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Il y a une islamisation de l'Europe qui change de visage

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Débat parentCet argument est utilisé dans les débats L'Europe occidentale est-elle en déclin ? et Faut-il accueillir davantage de migrants ? et Faut-il accepter l'immigration en France (et en Europe de l'Ouest) ?.

Résumé de l'argumentRésumé de l'argument [ modifier ]

Les "déclinistes" s'inquiètent essentiellement de l'islamisme et de son influence (selon eux grandissante), qui pourrait déstabiliser nos sociétés. Les discours sur "l'islamisation de l'Europe" sont divers, et présentent de nombreux glissements : on passe d'une dénonciation des reculs de la laïcité et de la République à une critique de l'islam radical et parfois, chez certains, à une véritable vision apocalyptique du "choc des civilisations" - qui se poursuivrait en quelque chose désormais à l'intérieur même des sociétés européennes.

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Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentA échelle historique, l'Europe s'islamise

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Sous-argumentLaïcité vs islamisation

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Sous-argumentLa montée de la défiance

Beaucoup d'Européens ont peur de l'islam : les sondages montrent de la défiance envers l'islam (références). En Allemagne, Pegida organise des manifestations contre l'islamisation, en UK idem avec l'English Defense Leage. Des intellectuels comme Onfray considèrent que l'islam a une vision de la femme, des homosexuel-le-s, et des non-musulmans, qui est problématique et demande au moins débat et clarifications (voir Michel Onfray, Penser l'islam).

Des sondages révèlent aussi une certaine radicalité dans l'opinion des musulmans européens, que ce soit en France, en UK.
« Brice Teinturier, directeur général de l'institut Ipsos dans le journal Le Parisien, au lendemain de l'attentat de Nice explique: «Soyons clair: dans nos études, nous constatons un niveau élevé, voire très élevé, de personnes qui nous disent que la religion musulmane telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui dans notre pays, n'est pas compatible avec les valeurs de la société française. Qu'elle cherche à imposer son mode de fonctionnement. Le rejet est particulièrement marqué». »
Alexis Feertchak, Guylain Chevrier, « L'urgence de la laïcité face au projet de société de l'islam politique », FigaroVox, 28/07/2016.
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SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

Objection"Un engrenage qui pourrait dresser les populations les unes contre les autres" (Abdennour Bidar)

Stigmatiser les musulmans, c'est faire le jeu des extrémistes qui veulent diviser les sociétés européennes (cf. Gilles Kepel)
« Car en France aujourd'hui, et dans bien d'autres pays européens se creuse dramatiquement le fossé d'incompréhension entre les musulmans et les autres: d'un côté une véritable allergie se répand à l'égard d'une religion perçue comme violente et agressive, de l'autre se propage le sentiment d'être toujours plus «montrés du doigt», stigmatisés. Le rejet n'en finit plus de monter des deux côtés: les uns rejettent, les autres se sentent rejetés. Voilà le mécanisme, l'engrenage maudit, qui pourrait dresser demain nos populations les uns contre les autres dans des tensions civiles très graves. Face à cela, nous devons avoir un sursaut de lucidité collective: être capables de comprendre le piège à temps, et l'éviter tous ensemble, non musulmans et musulmans unis, avant que ne se déclenche son mécanisme de désastre sur les plans social et politique. »
Auteur anonyme, Le Figaro.

ObjectionLa stigmatisation des musulmans est contraire à nos valeurs essentielles

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ObjectionL'islam radical représente une infime minorité

La grande majorité de nos concitoyens musulmans sont paisibles et ne demandent qu'à vivre normalement.

ObjectionLes musulmans sont les premières victimes de l'islamisme

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ObjectionBeaucoup de musulmans combattent l'islamisme

« voilà quelques années maintenant que des musulmans, et non des moindres, sont entrés en résistance. Doués de la lucidité et du courage qui manque si souvent à certains « progressistes », ils parlent. Ils s’appellent Hélé Béji, Ghaleb Bencheikh, Fehti Benslama, Abdenour Bidar, Kamel Daoud, le regretté Abdelwahhab Meddeb, Moustapha Safouan, Boualem Sansal, et bien d’autres. Ils ne forment pas un groupe, chacun parle pour lui-même, et sans doute ne sont-ils pas d’accord sur tout. Mais ils se rejoignent sur l’essentiel : la lutte contre la barbarie islamiste au péril de leur vie. »
André Versaille, « Tout pour les musulmans, rien par les musulmans », Causeur, 20/06/2017.

