Faut-il légaliser le cannabis ?

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Pour comprendre le débat [ modifier ]

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Faut-il légaliser le cannabis ? La question revient sans cesse. Malgré l’échec de la prohibition à endiguer la consommation et malgré ses effets pervers, la France maintient l'interdiction totale du cannabis, alors qu'un mouvement de libéralisation se fait jour ailleurs dans le monde. Différentes solutions sont évoquées : contraventionnalisation, dépénalisation, légalisation... L'Uruguay, un certain nombre d'États américains et, en 2018, le Canada, ont sauté le pas de la légalisation. Le débat est centré sur la France, mais beaucoup d'arguments sont universels.

Dépénalisation, légalisation, quelle différence ?

Dépénalisation

Dans le débat sur les drogues, dépénaliser signifie renoncer à punir pénalement l’acte de consommer des stupéfiants, considéré en France comme un délit et passible d’une peine pouvant aller jusqu'à un an de prison et assorti d’une amende pouvant aller jusqu'à 3750 €. Cette dépénalisation peut être de niveaux différents. Elle peut aller jusqu'à une déjudiciarisation : ce n’est alors plus une infraction. C’est le cas de l’ivresse alcoolique chez soi qui est déjudiciarisée (mais pas pour autant favorisée) alors que l’ivresse publique est une infraction. Mais elle peut aussi modifier le niveau de l’infraction du délit à la contravention. La contravention est l'infraction pénale la moins grave. Il s'agit d'une amende assortie parfois de peines complémentaires (ex : suspension du permis de conduire). Les contraventions sont réparties en 5 classes selon leur gravité et les peines qui leur sont applicables .

Légalisation

Légaliser signifie donner un cadre légal à quelque chose ou à un acte qui n’en avait pas. Cela signifie ouvrir un accès légal à la substance. Mais une légalisation peut prendre différentes formes, de la plus stricte à la plus libérale, selon les limitations et les contrôles mis en place pour produire, transporter, vendre la substance . La légalisation va plus loin que la dépénalisation. Elle autorise l'organisation d'un marché légal du cannabis, de la production à la distribution, alors que la dépénalisation rend l'usage libre mais ne donne pas les moyens à l'usager de s'approvisionner de manière légale.

Où en est la France ?

Le cannabis est un produit classé stupéfiant et son usage est interdit, conformément à la loi du 31 décembre 1970. En acheter, en consommer, en détenir, en donner, en revendre, en cultiver (chez soi ou à l'extérieur), en transporter ou conduire après en avoir consommé sont autant d'infractions à la loi, passibles d'une peine pouvant aller jusqu'à un an de prison et assorties d’une amende pouvant aller jusqu'à 3750 €, quelle que soit la quantité de cannabis incriminée. Les peines sont doublées quand le cannabis est vendu ou donné à des mineurs .
Projet de contraventionnalisation
L'Assemblée nationale a voté le 23 novembre 2018 la mise en place d'un système d’amende forfaitaire pour usage de stupéfiants, que pourront infliger directement les forces de l’ordre sur la voie publique. Son montant sera de 200 €. Cette « nouvelle procédure ne viendra pas se substituer aux autres types de réponses pénales déjà existantes ». Elle est censée offrir une solution plus rapide et efficace afin de dissuader la consommation mais également de faire gagner du temps aux forces de l'ordre et à la justice .

Où en sont les autres pays ?

Panorama des législations sur le cannabis dans le monde (Wikipédia).
Voir aussi : Libéralisation du cannabis sur Wikipédia [ modifier ]

Carte des arguments

POUR
CONTRE

La prohibition est inefficace
La prohibition est préjudiciable aux usagers
La prohibition est préjudiciable à la société
La prohibition manque de légitimité
La loi de 1970 est inadaptée
La légalisation serait bénéfique

La prohibition est efficace
Il faut protéger l'individu
La société doit se protéger
La légalisation n'est ni possible ni souhaitable
La légalisation serait préjudiciable

Arguments POUR [ modifier ]

La prohibition est inefficace

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La prohibition du cannabis est inefficace
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La consommation de cannabis augmente

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La consommation de cannabis augmente en France
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Il y a des signes de fléchissement de la consommation
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« Plus de 13 millions de Français ont expérimenté au moins une fois du cannabis, avec une hausse progressive depuis le début des années 1990 – la proportion d'expérimentateurs parmi les 18-64 ans, qui atteignait les 24 % en 2000, est ainsi passée à 29 % en 2005, puis à 33 % en 2011. »
Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.70, Le Muscadier, 2013.

Le cannabis reste très accessible

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Le cannabis reste très accessible
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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« Les enquêtes en population générale fournissent une autre mesure de l'accessibilité en questionnant la perception qu'ont les individus de la facilité avec laquelle ils pourraient ou peuvent se procurer du cannabis. Elles montrent ainsi que le cannabis paraît très accessible à la majorité des Français, qu'ils consomment ou non : près de six personnes âgées de 15 à 64 ans sur dix (58,0 %) jugent qu'il leur serait facile d'obtenir du cannabis en 24 heures, s'ils en voulaient (30,4 % assez facile et 27,5 % très facile). Les hommes de 20-25 ans sont particulièrement nombreux à partager cette opinion (79,2 % contre 61,3 % dans le reste de la population). Moins d'une personne sur dix (7,2 %) dit ne pas pouvoir se prononcer sur la question, cette proportion augmentant de façon nette avec l'âge des personnes interrogées, de 2,0 % parmi les 15-19 ans à 14,3 % parmi les plus de 55 ans. Il faut reconnaître que cette question trouve ses limites face aux individus qui n'ont aucune envie de se procurer du cannabis et n'acceptent pas vraiment la mise en situation qui leur est proposée. Les difficultés semblent peu affecter la plupart des consommateurs. L'anticipation par la constitution des petites réserves, le dépannage entre usagers et le recours à d'autres réseaux d'approvisionnement tendent à amortir l'impact d'une réduction momentanée de la disponibilité. Un consommateur régulier et averti est en mesure, en toute circonstance, de satisfaire ses besoins d'une forme ou d'une autre de cannabis. »
Observatoire français des drogues et toxicomanies, « Cannabis, données essentielles. Partie 3 : le marché du cannabis en France », OFDT, p.67-68, 2007.

L'interdit rend le cannabis plus attractif

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L'interdit rend le cannabis plus attractif
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. L'interdiction est plus dissuasive qu'attractive
Le tabac et l'alcool, licites, sont très attractifs
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Un produit autorisé est moins attractif qu'un produit interdit. Ce sont les risques pour la santé ou la désapprobation sociale qui dissuadent les jeunes.
« La prohibition crée une attirance pour l'interdit : dans les pays où la drogue est légale, la consommation stagne. »
Frédéric Beigbeder, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.9, Denoël, 2011.
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« Il y a eu des études sur des personnes qui ne consomment pas de cannabis (ces études ont surtout porté sur des étudiants). Celles-ci ont motivé leur choix non pas à cause de la loi, mais par crainte des risques pour la santé ou encore d'une désapprobation sociale dans leur milieu. »
Erickson - 2001, Les drogues. Les coûts cachés de la prohibition, p.190, Lanctôt, 2003.

Les sanctions ne sont pas dissuasives

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Les sanctions contre les consommateurs de cannabis ne sont pas dissuasives
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Des faits montrent qu'elles peuvent l'être
Il faut faire preuve de pédagogie
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« La peur de la sanction ne dissuade que les individus déjà les moins susceptibles de consommer et qui n'ont pas d'usage problématique. D'après le rapport 2011 de l'OEDT30, il n'y a pas de corrélation entre le niveau de répression et la baisse de l'usage – et à l'opposé, la dépénalisation n'entraîne pas d'augmentation significative de la consommation de cannabis. »
Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.87 et 90, Le Muscadier, 2013.
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« De toute façon, la plupart des jeunes fument ; si on ne fait que de la répression, le trafic continuera. »
Groupe de lycéens de 1re ES, « Le cannabis ? Chut ! », Le Monde, 9/11/2012.

