sans référence à l'affaire des Romanov, les décrets sur la frappe d' otages au sein des familles d'officiers tsaristes ne seront votés par Trotsky qu'en 1919 ; c'étaient à l'été 1918 les SR de gauche en guerre contre les Bolcheviks, qui, par haine de l'Allemagne impériale, en voulaient à la vie de la famille germanique de Nicolas Romanov, au moins à celle de la tsarine. Par ailleurs d'après Marc Ferro l'allégation d'un massacre collectif de toute la famille et de sa suite dans la maison d'Ipatief commandé par Jacob Iourovsky arriva vers 1920 et fut précédée pendant une année au moins d'une accusation de cette tuerie collective à la prison d'Ekaterinbourg où ces détenus ne furent pourtant jamais internés ; ce sur témoignage du prince L'vov, qui ne séjourna jamais dans cette maison bourgeoise d'Ipatiev dépourvue de toute cellule de prison.
    « « The File on the the Tsar (le dossier Romanov), l'ouvrage de deux journalistes de la BBC, Anthony Summers et Tom Mangold, inconnus au bataillon des historiens brevetés, ouvrit en 1976 une piste pleine de promesses pour répondre aux questions posées. Après une quête et enquête de plusieurs années, les deux hommes découvrirent à Harvard l'existence du dossier complet de l'instruction concernant la fin des Romanov, celui-là même d'où le juge Sokolov chargé d'enquêter pour les Blancs avait tiré son ouvrage : ils constatèrent que dans son enquête publiée en 1924, Sokolov avait systématiquement éliminé toutes les pièces qui pouvaient témoigner de la survie des filles du tsar et de l'impératrice. » »
    Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, p.117-118, chapitre 6, Morts ou rescapés ?, Tallandier, Paris, 2012.
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    Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
    « Le 27 septembre 1918 alors que depuis une semaine les milieux diplomatiques britanniques accréditaient, "officiellement", la thèse d'un massacre collectif de la famille impériale, la marquise de Milford Halven, la propre soeur de la tsarine, recevait un télégramme qui l'infirmait. Ce télégramme envoyé de Stokholm par la Crown Princess of Swerden était ainsi conçu : "Ernie now telegraphs that has heard from two trustworth sources that Alix and all the Children are alive". (Ernie vient de télégraphier qu'il a appris de deux sources dignes de foi qu'Alix et tous les enfants sont vivants"). Ernie était le grand-duc Ernst Ludwig, le chef de la maison Hesse-Darmstad, le frère de la marquise et de la tsarine. »
    Marina Grey, Enquête sur le massacre des Romanov, p.153, chapitre 11, Perrin, Paris, 1987.
    Sous-débat
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    ObjectionLénine a fait allusion uniquement deux fois, en novembre 1918 et octobre 1921 , à la nuit ouralienne du 16 au 17 juillet 1918, par la seule évocation de la mort du tsar

    A deux époques différentes en novembre 1918 quand la révolution est militairement en grand danger et en octobre 1921 lorsqu'elle est pratiquement sauvée, Lénine dément implicitement les premières rumeurs de 1918 devenues accusations en 1920 de massacre de la famille impériale et ne reconnaît que l'exécution solitaire du tsar. Marc Ferro qui a relevé la première allusion perçoit chez Lénine la prépondérance marxiste de l'économique et du social sur les individus et le rappel que les révolutions bourgeoises et régicides de France et de Grande-Bretagne n'ont pu empêcher de restaurations. Il en est de même de la deuxième allusion où l'on voit que Lénine a toujours à l'esprit l'échec des révolutions britannique et française (même s'il ne les nomme pas). Il attribue cet échec à l'absence de lutte contre le capitalisme.
    « L'expérience de toutes les révolutions qui ont éclaté jusqu'ici en Europe confirme que la révolution subira une défaite, si la paysannerie ne triomphe pas de l'emprise des koulaks. Toutes les révolutions européennes n'ont abouti à rien, précisément parce que la campagne n'a pas su venir à bout de ses ennemis. Les ouvriers des villes ont renversé les monarques (en Angleterre et en France on a exécuté les rois il y a déjà quelques centaines d'années et nous étions seuls en retard avec notre tsar) et pourtant après un certain temps, l'Ancien Régime était restauré. »
    Lénine, oeuvres de Lénine tome 28, p.p.176, 8 novembre 1918, Éditions sociales, Paris.
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    Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
    « Les Wrangel, les Koltchak et les Denikine sont, pour une part, partis rejoindre Nicolas Romanov, et pour une autre part se sont tapis en lieu sûr à l’étranger. Le peuple ne voit pas d’ennemi manifeste, comme auparavant le grand propriétaire foncier et le capitaliste (...) Comment le peuple peut-il prendre conscience du fait que, à la place de Koltchak, de Wrangel et de Dénikine se trouve ici même, parmi nous l'ennemi qui a fait avorter toutes les révolutions antérieures ? (...) La tâche de notre parti est de faire pénétrer dans la conscience cette vérité que l'ennemi, parmi nous, c'est le capitalisme anarchique et l'échange anarchique des marchandises. »
    Lénine, « la nouvelle politique économique et les tâches des services d'éducation politique », Oeuvres de Lénine, tome 33, aout 1921- mars 1923, p.p.60-61,, 17 octobre 1921,, Éditions sociales, Paris, 1963.
    Sous-débat
    Le débat continue. Consultez la page détaillée
    Lénine a fait allusion uniquement deux fois, en novembre 1918 et octobre 1921 , à la nuit ouralienne du 16 au 17 juillet 1918, par la seule évocation de la mort du tsar
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Sous-argument Lénine envisage soit d'échanger les anciennes détenues soit de les envoyer dans un couvent
    Sous-argument Lénine n'a pas dit : "ll faut tuer tous les Romanov c'est-à-dire une bonne centaine"
    Aucune objection n'a été entrée.
    de l'argument pour aller plus loin.

