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Faut-il instaurer un revenu de base ?

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Pour comprendre le débatPour comprendre le débat [ modifier ]

IntroductionDéfinition du revenu de base

Selon la définition du Basic Income Earth Network , le revenu de base est un revenu versé par une communauté politique à tous ses membres, sur une base individuelle, sans conditions de ressources ni obligation de travail
Selon les groupes et personnes, le revenu de base est aussi appelé : « revenu universel », « revenu inconditionnel », « revenu inconditionnel suffisant », « revenu d'existence », « revenu minimum d'existence », « revenu social », « revenu social garanti », « allocation universelle », « revenu de vie », « revenu de citoyenneté », « revenu citoyen », « dotation inconditionnelle d'autonomie » ou « dividende universel ». Même si toutes ces expressions ne sont pas identiques, elles partagent suffisamment de caractéristiques pour être assimilées au projet du revenu de base.
. Autrement dit, le revenu de base est une somme d'argent qui est distribuée à chaque citoyen, qu'il soit riche ou pauvre, chômeur ou travailleur, en couple ou célibataire, sans contrepartie.

IntroductionModalités particulières

Le revenu de base est généralement conçu comme une allocation destinée aussi bien aux adultes qu'aux enfants, avec, dans le cas des enfants, un montant plus faible envisagé (souvent la moitié). Ce montant doit aussi, selon certains, être différent dans le cas de personnes vivant seules et dans le cas de personnes vivant en couple. Le plus souvent, le revenu de base est considéré comme cumulable avec les revenus provenant d'un travail.

IntroductionMontant

Pour certains de ses partisans, le revenu de base est vu comme une allocation destinée à satisfaire les besoins primaires d'une existence, tandis que pour d'autres il doit permettre d'assurer une vie riche et décente. Ainsi, selon les conceptions, le montant mensuel de ce revenu va de 400 euros à 1500 euros. Cette somme est alors versée en euros, ou bien, selon une partie de ses défenseurs, en monnaie locale complémentaireWikipedia.svg

Une monnaie locale, ou monnaie locale complémentaire (MLC), ou monnaie locale complémentaire et citoyenne (MLCC) est, en sciences économiques, une monnaie non soutenue par un gouvernement national (qui n'a pas nécessairement cours légal) et destinée à n'être échangée que dans une zone géographique prédéterminée, généralement à l'échelle d'une ville ou d'une région. Les monnaies de ce type sont une forme de monnaie complémentaire. En redirigeant le parcours de consommation vers les commerces et services de proximité, les monnaies locales visent à favoriser une transition écologique et sociale, en privilégiant les circuits-courts, le lien social, et la définanciarisation de l'économie.

Source : Wikipédia
.

IntroductionFinancement

Divers modes de financement sont envisagés, mais, dans l'ensemble, ceux-ci consistent à réutiliser le budget d'une partie des prestations sociales (allocations chômage, aides à l'emploi, aide au logement, bourses scolaires et étudiantes, principalement), et à augmenter ou à créer certaines taxes (impôt sur le revenu, TVA, CSG, taxes sur les transactions financières). La question du financement faisant débat, voir pour plus de détails la partie qui lui est consacrée.

IntroductionDéfenseurs

Recoupant parfois ces différents clivages, les défenseurs du revenu de base se trouvent aussi bien à droite qu'à gauche de l'échiquier politique, ou encore en dehors des appartenances partisanes. Ses défenseurs vont des altermondialistes aux libertariens, en passant par les chrétiens-démocrates, et rassemblent des universitaires, des personnalités, des hommes politiques et des associations, pour beaucoup regroupés au sein du Basic Income Earth NetworkWikipedia.svg

Le Basic Income Earth Network (BIEN), en français Réseau mondial pour le revenu de base, est un réseau d'universitaires et d'activistes qui promeut la proposition du revenu de base inconditionnel, c'est-à-dire un revenu garanti octroyé de manière inconditionnelle et universelle à tous les membres d'une communauté politique. Contrairement au revenu minimum, le revenu de base serait distribué sans conditions ni de revenu ni de travail. Cette organisation sert de lien entre les individus et groupes défendant le concept à travers le monde, assurant une communication internationale entre ses parties prenantes.

Source : Wikipédia
.

IntroductionExpérimentations réalisées dans le monde

Debat-sensible.svgCette partie est à développer
Cette partie est incomplète ou trop télégraphique. Et si vous la repreniez ?
Différentes expérimentations du revenu de base ont eu lieu au Canada , en Inde et en Namibie . Le seul État qui ait franchi le stade de l'expérimentation est l'Alaska, qui depuis 1976 a mis en place l'Alaska Permanent FundWikipedia.svg

L'Alaska Permanent Fund est un fonds permanent établi constitutionnellement, géré par une société semi-indépendante, créé par l'Alaska en 1976, principalement grâce aux efforts du gouverneur Jay Hammond. L'Alaska Permanent Fund place un minimum de 25 % des revenus du pétrole et du gaz (ventes et royalties) dans des investissements prudents pour continuer à en faire bénéficier les générations actuelles et futures de l'Alaska. D'un investissement initial de 734 000 $ en 1977, le fonds est passé à environ 28 milliards de dollars en mars 2008.

Source : Wikipédia
, une forme particulière de revenu de base financée par les revenus miniers et pétroliers de l'État. Certaines expérimentations sont encore en cours .

IntroductionActualité du débat

Le débat sur le revenu de base a pris une teneur particulière depuis le lancement, en janvier 2013, d'une initiative citoyenne européenneWikipedia.svg

L'initiative citoyenne européenne (ICE) est une innovation du traité de Lisbonne donnant un droit d'initiative politique à un rassemblement d'au moins un million de citoyens de l'Union européenne, venant d'au moins sept pays membres. La Commission européenne peut ainsi être amenée à rédiger de nouvelles propositions d'actes juridiques de l'Union dans les domaines relevant de ses attributions, mais n'y est pas forcée.

Source : Wikipédia
pour le revenu de base
Voir la page dédiée à cette initiative citoyenne européenne sur le site du Mouvement français pour un revenu de base, dont la pétition pour une nouvelle initiative européenne, après que celle proposée en 2013 n'a pas obtenu le million de signatures de citoyens des États membres.
, puis l'annonce du dépôt, en novembre 2013, des 126 000 signatures nécessaires à l'initiative fédérale suisseWikipedia.svg

L'initiative populaire fédérale est un droit civique suisse permettant, sur le plan fédéral, à 100 000 citoyens ayant le droit de vote, de proposer une modification totale ou partielle de la Constitution fédérale et de la soumettre à la votation populaire. Les citoyens à l'origine de l'initiative, rassemblés au sein d'un comité d'initiative, disposent de 18 mois pour récolter l'approbation de 100 000 citoyens. Pour ce faire, les 100 000 citoyens doivent apposer leur signature manuscrite sur une liste de signature mentionnant notamment le texte et le titre de l'initiative populaire.

Source : Wikipédia
pour l'instauration d'un revenu de base en Suisse
Voir la page du B.I.E.N. suisse consacrée à cette initiative populaire.
. En juillet 2015, c'est le gouvernement finlandais qui a fait part de son intention d'instaurer un revenu de base de 1000 euros mensuels, avant, trois mois plus tard, d'annoncer le financement d'un groupe de recherche dédié à l’expérimentation à l’échelle nationale . En juin 2016, les citoyens suisses ont rejeté l'instauration d'un revenu de base inconditionnel par 76,9 % des voix , tandis que le Sénat français préconisait en octobre d'expérimenter différentes modalités de revenu de base sur le territoire hexagonal . En 2017, plusieurs candidats à l'élection présidentielle française ont intégré un revenu de base à leur programme
Cela est le cas de Nathalie Kosciusko-Morizet à la primaire de la droite, Benoit Hamon et Jean-Luc Bennahmias à la primaire de la gauche, ou de Nicolas Bernabeu et Charlotte Marchandise à la primaire citoyenne organisée sur la plateforme LaPrimaire.org. http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/10/21/revenu-de-base-les-propositions-des-candidats-a-la-presidentielle_5018302_823448.html
. En 2018, 13 présidents de départements français volontaires pour expérimenter un revenu de base, ont lancé une consultation citoyenne ouverte jusqu'au 31 mai . Les internautes sont invités à se prononcer sur son montant, les prestations sociales que l'on fusionne, l'inclusion des jeunes...
Wikipedia.svg
Voir aussi : Revenu de base sur Wikipédia [ modifier ]

Pour comprendre le débatCarte des arguments

POUR

Argument POURDe meilleures conditions de vie
Argument POURPlus de justice sociale
Argument POURUn meilleur rapport au travail
Argument POURUne bonne chose pour l'économie du pays
Argument POURUne mesure adaptée à l'économie du 21e siècle

CONTRE

Argument CONTREUn financement irréaliste
Argument CONTREUn désastre économique
Argument CONTREUne déconnexion entre revenu et travail
Argument CONTREUn risque d'immigration massive
Argument CONTREUne accentuation de la marchandisation
Argument CONTREUn mauvais combat politique

Situez-vous dans le débatSituez-vous dans le débat

Êtes-vous plutôt POUR ou plutôt CONTRE ? Ou êtes-vous indécis ?