L'interdiction peut être contournée

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L'interdiction du cannabis peut être contournée
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« L'interdiction a été accompagnée par l'essor de nouvelles molécules de synthèse qui imitent les effets du cannabis mais qui, n'étant pas interdites, échappent de fait à la législation. »
MacCoun et Reuter (2001), Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.11, Le Muscadier, 2013.

Les comportements addictifs sont très peu sensibles aux lois

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Les comportements addictifs sont très peu sensibles aux lois
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« La poursuite de la consommation malgré la connaissance de ses conséquences négatives fait d'ailleurs partie de la définition de l'addiction. La prohibition et la répression de l'usage ne sauraient donc être suffisantes pour empêcher les consommations des substances psychoactives car, pour les usagers, elles ne sont pas seulement nocives, mais aussi attractives. »
Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.76, Le Muscadier, 2013.

La prohibition passe à côté des motifs de la consommation

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La prohibition passe à côté des motifs de la consommation
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Si certaines personnes consomment des quantités de nourriture telles qu'elles nuisent à leur santé, on ne cherche pas la cause de ce comportement dans la nourriture, mais dans les motivations qu'elles ont à manger de manière compulsive. (...) De la même manière, si certaines personnes consomment des drogues illicites au point de ne plus pouvoir gérer leur vie, il y a lieu de s'interroger non pas sur les drogues, mais sur les motivations de ces personnes à les consommer de cette manière. »
Lise Beauchesne, Les drogues. Les coûts cachés de la prohibition, p.121, Lanctôt, 2003.

Ce n'est pas parce qu'une politique a échoué que l'on doit y renoncer

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Ce n'est pas parce qu'une politique a échoué que l'on doit y renoncer
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« L'interdiction de la pédophilie, des vols, viols et crimes ne les a pas éradiqués, mais ce n'est pas une raison pour y renoncer. »
Jean Costentin, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.112, Le Muscadier, 2013.

La prohibition est préjudiciable aux usagers

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La prohibition du cannabis est préjudiciable aux usagers
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Entrave à la prévention et aux soins

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La prohibition du cannabis entrave la prévention et les soins
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« [La peur de la sanction] les détourne de l’accès aux soins. […] « La répression fabrique de la clandestinité. Et la clandestinité augmente les pratiques à risques ». (selon la psychiatre Béatrice Stambul ) […] [La pénalisation] complique l’élaboration de campagnes adéquates par les acteurs de prévention qui sont en toute logique censés n’avoir d’autre message à passer que : « Ne consommez pas, c’est interdit ! » […] Dans le contexte répressif, les consommateurs n’accordent pas beaucoup de crédit à l’information officielle, souvent assimilée à de la propagande prohibitionniste. »
Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.87, 85, 88 et 89, Le Muscadier, 2013.
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« La prohibition complique la tâche de ceux qui veulent faire une bonne prévention des usages problématiques de drogues chez les jeunes qui se fonde sur une autre base que l'interdit par la peur, peu efficace. L'effet pervers le plus inquiétant de cette stratégie de la peur est que de nombreux jeunes sentent qu'on leur ment et rejettent cette dramatisation des produits au profit d'une banalisation tout aussi exagérée. C'est comme affirmer aux jeunes que toucher à l'alcool c'est se diriger vers l'alcoolisme et l'itinérance. […] Le résultat de la prohibition est que les parents confient à la police la prévention de l'abus des drogues chez les jeunes, croyant, à tort, qu'ils n'ont pas les connaissances pour faire de la bonne prévention (...) non pas parler des produits, mais prévenir les motifs qui peuvent mener à des usages problématiques. »
Lise Beauchesne, Les drogues. Les coûts cachés de la prohibition, p.246 et 278, Lanctôt, 2003.

Clandestinité, exclusion sociale, sentiment de discrimination

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La prohibition du cannabis entraîne clandestinité, exclusion sociale, sentiment de discrimination
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« La répression et la criminalisation excluent et rejettent ceux qui ont besoin d’aide, fabriquent du trafic et des consommations clandestines plus dangereuses et font obstacle à l’information et à la prévention. (Selon les docteurs Béatrice Stambul et Jean-Pierre Lhomme) […] La répression s’applique surtout aux jeunes issus des minorités visibles et de quartiers défavorisés. Elle renforce la défiance à l’égard de la police et entretient le sentiment de discrimination – surtout chez ceux contrôlés plusieurs fois par jour. L’exemple le plus probant est celui de la Seine-Saint- Denis : en 2008, le département se classe au 42e rang pour le nombre d’usagers réguliers et au 1er rang pour le nombre d’interpellations. »
Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.88 et 78, Le Muscadier, 2013.
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« La plupart des consommateurs de cannabis ne sont pas des marginaux, pourquoi les transformer en criminels ? »
Michel Henry, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.13, Denoël, 2011.

Une partie des usagers subit les conséquences de séjours en prison et/ou d'une inscription au casier judiciaire

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Avec la prohibition du cannabis, une partie des usagers subit les conséquences de séjours en prison et/ou d'une inscription au casier judiciaire
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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Absence de garantie de qualité des produits

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La prohibition du cannabis ne donne aucune garantie de qualité des produits
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« La clandestinité de l’offre ne permet pas de contrôler la qualité des produits vendus ni d’éviter l’offre simultanée d’autres substances illicites, ce qui augmente les risques. »
Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.90, Le Muscadier, 2013.
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« Avec la légalisation, on saurait ce qu’on fume. La drogue d’Etat serait de meilleure qualité donc un peu moins mauvaise pour la santé que celle consommée actuellement. »
Groupe de lycéens de 1re ES, « Le cannabis ? Chut ! », Le Monde, 9/11/2012.

Exposition à l’univers des dealers et à des drogues plus dures

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La prohibition du cannabis expose les usagers à l’univers des dealers et à des drogues plus dures
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« [La prohibition] contraint les usagers à s’approvisionner au marché noir qui les expose à d’autres drogues et à la criminalité. »
Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.87, Le Muscadier, 2013.
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« La porte d'entrée vers la cocaïne, ce n'était donc pas le cannabis, mais le dealer. De plus, le fait d'aller sur le marché noir côtoyer des personnes dangereuses induisait des stress psychiques importants chez mes patients. »
Raquel Peyraube, « Raquel Peyraube, addictologue et militante pour le cannabis médical », Le Monde, 8/07/2018.
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La prohibition est préjudiciable à la société

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La prohibition du cannabis est préjudiciable à la société
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La prohibition génère beaucoup de contrôles qui peuvent toucher tout le monde

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Elle entraîne le développement d'une économie parallèle très lucrative avec ses conséquences : corruption, blanchiment d’argent, recrutement de jeunes, violence, insécurité, trafic d'armes

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La prohibition du cannabis entraîne le développement d'une économie parallèle très lucrative avec ses conséquences : corruption, blanchiment d’argent, recrutement de jeunes, violence, insécurité, trafic d'armes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Les milliards d’euros de bénéfices blanchis depuis des années gangrènent l’économie officielle, favorisent la corruption et bouleversent les valeurs. Ils potentialisent la dérive mafieuse des gangs de nos cités, ainsi que les risques de débordements dans la sphère publique. (…) Le contrôle des deals donne souvent lieu à des affrontements et des règlements de compte à l’arme automatique. Cette guerre de territoires a provoqué des dizaines de morts ces dernières années, principalement en région parisienne et à Marseille, sans oublier les séquestrations avec sévices et les disparitions. (…) Le business cannabique attire de nombreux jeunes au détriment de l’école et de l’insertion sociale. Il crée une tension palpable qui exacerbe toutes les relations humaines et favorise la violence et la peur. Les nuisances du trafic provoquent chez les habitants des quartiers les plus touchés une volonté de distinction, afin de ne pas être assimilés à ces gangs. (…) La tentation de l’autodéfense, de s’armer à l’américaine, se fait plus grande. D’autres penchent plutôt pour les patrouilles de vigilants ou les milices de défense, comme en Italie ou en Hongrie. Certains proposent des sociétés de sécurité avec gardes armées comme en Afrique du Sud, ou l’intervention d’une armée d’occupation des quartiers. La dérégulation sociale entraînée par la prohibition du cannabis nourrit les tentations extrémistes. Le principal dommage social du cannabis devient la violence liée à sa prohibition et à son marché clandestin. »
Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.79, Le Muscadier, 2013.
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« Il est inacceptable pour le maire d’une commune de 51 000 habitants de laisser s’installer cette société de la peur, qui place des populations affaiblies socialement et économiquement sous l’emprise de bandes armées. »
Stéphane Gatigon, Le Monde, 16/06/2011.
« La prohibition résulte en de multiples contrôles abusifs et ce, sans compter les violences que subissent les citoyens à l'échelle locale par la présence du marché noir. De plus, la puissance du marché noir issu de la prohibition permet aux acteurs à la tête de ce marché d’utiliser la fraude économique et la corruption politique et policière pour maintenir et accroître leurs profits. Clairement, la prohibition diminue la démocratie au nom d'un moralisme et d'un paternalisme juridique trompeurs. Ceci se fait insidieusement, et les réactions de la population à l'égard de cette diminution de la démocratie liée à la guerre à la drogue sont freinées par leur adhésion au discours de la prohibition. »
Lise Beauchesne, Les drogues. Les coûts cachés de la prohibition, p.289, Lanctôt, 2003.