    ObjectionTchitcherine, commissaire soviétique aux affaires étrangères, était apparenté aux Romanov

    L'idée d'une extermination de tous les Romanov par les Rouges est d'autant moins recevable qu' Ii n'y avait aucun inconvénient chez eux à intégrer dans leurs rangs et à un poste clé un Romanov : Georgy Tchitchérine ; lequel participa en juillet et août 1918 à des pourparlers avec des cours européennes pour la reconnaissance ferme du régime des Soviets en contrepartie d'une liberté conditionnelle accordée aux anciens détenus impériaux de la Maison d'Ipatiev.
    « Au centre de ces pourparlers : Georgy Tchitchérine. D'origine noble, comme Dzerzinski (le fondateur de la Tcheka), il était le cousin de la comtesse polonaise Alexandrine Huttten Czapski. Or celle-ci était, par son second mariage, l'épouse morganitique du grand duc Louis IV de Hesse, père de la tsarine. La comtesse était ainsi la belle-mère d'Alexandra. Mais qui savait que Tchitchérine, négociateur et ministre soviétique, était un cousin éloigné de la tsarine ? Il ne s'en vantait pas. »
    Marc Ferro, La vérité sur la tragédie des Romanov, p.141, chapitre 7, Tallandier, Paris, 2012.
    Sous-débat
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    Tchitcherine, commissaire soviétique aux affaires étrangères, était apparenté aux Romanov
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Sous-argument Dzerjinski également d'origine aristocratique, assura secrètement après la parution du rapport Sokolov avoir fait sauver la tsarine et ses quatre filles.
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    de l'argument pour aller plus loin.

    ObjectionLes tests ADN sur des corps retrouvés ont été nombreux et variés quant aux résultats

    « Environ tous les cinq ans, on répète qu'on a retrouvé les ossements des Romanov et que les tests ADN ou autres le prouvent (...) Tantôt on avait trouvé tous les cadavres, treize disait-on, non dix ou moins, trois seulement ; tantôt on disait qu'ils avaient été brûlés ou passés à la soude, d'autres rapportaient que les têtes des victimes avaient été transportées au Kremlin, version romanesque sans doute mais qui signifiait aussi qu'aucune version ne coïncidait avec la précédente. »
    Marc Ferro, « La deuxième mort de Nicolas II », Les tabous de l'histoire, p.59 et 60, chapitre 3, Nil Editions, Paris, 2002.