ObjectionLa plupart des musulmans ont adopté l'idéal « Liberté, égalité, fraternité »

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Sous-argumentLe réenracinement des deuxième et troisième générations

« Le singulier de cette évolution est qu’elle se déroule au rebours de celles des précédentes immigrations. Traditionnellement, la première génération reste encore très liée à sa communauté d’origine et se sent mal insérée dans le pays d’accueil où la deuxième ou la troisième génération s’inscrit naturellement dans les modes de vie des autochtones. Dans le cas d’une petite mais bruyante partie de la jeunesse musulmane, nous assistons au phénomène inédit inverse décrit par Hugues Lagrange dans Le Déni des cultures, celui d’un « réenracinement des troisièmes et quatrièmes générations de l’immigration dans la culture de leurs parents et de leurs pays d’origine. ». Témoignages de ce « réenracinement », pointés aussi par Malika Sorel-Sutter, le refus de plusieurs jeunes d’utiliser la langue française au quotidien, y compris dans les cours de récréation, la remise en cause de la laïcité, et chez les adultes, le faible taux d’exogamie. Or comme l’avait fait remarquer, il y a plus de 30 ans, Emmanuel Todd dans Le Destin des immigrés : « Le taux d’exogamie, proportion de mariages réalisés par les immigrés, leurs enfants ou leurs petits-enfants avec des membres de la société d’accueil, est l’indicateur anthropologique ultime d’assimilation ou de ségrégation ». (...) Par ailleurs, l’ouvrier Mohammed des années 1960 ne voyait pas de contradictions insurmontables entre le respect de sa foi et la fréquentation de non-musulmans. Prenons l’exemple des interdits alimentaires : « Ce qui pose question, écrit Dounia Bouzar, c’est la différence de posture envers la définition du halal : ce qui était, pour l’ancienne génération, une donnée négociable et souple est devenue ces dernières années une barrière qui empêche de “manger ensemble”. Jamais un musulman des premières générations n’aurait refusé de prendre un repas chez un non-musulman. Dans son islam à lui, il aurait eu peur d’être puni par Dieu pour avoir vexé une personne bien intentionnée. Aujourd’hui il arrive que de plus en plus de jeunes refusent une invitation de non-musulman, ou de non-pratiquant. » De même, la majorité des Algériennes venues en France dans les années soixante, n’étaient pas voilées. Aujourd’hui, leurs petites-filles le sont souvent, et comme par un effet de mimétisme ou d’« entraînement », nombre de leurs grands-mères ont fini par se voiler elles aussi." »
André Versaille, « Le communautarisme, fils du multiculturalisme », Causeur, 30/04/2017.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionLa peur de l'Islam fait le jeu de l'extrême-droite

« Passer de la croyance en un Coran dicté et incréé, de fait hypostase de la divinité, à un Coran inspiré et co-créé par Dieu et l’homme, comme le propose notamment Abdennour Bidar, serait un très grand pas vers une nécessaire autocritique de la religion. Cela aurait également l’avantage de faire évoluer la perception qu’a l’islam du rapport entre le divin et l’humain, l’homme n’étant plus un outil écrasé par le poids du sacré, mais un co-auteur grandi par son compagnonnage avec lui.

Ceci, néanmoins, ne peut venir que des musulmans eux-mêmes et ne saurait leur être imposé.

En revanche, il incombe au reste de la société de favoriser cette démarche, d’encourager le développement d’un « islam des Lumières » et, naturellement, de lutter contre la propagation de « l’islam de l’obscurantisme ». Dans ce but, voici quelques éléments de réflexion, que j’explorerai davantage par la suite mais déjà esquissés à grands traits. »
Aurélien Marcq, Causeur.

ObjectionIl n'existe pas un islam, mais des islams

« Passer de la croyance en un Coran dicté et incréé, de fait hypostase de la divinité, à un Coran inspiré et co-créé par Dieu et l’homme, comme le propose notamment Abdennour Bidar, serait un très grand pas vers une nécessaire autocritique de la religion. Cela aurait également l’avantage de faire évoluer la perception qu’a l’islam du rapport entre le divin et l’humain, l’homme n’étant plus un outil écrasé par le poids du sacré, mais un co-auteur grandi par son compagnonnage avec lui.