La prohibition accroît la rentabilité du cannabis en faisant monter les prix

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La prohibition du cannabis accroît la rentabilité du cannabis en faisant monter les prix
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Le marché du cannabis montre un paradoxe fondamental. Plus la répression augmente, plus le prix pour le consommateur augmente par un mécanisme économique de base. Ce qui a pour conséquence une rentabilité accrue de la production de drogue et une intensification du commerce de cannabis. Pour résumer, plus on le réprime, plus le trafic de cannabis est florissant… »
Paul De Grauwe, L'Écho (Belgique), 20/10/2017.

La lutte contre les trafics coûte cher, et c'est un échec

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La lutte contre les trafics de cannabis coûte cher, et c'est un échec
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Ses collègues et tous ceux qui sont passés dans son bureau peuvent en témoigner : le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, n’est ni un fieffé gauchiste ni un grand laxiste. Et pourtant, la semaine dernière, présentant ses vœux en audience solennelle, ce magistrat a osé briser un tabou en évoquant la nécessité d’ouvrir un débat sur la politique de répression de la consommation et de la vente de cannabis, actant «l’échec» de la législation actuelle. Il a aussi évoqué «de faire évoluer le droit en fonction de l’évolution de la société». »
Alice Géraud, « Cannabis : un réquisitoire contre la loi », Libération, 5/02/2014.

Une économie parallèle cherche toujours à élargir son marché, alors qu'une distribution contrôlée cherche au contraire à le réduire

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Une économie parallèle cherche toujours à élargir son marché, alors qu'une distribution contrôlée cherche au contraire à le réduire
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« Les lois prohibitives ont fait du commerce illicite de drogues un marché florissant à l'échelle internationale. En effet, la façon d'opérer de ces vendeurs répond aux mêmes besoins que n'importe quel marché licite : repérer une clientèle potentielle, s'assurer de sa régularité, créer de nouvelles clientèles, etc. Toutefois, le commerce, la concentration et la qualité des produits n'étant pas réglementés, tous les coups sont permis pour accroître ce marché, que ce soit la vente de drogues aux enfants ou la mise sur le marché de produits extrêmement toxiques. L'objectif de certains vendeurs est de créer un acheteur à vie du produit en stimulant des modes de consommation qui peuvent créer plus facilement de la dépendance que d'autres modes de consommation plus sécuritaires. Egalement, on fait varier les produits dans le temps pour conserver l'intérêt de la clientèle en créant des modes, en lançant régulièrement sur le marché de nouveaux produits (...). On essaie aussi d'atteindre la clientèle la plus variée possible en ayant des drogues couvrant une large gamme de prix (...). On cherche de la même manière à étendre géographiquement le marché en faisant du dumping de drogues dans certaines régions jusque là peu atteintes pour attirer de nouvelles clientèles. Il n'y a pas lieu de s'étonner de cette situation. Le marché des drogues illicites est un marché très rentable qui couvre la planète. Cela vaut la peine pour les vendeurs d'utiliser les meilleures techniques possibles de distribution et de promotion de leurs produits. »
Lise Beauchesne, Les drogues. Les coûts cachés de la prohibition, Lanctôt, 2003.

Perte importante de recettes pour l'Etat. Laisser se développer un marché échappant à toute taxe revient même à le subventionner

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La prohibition du cannabis entraîne une perte importante de recettes pour l'Etat et laisser se développer un marché échappant à toute taxe revient même à le subventionner
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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« This is little short of a state subsidy to organised crime (Cela ressemble à une subvention publique au crime organisé). »
Simon Jenkins, « Heroic Uruguay deserves a Nobel peace prize for legalising cannabis », The Guardian, 12/12/2013.

La production clandestine de cannabis est à l'origine de nombreux incendies

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La production clandestine de cannabis est à l'origine de nombreux incendies
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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Références

    Il n'y a aucune objection pour le moment.

    La prohibition manque de légitimité

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    La prohibition du cannabis manque de légitimité
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    Elle est contraire à la liberté individuelle

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    La prohibition du cannabis est contraire à la liberté individuelle
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. La liberté de devenir esclave !
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    « L’ONG Human rights watch considère ainsi que la pénalisation de l’usage de stupéfiants constitue « une atteinte aux droits humains fondamentaux » et demande la dépénalisation de la consommation de toutes les drogues.

    La prohibition apparait comme au service d’un contrôle social.

    Ces évolutions sociétales s’inscrivent dans un mouvement de redéfinition de ce qui relève de la sphère privée et des préférences personnelles face à ce qui regarde la sphère publique. Ces évolutions concernent les croyances religieuses, les préférences sexuelles et bien d’autres choix de vie. On se souviendra que le divorce fut impossible puis encadré, ou que l’homosexualité fut un crime ; l’avortement était également un crime passible des assises. »
    Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.78, 90 et 91, Le Muscadier, 2013.
    Voir plus...
    Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
    « Le rapport de 1994 sur les toxicomanies adopté par le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé affirmait : « Le simple usage d’un produit dangereux ne devrait être réprimé que lorsqu’il est public, ou lorsque la preuve est apportée (en toute régularité de procédure) qu’il a une influence néfaste sur l’entourage, notamment familial. » »
    Françoise Branget, Gilbert Barbier, « La dépénalisation de l'usage, une impasse éthique et juridique », Mission d’information sur les toxicomanies, Assemblée nationale, 30/06/2011.
    « La loi du 31 décembre 1970 sur les drogues est une loi d'exception. C’est le seul domaine dans lequel un individu est passible d’une peine d’emprisonnement pour un dommage qu’il se fait à lui-même. Peut-on en effet imaginer sur le plan éthique de prévenir et d’agir sur le suicide en mettant en prison ceux qui en commettent des tentatives ? »
    Jean-Michel Costes, « Il faut dépénaliser l'usage de drogue », Le Monde, 31/12/2011.

    L'interdit attaché au cannabis dépend des époques et des cultures

    Page détaillée
    L'interdit attaché au cannabis dépend des époques et des cultures
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « Ce qui est prohibé ici est autorisé là, et il en va de même d’une époque à une autre dans une même civilisation. L’usage privé de stupéfiants était toléré avant la loi de 1970 et pourrait ainsi tout aussi bien l’être à nouveau… »
    Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.78, Le Muscadier, 2013.

    La prohibition ne fait pas de distinction entre usage simple et toxicomanie

    Page détaillée
    La prohibition du cannabis ne fait pas de distinction entre usage simple et toxicomanie
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « Étendre les effets néfastes de l’usage régulier à tout usage simple, pour mieux affirmer que toute consommation est déjà une toxicomanie, reviendrait à affirmer pour l’alcool que toute consommation est déjà de l’alcoolisme. Frapper les esprits avec la formule « plus tôt l’essayer, c’est plus vite l’adopter » fait oublier que la plupart des expérimentateurs de cannabis l’abandonne ou le cantonne à des usages exceptionnels. »
    Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.117, Le Muscadier, 2013.