    ObjectionLes anciennes détenues se manifestèrent elles-mêmes après leur évacuation

    « Pendant le mois de décembre de cette année (1918) les rumeurs sur la survie de la famille se sont répandue dans toute la Russie, devenant aussi des articles de presse que les divers envoyés spéciaux des principaux journaux du monde, dans l’Oural, publiaient avec de gros titres, nourris par les témoignages de témoins occasionnels qui parlaient de trahisons, de corruption, de fuites miraculeuses d’un ou plusieurs membres de la famille, de fouilles de trains, de maisons, par une partie des gardes rouges et de la police secrète bolchevique (Tcheka), à la recherche de quelque fugitif survivant. Dans certains articles de presse on signalait que les sources d’information émanaient de personnes proches des disparus, comprenant même des parents du tsar, comme il en était des déclarations du Grand-Duc Cyrille Wladimirovitch Romanov, cousin germain du tsar, en novembre 1918, dans lesquelles il affirmait avoir reçu une lettre de Tatiana, deuxième fille de l’empereur Nicolas II, l’informant que l’impératrice et ses filles étaient toutes vivantes, et que Nicolas II n’avait pas été exécuté ( New York Times, 9 janvier 1919 ). »
    Marie Stravlo, Olga Nicolaiena Romanov, Estoy Viva Las Memorias inéditas de la última Romanov, Marie Stravlo (dir),, p.19-20, Introduction a Las Memorias inéditas de la última Romanov, éditions Martinez Roca, Madrid, 2012.

    Sous-argumentLénine a réprimé certaines personnes pour leur seule appartenance de classe

    « Parmi les opérations répressives les plus difficiles à répertorier et à évaluer figurent les massacres de détenus et d’otages incarcérés pour leur seule appartenance à une « classe ennemie » ou « socialement étrangère ». Ces massacres s’inscrivaient dans la continuité et la logique de la Terreur rouge de la seconde moitié de 1918, mais à une échelle encore plus importante. Cette débauche de massacres « sur une base de classe » était en permanence justifiée par le fait qu’un monde nouveau était en train de naître. »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
    Voir plus...
    « Étape logique et ultime de « l’extermination de la bourgeoisie en tant que classe », les exécutions de détenus, suspects et otages incarcérés pour leur seule appartenance aux « classes possédantes », sont attestées dans bien des villes prises par les bolcheviks. A Kharkov, entre 2000 et 3000 exécutions en février-juin 1919 ; entre 1000 et 2000 lors de la seconde reprise de la ville, en décembre 1919. À Rostov-sur-le-Don, environ 1 000 en janvier 1920 ; à Odessa, 2200 entre mai et août 1919, puis 1 500 à 3000 entre février 1920 et février 1921 ; à Kiev, au moins 3000 entre février et août 1919 ; à Ekaterinodar, au moins 3000 entre août 1920 et février 1921 ; à Armavir, petite ville du Kouban, entre 2 000 et 3 000 entre août et octobre 1920. On pourrait prolonger cette liste. »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
    « Cette terreur, qui fit en cinq ans des centaines de milliers de victimes, visait en priorité ceux qui étaient des ennemis politiques ou des membres de classes « condamnées par l’histoire » – bourgeois, nobles, commerçants, industriels, intellectuels, officiers, prêtres, mais aussi paysans propriétaires. »
    Stéphane Courtois, « Lénine, l'inventeur du totalitarisme », Le Figaro – Histoire, n°30, février-mars 2017.
    SOUS-ARGUMENTS

    Sous-argumentLénine crée la catégorie d'« ennemis du peuple » dès 1918

    « Les premiers massacres de « suspects », otages et autres « ennemis du peuple » enfermés préventivement, et par simple mesure administrative, dans des prisons ou dans des camps de concentration, avaient commencé en septembre 1918, lors de la première Terreur rouge. Les catégories de « suspects », « otages », « ennemis du peuple » ayant été établies, les camps de concentration étant rapidement opérationnels, la machine répressive était prête à fonctionner. L’élément déclencheur, dans une guerre aux fronts mouvants, où chaque mois apportait son lot de retournements de fortune militaire, était naturellement la prise d’une ville occupée jusqu’alors par l’adversaire, ou, au contraire, son abandon précipité. »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
    Sous-débat
    Le débat continue. Consultez la page détaillée de l'argument pour aller plus loin.

