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Lénine a exterminé les Cosaques

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« Parmi les divers épisodes de la lutte menée par le pouvoir bolchevique contre la paysannerie, la « décosaquisation » – c’est-à-dire l’élimination des Cosaques du Don et du Kouban en tant que groupe social – occupe une place particulière. Pour la première fois, en effet, le nouveau régime prit un certain nombre de mesures répressives pour éliminer, exterminer, déporter, suivant le principe de la responsabilité collective, l’ensemble de la population d’un territoire que les dirigeants bolcheviques avaient pris l’habitude de qualifier de « Vendée soviétique ». Ces opérations ne furent pas le résultat de mesures de rétorsion militaire prises dans le feu des combats, mais furent planifiées à l’avance, firent l’objet de plusieurs décrets pris au plus haut niveau de l’État, impliquant directement de très nombreux responsables politiques de haut rang (Lénine, Ordjonikidze, Syrtsov, Sokolnikov, Reingold). Mise en échec une première fois, au printemps 1919, à cause des revers militaires des bolcheviks, la décosaquisation reprit, avec une cruauté renouvelée, en 1920, lors de la reconquête bolchevique des terres cosaques du Don et du Kouban. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

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Sous-argumentLa décosaquisation

« Ce n’est qu’en février 1919, lors de l’avance générale des bolcheviks vers l’Ukraine et le sud de la Russie, que les premiers détachements de l’Armée rouge pénétrèrent dans les territoires cosaques du Don. D’emblée, les bolcheviks prirent un certain nombre de mesures qui annihilaient tout ce qui constituait la spécificité cosaque : les terres appartenant aux Cosaques furent confisquées et redistribuées à des colons russes ou aux paysans locaux qui n’avaient pas le statut cosaque ; les Cosaques furent sommés, sous peine de mort, de rendre leurs armes or, de par leur statut traditionnel de gardiens des confins de l’Empire russe, tous les Cosaques étaient armés ; les assemblées et les circonscriptions administratives cosaques furent dissoutes. Toutes ces mesures faisaient partie d’un plan préétabli de décosaquisation ainsi défini dans une résolution secrète du Comité central du Parti bolchevique, datée du 24 janvier 1919 : « Au vu de l’expérience de la guerre civile contre les Cosaques, il est nécessaire de reconnaître comme seule mesure politiquement correcte une lutte sans merci, une terreur massive contre les riches Cosaques, qui devront être exterminés et physiquement liquidés jusqu’au dernier. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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Sous-argumentUn génocide de classe

« Le premier acte de génocide majeur eut lieu en 1919-1920 quand fut engagée contre les Cosaques du Don et du Kouban la « décosaquisation » sur un ordre du Bureau politique du Parti bolchevique du 24 novembre 1919 spécifiant de « les exterminer jusqu’au dernier » ; en un an, 15 0000 Cosaques furent massacrés et leurs familles internées dans des camps que la Tcheka elle-même qualifiait de « camps de la mort » ; au total, entre 300 000 et 500 000 personnes furent massacrées ou déportées sur une population de 3 millions d’habitants. »
Stéphane Courtois, « Rafael Lemkin et la question du génocide en régime communiste », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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« Le processus confine alors au génocide de classe. En effet si Gracchus Babeuf, dans sa brochure de 1794 La Guerre de la Vendée et le système de dépopulation, condamne le traitement appliqué aux Vendéens et se dit « homme à préjugé sur la question de l’extermination », Lénine ne l’est pas. Le 24 novembre 1919, il fait adopter par le Politburo la décision de « décosaquisation » du Don – « les exterminer jusqu’au dernier » –, entraînant l’assassinat ou la déportation de 300 000 à 500 000 cosaques sur une population de 3 millions. L’intention est confirmée par Steinberg, socialiste révolutionnaire de gauche et commissaire du peuple à la Justice début 1918, qui interroge Lénine : « À quoi bon un commissariat du peuple à la Justice ? Autant l’appeler commissariat du peuple à l’extermination sociale, et la cause sera entendue. » Celui-ci lui répond : « Excellente idée. C’est exactement comme cela que je vois la chose. Malheureusement on ne peut pas l’appeler ainsi. » »
Stéphane Courtois, « La terreur : moyen ordinaire de gouvernement », Communisme et totalitarisme, Perrin, Paris, 2009.
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ObjectionLe "populicide" chez Babeuf relevait après Thermidor an II d'une critique de la politique vendéenne des Montagnards