    L'alcool et le tabac sont autorisés alors qu’ils sont plus dangereux

    Page détaillée
    L'alcool et le tabac sont autorisés alors qu’ils sont plus dangereux que le cannabis
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Ce ne sont pas l'alcool et le tabac qui sont dangereux mais leur abus
    Autant on peut boire de l'alcool sans être saoul, autant le but de fumer du cannabis est de planer
    [ modifier ] Remonter à la carte des arguments
    « L’argument de la dangerosité devrait logiquement conduire à prohiber et pénaliser l’usage du tabac et de l’alcool avant celui du cannabis. »
    Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.94, Le Muscadier, 2013.
    Il n'y a aucune objection pour le moment.

    La loi de 1970 est inadaptée

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    La loi de 1970 sur les drogues est inadaptée
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    Elle n'a pas été faite pour le cannabis

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    La loi de 1970 sur les drogues n'a pas été faite pour le cannabis
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Elle a été conçue en réponse à l'extension du cannabis
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    « La loi de 1970 a été fabriquée par rapport à des sujets qui restaient marginaux dans la société. Mais il y a eu, depuis, une massification énorme de la consommation. La montée en puissance du cannabis, l’arrivée de l’héroïne, de la cocaïne, du crack. »
    Daniel Vaillant, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.171, Denoël, 2011.
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    « La mesure d’injonction thérapeutique s’avère inadaptée aux usagers de cannabis, en majorité non problématiques. Elle indique combien c’est plus largement au phénomène des addictions, quel que soit le produit support, qu’il convient de s’attaquer dans une approche plus cohérente. »
    Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.83, Le Muscadier, 2013.

    Elle focalise trop sur les usagers

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    La loi de 1970 sur les drogues focalise trop sur les usagers
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « L’usage et la détention représentent en France l’essentiel du contentieux des stupéfiants (86%, contre 66% dans l’UE) selon une tendance accrue, à rebours de l’évolution européenne, où les sanctions réprimant la détention de drogues pour usage personnel diminuent (+ 3,1 % en France contre – 7,2 % dans l’UE). »
    OEDT, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.18, Le Muscadier, 2013.
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    « On est à nouveau partis sur une politique de tolérance zéro, dont tout le monde sait pourtant qu’elle est illusoire. Si les interpellations d’usagers de cannabis continuent à progresser, c’est surtout parce qu’elles sont très rentables sur le plan statistique. Mais tout le monde sait très bien que cela ne permet presque jamais de mettre à jour une affaire de trafic. »
    Nicole Maestracci, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.227, Denoël, 2011.

    Elle n'est plus comprise par les usagers

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    La loi de 1970 sur les drogues n'est plus comprise par les usagers
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « Au-delà de son obsolescence, la loi de 1970 n’est plus comprise par les usagers de cannabis. Conscients que sa dangerosité est différente de celle des autres drogues, et que son usage régulier est néfaste, ils savent également qu’il est possible d’en faire un usage épisodique à des fins récréatives, comme beaucoup d’autres Français en font de l’alcool. »
    Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.87, Le Muscadier, 2013.

    Elle est difficilement applicable

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    La loi de 1970 sur les drogues est difficilement applicable
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « L’incarcération me parait un peu loin de l’objectif qu’on cherche à atteindre (...) Je souhaite que quand l’usage intervient, il soit sanctionné de manière intelligente. »
    Etienne Apaire, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.209, Denoël, 2011.
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    « Si la loi de 1970 était appliquée, il faudrait 100 prisons de plus. En Espagne ou aux Pays-Bas, la loi est plus souple, mais appliquée. Cela me semble davantage efficace. »
    Amine Benyamina, Le Monde, 2/02/2013.
    « L’interdit pénal n’est donc plus systématiquement respecté, et ne peut plus l’être tant le recours à l’emprisonnement apparaît aujourd’hui comme totalement disproportionné, inapproprié et stigmatisant. »
    Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.82, Le Muscadier, 2013.
    « Aujourd’hui, l’usage est un délit mais il n’est, en réalité, pas sanctionné parce que c’est trop lourd. »
    Emmanuel Roux, « Cannabis : un réquisitoire contre la loi », Libération, 5/02/2014.

    Conserver une sanction pénale qui n'est pratiquemment plus appliquée n'est pas sain

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    Conserver les sanctions pénales de la loi de 1970 sur les drogues qui ne sont pratiquemment plus appliquées n'est pas sain
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Avant de supprimer la loi, il faut la faire appliquer
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    « Conserver une sanction pénale qui n’est pratiquement plus appliquée devient dérisoire et déconsidère la justice aux yeux des adolescents. Certains n’ont d’ailleurs plus conscience de violer un interdit tant le phénomène leur parait banal. »
    Françoise Branget, Gilbert Barbier, « La dépénalisation de l'usage, une impasse éthique et juridique », MISSION D’INFORMATION SUR LES TOXICOMANIES. Rapport d'information sur les toxicomanies, Assemblée nationale (France), 30/06/2011.

    Elle est trop diversement appliquée

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    La loi de 1970 sur les drogues est trop diversement appliquée
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « On a comparé des populations de jeunes en établissements scolaires ZEP et non ZEP. Les jeunes en ZEP consomment plutôt moins de cannabis, de tabac et d’alcool. Néanmoins, on ne voit devant les tribunaux, que des jeunes défavorisés. Donc il y a un biais qui est forcément mal ressenti. Je ne dis pas que la police ne cherche à interpeller que des jeunes défavorisés. Simplement, elle est là où sont ces jeunes, qui sont dehors et qui « tiennent les murs », alors que les jeunes plus favorisés consomment à l’abri des regards, souvent dans les appartements de leurs parents. »
    Nicole Maestracci, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.228, Denoël, 2011.
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    « Les poursuites pour usage illicite varient d’une juridiction à l’autre. Des écarts géographiques importants s’observent en fonction de l’acuité locale du problème, de la motivation et des moyens du parquet. Les options alternatives à la répression sont envisagées en fonction du type de produit en cause, du niveau de consommation et du profil de l’usager (antécédents judiciaires ou non) selon des critères variables d’un parquet à l’autre. (…) En outre, une autre voie répressive émerge ces dernières années pour tenter d’endiguer ce phénomène de masse : il s’agit de punir le consommateur par une amende douanière payable immédiatement. Faute de pouvoir atteindre les organisateurs du trafic, l’idée est de déstabiliser ceux-ci en tarissant le flux de consommateurs. Cette mesure n’est toutefois appliquée pour le moment que dans certaines régions (notamment en Île-de-France et dans les Bouches-du-Rhône). »
    Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.83, Le Muscadier, 2013.

    Elle n'a jamais été évaluée

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    La loi de 1970 sur les drogues n'a jamais été évaluée
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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    « Il n’existe aucune recherche évaluation interdisciplinaire sur la pertinence des dispositifs judiciaires ou sanitaires mis en place. »
    Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.85, Le Muscadier, 2013.
    Il n'y a aucune objection pour le moment.

    La légalisation serait bénéfique

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    La légalisation du cannabis serait bénéfique
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    La prévention a un meilleur rapport coût-efficacité que la répression

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    La prévention des drogues a un meilleur rapport coût-efficacité que la répression
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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    « L’Etat continue de dépenser autour de 300 millions d’euros par an pour interpeller environ 80000 personnes, sans que cela ait un effet radical sur la consommation (…) Si le cannabis était taxé comme le tabac, il rapporterait plus de 1 Md € à l’Etat. »
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    « La légalisation permettrait d’engranger de l’argent et d’en économiser. »
    Alain Labrousse, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.19, Denoël, 2011.

    Vider les prisons, soulager les policiers, la justice

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    La dépénalisation du cannabis permettrait de vider les prisons, soulager les policiers, la justice
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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    « La décriminalisation viderait un peu les prisons - je rappelle que dans les prisons françaises, 9000 personnes sont enfermées pour détention ou usage de cannabis - et diminuerait la délinquance. »
    Fred Bladou, Metronews, 17/06/2011.
    Voir plus...
    « Dépénaliser soulagerait le travail de la police et de la justice, et permettrait de redéployer des moyens vers des réponses éducatives fortes, adaptées, et surtout plus cohérentes entre l’ensemble des substances psychoactives (tabac et alcool compris) et leurs usages. »
    Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.87, Le Muscadier, 2013.