    Sous-argumentLénine considère tous les bourgeois comme coupables

    « Parmi les opérations répressives les plus difficiles à répertorier et à évaluer figurent les massacres de détenus et d’otages incarcérés pour leur seule appartenance à une « classe ennemie » ou « socialement étrangère ». Ces massacres s’inscrivaient dans la continuité et la logique de la Terreur rouge de la seconde moitié de 1918, mais à une échelle encore plus importante. Cette débauche de massacres « sur une base de classe » était en permanence justifiée par le fait qu’un monde nouveau était en train de naître. Tout était permis, comme l’expliquait à ses lecteurs l’éditorial du premier numéro de Krasnyi Metch (Le Glaive rouge), journal de la tcheka de Kiev : « Nous rejetons les vieux systèmes de moralité et d’"humanité" inventés par la bourgeoisie dans le but d’opprimer et d’exploiter les "classes inférieures". Notre moralité n’a pas de précédent, notre humanité est absolue car elle repose sur un nouvel idéal : détruire toute forme d’oppression et de violence. Pour nous, tout est permis car nous sommes les premiers au monde à lever l’épée non pas pour opprimer et réduire en esclavage, mais pour libérer l’humanité de ses chaînes…Du sang ? Que le sang coule à flots ! Puisque seul le sang peut colorer à tout jamais le drapeau noir de la bourgeoisie pirate en étendard rouge, drapeau de la Révolution. Puisque seule la mort finale du vieux monde peut nous libérer à tout jamais du retour des chacals ! » »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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    « Le 6 décembre, Lénine déclara devant une assemblée de responsables à Moscou que trois cent mille bourgeois s’étaient massés en Crimée. Il assura que, dans un proche avenir, ces « éléments » qui constituaient un « réservoir d’espions et d’agents prêts à prêter main-forte au capitalisme » seraient « châtiés ». »
    Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
    OBJECTIONS

    ObjectionEn février 1920 Lénine reconnaît au passé la terreur mais en nie Rostov-sur-le-Don

    « « Cf aussi entre autres le rapport que présente Lénine en février 1920 devant le Comité exécutif central de Russie. "La Terreur nous a été imposée par le terrorisme de l'Entente, au moment où les hordes des grandes puissances mondiales ont fondu sur nous, sans reculer devant rien (...) Aussitôt après avoir remporté une victoire décisive, avant même la fin de la guerre, dès la prise de Rostov, ajoute Lénine, nous avons renoncé aux exécutions capitales, démontrant que nous suivions comme nous l'avions promis notre programme (...) Aucune mention de semblables déclarations chez Werth, Graziozi, Carrère d'Encausse... » »
    Lucien Sève, Octobre 1917 Une lecture très critique de l'historiographie dominante,, p.61, Editions sociales, Paris, 2017.

    ObjectionLénine n'a jamais appelé à l'extermination des bourgeois comme membres d'une classe

    Au contraire de 1918 à 1920 au moins Lénine a constamment réaffirmé la nécessité de s'appuyer sur les bourgeoisie, ses compétences.
    « Nous n'imaginons pas d'autre socialisme que celui découlant de la grande civilisation capitaliste. Le socialisme sans poste, sans télégraphe, sans machines, est une phrase absolument creuse. Mais il est impossible de balayer d'un seul coup le milieu bourgeois et les habitudes bourgeoises, car nous avons besoin de l'organisation sur laquelle reposent toute la science et la technique moderne. Parler à ce propos de fusil, c'est la plus grande des sottises. Il dépend du degré d'organisation du peuple tout entier que l'ensemble de la population paie l'impôt sur le revenu, que l'obligation du travail soit instituée, que chacun soit enregistré ; tant qu'il n'est pas enregistré il faut que nous le payions. »
    Lénine, Oeuvres de Lénine, tome 27 février-juillet 1918, p.323, 29 avril 1918, Editions sociales, Paris, 1961.
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    Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
    « Mais Lénine a répété maintes fois sa volonté, affirmée le 9 juillet 1919, de "lutter implacablement contre cette idée présomptueuse (...) (dixit) que les travailleurs sont à même de vaincre le capitalisme et l'ordre bourgeois sans rien apprendre des spécialistes bourgeois" (à savoir les officiers, mèdecins, ingénieurs, savants etc) " sans les utiliser, sans passer par une longue" école de travail " à leurs côtés." »
    Jean-Jacques Marie, Lénine biographie 1870-1924, p.p. 8, avant-propos, Balland, Paris, 2004.
    Sous-débat
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    ObjectionLes chiffrages du nombre de victimes et les méthodes de calculs de NIcolas Werth en 1997 ont été corrigés par l'auteur en 2009

    En février 1919 seul Kiev fut pris par les Bolcheviks Kharkov et Odessa seulement au mois de mai et les massacres rouges, à la différence des massacres antibocheviques blancs et verts, dans les trois villes se concentrèrent dans la tranche chronologique juin-août 1919. Peut-être Werth avait-il confondu en 1997 les rouges et les verts, ces derniers se réclamant également du socialisme.
    « La « Terreur rouge » en Ukraine (mai-août 1918) (sic)