Vous pouvez parcourir le contenu de ce débat en répondant, pour chaque argument, à deux questions :

  1. Cet argument est-il bien fondé ?
  2. Cet argument est-il important selon vous ?

Durée totale : environ 11 minutes

En cas d'interruption, vous pourrez reprendre le test où vous l'avez laissé.

Arguments POURArguments POUR [ modifier ]

Argument POURDe meilleures conditions de vie

Aucun résumé ni citation n'a été entré pour le moment.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentUne réduction de la pauvreté

Parce qu'il offre à chaque personne de quoi s'acheter un panier de biens et de services essentiels, le revenu de base permet de réduire drastiquement le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvretéWikipedia.svg

Le seuil de pauvreté est un indicateur lié à la pauvreté. Le seuil de pauvreté peut être défini de manière absolue (en fonction d'un panier de consommation minimale) ou relative (en pourcentage du revenu médian ou moyen). Ce seuil prend des valeurs radicalement différentes selon l'option de calcul retenue pour le pays.

Source : Wikipédia
. De plus, parce qu'il est versé à tous les citoyens sans condition, le revenu de base n'est pas soumis au problème du non-recours touchant les populations les plus pauvres, qui en bénéficieraient automatiquement.
« Un revenu pour quoi faire ? Éradiquer la pauvreté d'abord car, étant versé automatiquement à chaque citoyen, ce revenu inconditionnel n'entraînerait aucune exclusion de fait (connaissance des aides disponibles, épreuve du guichet) ou de droit (conditions d'attribution), contrairement aux minima sociaux aujourd'hui en vigueur. Et si l'on fixe son montant à un niveau égal ou supérieur au seuil de pauvreté, le revenu inconditionnel permettrait mathématiquement d'éradiquer la pauvreté dans sa définition statistique. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Le revenu de base permet de lutter contre la pauvreté
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Lutte seulement contre la « pauvreté absolue »
Objection La nécessité d'une lutte contre les inégalités
Objection La nécessité d'un accompagnement social
Objection Un dispositif peu efficace
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUne plus grande liberté

En donnant à chacun les ressources monétaires pour bien vivre sans travailler, le revenu de base rend les individus plus libres d'accepter ou non un emploi, de réduire ou non leur temps de travail et de s'adonner à des activités librement choisies. De même, il offre une autonomie financière à toutes les personnes (notamment les femmes et les étudiants) qui souhaitent s'émanciper de leur conjoint ou de leur famille.
« Nous souhaitons apporter à chacun la sécurité fondamentale lui permettant de disposer pleinement de sa liberté et d’effectuer ses propres choix. Si la société me garantit le financement de mes besoins primaires, je suis mieux à même de décider de ma vie comme je l’entends, sans être à la merci des caprices d’un employeur ou de l’aumône de l’Etat. Cette sécurité est le pendant de la responsabilité puisqu’elle doit libérer les individus du besoin et le Gouvernement de l’obligation de multiplier sans fin les allocations diverses colmatant un patchwork social inefficace. Un revenu minimum, se substituant au maquis actuel des allocations et aides diverses, dote chacun d’un stock suffisant de liberté de (de travailler ou de ne pas travailler, d’avoir ou non une famille, de choisir son mode de vie) pour permettre de garantir à tous les libertés à (à conclure volontairement toute forme de contrat, à disposer de son corps, à jouir pleinement de ses propriétés) 3 . En un sens, le revenu minimum permet de dépasser à la fois le discours sur l’assistanat, en établissant un mécanisme transparent et identique pour tous, et celui sur la solidarité, en garantissant un filet de sécurité tel que la vaste majorité des autres allocations puissent être supprimées. Il assure à chacun les moyens de sa dignité sans chercher à influencer les comportements ni à contraindre l’activité économique. »
Marc de Basquiat, Gaspard Koenig, LIBER, un revenu de liberté pour tous, Éditions de l'Onde, 2015/03/01.
Voir plus...
Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« Un revenu de base libère les personnes de l'obligation formelle de travailler. Il permet à chacun de choisir librement quel travail il veut effectuer. L'obligation formelle de travailler et la dépendance totale au travail pour un revenu constituent des atteintes aux valeurs démocratiques et à la dignité humaine. En conséquence, beaucoup de personnes sont malheureuses dans leur travail : à cause de mauvaises conditions de travail et de sous-paiement, ou parce que le travail qu'elles doivent faire ne correspond pas à leurs capacités ou leurs aspirations, idées et valeurs. Un revenu de base donnera la liberté aux personnes de choisir le travail qu'elles veulent vraiment faire. »
Fondation du revenu de base global, Un revenu de base global.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Le revenu de base apporte plus de liberté
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Tout dépend du montant
Objection Un danger pour l'autonomie des femmes
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentPlus de temps libre

En donnant aux individus de quoi subvenir à leurs besoins sans avoir besoin d'autant travailler, voire sans avoir besoin de travailler du tout, le revenu de base offre la possibilité d'avoir beaucoup plus de temps libre.

Ce temps libre pourrait permettre aux individus d'exercer plus d'activités épanouissantes, qu'elles soient récréatives, culturelles ou sportives, mais aussi à de la formation, à de l'éducation, à du développement personnel, à de l'aide à la personne, etc. Le revenu de base pourrait aussi être un moyen d'inciter les citoyens à participer à la vie locale, associative et notamment politique, en permettant à chaque citoyen de s'informer et de s'investir dans la chose publique, la vie de la cité.
« Ce revenu élémentaire inconditionnel assure à l’homme une nouvelle liberté et lui permet de ne plus consacrer la totalité de son temps à gagner sa vie. Il peut ainsi retrouver du temps à donner au sens de son existence. Il permet d’investir en l’homme, dans sa richesse, son potentiel et son capital. En cela, il favorise aussi l’usage du temps libre. C’est ainsi que le besoin d’agir, d’œuvrer, d’être apprécié des autres ne dépendra plus, principalement, du travail. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Quelles sont les critiques ? ».
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Le revenu de base apporte plus de temps libre
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Tout dépend du montant
Objection Il ne faut pas instaurer plus de temps libre
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUne réduction de la peur du chômage

Si chacun recevait un revenu suffisant pour bien vivre, même en étant sans emploi, le chômage ne serait pas vécu comme il l'est aujourd'hui : comme une situation financièrement difficile qui fait peur.

Deux tiers des Français ressentent le risque du chômage pour eux ou l'un de leurs proches . Cette peur pourrait diminuer voire ne plus exister si un revenu de base suffisant pour bien vivre était perçu par chaque individu. Le fait de ne plus avoir d'emploi ne serait pas synonyme de difficultés financières comme cela peut être le cas aujourd'hui.
« [L]a reconnaissance d'un droit au revenu apporte une solution au chômage comme problème social. En effet, parce qu'il concrétise la revalorisation sociale des activités « hors travail », le revenu inconditionnel remet en cause le monopole du travail comme source de reconnaissance et d'intégration sociale. Or, c'est précisément ce monopole qui rend le chômage si problématique aujourd'hui. Par ailleurs, sur le plan économique, un revenu inconditionnel déconnecté du travail permettrait, au même titre que les allocations chômage auxquelles il viendrait s'ajouter, de garantir à chaque citoyen un niveau de vie décent. Ainsi, rompant avec la logique des politiques de l'emploi, aussi coûteuses qu'inefficaces, censées lutter contre le chômage, le revenu inconditionnel apparaît comme un outil non pas de lutte contre le chômage, mais de réfutation pure et simple du chômage comme problème économique et social. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Le revenu de base réduit la peur du chômage
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Tout dépend du montant
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentPas de stigmatisation

Parce que le revenu de base est versé à chaque citoyen sans qu'il ait besoin d'en faire la demande, il n'y a pas de stigmatisation des bénéficiaires, comme cela est le cas pour les différentes aides sociales.