    La dépénalisation du cannabis récréatif ouvrirait la voie à l'utilisation thérapeutique

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    La dépénalisation du cannabis récréatif ouvrirait la voie à l'utilisation thérapeutique
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. On peut dissocier l'utilisation thérapeutique et l'utilisation récréative du cannabis
    L'utilisation thérapeutique du cannabis est-elle appropriée ?
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    « L’idée fait son chemin dans les pays occidentaux : ainsi, le Canada et treize états des États-Unis l’autorisent ; son usage est toléré aux Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Autriche, en Islande, en Belgique, au Danemark, ou encore en République tchèque. En France actuellement, seules des autorisations temporaires d’utilisation (ATU) délivrées par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ASNM) permettent à quelques rares patients de pouvoir disposer de produits issus du cannabis. »
    Joël Plantet, « Dépénalisation, légalisation, statu quo ? », Lien social, 8/11/2012.

    La légalisation peut faire baisser la consommation d'alcool

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    La légalisation du cannabis peut faire baisser la consommation d'alcool
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Les études américaines sur le lien entre cannabis et consommation d'alcool ne vont pas toutes dans le même sens
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    « Dans les États américains où la marijuana a été légalisée, les chercheurs ont constaté en près de dix ans une baisse moyenne de 15% de la consommation d'alcool »

    La légalisation peut faire baisser la mortalité par overdose

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    La légalisation du cannabis peut faire baisser la mortalité par overdose d'opiacés
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « Les États américains où le cannabis à usage récréatif est légal ont observé une réduction d'au moins 20 % des décès par overdose d'opiacés. (...) En comparant les taux de décès par overdose avant et après la légalisation et entre les États à différents stades du processus de légalisation, les auteurs d'une étude publiée dans le journal Economic Inquiry ont déterminé un effet de causalité "très solide" dans la réduction de la mortalité liée aux opiacés. Cette baisse est comprise entre 20 et 35 %, selon leur analyse économétrique, avec un effet particulièrement marqué pour les morts provoquées par la consommation d'opiacés comme le fentanyl, la drogue la plus meurtrière aux Etats-Unis, selon les derniers chiffres officiels. (...) Les États qui ont un accès légal à la marijuana via des dispensaires ont assisté à une plus importante baisse de mortalité que les autres (...) Les différences pourraient être liées au nombre croissant de personnes qui s'auto-soignent et "soulagent la douleur par la consommation de marijuana et sont ainsi moins susceptibles de devenir accro aux opiacés". Certains travaux précédents étaient toutefois parvenus aux conclusions inverses : selon eux, le recours au cannabis augmente l'utilisation d'opiacés non prescrits par ordonnance. »

    La légalisation mettrait fin aux trafics

    « La légalisation du cannabis assécherait le marché des dealers comme à Chicago en 1933. »
    Francis Caballero, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.15, Denoël, 2011.

    La légalisation peut faire baisser la criminalité

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    La légalisation du cannabis peut faire baisser la criminalité
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « La criminalité a baissé de 13% en moyenne, de 15% en Californie, l'Etat le plus peuplé [alors que jusque là, seul le cannabis médical y avait été légalisé]. Et ce sont les délits les plus violents qui ont baissé le plus : les attaques à main armées, -19% et d'une façon générale, les meurtres ont partout baissé de 10% ! »
    Anthony Bellanger, « Aux États-Unis, la légalisation du cannabis a fait baisser la criminalité », France Inter, 15/01/2018.
    Il n'y a aucune objection pour le moment.

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    Arguments CONTRE [ modifier ]

    La prohibition est efficace

    L'interdit et les sanctions sont dissuasifs.

    Il faut protéger l'individu

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    Il faut protéger l'individu contre les dangers du cannabis
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    Le cannabis est dangereux pour la santé physique et mentale

    C'est l'argument clé de Jean Costentin, qu'il développe dans ses livres (voir Bibliographie) et ses articles.
    « Lutter contre le cannabis est aussi légitime que lutter contre la tuberculose. »
    Jean Costentin, Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l'usage du cannabis ?, p.30, Odile Jacob, 2011.

    Il potentialise les effets de l’alcool et du tabac

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    Le cannabis potentialise les effets de l’alcool et du tabac
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « Le cannabis, ajouté au tabac, en accroît très notablement la toxicité. (p. 33) Le cannabis est également souvent associé à l’alcool. Loin d’une simple addition de leurs effets respectifs, l’effet résultant est très supérieur – ce que la pharmacologie qualifie de synergie potentialisatrice. (p. 59) »
    Jean Costentin, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, Le Muscadier, 2013.

    Son pouvoir addictif est important

    « Un sujet sur trois qui a expérimenté le cannabis en devient un usager régulier. »
    Jean Costentin, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.54, Le Muscadier, 2013.
    Il n'y a aucune objection pour le moment.

    La société doit se protéger

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    La société doit se protéger contre les dangers du cannabis
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    Le cannabis est nuisible à la société

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    Le cannabis est nuisible à la société
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. L'usage privé simple n'est pas dommageable à autrui
    La prohibition du cannabis est plus nuisible encore
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    « On a montré les graves nuisances qui résultent pour l’être humain, en tant que personne et en tant que citoyen, ainsi que pour la société dans son ensemble, des toxicomanies. L’article 5 de la Déclaration de 1789 permet à la loi d’interdire les « actions nuisibles à la société » : la consommation de drogues est assurément l’une de ces actions. »
    Françoise Branget, Gilbert Barbier, « La dépénalisation de l'usage, une impasse éthique et juridique », MISSION D’INFORMATION SUR LES TOXICOMANIES. Rapport d'information sur les toxicomanies, Assemblée nationale (France), 30/06/2011.
    Voir plus...
    « La drogue n’est pas seulement un problème de santé publique, c’est aussi une menace pour la démocratie. »
    Paul Quilès, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.71, Le Muscadier, 2013.
    « En élargissant la palette des drogues licites, la létalité serait bien supérieure avec, en prime, une détérioration majeure de l’intelligence collective. »
    Jean Costentin, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.111, Le Muscadier, 2013.

    Le cannabis engendre des coûts pour la société

    Page détaillée
    Le cannabis engendre des coûts pour la société
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. La prohibition engendre des coûts importants (perte de recettes fiscales, police, justice...)
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    « La société a le droit de tout faire pour raréfier les situations qui seront à sa charge. »
    Jean Costentin, Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l'usage du cannabis ?, p.24, Odile Jacob, 2011.

    Le cannabis est impliqué dans les accidents de la route

    Page détaillée
    Le cannabis est impliqué dans les accidents de la route
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Le cannabis seul augmente peu le risque d'accidents de la route
    C'est avant tout l'alcool qui est responsable
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    « Cannabis seul, risque multiplié par 2,5. »
    Françoise Branget, Gilbert Barbier, « La dépénalisation de l'usage, une impasse éthique et juridique », MISSION D’INFORMATION SUR LES TOXICOMANIES. Rapport d'information sur les toxicomanies, Assemblée nationale, 30/06/2011.
    Voir plus...
    « L’ébriété cannabique est, sur la route, à l’origine d’environ 300 morts chaque année, comme l’a révélé l’étude SAM (Stupéfiants et accidents mortels de la circulation routière) menée en 2005. Pourtant, cette étude ne prenait en compte que les taux sanguins de THC supérieurs à 2 microgrammes par litre (μg/L) de sang, alors que l’on sait maintenant doser le THC à une concentration dix fois moindre (0,2 μg/L). L’association du cannabis et de l’alcool multiplie par 14 le risque d’un accident mortel. Baisser le nombre des accidents de la route passe par l’éradication du cannabis et par une plus grande rigueur vis-à-vis de l’alcool. »
    Jean Costentin, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.55, Le Muscadier, 2013.
    Il n'y a aucune objection pour le moment.