    La fragilité du pouvoir bolchevique en Ukraine durant les quelques mois de 1918 (sic) au cours desquels l’Armée rouge occupe les grandes villes ukrainiennes (tandis que les campagnes échappent largement au pouvoir bolchevique) s’accompagne d’une politique de répression contre les élites de l’Ancien régime qui n’ont pas eu le temps de fuir (...) les autorités bolcheviques ont recours à l’emprisonnement de nombreux « otages de la bourgeoisie » et à de nombreuses vexations (ainsi, à Odessa, Kiev et Kharkov (...)

    De nombreux massacres et exécutions sommaires « d’otages de la bourgeoisie » ont lieu, notamment dans les jours qui précèdent le départ des bolcheviks, devant l’avancée des Blancs, en été 1919.

    Parmi les plus importants :

    8-11 juin 1919 : Exécutions massives de « bourgeois » dans les prisons de Kharkov, avant la prise de la ville par les Blancs (12 juin 1919). Estimations du nombre de victimes : de 500 à 1 000.

    Juin-août 1919 : Exécutions massives « d’otages de la bourgeoisie » à Odessa. Estimations du nombre de victimes : environ 2 000.

    Août 1919 : Exécutions massives « d’otages de la bourgeoisie » à Kiev. Estimations du nombre de victimes : 1 800 durant les quinze jours précédant la chute de la ville (28 août) reprise par les armées blanches.

    3 000 pour l’ensemble de la période d’occupation bolchevique de la ville (février-août 1919). »
    Nicolas Werth, « Crimes et violences de masses des guerres civiles russes (1918-1921) », V.Brovkin, op.cit, p. 119-126, Sciences Po Violence de masse et résistance, Paris, 2009.

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    ObjectionsObjections [ modifier ]

    ObjectionsTous les révolutionnaires doivent faire usage de la répression contre leurs adversaires s'ils veulent préserver la révolution

    « En révolution comme en guerre, il s’agit de briser la volonté de l’ennemi, de le réduire à capituler en acceptant les conditions du vainqueur. La volonté est, assurément, un fait d’ordre psychologique, mais, à la différence d’un meeting, d’une réunion publique ou d’un congrès, la révolution poursuit ses fins par le recours à des moyens matériels, bien que dans une mesure moindre que la guerre. »
    Léon Trotski, Terrorisme et communisme, 1920.
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    Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
    « La classe ouvrière, qui s’est emparée du pouvoir en combattant, avait pour tâche et pour devoir de l’affermir inébranlablement, d’assurer définitivement sa domination, de couper toute envie de coup d’État chez ses ennemis et de se donner, par cela même, la possibilité de réaliser les grandes réformes socialistes. Ou alors il ne fallait pas prendre le pouvoir. La révolution n’implique pas « logiquement » le terrorisme, de même qu’elle n’implique pas l’insurrection armée. Solennelle banalité ! Mais, par contre, la révolution exige de la classe révolutionnaire qu’elle mette tous les moyens en œuvre pour atteindre ses fins ; par l’insurrection armée, s’il le faut ; par le terrorisme, si c’est nécessaire. La classe ouvrière, qui a conquis le pouvoir les armes à la main, doit briser par la violence toutes les tentatives qu’on fera pour le lui arracher. Partout où elle se trouvera en présence d’un complot armé, d’un attentat, d’une révolte, sa répression sera impitoyable. »
    Léon Trotski, Terrorisme et communisme, 1920.
    SOUS-ARGUMENTS

    Sous-argumentTous les révolutionnaires ont fait usage de la répression contre leurs adversaires pour préserver la révolution