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Sous-argumentUne opération menée sans discernement

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Sous-argumentDes exécutions expéditives

« En réalité, comme le reconnut, en juin 1919, Reingold, président du Comité révolutionnaire du Don, chargé d’imposer « l’ordre bolchevique » dans les terres cosaques, « nous avons eu tendance à mener une politique d’extermination massive des Cosaques sans la moindre distinction ». En quelques semaines, de la mi-février à la mi-mars 1919, les détachements bolcheviques avaient exécuté plus de huit mille Cosaques. Dans chaque stanitsa (bourg cosaque), des tribunaux révolutionnaires procédaient en quelques minutes à des jugements sommaires de listes de suspects, généralement tous condamnés à la peine capitale pour « comportement contre-révolutionnaire ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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« Toute résistance était impitoyablement punie. Lorsque le chef de la tcheka de Piatigorsk tomba dans une embuscade, les tchékistes décidèrent d’organiser une « Journée de la terreur rouge ». Outrepassant les instructions de Lander lui-même, qui souhaitait que « cet acte terroriste fût mis à profit pour attraper des otages précieux en vue de les exécuter, et pour accélérer les procédures d’exécution des espions blancs et des contre-révolutionnaires en général », les tchékistes de Piatigorsk se lancèrent dans une débauche d’arrestations et d’exécutions. Selon Lander, « la question de la Terreur rouge fut résolue de manière simpliste. Les tchékistes de Piatigorsk décidèrent de faire exécuter trois cents personnes en une journée. Ils définirent des quotas pour la ville de Piatigorsk et pour chaque bourg des environs, et ordonnèrent aux organisations du Parti de dresser des listes pour exécution. […] Cette méthode insatisfaisante entraîna un grand nombre de règlements de comptes. […] À Kislovodsk, faute d’idées, on décida de tuer les personnes qui se trouvaient à l’hôpital ». »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.

Sous-argumentL'enfermement des vieillards, des femmes et des enfants

« S’étant, une nouvelle fois, retrouvés dans le camp des vaincus, les Cosaques furent soumis à une nouvelle Terreur rouge. Un des principaux dirigeants de la Tcheka, le Letton Karl Lander, fut nommé « plénipotentiaire du Nord-Caucase et du Don ». Il mit en place des troïki, tribunaux spéciaux chargés de la décosaquisation. Durant le seul mois d’octobre 1920, ces troïki condamnèrent à mort plus de six mille personnes, aussitôt exécutées. Les familles, parfois même les voisins des partisans verts ou des Cosaques qui avaient pris les armes contre le régime et qui n’avaient pas été rattrapés, furent systématiquement arrêtées comme otages et enfermées dans des camps de concentration, véritables camps de la mort comme le reconnaissait Martyn Latsis, le chef de la Tcheka d’Ukraine dans l’un de ses rapports : « Rassemblés dans un camp près de Maïkop, les otages – des femmes, des enfants et des vieillards – survivent dans des conditions effrayantes, dans la boue et le froid d’octobre. […] Ils meurent comme des mouches. […] Les femmes sont prêtes à tout pour échapper à la mort. Les soldats qui gardent le camp en profitent pour faire commerce de ces femmes. » »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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Sous-argumentUne opération qui préfigure les opérations de dékoulakisation

« Par bien des aspects, les « opérations » de décosaquisation de 1920 préfiguraient les grandes « opérations » de dékoulakisation lancées dix ans plus tard : même conception d’une responsabilité collective, même processus de déportation par convois, mêmes problèmes d’intendance et de lieux d’accueil non préparés à recevoir les déportés, même idée d’exploiter les déportés en les soumettant au travail forcé. Les régions cosaques du Don et du Kouban payèrent un lourd tribut pour leur opposition aux bolcheviks. Selon les estimations les plus fiables, entre trois cents et cinq cent mille personnes furent tuées ou déportées en 1919-1920, sur une population totale qui n’excédait pas trois millions de personnes. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1997.
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