    La légalisation n'est ni possible ni souhaitable

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    La légalisation du cannabis n'est ni possible ni souhaitable
    Aucun résumé n'a été entré.
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    La dépénalisation du cannabis est impossible

    Au niveau international, le cannabis est classé comme stupéfiant depuis 1925. Sa production, son commerce, sa cession, sa détention et son usage sont interdits dans tous les pays signataires des conventions internationales sur les stupéfiants (Convention unique de 1961, Convention de 1988).

    L'opinion publique n'y est pas favorable

    La présentation de cet argument est désavantageuse
    L'argument est présenté de façon lacunaire ou caricaturée. Une version plus convaincante doit être rédigée.
    Selon un sondage IFOP-Atlantico, 70 % des français y étaient opposés en 2012, 63 % en 2011.
    « Il ne pourra y avoir d’évolution et de réussite sans l’adhésion de la population à un tel projet. »
    Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.95, Le Muscadier, 2013.
    Voir plus...
    « Il n’y a pas d’adhésion collective à un système cohérent, car la drogue fait peur et nul ne connait les effets de ce qu’on va autoriser ou interdire. S’il y avait une certitude que cette régulation, par l’équivalent des coffee-shops, était positive, je pense qu’on l’adopterait. Mais on ne sait rien et on préfère jouer l’autruche (…) Reste à la justice à se débrouiller avec les moyens du bord. »
    Eric de Montgolfier, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.218, Denoël, 2011.

    Il ne faut pas toucher à la légalisation en vigueur

    Page détaillée
    Il ne faut pas toucher à la légalisation sur le cannabis en vigueur
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    « L’équilibre auquel nous sommes parvenus, si instable et approximatif soit-il, reste une forme d’équilibre. Est-il raisonnable d’y toucher, alors que nous ne disposons d’aucune certitude ? Si la science était assez ferme sur le sujet, peut-être pourrions-nous construire un système efficace ? »
    Eric de Montgolfier, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.222, Denoël, 2011.
    Voir plus...
    « Je suis assez hésitante, essentiellement en raison de l’expérience que nous avons des difficultés à limiter l’accès aux produits légalisés tels que l’alcool et le tabac. »
    Nicole Maestracci, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.234, Denoël, 2011.

    La légalisation dans un seul pays est source de problèmes

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    La légalisation du cannabis dans un seul pays est source de problèmes
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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    Selon le maire de Windsor, une localité frontalière entre le Canada et les Ėtats-Unis, la légalisation du cannabis au Canada pourrait créer « plus de délais à la frontière » et perturber le commerce frontalier.

    Références

      Légaliser le cannabis, c'est le soumettre aux lois du marché

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      Légaliser le cannabis, c'est le soumettre aux lois du marché
      SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
      Aucun sous-argument n'a été entré. Certains pays comme l'Uruguay encadrent fortement le marché du cannabis
      Un contrôle d'État est possible en France
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      « N. M. - Si on légalise le cannabis, c’est un produit qui rentre dans le marché. C’est une société commerciale qui cherche à vendre. Elle veut des parts de marché. C’est inévitable.

      M. H. - Sauf si on organise un monopole ou un contrôle d’Etat.

      N. M. - Je ne vois pas comment la production et la vente du cannabis pourraient devenir un monopole d’Etat, alors que l’Union européenne nous oblige à mettre fin à toutes politiques protectionnistes. »
      Nicole Maestracci, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, p.231, Denoël, 2011.

      Légaliser le cannabis est la porte ouverte à la légalisation des drogues dures

      Page détaillée
      Légaliser le cannabis est la porte ouverte à la légalisation des drogues dures
      SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
      Aucun sous-argument n'a été entré. Parmi les États ayant légalisé le cannabis, aucun n'a légalisé de drogue dure
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      « Ces mêmes défenseurs de la dépénalisation du cannabis sont souvent aussi à la manœuvre pour revendiquer celle de toutes les autres drogues. Premier couronnement de leurs efforts de recrutement à tout-va de toxicomanes, ils ont plaidé pour l'instauration des salles de shoot et viennent d'obtenir du ministère leur instauration. »
      Jean Costentin, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.63, Le Muscadier, 2013.

      La légalisation du cannabis est en vigueur dans de nombreux pays

      Page détaillée
      La légalisation du cannabis est en vigueur dans de nombreux pays
      SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
      Aucun sous-argument n'a été entré. Les pays ayant dépénalisé le cannabis font marche arrière
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      Lois sur la possession de petites quantités de cannabis :

      World-cannabis-laws.png
      • Bleu : Légal ou essentiellement légal
      • Orange : Illégal mais dépénalisé
      • Rose : Illégal mais souvent inappliquées
      • Rouge : Illégal
      • Gris : Aucune information
      Source : Wikipédia : Législation sur le cannabis

      La pénalisation est un échec

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      La légalisation du cannabis sera mise en place, comme l'ont été de nombreuses avancées sociales décriées

      Page détaillée
      La légalisation du cannabis sera mise en place, comme l'ont été de nombreuses avancées sociales décriées
      SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
      Aucun sous-argument n'a été entré. Aucune objection n'a été entrée.
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      « On se souviendra que le divorce fut impossible puis encadré, ou que l'homosexualité fut un crime ; l’avortement était également un crime passible des assises, et sa déjudiciarisation n’a pas eu d’effet de recrudescence, mais a permis une approche sanitaire qui a réduit les dommages liés à la clandestinité et permis un accompagnement des femmes en difficulté. »
      Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.91, Le Muscadier, 2013.

      La légalisation serait préjudiciable

      Page détaillée
      La légalisation du cannabis serait préjudiciable
      Aucun résumé n'a été entré.
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      La légalisation multiplierait le nombre d'usagers

      Page détaillée
      La légalisation du cannabis multiplierait le nombre d'usagers
      SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
      Aucun sous-argument n'a été entré. L'exemple de certains pays montre que la légalisation n'augmente pas le nombre d'usagers
      Le prix de vente est la variable essentielle
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      « La légalisation du cannabis serait interprétée comme un fallacieux signal d’innocuité. Beaucoup de ceux qui ne consomment pas de cannabis le font par respect de l’interdiction. Sa levée précipiterait beaucoup d’entre eux dans sa consommation. »
      Jean Costentin, Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l'usage du cannabis ?, p.24, Odile Jacob, 2011.
      Voir plus...
      « Aligner la législation du cannabis sur celle du tabac multipliera par dix le nombre d'usagers, de 1 600 000 actuellement à 15 000 000, à égalité avec les sujets tabaco-dépendants. »
      Jean Costentin, « Peut-on envisager de légaliser le cannabis ? », Le Figaro, 4/09/2011.
      « Dépénalisation=banalisation. Si la consommation est dépénalisée, elle augmentera, car son accès sera plus facile. »
      Claude Guéant, « Dépénalisation du cannabis, un débat biaisé », Le Monde, 15/6/2011.

      La légalisation reporterait les usagers vers les drogues dures

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      La légalisation du cannabis reporterait les usagers vers les drogues dures
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      « Légaliser le cannabis reviendrait à contraindre le transgressif à se tourner d’emblée vers des drogues situées plus haut sur l’échelle des toxicomanies. »
      Jean Costentin, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.41, Le Muscadier, 2013.

      La légalisation serait un danger pour les mineurs

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      La légalisation du cannabis serait un danger pour les mineurs
      SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
      Aucun sous-argument n'a été entré. Pour un mineur, il serait plus difficile de s'approvisionner en magasin qu'actuellement au marché noir
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      « Que l’on ne prétende surtout pas qu’autorisant le cannabis aux adultes, on l’interdirait aux mineurs. L’exemple du tabac nous démontre l’inanité de ce type de disposition. Une enquête récente révèle ainsi que l’interdiction de la vente du tabac aux mineurs est enfreinte par 60 % des buralistes ! »
      Jean Costentin, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, p.40, Le Muscadier, 2013.