Ceci, néanmoins, ne peut venir que des musulmans eux-mêmes et ne saurait leur être imposé.

En revanche, il incombe au reste de la société de favoriser cette démarche, d’encourager le développement d’un « islam des Lumières » et, naturellement, de lutter contre la propagation de « l’islam de l’obscurantisme ». Dans ce but, voici quelques éléments de réflexion, que j’explorerai davantage par la suite mais déjà esquissés à grands traits »

ObjectionLes religions correspondent à ce que les gens en font

La Bible comporte plus de passages violents que le Coran. Néanmoins juifs et chrétiens l'interprètent dans un sens où ces passages passent à l'arrière-plan. Les textes sacrés contiennent différentes facettes et sont complexes ; les croyants peuvent privilégier tel ou tel aspect. Il est irréaliste de dire que tel livre sacré serait "intrinsèquement violent".

ObjectionIl faudrait prendre exemple sur le Consistoire de Napoléon pour l'islam de France

« Puisque hommes politiques et leaders musulmans évoquent sans cesse le modèle juif, son exemple est justement plein d'enseignements ! L'entrée des Juifs dans la nation française, quoiqu'ils aient été déjà là, géographiquement, en France depuis des siècles, s'est faite sous l'égide d'une assemblée convoquée en 1807 par Napoléon pour répondre (de façon quasi comminatoire) à 12 questions extrêmement gênantes, destinées à jauger leur capacité (et leur désir) à devenir français. Ces questions couvraient tous les domaines de l'existence, depuis le statut personnel et les lois qui la régissaient au rapport à la France et aux Français, en passant par le pouvoir rabbinique et la morale économique du judaïsme. (...) Elles obligèrent les Juifs à faire un choix sur des problèmes cruciaux entre la loi juive et l'adhésion à la France. Elles les contraignirent à se réformer à la fois religieusement et civilement (...) Le judaïsme en France est passé par-là, au point d'en avoir gardé une marque indélébile. Ça change tout, même s'il arrive que cette histoire soit l'objet d'un regard critique. (...)

Quelles seraient les questions délicates à poser aux décisionnaires religieux de l'islam, investiguant la nature du rapport que celui-ci pourrait entretenir avec un État laïque d'identité française ? C'est la reconnaissance des non-musulmans qui pose, avant tout, problème avec l'islam. Il faudrait que les autorités de l'islam déclarent sous quelle catégorie elles considèrent la France comme territoire, à la fois géographique et symbolique.

On le sait, la théologie musulmane divise la planète en deux zones, Dar el Islam, la «Maison de l'islam» où doivent régner la paix et la loi coranique dans un univers qui doit être musulman et le Dar el Harb, la «Maison de l'épée» où règnent la guerre et la conquête islamique pour faire triompher le Coran sur les infidèles. C'est là que prend place le djihad, la guerre sainte. Dans cet espace, les non-musulmans n'ont aucun droit et leur avenir est de devenir musulmans (...). Il existe cependant une troisième catégorie d'espace, le Dar el Solh, la «Maison de la trêve» qui, comme son nom l'indique, ne fait que suspendre la guerre contre la «Maison de l'épée», les infidèles, lorsque les conditions de la guerre ne sont pas favorables aux musulmans.

On comprend qu'il y a là l'obstacle majeur à l'intégration de l'islam dans la République. Il faut donc que les autorités musulmanes européennes déclarent solennellement renoncer à la doctrine politique du djihad et donc à cette partition du monde qui empêche toute reconnaissance du non-musulman. Il ne suffirait pas en effet que ces autorités se prononcent sur la catégorie à laquelle appartient l'Europe, car la meilleure catégorie serait celle du Dar el Islam, ce qui impliquerait que l'Europe se soumette à la loi islamique. Déclarer que l'Europe relève de la «Maison de la trêve» comme le fit Tariq Ramadan dans l'émission «Ripostes» de Serge Moati, ne peut en aucune façon rassurer les Européens, on le comprend, car le propre d'une trêve est de finir (...).