En effet, une proportion importante des personnes qui pourraient avoir recours à des prestations sociales en France ne le font pas, souvent parce qu'elles ont peur du regard qui est porté sur celui qui les réclame . Dans un contexte marqué par les discours sur l'« assistanat », une demande d'aide est généralement perçue comme une marque de faiblesse et tend à faire culpabiliser ceux qui en éprouvent le besoin.
« [L]e revenu garanti étant universel et inconditionnel — il est versé à tous, pauvres et riches, ces derniers le remboursant par l’impôt —, des économies seraient réalisées en supprimant tout le travail administratif lié à la surveillance des bénéficiaires de l’aide sociale, discutable du fait de son caractère humiliant, intrusif et moralisateur. »
Mona Chollet, « Imaginer un revenu garanti pour tous », Le Monde diplomatique, mai 2013.
Voir plus...
« Les systèmes de sécurité sociale actuels stigmatisent aussi les personnes qui reçoivent les prestations. Seul le travail rémunéré est considéré comme un « vrai » travail et ceux qui reçoivent des prestations de sécurité sociale sont regardés comme profitant de ceux qui travaillent et paient leurs impôts. Un revenu de base supprimera cette stigmatisation et permettra aux personnes qui ne peuvent pas effectuer ou trouver un travail rémunéré de participer et contribuer à la société autrement de manière significative et respectable. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».
« Aujourd’hui, 1/3 des ménages éligibles au RSA socle et 2/3 des personnes éligibles au RSA activité – complément de revenu pour ceux qui ont un salaire modeste – ne le demandent pas. La lourdeur des démarches administratives et la stigmatisation qu’elles impliquent n’y sont pas pour rien. Aussi, bon nombre de ces ménages ne savent pas qu’ils ont droit au RSA activité. Le revenu de base étant distribué automatiquement, il supprime le non-recours et permet ainsi déjà de réduire la pauvreté et les inégalités. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Le revenu de base ».
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Le revenu de base ne stigmatise pas ses bénéficiaires
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Un regard qui ne changera pas d'un coup de baguette magique
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUne meilleure santé

« Cette expérimentation [Finlande, montant mensuel 560 €] peut, à juste titre, être considérée comme portant sur un véritable revenu de base, puisque l’allocation était rendue inconditionnelle aux trois sens indiqués, et les résultats provisoires actuellement disponibles pour la première année ne sont pas inintéressants. Ainsi, ils révèlent une diminution de la participation des bénéficiaires au marché du travail au cours du premier semestre, mais une augmentation de cette participation au cours du second. En outre, des entretiens menés au terme de la deuxième année suggèrent une amélioration significative de leur état de santé et un optimisme accru quant à leurs perspectives d’emploi. »
Philippe Van Parijs, Yannick Vanderborght, « Pour un revenu de base individuel, universel et libre d’obligation », Le Monde, 04/09/2019.
OBJECTIONS

ObjectionTout dépend du montant

Le revenu de base n'est garant de meilleures conditions de vie que s'il est d'un montant suffisant. Il faut que le montant versé suffise à assurer l'autonomie financière, notamment pour que le choix de ne pas travailler ou de réduire son temps de travail ne soit pas contraint par un besoin d'argent supplémentaire. Ce qui n'est le cas d'aucun modèle de revenu de base proposé par ses différents partisans.
« Les promoteurs libéraux du revenu inconditionnel proposent par exemple la suppression de tous les dispositifs de redistribution et même de certains dispositifs relevant du régime assurantiel (pensions de retraites ou allocations chômage par exemple) ! Typique de l'approche libérale, cette option ne saurait être retenue dans une version de gauche. En effet, accompagnée d'une suppression de tous les dispositifs de redistribution, la mise en place d'un revenu inconditionnel pourrait se traduire par une dégradation de la situation financière des plus démunis, surtout si le montant auquel ce revenu est fixé est particulièrement faible, comme le préconisent les libéraux... »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

ObjectionDésocialisation, ennui et dépression

Le travail est un moteur important d'inclusion sociale et de satisfaction personnelle, le fait de ne pas travailler suscitant souvent un sentiment d'inutilité, comme l'attestent les sondages interrogeant les chômeurs
Voir le sondage IPSOS daté du 3 mai 1994, Paroles de chômeurs.
.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Le revenu de base favorise la solitude, l'ennui et la dépression
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le travail peut aussi favoriser les mêmes problèmes
Objection Le chômage ne serait pas un problème dans une société où tout le monde aurait un revenu de base
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionUne harmonisation par le bas pour les chômeurs et les retraités

Si le revenu de base est financé en redistribuant à tous les allocations versées aux chômeurs ou aux retraités, comme le propose Jacques Marseille, les chômeurs et les retraités auront certes tous un revenu identique, mais le revenu qu'ils toucheront sera dans la plupart des cas inférieur à l'allocation chômage ou retraite qu'ils toucheraient avec le système actuel (le revenu de base devant être pour la plupart de ses défenseurs d'un montant inférieur au salaire minimum). Le revenu de base conduirait à une harmonisation par le bas pour les chômeurs et les retraités.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Le revenu de base harmonise par le bas le revenu des chômeurs et des retraités
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Tout dépend du modèle de financement du revenu de base
Objection Les systèmes d'assurance chômage et de retraite actuels sont injustes et inefficaces
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionUne dégradation des conditions de travail

Un revenu de base d'un montant élevé semblant irréaliste, le revenu de base risque d'être, pour la majorité des personnes, un revenu minimum devant être couplé à un ou plusieurs emplois complémentaires. Puisque la plupart des personnes auront besoin de ces emplois d'appoint, il est probable que le nombre de « petits boulots » précaires et mal rémunérés augmente considérablement, avec un danger : la dégradation du marché du travail et la généralisation de la précarité.
« [U]n montant versé sans condition à toute personne ne peut être que médiocre et ne peut assurer l’indépendance économique des bénéficiaires. Ceux-ci seraient obligés d’accepter du travail à n’importe quel prix pour arrondir leur allocation. Il en résulterait une dégradation du marché du travail et la prolifération de « boulots » mal payés. Le revenu inconditionnel contribue ainsi à institutionnaliser, selon les termes de Robert Castel, le « précariat ». »
Mateo Alaluf, « L'allocation universelle contre la protection sociale », 14 juin 2013.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
L'instauration d'un revenu de base risque de dégrader les conditions de travail
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection La négociation de meilleures conditions de travail
de l'argument pour aller plus loin.

Argument POURPlus de justice sociale

Aucun résumé ni citation n'a été entré pour le moment.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentUne réduction des inégalités

En offrant à chacun un revenu identique dès la naissance, le revenu de base assure un capital économique de base identique à tous les citoyens. Il favorise par là l'égalité des chances. De plus, si le revenu de base est principalement financé par l'impôt direct, il sera surtout financé par les contribuables les plus aisés. Cela aura aussi pour conséquence de réduire les inégalités de revenu.
« Le revenu inconditionnel, de par sa nature, est indépendant de toutes conditions de ressources. En cela, il établit une égalité entre tous et diminue la distance sociale entre les citoyens. Il apporte ainsi à chacun le témoignage concret de son appartenance à la communauté ; l’égalité parfaite entre le droit des femmes et celui des hommes devient réalité. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Quelles sont les critiques ? ».
Voir plus...
« L'instauration d'un revenu inconditionnel permettrait également de réduire les inégalités. D'un point de vue purement mathématique d'abord. Financé principalement par les contribuables les plus aisés, et profitant d'abord aux citoyens les plus pauvres [...] un revenu inconditionnel entraînerait mathématiquement une réduction des écarts de revenus. Ce faisant, il permettrait également de favoriser l'égalité d'accès à l'éducation, à la culture, et aux loisirs en général. Versé dès la naissance, il permettrait en outre de favoriser l'égalité des chances en réduisant les inégalités de départ. »
Baptiste Mylondo, Utopia, 2010.
OBJECTIONS

ObjectionInjustice d'un revenu de base identique pour riches et pauvres

Il est injuste qu'un revenu de base soit distribué de façon égale aux personnes riches et aux personnes pauvres. Ces dernières en ont beaucoup plus besoin.
« Prendre aux pauvres pour redistribuer à tous – y compris aux riches –, de façon égalitaire, ce n’est pas vraiment ce que l’on peut qualifier de politique socialement progressiste. C’est de l’anti Robin des bois, si l’on ose dire. »
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Il est injuste que le revenu de base soit identique pour les riches et pour les pauvres
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le retour à une logique d'assistanat
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionInjustice d'un revenu de base qui ne tient pas compte du travail fourni

Donner un revenu de base indépendamment du travail fourni est injuste.
« Le revenu universel ne tient pas compte de la variabilité des ressources obtenues par les individus, il est accordé de manière continue quelles que soient les circonstances. Imaginons le cas de deux individus qui obtiennent exactement le même revenu cumulé au cours de leur vie, mais où l’un d’entre eux connaît des périodes de revenu nul et obtient ainsi une allocation aux dépens de celui qui a des revenus stables. Où est la justice dans ce système ? »
Pascal Salin, « Le revenu universel est le contraire « d’une proposition libérale » », Le Monde, 2017/01/31.