    « Elle voudrait aujourd'hui, cette bourgeoisie, que nous ne fassions pas la révolution au milieu de ces destructions, parmi les décombres de la culture, les décombres et les ruines amoncelées par la guerre, avec des hommes que la guerre a rendus sauvages ! Oh ! que cette bourgeoisie est humaine et équitable ! Ses valets nous accusent de terrorisme… Les bourgeois anglais ont oublié 1649 et les Français 1793. La terreur était juste et légitime quand la bourgeoisie l'appliquait en sa faveur contre les féodaux. Elle est monstrueuse et criminelle quand les ouvriers et les paysans pauvres ont osé l'appliquer contre la bourgeoisie ! La terreur était juste et légitime quand elle était mise en oeuvre pour substituer une minorité exploiteuse à une autre. Elle est monstrueuse et criminelle dès qu' elle est mise en oeuvre pour aider au renversement de "toute" minorité exploiteuse, dans l'intérêt d'une majorité réellement immense, dans l'intérêt du prolétariat et du semi-prolétariat, de la classe ouvrière et de la paysannerie pauvre ! »
    Lénine, « Lettre aux ouvriers américains », oeuvres de Lénine, tome 28 juillet 1918-mars 1919, p.66-67, 20 aout 1918, Editions sociales, Paris, 1961.
    Voir plus...
    « Je voudrais bien voir le le tribunal populaire, le tribunal ouvrier-paysan, qui ne fusillerait pas Kraznov, comme celui-ci fusille les ouvriers et les paysans. On nous dit que lorsqu'on fusille dans la commission de Dzerjinsky, c'est bien, mais si le tribunal déclare ouvertement, face au peuple tout entier, qu'un tel est un contre-révolutionnaire méritant la peine de mort, c'est mal. Ceux qui en sont venus à un tel degré d'hypocrisie sont des cadavres politiques. (Applaudissements.) Non, le révolutionnaire qui ne veut pas être un hypocrite ne peut pas renoncer à la peine de mort. Il n'y a pas eu de révolution et d'époque de guerre civile sans fusillés. »
    Lénine, oeuvres de Lénine, tome 27- février-juillet 1918, p.551, 5 juillet 1918, Editions sociales., Paris, 1961.
    Sous-débat
    Le débat continue. Consultez la page détaillée
    Tous les révolutionnaires ont fait usage de la répression contre leurs adversaires pour préserver la révolution
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Sous-argument Lors de la guerre de Sécession, les révolutionnaires américains des États du Sud ont fait usage de la répression contre leurs adversaires pour préserver la révolution
    Aucune objection n'a été entrée.
    de l'argument pour aller plus loin.

    Sous-argumentAu terme des années 1918-1920 les bolcheviks ont acquis un soutien populaire incontestable

    « Les années 1918-1920 ont été, pour l'Etat soviétique, décisives sur tosu les plans (...). Sans doute, la "terreur rouge", corrolaire de la "terreur blanche", a-t-elle contribué à maintenir l'autorité des bolcheviks. Mais aussi ils peuvent inscrire à leur actif le soutien populaire, après maintes oscillations et défections. L'Etat sorti de cette épreuve existe en tant qu'Etat, et le transfert de la capitale à Moscou, décidé pour des raisons d'opportunité à l'heure du péril, symbolise bien son caractère nouveau, mais aussi la rupture avec le passé impérial, l'enracinement dans le peuple russe. La fin de la guerre civile doit, en principe, permettre au pouvoir, grâce aux structures qu'il s'est données, aux soutiens qu'il a rencontrés, de reconstruire le pays avec le concours populaire, de sortir de sa solitude. »
    Hélène Carrère d'Encausse, Lénine, la révolution et le pouvoir, p.115-116, chapitre 2 Naissance d'un état, Champs Flammarion, Paris, 1979 (1972).
    OBJECTIONS

    ObjectionLes révolutions se servent de ce prétexte pour asseoir un pouvoir totalitaire

    Aucun résumé ni citation n'a été entré.

    Objection"La fin justifie les moyens" aboutit toujours au même résultat : la dictature

    Aucun résumé ni citation n'a été entré.

    ObjectionPour libérer les gens, on commence par ouvrir des prisons et créer de la police politique

    Aucun résumé ni citation n'a été entré.

    ObjectionsDocument sur les cent koulaks à pendre apocryphe : daté ici du 10, ailleurs du 11, contenant par ailleurs une information coupée par des points de suspension, sur un autre télégramme, à ce jour inexistant.