L'islam a en effet un problème de taille : il a toujours vécu en majorité même quand il fut dominé. Il a donc naturellement du mal à s'accepter et à se comporter en minorité. C'est tout un travail d'autoréforme qu'il a ainsi à accomplir. C'est ce que firent le judaïsme et le christianisme, en se repliant sur la mystique à défaut de pouvoir se poser dans l'étatique. Le messianisme juif, avec ses attentes dans l'historico-politique, avait constitué un obstacle lors de l'émancipation. Ses représentants trouvèrent une formule pour l'universaliser et le repousser à un avenir indéterminé.

Le deuxième ordre de questions doit concerner la façon dont les autorités de l'islam européen considèrent les autres religions, le judaïsme et le christianisme, si elles acceptent leur légitimité et si elles renoncent au prosélytisme actif. Si des non-musulmans veulent se convertir à l'islam, c'est leur droit (et l'inverse est aussi vrai) mais l'islam ne doit pas dans une République et un État démocratique partir à la conquête des âmes, à l'islamisation de la société civile car cela ne manquerait pas de réveiller en retour la guerre des religions et la surenchère concurrentielle entre elles.

Le troisième ordre de questions doit clarifier le système d'autorité de l'islam afin de désigner des responsables de la doctrine et du bon ordre de la vie religieuse. Avec une particulière attention pour les rapports avec les puissances musulmanes mondiales dont l'islam français comme religion devrait se séparer. (...)

Enfin, quatrième ordre de questions concernant le statut personnel et notamment celui de la femme. Un aspect capital qui commande le rapport à l'autre. Les autorités musulmanes européennes doivent confirmer qu'elles reconnaissent la liberté et les droits de la femme, son droit à divorcer, à contracter mariage avec qui bon lui semble. Elles doivent confirmer la prééminence du droit civil sur la charia.

Ces réponses à ces questions décideront si oui ou non un islam français est possible, si la République peut intégrer l'islam dans ses rangs et l'État avoir confiance dans la population qui se recommande de cette religion. Tout comme on l'a dit pour ce qui est de la décision de la France d'intégrer cette population, qu'on ne peut imaginer négative sous peine d'une guerre civile, on ne peut imaginer de réponse négative à ces questions de la part de l'islam français sous peine d'une très grave crise.

Pourquoi ne pose-t-on pas ces questions ? Parce qu'on a peur que la réponse soit négative ? C'est justement ce qui empoisonne l'atmosphère et fait croître le soupçon, le racisme d'un côté et le ressentiment de l'autre. Qu'on les pose une fois pour toutes, et le problème sera réglé, pour le pire ou, je veux le croire, le meilleur !" »
Shmuel Trigano, La Démission de la République, PUF, 2003.
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Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Il faudrait prendre exemple sur le Consistoire de Napoléon pour l'islam de France
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'Etat n'a pas à intervenir dans les questions religieuses
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionLes musulmans se séculariseront comme naguère les catholiques

Le mouvement de la modernité est irrésistible. De par ses séductions, la société moderne amollit les croyances ; quant à l'esprit scientifique, à l'éducation, ils sapent peu à peu l'intégrisme et ouvrent sur des perspectives plus rationnelles. La crainte d'un "revival" religieux est un fantasme.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Les musulmans se séculariseront comme naguère les catholiques
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection On ne peut pas appliquer le schéma chrétien sur l'islam
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionAu lieu d'alimenter le "choc des civilisations", œuvrer à l'islam des Lumières avec de nombreux musulmans

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ObjectionLa grille de lecture par la religion est erronée

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ObjectionsIl n'y a pas d'islamisation

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ObjectionsLa peur de l'Islam fait le jeu de l'extrême-droite

« Passer de la croyance en un Coran dicté et incréé, de fait hypostase de la divinité, à un Coran inspiré et co-créé par Dieu et l’homme, comme le propose notamment Abdennour Bidar, serait un très grand pas vers une nécessaire autocritique de la religion. Cela aurait également l’avantage de faire évoluer la perception qu’a l’islam du rapport entre le divin et l’humain, l’homme n’étant plus un outil écrasé par le poids du sacré, mais un co-auteur grandi par son compagnonnage avec lui.

Ceci, néanmoins, ne peut venir que des musulmans eux-mêmes et ne saurait leur être imposé.