ObjectionDes modèles de financement éthiquement douteux

Tous les modèles de financement proposés posent de sérieux problèmes éthiques, comme la baisse de l'impôt sur les sociétés, la suppression du système des retraites ou l'augmentation de la CSG. Ces modèles ne vont pas du tout dans le sens de la justice sociale, comme de nombreux partisans du revenu de base le défendent.

Argument POURUn meilleur rapport au travail

Aucun résumé ni citation n'a été entré pour le moment.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLa négociation de meilleures conditions de travail

En offrant aux individus un revenu suffisant pour bien vivre sans travailler, le revenu de base change le rapport de force entre employeurs et employés, en faveur des employés : ces derniers pourraient alors négocier des salaires plus attractifs et de meilleures conditions de travail.
« Un revenu de base inconditionnel, permettant la réduction et la redistribution du temps de travail, facilitera une nouvelle forme de plein emploi, avec création de postes de travail supplémentaires. Cette offre d’emplois supplémentaire renforcera le pouvoir compensatoire des salariés et leur permettra de négocier des meilleures conditions de travail et d’existence. »
Collectif de l'initiative citoyenne européenne, « Initiative citoyenne européenne pour un revenu de base inconditionnel ».
Voir plus...
Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« L'obligation formelle de travailler et la dépendance au travail pour un revenu donne aux employés une position de négociation faible vis-à-vis des employeurs. Cela obstrue le libre fonctionnement du marché du travail. Un revenu de base donnera aux employés une position plus égale de négociation. Cela conduira à de meilleures conditions de travail, et des salaires plus justes. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».
« Chaque citoyen a droit au revenu universel et le touche sans avoir à apporter de justification. Puisqu’il n’est pas contraint de travailler et n’est plus mis en concurrence avec une masse de chômeurs, le salarié peut mieux négocier ses conditions de travail. Alors que le travailleur est aujourd’hui contraint d’accepter les conditions d’embauche et de travail fixées par l’employeur, le revenu universel permet d’inverser le rapport de force et d’aller vers une activité choisie plutôt que subie. »
Mouvement Utopia, Le travail, quelles valeurs ? Idées reçues et propositions, p.65, Utopia, Paris, 2012.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Le revenu de base permet de négocier de meilleures conditions de travail
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Tout dépend du montant
Objection Une extension de la précarité
Objection Une situation favorable aux employeurs
Objection Une situation irréaliste
Objection Une baisse de la compétitivité économique
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUne sécurisation des parcours professionnels

« Dans le contexte d’un chômage de masse et d’une précarité croissante du travail qui touche en particulier les jeunes générations, la proposition d’un revenu de base apparaît sous un jour nouveau, comme l’invention d’un nouveau rapport au travail. D'une part, un tel dispositif permettrait une forme de sécurisation des parcours professionnels sur le plan financier et inciterait ainsi à davantage de prise de risque dans les choix individuels. »
Groupe de travail Revenu universel de la Fondation Jean-Jaurès, « Le revenu de base, de l’utopie à la réalité ? », 2016/05/22.

Sous-argumentLa valorisation des activités bénévoles

Le « travail invisible » désigne l'ensemble du travail qui n'est pas rémunéré dans la société, du bénévolat au travail domestiqueWikipedia.svg

La production domestique comprend tout le travail à domicile (travail domestique) qui pourrait être accompli par autrui : ménage, entretien du linge, couture, jardinage, bricolage, éducation des enfants, soins aux animaux domestiques, soins à des parents, malades, handicapés ou personnes âgées, etc.

En comptabilité nationale, ce travail – non-rémunéré – correspond à la « production domestique » (on parle aussi d’« activités domestiques », et parfois « travail domestique », mais cette notion peut aussi désigner le travail rémunéré fait dans la sphère domestique) effectuée à l’intérieur des ménages.

Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) en 2012, les Français (notamment les Françaises) ont consacré, en 2010, en moyenne, trois heures par jour à des tâches domestiques (cuisine, ménage, courses et soins aux enfants, etc.), soit environ 60 milliards d'heures. Cette activité, si elle était valorisée au niveau du Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), équivaudrait au tiers de la richesse produite en France.

Source : Wikipédia
(cuisine, ménage, courses, soin des enfants, bricolage, etc.). Ce travail invisible est considérable à l'échelle nationale et pourtant il n'est pas rémunéré. Le revenu de base offrirait alors une compensation monétaire à ce travail effectué sans salaire.
« Il [est] intéressant de citer le décompte INSEE des heures de travail : la majorité, de 42 à 77 milliards d’heures, à comparer à 38 (pour l’année 2010) ne sont pas rémunérées. Le travail domestique, le soin apporté à ses enfants ou parents âgés, l’investissement associatif, autant de contributions sociales fondamentales qui ne donnent aujourd’hui pas lieu à contrepartie monétaire (sauf à garder les enfants des autres après avoir déposé les siens à la crèche subventionnée…). Le travail invisible de Pierre-Yves Gomez traduit particulièrement bien le glissement vers une société de rente, où le revenu est de moins en moins la contrepartie d’un travail effectif. Oui, un revenu de base inconditionnel apporte une réponse pertinente à la variété des contributions sociales utiles de la population. »
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« Beaucoup du travail que les personnes effectuent est non rémunéré, comme élever des enfants, le travail ménager ou le travail bénévole pour des organismes sociaux et personnes dans le besoin. Un revenu de base est une reconnaissance du fait que la plupart des personnes qui n'ont pas un travail officiel payé font néanmoins un travail important. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».
Sous-débat
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Le revenu de base permet de valoriser les activités bénévoles
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Une incitation au travail gratuit
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentLa possibilité de se libérer du travail salarié

En offrant aux individus un revenu suffisant pour bien vivre sans travailler, le revenu de base facilite grandement le refus du travail, entendu en son sens étymologique de tripalium, de torture. Le revenu de base est une condition essentielle de l'émancipation du travail aliénant, le travail salarié.
« En fin de compte, une baisse soutenable de l'activité n'est envisageable qu'à moyen terme, laissant le temps à la société d'opérer progressivement sa mutation. Or, cette mutation est précisément l'objectif avoué du revenu inconditionnel. Cette mesure révolutionnaire vise à changer notre rapport au travail, à nous libérer de l'aliénation au travail et à la consommation, à réduire la place du travail dans nos vies. Ainsi, si plus personne ne veut travailler, tant mieux, peut-être pourrons-nous enfin cesser de perdre notre vie à la gagner... »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.
Sous-débat
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Sous-argumentLa suppression des trappes à inactivité

En donnant la possibilité de cumuler le revenu de base et un salaire, apporté par un emploi, le revenu de base ne crée pas de trappe à inactivitéWikipedia.svg

La trappe à inactivité (également connue sous le nom de piège à l'emploi en Belgique) désigne les désincitations que connaît une personne sans emploi à en trouver un, notamment en raison de la perte de revenus d'assistance qui résulterait de l'obtention d'un emploi. Elle est différente de la trappe à pauvreté qui désigne, elle, la désincitation à accroître le revenu d'une personne déjà employée (augmentation de la durée d'emploi ou de l'effort en vue d'avoir un meilleur taux de salaire).

Un écart inexistant, insuffisant ou même défavorable entre revenus d'inactivité et revenus d'activité peut aussi bien résulter de l'insuffisance de la rémunération du travail que de l'existence de prestations sociales.

Source : Wikipédia
, c'est-à-dire de situation dans laquelle il est plus intéressant économiquement d'être au chômage que d'avoir un emploi.
« Dans la plupart des systèmes de sécurité sociale, les allocations de travail ne sont plus versées ou elles sont réduites aussitôt qu'une personne retrouve un emploi rémunéré. Cela peut décourager de rechercher du travail, surtout pour les personnes au bas de l'échelle des salaires. Les bénéfices pécuniaires du travail peuvent alors être minimaux ou même négatifs, parce que le travail implique souvent des dépenses additionnelles (transport, garde d'enfants). C'est ce qu'on appelle souvent un piège de pauvreté. Dans un système de revenu de base, chaque heure supplémentaire de travail payé conduit à une augmentation du revenu, parce que l'allocation de revenu de base ne sera pas réduite. Cela fait que c'est plus profitable et facile pour les personnes de travailler à temps partiel. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».
Voir plus...
« Comme ce revenu se cumule avec tout autre revenu, il évite l’effet de seuil de la protection sociale selon lequel, en dessous d’un certain niveau de revenu, il vaut mieux ne pas travailler ou bien travailler sans être déclaré pour ne pas perdre le bénéfice de son assistance, inconvénient de l’impôt négatif et de la plupart des autres formules d’assistance. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Quelles sont les critiques ? ».
Sous-débat
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Le revenu de base permet de supprimer les trappes à inactivité
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Une situation négligeable
de l'argument pour aller plus loin.
OBJECTIONS