      La légalisation aurait trop d'impacts sociaux et économiques sur les banlieues

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      La légalisation du cannabis aurait trop d'impacts sociaux et économiques sur les banlieues
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      Pour aller plus loin

      Bibliographie [ modifier ]

      Plutôt POUR

      • Emmanuelle Auriol, Pour en finir avec les mafias, Armand Colin, 2016.
      • Lise Beauchesne, Les drogues. Les coûts cachés de la prohibition, Lanctôt, 2003.
      • Christian Ben Lakhdar, De l'intérêt de sortir le cannabis des réseaux criminels, Le Bord de l'eau, 2016.
      • Anne Coppel, Olivier Doubre, Drogues : sortir de l'impasse, La Découverte, 2012.
      • Tom Decorte, Paul De Grauwe, Jan Tytgat, Le cannabis sous contrôle : comment ?, Lannoo, 2017.
      • Stéphane Gatignon, Serge Supersac, Pour en finir avec les dealers, Grasset, 2011.
      • Michel Henry, Drogues : Pourquoi la légalisation est inévitable, Denoël, 2011.
      • Bernard Kouchner, Patrick Aeberhard, Jean-Pierre Daulouède, Bertrand Lebeau, William Lowenstein, Toxic, Odile Jacob, 2018.

      Plutôt CONTRE

      • Jean Costentin, Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l'usage du cannabis, Odile Jacob, 2012.

      Ni POUR ni CONTRE

      • Alain Morel, Jean-Pierre Couteron, Drogues : faut-il interdire ?, Dunod, 2011.  
      • Ivana Obradovic, Jean Costentin, Alain Rigaud, Laurent Appel, Faut-il dépénaliser le cannabis ?, Le Muscadier, 2014.  
      • Alexandre Marchant, L'impossible prohibition, Perrin, 2018.  

      Vidéographie [ modifier ]

      Plutôt POUR

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      Plutôt CONTRE

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      Utilisateur anonyme #1

      Il y a 26 mois
      Pointage 0++
      Seul la légalisation est pragmatique et libérale. Tout le reste n'est qu'enfumage organisant ou pour organiser le déséquilibre de la société. La responsabilisation devrait être le maître mot. Mais ce qui est valable pour le cannabis devrait l'être pour les autres drogues. L'alcool, légal, l étant sans doute la pire et la plus insidieuse.

      Utilisateur anonyme #4

      Il y a 24 mois
      Pointage 0++
      je suis d'accord

      Utilisateur anonyme #2

      Il y a 25 mois
      Pointage 1++
      Je trouve évident la dépénalisation même la légalisation. 1) la répression est inefficace et elle met à l'écart des citoyens qui ne veulent pas nuire aux autres 2) la vente légale fera rentrer des recettes fiscales 3) beaucoup de commerces mafieux tomberont 4) les économies et l'amélioration des conditions de travail pour la justice et la police qui pourront plus se baser sur les violences et les incivilités, réel problème contemporain pour la vie en société 5) moins de surpopulation carcérale 6) quelqu'un qui ne nuit pas aux autres n'est pas un problème pour une société même si sa manière de vivre abîme sa sante, c'est son choix, il vivra moins longtemps, c'est son choix, la liberté de chacun doit être l'objectif. De plus le système dans lequel nous vivons nous amène à la folie alors laissons les gens s'amuser comme ils le souhaitent tant qu'ils ne nuisent pas à autrui et arrêtons de condamner car "il aurait pu ..." la liberté ou la sécurité : je choisi la liberté de mon corps et la sécurité de la police face aux violences volontaires

      Utilisateur anonyme #4

      Il y a 24 mois
      Pointage 0++
      il faut donner de l'amour à nos animaux

      Utilisateur anonyme #3

      Il y a 25 mois
      Pointage 0++
      Un Etat démocratique normalement constitué ne devrait pas encourager la toxicomanie. Il devrait au contraire faire en sorte que la plus grande partie des citoyens soient sains et en capacité de raisonner.

      Utilisateur anonyme #4

      Il y a 24 mois
      Pointage 0++
      la drogue en soi n'est pas si mauvaise si tu n'en consomme pas trop. faut pas être con

      Utilisateur anonyme #4

      Il y a 24 mois
      Pointage -1++
      le cannabis c'est pas de la drogue c'est de la confiture

      Utilisateur anonyme #5

      Il y a 22 mois
      Pointage 0++
      faut pas légaliser le cannabis parce que il y aura pas mal de conséquence et l'état mettra des taxes dessus

      Utilisateur anonyme #5

      Il y a 22 mois
      Pointage 0++
      je sais pas si c'est une bonne idée de légaliser la drogue parce que je sais comment sa se passerais

      Utilisateur anonyme #6

      Il y a 20 mois
      Pointage 0++
      Moi ce qui me gène c'est les gens malades qui doivent en utiliser pour aller mieux ( épilepsie, parkinson ect) Mais qui ne pourront jamais aller au travail le lendemain car selon La Loi les effets néfastes reste trop lontemps dans le sang, ou dans la bouche pour ceux qui ne ceux lavent pas les dents.

      Utilisateur anonyme #7

      Il y a 19 mois
      Pointage 0++

      Enfumage pré-électoral! Voila près de 10 ans que des GrowShops vendent tout le matériel nécessaire à la culture du cannabis! En grande majorité, ce matériel ne sert pas à faire pousser ds tomates! En quoi une personne qui fait pousser des plantes pour en consommer les fleurs est-il dangereux pour autrui?

      En attendant que nos politiques prennent la bonne décision, des personnes sont abattues par des armes de guerre (AK47), victimes des guerres de territoir des trafiquants...

      Utilisateur anonyme #8

      Il y a 15 mois
      Pointage 0++
      nul

      Utilisateur anonyme #9

      Il y a 13 mois
      Pointage 0++

      La consommation des drogues a connu un essor considérable depuis les années 68. Deux principales motivations animent les toxicomanes : échapper à des problèmes existentiels et rechercher du plaisir. Les plus nombreux recherchent principalement le plaisir. Le cannabis est le plus consommé en raison de sa fausse réputation de ne pas provoquer de dépendance et de ses véritables effets libératoires. De plus, il est facile d’acquisition, moins cher que d’autres produits, et les techniques de consommation discrètes et v ariées.

      Le phénomène de toxicomanie semble se stabiliser. En effet, la répression ainsi que les efforts de prévention qui se sont accrus, portent leurs fruits. Cependant, des irréductibles se mobilisent pour convaincre l'opinion publique de les appuyer dans leur démarche auprès des institutions afin de dépénaliser le cannabis; ce qui, par voie de conséquence conduirait à en autoriser la vente. Les partisans de la dépénalisation avancent des arguments fallacieux. Parmi les plus porteurs :


      - l'absence de nocivité du cannabis, - le concept de liberté individuelle, - le moyen pour éradiquer le trafic.


      1- LA NOCIVITE DU CANNABIS : La nocivité du cannabis pour l'organisme est scientifiquement démontrée. Bien sûr, elle n'est pas fulgurante et irréversible, mais plutôt insidieuse. L'abus à long terme de cannabinoïdes provoque des atteintes physiques (cancer O.R.L., troubles de la personnalité dérivant vers la folie, modifications du processus génétique...). A l'instar des abus d'alcool (45.000 morts environ par an ) et de tabac (60.000 morts environ par an), les méfaits de l'abus d'usage de chanvre pourraient être du même ordre, voire plus conséquents. Par ailleurs, il faut ajouter à ces risques, ceux inhérents au plus grand danger que représente la consommation de ce produit, à savoir l'ivresse qu'il procure. De nombreux morts par suicides, complications médicales, accidents du travail etc. ne sont pas comptabilisés dans les décès dus à la drogue alors qu’une ivresse ou une dépression cannabique a pu être un facteur aggravant.

      Le chanvre indien provoque des effets qui sont variables en fonction de la qualité du produit, de la manière de le consommer et des conditions d'usage. Il déclenche en premier lieu une euphorie qui est suivie d'une béatitude proche de la somnolence. Les durées varient en fonction des conditions d'usage et de l'accoutumance du toxicomane. L'escalade est inéluctable pour ceux qui persistent.

      Il ne s'agit pas de dire que les consommateurs de cannabis basculeront immanquablement vers les drogues dites "dures" -bien que tous les usagers de ces drogues ont commencé par du cannabis-, mais certains franchiront le pas. Ils seront immanquablement plus nombreux si l'usage du cannabis était autorisé. Mais l'escalade existe dans la consommation même du chanvre indien.