En revanche, il incombe au reste de la société de favoriser cette démarche, d’encourager le développement d’un « islam des Lumières » et, naturellement, de lutter contre la propagation de « l’islam de l’obscurantisme ». Dans ce but, voici quelques éléments de réflexion, que j’explorerai davantage par la suite mais déjà esquissés à grands traits. »
Aurélien Marcq, Causeur.
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ObjectionsL'arrivée de nombreux musulmans est une grande chance pour l'Europe

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ObjectionsIl n'existe pas un islam, mais des islams

« Passer de la croyance en un Coran dicté et incréé, de fait hypostase de la divinité, à un Coran inspiré et co-créé par Dieu et l’homme, comme le propose notamment Abdennour Bidar, serait un très grand pas vers une nécessaire autocritique de la religion. Cela aurait également l’avantage de faire évoluer la perception qu’a l’islam du rapport entre le divin et l’humain, l’homme n’étant plus un outil écrasé par le poids du sacré, mais un co-auteur grandi par son compagnonnage avec lui.

Ceci, néanmoins, ne peut venir que des musulmans eux-mêmes et ne saurait leur être imposé.

En revanche, il incombe au reste de la société de favoriser cette démarche, d’encourager le développement d’un « islam des Lumières » et, naturellement, de lutter contre la propagation de « l’islam de l’obscurantisme ». Dans ce but, voici quelques éléments de réflexion, que j’explorerai davantage par la suite mais déjà esquissés à grands traits »
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ObjectionsLes religions correspondent à ce que les gens en font

La Bible comporte plus de passages violents que le Coran. Néanmoins juifs et chrétiens l'interprètent dans un sens où ces passages passent à l'arrière-plan. Les textes sacrés contiennent différentes facettes et sont complexes ; les croyants peuvent privilégier tel ou tel aspect. Il est irréaliste de dire que tel livre sacré serait "intrinsèquement violent".
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ObjectionsIl faudrait prendre exemple sur le Consistoire de Napoléon pour l'islam de France

« Puisque hommes politiques et leaders musulmans évoquent sans cesse le modèle juif, son exemple est justement plein d'enseignements ! L'entrée des Juifs dans la nation française, quoiqu'ils aient été déjà là, géographiquement, en France depuis des siècles, s'est faite sous l'égide d'une assemblée convoquée en 1807 par Napoléon pour répondre (de façon quasi comminatoire) à 12 questions extrêmement gênantes, destinées à jauger leur capacité (et leur désir) à devenir français. Ces questions couvraient tous les domaines de l'existence, depuis le statut personnel et les lois qui la régissaient au rapport à la France et aux Français, en passant par le pouvoir rabbinique et la morale économique du judaïsme. (...) Elles obligèrent les Juifs à faire un choix sur des problèmes cruciaux entre la loi juive et l'adhésion à la France. Elles les contraignirent à se réformer à la fois religieusement et civilement (...) Le judaïsme en France est passé par-là, au point d'en avoir gardé une marque indélébile. Ça change tout, même s'il arrive que cette histoire soit l'objet d'un regard critique. (...)

Quelles seraient les questions délicates à poser aux décisionnaires religieux de l'islam, investiguant la nature du rapport que celui-ci pourrait entretenir avec un État laïque d'identité française ? C'est la reconnaissance des non-musulmans qui pose, avant tout, problème avec l'islam. Il faudrait que les autorités de l'islam déclarent sous quelle catégorie elles considèrent la France comme territoire, à la fois géographique et symbolique.

On le sait, la théologie musulmane divise la planète en deux zones, Dar el Islam, la «Maison de l'islam» où doivent régner la paix et la loi coranique dans un univers qui doit être musulman et le Dar el Harb, la «Maison de l'épée» où règnent la guerre et la conquête islamique pour faire triompher le Coran sur les infidèles. C'est là que prend place le djihad, la guerre sainte. Dans cet espace, les non-musulmans n'ont aucun droit et leur avenir est de devenir musulmans (...). Il existe cependant une troisième catégorie d'espace, le Dar el Solh, la «Maison de la trêve» qui, comme son nom l'indique, ne fait que suspendre la guerre contre la «Maison de l'épée», les infidèles, lorsque les conditions de la guerre ne sont pas favorables aux musulmans.

On comprend qu'il y a là l'obstacle majeur à l'intégration de l'islam dans la République. Il faut donc que les autorités musulmanes européennes déclarent solennellement renoncer à la doctrine politique du djihad et donc à cette partition du monde qui empêche toute reconnaissance du non-musulman. Il ne suffirait pas en effet que ces autorités se prononcent sur la catégorie à laquelle appartient l'Europe, car la meilleure catégorie serait celle du Dar el Islam, ce qui impliquerait que l'Europe se soumette à la loi islamique. Déclarer que l'Europe relève de la «Maison de la trêve» comme le fit Tariq Ramadan dans l'émission «Ripostes» de Serge Moati, ne peut en aucune façon rassurer les Européens, on le comprend, car le propre d'une trêve est de finir (...).