ObjectionUne marginalisation des plus pauvres

« Face aux discours sur [l]a raréfaction [du travail], les personnes en situation de pauvreté ont été claires. Elles sont conscientes de la diminution des emplois peu qualifiés – elles en sont les premières victimes. Mais il est hors de question pour elles de renoncer au travail, en particulier pour les jeunes. Elles le savent d’expérience : celui qui ne travaille pas se retrouve trop souvent marginalisé et sans droit à la parole. Avec un revenu universel, ces personnes redoutent d’être abandonnées, définitivement évincées du monde du travail auquel elles aspirent. Elles redoutent de s’entendre dire : « Maintenant on vous a donné un peu d’argent, on ne veut plus vous entendre ». »

Argument POURUne bonne chose pour l'économie du pays

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentUne incitation à la création d'entreprises

En offrant à tous un revenu suffisant pour bien vivre, le revenu de base permet à ceux qui voudraient créer une entreprise d'avoir un « filet de sécurité » au cas où celle-ci ne marche pas. Le revenu de base favorise ainsi le développement d'activités risquées, ou qui ne sont pas forcément rentables à court terme.
« Donner un revenu de base à tout le monde, serait-ce « payer les gens à ne rien faire » ? C’est ce que j’entends souvent autour de moi lorsque le sujet est évoqué. Pourtant, les personnes qui en bénéficieraient le plus pourraient bien être ceux-là mêmes qui créent de l’activité et des emplois dans l’économie. J’ai nommé les entrepreneurs. Je l’affirme avec autant d’aisance que mon métier est précisément d’investir de l’argent dans de jeunes entreprises. Au quotidien, j’ai donc en face de moi des hommes et des femmes qui se lancent dans l’aventure de créer leur propre activité. C’est dans ses premiers mois d’existence que l’entreprise a le plus besoin de financement, en particulier pour payer les salaires des collaborateurs. Dans une économie de plus en plus immatérielle, les ressources les plus précieuses sont en effet la matière grise et le temps, plus que les machines ou le stock. L’enjeu est donc de permettre aux entrepreneurs de libérer leurs talents – et ceux des autres – pour les mettre au service de leur projet. Bien souvent, ces personnes ont fait le choix de quitter le confort d’un emploi stable en CDI. D’autres démarrent directement dans l’aventure entrepreneuriale à la sortie de l’école ou après une période de chômage. Ceux-là n’ont même pas pu constituer une petite épargne avant de se lancer. »
Nicolas Debock, « Pôle emploi subventionne déjà la créativité des entrepreneurs », L'inconditionnel, n°1, décembre 2014.
Voir plus...
« Un revenu de base rend aussi les choses plus faciles pour les personnes qui veulent créer leur entreprise, parce qu'elles n'ont plus à se soucier de leurs moyens d'existence. En soutenant la création d'entreprises, surtout de petites entreprises, le revenu de base pourra améliorer le développement économique général et les possibilités d'emploi. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».

Sous-argumentUne relance de la consommation

En distribuant à tous une somme non négligeable d'argent, le revenu de base fait augmenter le pouvoir d'achat des ménages et permet de relancer la consommation.
« Un revenu de base supérieur au RSA actuel accroîtrait le pouvoir d’achat d’un grand nombre de ménages modestes, et donc la consommation, les ménages modestes dépensant une part plus importante de leur revenu que les ménages aisés. La hausse de la demande augmentera l’activité des entreprises, qui chercheront alors à embaucher et à investir davantage. Ceci permettra en retour un accroissement supplémentaire de la demande embarquant l’économie dans un cercle vertueux auto-entretenu, suivant le mécanisme bien connu du multiplicateur keynésien. »

Sous-argumentUne réduction du chômage

Imaginons qu'un revenu de base soit instauré ; le revenu de base s'ajoute alors au salaire que l'on a en travaillant. Le revenu de base permet donc aux travailleurs de toucher un revenu de même montant que leur ancien salaire sans travailler autant d'heures. Par là le revenu de base favorise la réduction du temps de travail, et par conséquent la création d'emplois pour les chômeurs.
« Dans un système de revenu de base, chaque heure supplémentaire de travail payé conduit à une augmentation du revenu, parce que l'allocation de revenu de base ne sera pas réduite. Cela fait que c'est plus profitable et facile pour les personnes de travailler à temps partiel. Contrairement à la situation actuelle, où il y a beaucoup de personnes qui doivent faire de longues journées de travail pendant que d'autres ne peuvent pas trouver un travail, un revenu de base conduit à une meilleure distribution du travail rémunéré et à une réduction du chômage. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».
Sous-débat
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Le revenu de base permet de réduire le chômage
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Une aggravation du chômage
Objection Mieux vaut lutter contre les causes du chômage
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUne simplification administrative et fiscale

Puisque le revenu de base est inconditionnel, il est versé sans aucun contrôle ou presque. L'administration habituellement chargée de vérifier qu'il n'y a pas de fraude aux aides sociales que le revenu de base remplacerait (minimas sociaux, allocations familiales, aide au logement, aides à l'emploi, bourses scolaires et universitaires) n'aurait alors plus de place.
« La mise en place d’un revenu de base pourrait permettre de diminuer le coût de fonctionnement des administrations chargées de distribuer les aides sociales. En effet, plus besoin de contrôler les ressources du ménage ni les efforts des bénéficiaires pour rechercher un emploi. Les ressources budgétaires seront réorientées : moins de dépenses seront affectées à des fins de contrôle, mais davantage pour permettre d’accéder à l’activité (accompagnement des chercheurs d’emploi...). »
Jean-Éric Hyafil, Stanislas Jourdan, Hugo Stéphan, « Comment financer un revenu de base ? », L'inconditionnel, n°1, décembre 2014.
Sous-débat
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Le revenu de base permet une simplification administrative et fiscale
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection La mise au chômage d'une partie du personnel administratif
de l'argument pour aller plus loin.
OBJECTIONS

ObjectionPlus personne n'ira travailler

Si un revenu est versé sans obligation de travailler, une grande partie des gens feront le choix de moins travailler, voire de ne pas travailler du tout. Cela touchera particulièrement les travaux pénibles, qui risqueront d'être désertés. Au final, c'est la production nationale qui risque de baisser.

ObjectionUne baisse de compétitivité

Si tous les citoyens d'un pays reçoivent un revenu de base suffisant pour vivre sans travailler, de nombreux emplois à bas salaire risquent d'être délaissés. Une conséquence probable est que pour attirer les gens à ces emplois, les employeurs doivent augmenter les salaires. Il en résulte pour les entreprises de ce pays une baisse de compétitivité économiqueWikipedia.svg

La compétitivité économique désigne la capacité d'un secteur économique, d'un territoire (pays, bassin économique…), d'une entreprise, à vendre et fournir durablement un ou plusieurs biens ou services marchands sur un marché donné en situation de concurrence.

Elle s'évalue au travers de la dynamique des parts de marché. Elle résulte de la capacité à être compétitif sur les prix, à proposer régulièrement des innovations et des services additionnels.

Source : Wikipédia
, dommageable pour l'économie nationale.
Sous-débat
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Instaurer un revenu de base conduit à une baisse de compétitivité
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection C'est pour cela qu'il faut instaurer un revenu de base à une échelle supra-nationale
Objection Une plus grande flexibilité du travail
Objection Une hausse de productivité
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionUn risque d'inflation

Donner un revenu de plusieurs centaines d'euros à chaque citoyen risque de faire augmenter les prix des produits de consommation courante, parce que les vendeurs se diront que les consommateurs disposent de plus d'argent dédié à ces dépenses (de la même façon que l'aide au logement a fait augmenter le prix des loyers, parce que les propriétaires se sont dit que les locataires disposaient de plus d'argent pour leur logement).
« L’introduction d’un revenu de base générerait enfin des effets d’équilibre général majeurs au niveau macroéconomique. De façon générale, le revenu de base peut à la fois entraîner une baisse de la production et une hausse de la demande. Le premier phénomène résulterait de la baisse de l’offre de travail d’individus préférant se consacrer aux loisirs, au bénévolat ou à la formation, tandis que la hausse du pouvoir d’achat permise par l’introduction du revenu de base expliquerait le second. Par conséquent, l’incidence inflationniste du revenu de base est très vraisemblable »
Groupe de travail Revenu universel de la Fondation Jean-Jaurès, « Le revenu de base, de l’utopie à la réalité ? », 2016/05/22.
Sous-débat
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Instaurer un revenu de base va générer de l'inflation
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Une inflation positive
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionUn risque de fraude pour les expatriés

Donner un revenu de base à tous les citoyens comporte le risque qu'une partie d'entre eux partent vivre à l'étranger, notamment dans un pays où le niveau de vie est moins élevé, et bénéficient du revenu de base sans en apporter de contrepartie.
Sous-débat
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Instaurer un revenu de base va générer de la fraude pour les expatriés
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Un revenu de base en monnaie locale non convertible
Objection Le revenue de base peut être lié à la taxe qui le finance
de l'argument pour aller plus loin.