    Voici le document intégral. Deux soucis donc : a) La citation est ici, en 2003, redatée sans explication par Nicolas Werth du 11 août et non plus du 10 comme en 1997 dans le Livre Noir... Cette date du 11 août est anticipée ou reprise par la plupart des biographes de Lénine (Hélène Carrère d'Encausse, Robert Service, Dominique Colas, Jean-Jacques Marie, Lars T Lih, Luc Mary). Mais celle du 10 août est reprise, à partir du Livre Noir, succcesivement en 2013 par un article de Jean-Baptiste Noe, puis en 2017 par la biographie primée de Stephane Courtois ainsi que par son article du Figaro Histoire. Aucune date d'ailleurs ne figure sur le document censé avoir été envoyé au Soviet exécutif de Penza : elle a donc pu être seulement induite.

    b) Il est enfin question dans le document d' "Identifier les otages comme nous l’avons indiqué dans notre télégramme hier." Mais lequel ? En ce qui me concerne, pour ce qu'il en est des pièces destinéees au Soviet exécutif de Penza je n'ai trouvé trace d'un quelconque appel à prise d'otages dans les oeuvres de Lénine (tomes 35, 36 44 de l'éd. française) ni à la date du 9 août, veille du 10 ni à celle du 10 août veille du 11.
    « "Camarades, le soulèvement koulak dans vos cinq districts doit être écrasé sans pitié. Les intérêts de la révolution tout entière l’exigent, car partout la lutte finale avec les koulaks est désormais engagée. Il faut 1°) Pendre ( et je dis pendre de façon que les gens le voient ) pas moins de cent koulaks, richards, vampires connus. 2°) Publier leurs noms. 3°) S’emparer de tout leur grain. 4°) Identifier les otages comme nous l’avons indiqué dans notre télégramme hier. Faites cela de façon qu’à des centaines de verstes à la ronde, le peuple voie, tremble, sache et s’écrie : ils étranglent et continueront d’étrangler les koulaks-vampires. Télégraphiez que vous avez reçu et mis à exécution ces instructions. Votre Lénine.

    P.S. Trouvez des gens plus durs."

    Ce télégramme de Lénine, daté du 11 août 1918, véritable appel au meurtre, fait partie des quelques milliers de textes du fondateur de l’Union soviétique qui n’ont jamais été inclus dans aucune des cinq éditions canoniques des « Œuvres Complètes » de Lénine, parues entre 1920 et 1965. »
    Werth Nicolas, Académie des Sciences morales et politiques, 20 janvier 2003.
    SOUS-ARGUMENTS

    Sous-argumentCes Editions des oeuvres de Lénine jugées "canoniques" par Nicolas Werth témoignaient d'un réel souci de transparence

    Une dizaine de pièces de télégrammes envoyés par Lénine à Penza figurent dans les tomes 35, 36 et 44 des oeuvres marquées déjà sous Khrouchtchev comme sous Brejnev par un désir de transparence et l'information figure dans la chronologie du tome 28. Il n'est pas besoin d'appeler à faire pendre une centaine de koulaks pour amender l'image de Lénine, sans en rajouter. Plus tard le 20 aout à Livny il appelle seulement à faire pendre "les meneurs koulaks des Insurgés". Il est possible qu'à cette date plus tardive il ait appris l'existence de telles pratiques par l'ennemi.
    « 9-12 août : dans une série de télégrammes au comité exécutif de la province de Penza, Lénine donne des directives sur l’écrasement impitoyable du soulèvement des koulaks, sur la réquisition de leurs excédents de blé et sur la mobilisation de masse des paysans pauvres pour lutter contre les koulaks. »
    Lénine, oeuvres de Lénine, tome 28, juillet 1918-mars 1919,, p.546, La vie et l'oeuvre de Lénine, chronologie,, Editions sociales, Paris, 1961.
    Voir plus...
    Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
    « Télégramme à E. B. Bosch.

    Au comité exécutif de la Province de Penza. Copie à Evguenia Bosch, Reçu votre télégramme. Indispensable organiser une garde renforcée, composée de personnes sûres soigneusement choisies, appliquer impitoyablement terreur de masse contre Koulaks, popes et gardes blancs ; enfermer les suspects dans camp de concentration à l’extérieur de la ville. Déclenchez expédition. Télégraphiez exécution.

    Lénine, Président du Conseil des Commissaires du Peuple »
    Lénine, oeuvres de Lénine, tome 36 lettres 1900-1923, p.504, 9 aout 1918, Editions sociales, Paris, 1959.
    « Télégramme au comité exécutif de la province de Penza

    10 aout 1918 Penza comité exécutif de la province Kouarev J’ai reçu votre télégramme, je l’ai passé à Sverdlov et je me suis mis d’accord avec lui. Toutes les mesures seront prises. Il est indispensable de réprimer avec le maximum d'énergie et de rapidité, sans pitié, le soulèvement koulak, en prenant une partie des troupes à Penza, en confisquant tous les biens des koulaks insurgés et tout leur blé. Télégraphiez plus souvent où en sont les choses (sic).