      Les effets du "pétard" s'estompent rapidement, et pour conserver le niveau d'euphorie voire l'augmenter, les adeptes multiplient les consommations et recherchent des méthodes toujours plus "détonnantes". Ainsi, outre l'emploi d'ustensiles spécifiques, il est de plus en plus constaté que les "fumettes" sont accompagnées d'absorption de "cocktails" (alcool et/ou médicaments). Les états seconds générés par ces pratiques constituent des facteurs à risques pour la société, notamment chez les jeunes.

      Le "vrai" cannabinomane sait s'isoler pour profiter au maximum de sa dose. Le novice par contre, subi son ivresse cannabique avec tous les risques de démotivation et de danger sur la voie publique qu'elle comporte pour lui et les autres (état de somnolence ou d'excitation au travail ou à l'école, en conduisant un véhicule ou en marchant dans la rue etc.). Qu'en serait-il des nombreux jeunes et adultes qui se lanceraient par curiosité dans cette aventure s'il n'y avait plus d'interdit ?... Si les adultes consommeraient avec une optique de recherche de plaisir, les jeunes par contre le feraient dans un esprit de "défonce" avec tous les dangers et les conduites à risques que cela implique. A ce stade, conserveraient-ils toutes leurs facultés (liberté) pour arrêter avant l'escalade ?

      2 - LA LIBERTE INDIVIDUELLE : La liberté individuelle consiste à faire ce que l'on veut dans les limites de la loi et tant que cela ne porte pas atteinte à la liberté des autres. Si toute personne saine de corps et d'esprit peut savourer sa liberté, tous les intervenants en matière de toxicomanie sont unanimes pour dire que le choix n'est plus aussi simple lorsqu'on est dépendant d'un produit. Libre de commencer une consommation : oui, mais arrêter deviendra d'autant plus difficile que l'usage sera avancé. Un toxicomane n'a plus la faculté (liberté) de choisir. Il devient dépendant de son produit avec pour conséquence de porter préjudice à l'indépendance (liberté) des autres. Ainsi, en respectant la liberté individuelle de ce nouvel adepte du cannabis, on porte préjudice à la liberté de ceux qui vont subir les conséquences de son état.

      Un toxicomane est ou deviendra une charge pour la société, quel que soit le produit consommé. C'est la cellule familiale qui subira les premiers effets pervers d'un usage de H : les baisses de rentabilités évoquées, les troubles du comportement, les angoisses, les hontes etc. Plutôt que de vivre sans souci, il faudra surveiller, soigner, épauler... un être cher. Ainsi, les libertés individuelles déjà compromises pour l'usager le seraient aussi pour sa famille. Quant à la liberté de la société, qu'en est-il lorsqu'elle doit faire face à tant de conséquences et employer le bien public à soigner les plaies d'une si petite liberté consentie ?

      Et la dépénalisation du cannabis ne serait-elle pas un tremplin pour autoriser l'usage des produits plus nocifs ? Tout le monde est victime avec la prohibition et le sera davantage dans la liberté de consommer du cannabis. Le trafic de stupéfiants n' est "payant" que pour ceux qui l'organisent. Seraient-ils perdants en cas de dépénalisation, comme le prétendent ceux qui prônent cette mesure ?


      3 - LES EFFETS DE LA DEPENALISATION SUR LE COMMERCE DU CANNABIS : Actuellement, le cannabis est produit hors métropole et des filières existent pour l'importer. Certaines sont organisées par les producteurs eux-mêmes; les autres sont instaurées par des trafiquants qui préfèrent aller le chercher afin de minimiser les coûts de transport et dégager de plus gros bénéfices.

      L'interdit qui règne actuellement en France et les efforts de lutte consentis conduisent les trafiquants à investir davantage dans la clandestinité. Bien sûr leur imagination est sans limite, mais il n'en demeure pas moins que toutes les complicités nécessaires demandent un investissement considérable, d'où l'augmentation de la production pour maintenir le prix des doses.

      Le tableau ci-après représente la structure d'un réseau. La colonne " A " indique de façon approximative les prix pratiqués à chaque échelon pour une barrette de chit. Le prix d'achat dans la rue est de 20 € la barrette de résine de cannabis (H). On estime qu'elle revient à 2 € au producteur.

      A B C

      Réseau : clandestin dépénalisé semi-clandestin

      Producteur 2 2 2

      bénéfices 8 13 13 producteur :

      Intermédiaire 10= bénéfice : 2 Pourvoyeur 12= bénéfice : 3 Taxe de l’Etat ?

      Vendeur 15= bénéfice : 3 15 bénéfice : 5 15 bénéfice : 3 Revendeur 18= bénéfice : 2 5 de marge seront taxés 18 bénéfice : 2 Usager 20 20 20

      Les effets de la prohibition permettent déjà au producteur de réaliser le meilleur bénéfice par rapport aux intermédiaires.

      En cas de dépénalisation (que l'on produise ou non du cannabis en France), le producteur pourrait utiliser le circuit de distribution mis en place et faire l'économie des complicités. Son bénéfice serait alors de 13 € (colonne " B " ). Mais les réseaux contrôlés ne pouvant proposer qu'une drogue de basse qualité (santé publique), un réseau de contrebande s'instaurerait pour proposer un produit plus actif. Cette filière semi-clandestine pourrait s'appuyer sur les structures autorisées, faisant là aussi l'économie de la corruption (colonne "C"). Les producteurs étant les mêmes, ils gagneraient sur les deux tableaux, à savoir 26 € au lieu de 8.


      S'agissant d'un marché, les larges bénéfices réalisés permettraient aux producteurs de réduire le prix en contrebande et ainsi concurrencer la structure officielle avec pour conséquence de multiplier le nombre d’usagers qui n’auraient plus aucune retenue. Mais quelle structure choisirait la France ? Si on se réfère à la Hollande qui a mis en place des coffe-shops (lieu de vente de cannabis), le constat n'est pas très encourageant : --- leur nombre n'a cessé d'augmenter ; --- les sévères contrôles effectués n'ont pas empêché le développement du deal de produits différents devant ces établissements, notamment de drogues "dures" ; --- la facilité d'accès aux stupéfiants provoque le tourisme de la drogue avec tous les inconvénients qui en découlent ; --- le développement de la culture attire les mafias qui investissent dans des serres clandestines ; --- ... Quelle que serait l'organisation choisie par la France, il faudra en protéger les structures afin d'éviter les vols et prévoir une législation spécifique (protection des mineurs, qualité et quantité autorisé à la vente et à la détention...).

      Qui demain pourra conserver sa sérénité en allant chez un dentiste… en devant subir une opérations chirurgicale… en installant ses enfants dans bus scolaire … en prenant un taxi… etc. en pensant que chacun pourra consommer du cannabis librement.

      Tout libéralisme dans la consommation du cannabis conduira à un "marché noir" qui sera d'autant plus difficile à combattre qu'il pourra s'épanouir dans un cadre légal. Il sera pratiquement impossible de déterminer si une barrette de haschich détenue provient du circuit autorisé. Et qu'en sera-t'il de la crédibilité du discours préventif?

      La dépénalisation est génératrice de graves problèmes de santé et de sécurité publique qui risquent de démobiliser davantage les forces répressives et les bénévoles qui participent à la prévention.


      CONCLUSION

      Les véritables motivations des opposants à la prohibition ne sont pas louables ou dépourvues de toute lucidité. Il n'échappe à aucun spécialiste qu'une dépénalisation serait source de problèmes graves pour un pays comme la France. Si l'usage de cannabis semble supportable dans certaines contrées où il est coutumier, il ne saurait être acceptable dans un pays industriel avancé en raison de ses effets néfastes sur la motivation, la réflexion et la lucidité. L'interdit qui subsiste ne peut être levé sans voir augmenter considérablement le nombre des consommateurs. Ce sont les plus jeunes qui succomberaient en majorité, mettant ainsi en jeu un avenir déjà bien difficile à négocier en raison de la conjoncture. Il est important à ce titre qu'ils gardent toute leur lucidité.

      Enfin, concernant les producteurs, l'aubaine serait telle qu'il faut prendre garde à ce qu'ils n'investissent pas dans les mouvements de pression.
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