Argument POURUne mesure adaptée à l'économie du 21e siècle

La robotisation et la numérisation de l'économie et de la production rendra le travail de moins en moins nécessaire. Il n'y aura pas d'autres options que de mettre en place un revenu universel tôt ou tard.

Il faut arrêter de voir le travail comme quelque chose qui nous définit et accepter que ce dernier devienne un choix, non plus une nécessité. Le chômage deviendra une nouvelle norme et la vie en société se fera sur d'autres valeurs, l'absence d'activité professionnelle ne constituant plus une source d'isolement.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentAdaptée à la situation de chômage de masse

Le revenu de base prend tout son sens dans une société où une grande partie de la population est au chômage. Plutôt que de chercher sans cesse à faire baisser les « chiffres du chômage », ce que tous les gouvernements essaient de faire sans que cela ait réellement d'effet, il faut commencer par accepter le fait que le chômage de masse est une tendance durable de nos sociétés industrialisées.
« Le but du revenu de base est donc de faire repartir l'économie réelle en prenant acte du fait que le plein emploi, c'est terminé. Mais que l'État dépense de plus en plus pour y arriver, sans grand résultat. Les réductions de cotisation sociales s'élevaient ainsi en 2008 à 30,9 milliards, et dernièrement, le Crédit d'impôt compétitivité emploi en a coûté 20. Il est temps de remettre en question le modèle économique basé sur le plein emploi et que l'homme se réaccapare sa vie en développant des activités non marchandes. »
Sous-débat
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Le revenu de base est une mesure adaptée à la situation de chômage de masse
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Faire de nécessité vertu
Objection Le chômage n'est pas une loi naturelle
Objection Une réduction du chômage est possible
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentAdaptée à la situation de fin du travail

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Sous-débat
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Le revenu de base est une mesure adaptée à la situation de fin du travail
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le taux d'emploi en France se maintient
Objection Une prophétie ancienne jamais confirmée
Objection Un futur hypothétique et lointain
Objection Les gains de productivité seront plus faibles au 21e siècle
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentAdaptée à la robotisation du travail

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Sous-argumentAdaptée à l'exigence de flexibilité de la main-d'œuvre

Depuis les années 1980, les entreprises privilégient une main-d’œuvre flexibleWikipedia.svg

La flexibilité du travail est l'un des moyens permettant à une entreprise de s'adapter aux évolutions de sa demande et de son environnement. Cette flexibilité est une des composantes de sa réactivité industrielle. Elle implique toutes les ressources de l'entreprise et en particulier son personnel, par ses modes de gestion des ressources humaines.

Source : Wikipédia
, sur le modèle des travailleurs intérimaires et des contrats de travail permettant une gestion « souple » du personnel. Le revenu de base, parce qu'il est un filet de sécurité pour les travailleurs précaires, est alors une mesure qui permet de satisfaire la demande de flexibilité des entreprises, sans compromettre les conditions de vie des travailleurs précaires.
« Constatons [...] que le cycle bien rythmé : études, emploi quasi garanti à durée indéterminée, puis retraite, que nous avons connu, tend à disparaître. En effet, les entreprises ont davantage besoin de capital humain flexible, variable et toujours renouvelé pour s’adapter à une demande mouvante. Il faudra donc apprendre plusieurs métiers dans sa vie pour dynamiser en permanence ses compétences. C’est ainsi que, quel que soit le niveau de l’activité économique, le travail, comme on le constate déjà aujourd’hui, deviendra de plus en plus intermittent, voire précaire, et les périodes d’emploi alterneront avec des phases d’inactivité ou de formation. Il faut donc rompre le lien trop strict emploi revenu, qui aliène l’homme au salariat et l’enferme dans ses contradictions : devoir travailler de façon quasi continue, alors qu’il devra en permanence affronter le changement. De toute façon, la régularité d’un revenu déconnecté du travail est des plus utile pour celui dont le travail est mal rémunéré et peu assuré. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Quelles sont les critiques ? ».
Sous-débat
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Le revenu de base permet une gestion plus flexible de la main-d'oeuvre
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection La généralisation de la précarité
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentAdaptée à la situation de « travail invisible »

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Sous-argumentAdaptée au capitalisme cognitif

Le développement du secteur tertiaire est la base d'une nouvelle économie qualifiée de capitalisme cognitifWikipedia.svg

L'économie du savoir, l'économie de la connaissance, l'économie de l'immatériel ou encore le capitalisme cognitif, est, selon certains économistes, une nouvelle phase de l'histoire économique qui aurait commencé dans les années 1990. Le concept est établi par Fritz Machlup en 1962 par la publication de son livre The production and distribution of knowledge in the United States ; sa thèse de 1977 montre que près de 45 % des employés aux États-Unis manipulent de l'information. Ces travaux sont repris dans une annexe d'un rapport officiel français paru en 1978, L'Informatisation de la société, rapport qui connait un succès médiatique sans précédent sous le nom de ses auteurs Simon Nora et Alain Minc.

Source : Wikipédia
, qui a profondément changé la nature du travail. Entre autres choses, le capitalisme cognitif se caractérise par l'importance du travail intellectuel, qu'il est difficile de mesurer en heures de travail et donc de rémunérer de façon adéquate par un salaire calculé sur la base d'un certain nombre d'heures de travail. Or, parce qu'il n'est pas établi sur la base d'un temps de travail, le revenu de base est en ce sens un mode de rétribution particulièrement adapté au capitalisme cognitif.
Sous-débat
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Le revenu de base est un mode de rétribution adapté au capitalisme cognitif
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Une forme de capitalisme marginale à l'échelle mondiale
Objection Une forme de capitalisme marginale même dans les pays à la pointe du développement
de l'argument pour aller plus loin.
OBJECTIONS
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Arguments CONTREArguments CONTRE [ modifier ]

Argument CONTREUn financement irréaliste

Financer un revenu d'entre 400 et 1500 euros par mois pour les citoyens majeurs, et de la moitié pour les citoyens mineurs, est un coût colossal pour une société. Financer un tel dispositif est irréaliste.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionOn a dit de même pour les systèmes des retraites et d'assurance maladie

Tout au long du vingtième siècle, on a aussi dit qu'il était impossible de financer un système de retraite et un système d'assurance maladie pour tous. Et pourtant, on l'a fait.
« Un revenu de base global représente sans aucun doute un idéal ambitieux. Du point de vue du monde tel qu'il est aujourd'hui, beaucoup de personnes vont probablement penser qu'il est irréalisable. Cependant, nous croyons qu'il peut devenir une réalité. […] Il y a quelques siècles, presque personne n'aurait cru que le suffrage universel ou les systèmes de sécurité sociale comme ceux que nous avons aujourd'hui seraient possibles. Pourtant, nous y sommes. Il n'y a aucun obstacle insurmontable à l'introduction d'un revenu de base global. Tout dépend de nos idées, de notre volonté et des choix que nous en tant qu'individus et nos nations effectueront. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».
Voir plus...
« [Le revenu de base] est une idée utopiste ! Oui, et alors ? L’abolition de l’esclavage ou de la peine de mort, la démocratie, le suffrage universel étaient aussi, en leur temps, des idées utopistes. Jusqu’au moment où, avec l’évolution de la société, ces idées deviennent non seulement réalisables, mais nécessaires. »
« La première objection couramment opposée au revenu inconditionnel est d'ordre comptable : où donc trouver les centaines de milliards d’euros nécessaires à son financement ? La question sonne comme une gageure alors que l’on nous martèle sans cesse que les caisses sont vides. Pourtant, des défis semblables ont déjà été relevés par le passé, et avec succès – pensons au système de retraites ou à l’assurance maladie par exemple. Finalement, le revenu inconditionnel défendu ici n’est qu’un défi supplémentaire que nous nous devons de relever au nom de notre exigence de justice sociale. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

ObjectionTout dépend du montant

« Ce revenu universel est-il durablement finançable ? Il l’est certainement si l’on parle de 2 % ou 3 % du produit intérieur brut (PIB), comme là où il existe aujourd’hui : les dividendes payés annuellement à chaque citoyen de l’Alaska et de Macao. En revanche, on peut avoir de sérieux doutes si l’on parle de 39 % du PIB, comme les initiateurs du référendum suisse de juin 2016. Pour produire les effets mentionnés ci-dessus, il ne faut cependant pas que le niveau du revenu universel soit tel qu’il permette à une personne vivant seule d’échapper à la pauvreté. Mais s’il est établi à 15 % ou 25 % du PIB, il devra être complété pour certains ménages par des allocations d’assistance qui resteront conditionnelles, tout en étant cumulables avec des indemnités de chômage, des pensions de retraite etc. liées au salaire antérieur. »
Philippe Van Parijs, « Vive l’utopie socialiste du revenu universel ! », Le Monde, 2017/01/24.
Sous-débat
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Financer un revenu de base au montant modeste est réaliste
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le revenu de base ne peut tenir ses promesses que s'il est d'un montant suffisant
Objection Si son montant est trop bas, le revenu de base ne peut remplacer tous les autres minimums sociaux
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionDes modèles réalistes de financement

Différents modèles de financement du revenu de base ont été proposés par Génération libre, Baptiste Mylondo, Jacques Marseille, Daniel Häni et Enno Schmidt, Jean-Marie Monnier et Claudio Vercellone. Ces modèles constituent des propositions chiffrées, rigoureuses et réalistes.