    Le Président du Conseil des Commissaires du Peuple, Lénine »
    Lénine, Oeuvres de Lénine tome 35 lettres février 1912-décembre 1922, p.357, 10 aout 1918, Editions sociales, 1964.

    Sous-argumentLa lettre de Lénine envoyée à Zinoviev le 26 juin 1918 se trouve également dans "les oeuvres canoniques"

    On y ajoutera volontiers la fameuse lettre de Lénine à Zinoviev, connue en URSS comme en France, dès les années 1960 où le prestigieux n 1 de la révolution plaide la Terreur de masse en juini 1918.
    « Camarade Zinoviev,

    C’est aujourd’hui seulement que nous avons su au CC [Comité Central] que les ouvriers de Petrograd voulaient répondre à l’assassinat de Volodarski par une action terroriste de masse et que vous (non personnellement, mais les membres du CC à Petrograd où les membres du CP [Comité de Petrograd]) les en aviez empêchés. Je proteste énergiquement ! Nous nous compromettons : même dans les résolutions des Soviets des députés, nous brandissons la menace du terrorisme de masse, mais quand nous arrivons au fait, nous freinons l’initiative révolutionnaire des masses, parfaitement juste. Cela est im-pos-si-ble ! Les terroristes [sans doute des socialistes-révolutionnaires] vont nous prendre pour des chiffes. Le moment est d’une extrême gravité. Il faut encourager l’énergie et le caractère de masse du terrorisme visant les contre-révolutionnaires, ceci particulièrement à Petrograd, car son exemple est décisif.

    Salutations !

    Lénine »
    Lénine, « A G. Zinoviev ainsi qu'à Lachévitch et aux autres membres du C.C. », oeuvres de Lénine tome 35 février 1912-décembre 1922, n°63, p.342, 26 juin 1918, Editons Sociales, Paris, 1964.

    Sous-argumentIl existe au moins une pièce "canonique" restée inédite jusqu'à la chute de l'URSS

    Cette pièce canonique à notre sens parmi des centaines ou des milliers n'a certes pas trait à la paysannerie mais à sa lutte contre l'antisémitisme car elle est absente des volumes 27, 28 35, 36, 42, 44 où elle aurait dû se trouver.
    « « Décret du Conseil des commissaires du Peuple de la RSFSR "Sur l'éradication de l'antisémitisme"

    Selon des informations qui sont parvenues au Conseil des Commissaires du Peuple, des pogroms sont perpétrés dans de nombreuses villes, en particulier dans la zone proche du front, à la suite desquels, dans certains endroits, ont lieu des attaques contre la population laborieuse juive. La contre-révolution bourgeoise reprend les armes du tsar (...) A présent les contre-révolutionnaires se lancent à nouveau dans la chasse aux Juifs, utilisant la faim et la fatigue, ainsi que l'obscurantisme des masses les plus arriérées et les résidus de la haine antijuive inoculée par l'autocratie (...) Toute attaque contre une nation qu'elle quelle soit est inacceptable et humiliante. Le Conseil des commissaires du Peuple déclare que l'antisémitisme et les pogroms antijuifs signent la mort de la révolution ouvrière et paysanne et appelle le peuple des travailleurs de la Russie socialiste à se battre par tous les moyens contre ce mal. La haine nationale affaiblit nos rangs révolutionnaires, désunit le front unique des travailleurs, sans distinction de nationalité, et ne tend la main qu'à nos ennemis. Le Conseil des Commissaires du Peuple appelle tous les députés des soviets à prendre des mesures énergiques pour éradiquer l'antisémitisme. Il est prescrit de mettre hors-la-loi ceux qui participent ou appellent aux pogroms.

    Le Président des Commissaires du Peuple (Oulianov) Lénine ; le chef du service administratif du Conseil des Commissaires du peuple, V.L. Bontch-Brouievitch, Le secrétaire du Conseil, N. Gorbounov » »
    Lidia MIlakova, Nicolas Werth, « Décret du Conseil des commissaires du peuple de la RSFSR sur l'éradication de l'antisémitisme (Le 27 juillet 1918) », Le livre des pogroms ; antichambre d'un génocide Ukraine, Russie, Biélorussie, 1917-1922, n°Izvestias,VTSIK, 27 juillet 1918, p.541, Partie III - Russie, Camlman Levy, Paris, 2006.
    OBJECTIONS
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    Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

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