L'islam a en effet un problème de taille : il a toujours vécu en majorité même quand il fut dominé. Il a donc naturellement du mal à s'accepter et à se comporter en minorité. C'est tout un travail d'autoréforme qu'il a ainsi à accomplir. C'est ce que firent le judaïsme et le christianisme, en se repliant sur la mystique à défaut de pouvoir se poser dans l'étatique. Le messianisme juif, avec ses attentes dans l'historico-politique, avait constitué un obstacle lors de l'émancipation. Ses représentants trouvèrent une formule pour l'universaliser et le repousser à un avenir indéterminé.

Le deuxième ordre de questions doit concerner la façon dont les autorités de l'islam européen considèrent les autres religions, le judaïsme et le christianisme, si elles acceptent leur légitimité et si elles renoncent au prosélytisme actif. Si des non-musulmans veulent se convertir à l'islam, c'est leur droit (et l'inverse est aussi vrai) mais l'islam ne doit pas dans une République et un État démocratique partir à la conquête des âmes, à l'islamisation de la société civile car cela ne manquerait pas de réveiller en retour la guerre des religions et la surenchère concurrentielle entre elles.

Le troisième ordre de questions doit clarifier le système d'autorité de l'islam afin de désigner des responsables de la doctrine et du bon ordre de la vie religieuse. Avec une particulière attention pour les rapports avec les puissances musulmanes mondiales dont l'islam français comme religion devrait se séparer. (...)

Enfin, quatrième ordre de questions concernant le statut personnel et notamment celui de la femme. Un aspect capital qui commande le rapport à l'autre. Les autorités musulmanes européennes doivent confirmer qu'elles reconnaissent la liberté et les droits de la femme, son droit à divorcer, à contracter mariage avec qui bon lui semble. Elles doivent confirmer la prééminence du droit civil sur la charia.

Ces réponses à ces questions décideront si oui ou non un islam français est possible, si la République peut intégrer l'islam dans ses rangs et l'État avoir confiance dans la population qui se recommande de cette religion. Tout comme on l'a dit pour ce qui est de la décision de la France d'intégrer cette population, qu'on ne peut imaginer négative sous peine d'une guerre civile, on ne peut imaginer de réponse négative à ces questions de la part de l'islam français sous peine d'une très grave crise.

Pourquoi ne pose-t-on pas ces questions ? Parce qu'on a peur que la réponse soit négative ? C'est justement ce qui empoisonne l'atmosphère et fait croître le soupçon, le racisme d'un côté et le ressentiment de l'autre. Qu'on les pose une fois pour toutes, et le problème sera réglé, pour le pire ou, je veux le croire, le meilleur !" »
Shmuel Trigano, La Démission de la République, PUF, 2003.
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ObjectionL'Etat n'a pas à intervenir dans les questions religieuses

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

ObjectionsLes musulmans se séculariseront comme naguère les catholiques

Le mouvement de la modernité est irrésistible. De par ses séductions, la société moderne amollit les croyances ; quant à l'esprit scientifique, à l'éducation, ils sapent peu à peu l'intégrisme et ouvrent sur des perspectives plus rationnelles. La crainte d'un "revival" religieux est un fantasme.
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ObjectionOn ne peut pas appliquer le schéma chrétien sur l'islam

Le christianisme est "la religion de la sortie de la religion". Dans l'Evangile, le Christ dit de "rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu".
« "les Européens, du plus pieux des pratiquants au bouffeur de curés invétéré, pensent tous la religion sur le modèle inconscient du christianisme. Ils réduisent donc la religion à ce qu’ils observent dans les diverses confessions chrétiennes: des actes de culte, la prière, éventuellement des jeûnes et des pèlerinages. Ce qui n’en relève pas est censé être extérieur à la religion. Or, pour l’islam, la religion consiste essentiellement à appliquer la loi divine. C’est parce qu’elle le commande qu’il faut prier, jeûner, etc. Et elle commande aussi le voile, la nourriture halal, etc. »

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Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

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