ObjectionFinancement mensuel et non annuel couplé avec la taxe de financement

D'après une association américaine, un prélèvement de 40 % couplé avec un revenu universel de 1000 $ sera financé (30 % pour 750€). Le fait de coupler le prélèvement avec le RU lui-même permet de limiter l'échange d'argent et de le bloquer dans le système. Les plus pauvres sont les plus sensibles aux effets de trésorerie.

Certains avaient proposé une tranche "négative" de 10 000 € associée à l'impôt sur le revenu. Avec la mensualisation, c'est peut-être une voie à suivre également.

ObjectionCréation monétaire

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Argument CONTREUn désastre économique

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentPlus personne n'ira travailler

Si un revenu est versé sans obligation de travailler, une grande partie des gens feront le choix de moins travailler, voire de ne pas travailler du tout. Cela touchera particulièrement les travaux pénibles, qui risqueront d'être désertés. Au final, c'est la production nationale qui risque de baisser.

Sous-argumentUne baisse de compétitivité

Si tous les citoyens d'un pays reçoivent un revenu de base suffisant pour vivre sans travailler, de nombreux emplois à bas salaire risquent d'être délaissés. Une conséquence probable est que pour attirer les gens à ces emplois, les employeurs doivent augmenter les salaires. Il en résulte pour les entreprises de ce pays une baisse de compétitivité économiqueWikipedia.svg

La compétitivité économique désigne la capacité d'un secteur économique, d'un territoire (pays, bassin économique…), d'une entreprise, à vendre et fournir durablement un ou plusieurs biens ou services marchands sur un marché donné en situation de concurrence.

Elle s'évalue au travers de la dynamique des parts de marché. Elle résulte de la capacité à être compétitif sur les prix, à proposer régulièrement des innovations et des services additionnels.

Source : Wikipédia
, dommageable pour l'économie nationale.
Sous-débat
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Instaurer un revenu de base conduit à une baisse de compétitivité
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection C'est pour cela qu'il faut instaurer un revenu de base à une échelle supra-nationale
Objection Une plus grande flexibilité du travail
Objection Une hausse de productivité
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUn risque d'inflation

Donner un revenu de plusieurs centaines d'euros à chaque citoyen risque de faire augmenter les prix des produits de consommation courante, parce que les vendeurs se diront que les consommateurs disposent de plus d'argent dédié à ces dépenses (de la même façon que l'aide au logement a fait augmenter le prix des loyers, parce que les propriétaires se sont dit que les locataires disposaient de plus d'argent pour leur logement).
« L’introduction d’un revenu de base générerait enfin des effets d’équilibre général majeurs au niveau macroéconomique. De façon générale, le revenu de base peut à la fois entraîner une baisse de la production et une hausse de la demande. Le premier phénomène résulterait de la baisse de l’offre de travail d’individus préférant se consacrer aux loisirs, au bénévolat ou à la formation, tandis que la hausse du pouvoir d’achat permise par l’introduction du revenu de base expliquerait le second. Par conséquent, l’incidence inflationniste du revenu de base est très vraisemblable »
Groupe de travail Revenu universel de la Fondation Jean-Jaurès, « Le revenu de base, de l’utopie à la réalité ? », 2016/05/22.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Instaurer un revenu de base va générer de l'inflation
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Une inflation positive
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUn risque de fraude pour les expatriés

Donner un revenu de base à tous les citoyens comporte le risque qu'une partie d'entre eux partent vivre à l'étranger, notamment dans un pays où le niveau de vie est moins élevé, et bénéficient du revenu de base sans en apporter de contrepartie.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Instaurer un revenu de base va générer de la fraude pour les expatriés
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Un revenu de base en monnaie locale non convertible
Objection Le revenue de base peut être lié à la taxe qui le finance
de l'argument pour aller plus loin.
OBJECTIONS

ObjectionUne incitation à la création d'entreprises

En offrant à tous un revenu suffisant pour bien vivre, le revenu de base permet à ceux qui voudraient créer une entreprise d'avoir un « filet de sécurité » au cas où celle-ci ne marche pas. Le revenu de base favorise ainsi le développement d'activités risquées, ou qui ne sont pas forcément rentables à court terme.
« Donner un revenu de base à tout le monde, serait-ce « payer les gens à ne rien faire » ? C’est ce que j’entends souvent autour de moi lorsque le sujet est évoqué. Pourtant, les personnes qui en bénéficieraient le plus pourraient bien être ceux-là mêmes qui créent de l’activité et des emplois dans l’économie. J’ai nommé les entrepreneurs. Je l’affirme avec autant d’aisance que mon métier est précisément d’investir de l’argent dans de jeunes entreprises. Au quotidien, j’ai donc en face de moi des hommes et des femmes qui se lancent dans l’aventure de créer leur propre activité. C’est dans ses premiers mois d’existence que l’entreprise a le plus besoin de financement, en particulier pour payer les salaires des collaborateurs. Dans une économie de plus en plus immatérielle, les ressources les plus précieuses sont en effet la matière grise et le temps, plus que les machines ou le stock. L’enjeu est donc de permettre aux entrepreneurs de libérer leurs talents – et ceux des autres – pour les mettre au service de leur projet. Bien souvent, ces personnes ont fait le choix de quitter le confort d’un emploi stable en CDI. D’autres démarrent directement dans l’aventure entrepreneuriale à la sortie de l’école ou après une période de chômage. Ceux-là n’ont même pas pu constituer une petite épargne avant de se lancer. »
Nicolas Debock, « Pôle emploi subventionne déjà la créativité des entrepreneurs », L'inconditionnel, n°1, décembre 2014.
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« Un revenu de base rend aussi les choses plus faciles pour les personnes qui veulent créer leur entreprise, parce qu'elles n'ont plus à se soucier de leurs moyens d'existence. En soutenant la création d'entreprises, surtout de petites entreprises, le revenu de base pourra améliorer le développement économique général et les possibilités d'emploi. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».

ObjectionUne relance de la consommation

En distribuant à tous une somme non négligeable d'argent, le revenu de base fait augmenter le pouvoir d'achat des ménages et permet de relancer la consommation.
« Un revenu de base supérieur au RSA actuel accroîtrait le pouvoir d’achat d’un grand nombre de ménages modestes, et donc la consommation, les ménages modestes dépensant une part plus importante de leur revenu que les ménages aisés. La hausse de la demande augmentera l’activité des entreprises, qui chercheront alors à embaucher et à investir davantage. Ceci permettra en retour un accroissement supplémentaire de la demande embarquant l’économie dans un cercle vertueux auto-entretenu, suivant le mécanisme bien connu du multiplicateur keynésien. »

ObjectionUne réduction du chômage

Imaginons qu'un revenu de base soit instauré ; le revenu de base s'ajoute alors au salaire que l'on a en travaillant. Le revenu de base permet donc aux travailleurs de toucher un revenu de même montant que leur ancien salaire sans travailler autant d'heures. Par là le revenu de base favorise la réduction du temps de travail, et par conséquent la création d'emplois pour les chômeurs.
« Dans un système de revenu de base, chaque heure supplémentaire de travail payé conduit à une augmentation du revenu, parce que l'allocation de revenu de base ne sera pas réduite. Cela fait que c'est plus profitable et facile pour les personnes de travailler à temps partiel. Contrairement à la situation actuelle, où il y a beaucoup de personnes qui doivent faire de longues journées de travail pendant que d'autres ne peuvent pas trouver un travail, un revenu de base conduit à une meilleure distribution du travail rémunéré et à une réduction du chômage. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Le revenu de base permet de réduire le chômage
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Une aggravation du chômage
Objection Mieux vaut lutter contre les causes du chômage
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionUne simplification administrative et fiscale

Puisque le revenu de base est inconditionnel, il est versé sans aucun contrôle ou presque. L'administration habituellement chargée de vérifier qu'il n'y a pas de fraude aux aides sociales que le revenu de base remplacerait (minimas sociaux, allocations familiales, aide au logement, aides à l'emploi, bourses scolaires et universitaires) n'aurait alors plus de place.
« La mise en place d’un revenu de base pourrait permettre de diminuer le coût de fonctionnement des administrations chargées de distribuer les aides sociales. En effet, plus besoin de contrôler les ressources du ménage ni les efforts des bénéficiaires pour rechercher un emploi. Les ressources budgétaires seront réorientées : moins de dépenses seront affectées à des fins de contrôle, mais davantage pour permettre d’accéder à l’activité (accompagnement des chercheurs d’emploi...). »
Jean-Éric Hyafil, Stanislas Jourdan, Hugo Stéphan, « Comment financer un revenu de base ? », L'inconditionnel, n°1, décembre 2014.
Sous-débat
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Le revenu de base permet une simplification administrative et fiscale
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection La mise au chômage d'une partie du personnel administratif
de l'argument pour aller plus loin.

Argument CONTREUne déconnexion entre revenu et travail

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentUn non-sens économique

Instaurer un revenu de base revient à distribuer à tous une somme d'argent sans exiger en retour un travail ; cela revient à déconnecter le revenu du travail. Or l'argent à partir duquel est financé le revenu de base provient du travail de nombreux travailleurs, quel que soit le mode de financement du revenu de base, car la valeur économiqueWikipedia.svg

Il existe plusieurs définitions de la valeur selon le courant de pensée économique. Elles se rattachent à deux conceptions principales qui donnent au mot « valeur » des sens radicalement différents, et impliquent deux conceptions différentes de la relation entre valeur et prix.

La conception subjective définit la valeur comme l'expression de l'intérêt qu'un agent particulier porte à un bien ou à un service, qui résulte d'un processus psychologique d'évaluation.

Source : Wikipédia
naît du travail. Si rien n'assure le fait qu'une partie importante de la population continue de travailler, c'est la possibilité même de financer le revenu de base qui s'effondre.
« Détacher le revenu du travail n'a pas de sens car le travail est le seul producteur de richesse, le seul producteur de valeur économique ; donc il y a forcément un lien entre le travail et le salaire. Le revenu de base est détaché de l'emploi. Le problème aujourd'hui du salaire c'est qu'il est lié à l'emploi pour beaucoup de la population ; et si vous liez le salaire à l'emploi, alors c'est le chantage à l'emploi en permanence. On le connaît bien aujourd'hui, Mittal ne fait pas vivre 20 000 personnes, c'est 20 000 personnes qui le font vivre ; et si on lie le salaire à l'emploi, on donne tous les pouvoirs aux propriétaires lucratifs, et c'est pour cela que tout mouvement syndical au cours du XX° siècle a été pour déconnecter le salaire de l'emploi et pour attacher le salaire à la personne. C'est nous qui produisons la valeur, ce n'est pas Mittal. »
Bernard Friot, « Ce soir ou jamais », 07/06/2013.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
Sous-débat
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Déconnecter revenu et travail est un non-sens économique
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Une déconnexion qui tend à devenir la norme
Objection Des mécanismes régulateurs
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUn principe immoral

Donner un revenu aux gens sans contrepartie est immoral. Cela revient à payer les gens à ne rien faire.
Sous-débat
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Donner un revenu de base inconditionnel est immoral
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection La dignité humaine
Objection Un héritage des générations passées
Objection Tout le monde produit de l'utilité sociale
Objection La rémunération du travail social non rémunéré
de l'argument pour aller plus loin.
OBJECTIONS
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Argument CONTREUn risque d'immigration massive

Si un revenu est distribué à tous les habitants ou citoyens d'un pays sans contrepartie, un très grand nombre de personnes vont vouloir vivre et s'installer dans ce pays. L'immigration risque alors de considérablement progresser.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionTout dépend des conditions d'accès au revenu de base

Ce n'est pas parce que le revenu de base est donné sans contrepartie qu'il est offert à n'importe qui. Pour la plupart des défenseurs du revenu de base, celui-ci n'est offert qu'aux citoyens du pays concerné, ce qui limite considérablement le nombre de ses bénéficiaires. D'autres y ajoutent des conditions supplémentaires en liant le revenu de base à un « contrat civique », auquel doivent souscrire ses bénéficiaires.
« Ce rattachement de l’Allocation universelle aux droits civiques autant qu’aux droits sociaux se renforce avec la conditionnalité la plus importante : être citoyen de la communauté politique, nationale ou supranationale, où se trouverait ouvert un tel droit au revenu. Les résidents permanents étrangers ne bénéficieraient pas de l’Allocation universelle […] [L]a condition de citoyenneté européenne éviterait une ruée vers l’Union, qui serait motivée par les avantages de l’Allocation universelle. Elle éviterait en particulier la course à un marché noir des contrats de travail fictifs (car pour être résident, il faut un contrat de travail), ainsi que l’instrumentalisation sauvage d’une communauté politique socialement développée, avec le risque de rejet xénophobe qui en résulterait immanquablement. »
Jean-Marc Ferry, « Revenu de citoyenneté, droit au travail, intégration sociale », Revue du Mauss, n°7, 1996.
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« Le revenu inconditionnel va entraîner dans les pays riches une immigration non maîtrisable. Non, car tout citoyen n’a droit qu’au revenu de son pays d’origine. S’agissant des immigrés, il revient donc au pouvoir politique, par des accords nationaux ou multinationaux, de définir à partir de quand ils accéderont à la communauté nationale. Précisons que le revenu inconditionnel est un système de valeur universelle, applicable dans tous les pays, ou groupe de pays, chacun au niveau de sa richesse nationale. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Quelles sont les critiques ? ».

ObjectionL'immigration est source de richesse

Loin d'être un problème, l'immigration est source de richesses économiques et culturelles. Elle participe au développement économique du pays d'accueil comme des pays d'origine. Sans immigration, le développement des sciences et des arts n'aurait pas non plus été ce qu'il est aujourd'hui.

Argument CONTREUne accentuation de la marchandisation

En donnant aux individus de quoi s'acheter les marchandises de base, le revenu de base ne sort pas de la logique de la marchandisationWikipedia.svg

La marchandisation (à ne pas confondre avec le merchandising, une technique propre aux magasins en libre-service) évoque l'extension des domaines économiques librement accessibles aux marchés. Elle est souvent opposée à la notion de « collectivisation » pouvant être appliquée aux biens publics et services publics.

Source : Wikipédia
, selon laquelle les choses s'achètent et se vendent contre de l'argent. À l'inverse, distribuer ces biens de base (nourriture, eau, logement, etc.) sous la forme d'un service public gratuit, payé par les impôts, lutte contre la tendance à la marchandisation du monde.
« Le grand point faible des projets de revenu universel est qu’ils visent à étendre le champ de la marchandise. Le « caractère liquide de ce revenu, donc non affecté » est ainsi clairement affirmé par Yann Moulier-Boutang. Ce point de vue peut être considéré comme réactionnaire puisqu’il équivaut à une véritable désocialisation. Tout progrès social passe en effet par un degré de socialisation accru : les fameux « prélèvements obligatoires » qui constituent la cible des néolibéraux recouvrent par exemple l’éducation et la santé, l’une et l’autre en principe gratuites. Un projet progressiste viserait à rétablir et à étendre le champ de la gratuité, à élargir les droits sociaux garantis sous forme de libre mise à disposition des services correspondants. Les tenants du revenu universel proposent au contraire aux « multitudes » de faire marche arrière, avec l’instauration d’un revenu monétaire et individualisé, et cette perspective se substitue de fait à la mobilisation pour une réduction radicale du temps de travail. Aux approximations théoriques, ils ajoutent ainsi une orientation stratégique qui a pour effet de déserter le cœur des rapports d’exploitation. La reconnaissance effective des droits sociaux passe par la mise à disposition de manière gratuite de biens communs, comme la santé, et non par la distribution de revenus qui s’y substitueraient. Dans le cas du logement, quelles sont les solutions réellement progressistes : une politique de municipalisation des sols et de construction de logements sociaux, ou l’augmentation des allocations logement ? »
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« L’attribution du revenu monétaire individuel qu’est le RIB ne prend pas en compte la nécessité d’une réponse socialisée aux besoins fondamentaux. L’exemple de la santé l’illustre très clairement. Les besoins de soins de santé ne peuvent être satisfaits par l’allocation d’un revenu monétaire même élevé, comme le montre l’exemple désastreux des États-Unis. L’accès égal de tous aux soins n’est réalisable que par la gratuité, c’est à dire une réponse socialisée :
  • Sécurité sociale remboursant à 100 % tous les soins et les médicaments prescrits ;
  • pas d’avance de frais sur les soins et les médicaments ;
  • service public de santé, proche et gratuit.
Seule l’extension du champ de la gratuité à l’ensemble des biens et services essentiels (soins de santé, éducation, logement, transports, culture, sport, réseaux de communication, eau et énergie), est en mesure de réaliser le principe « à chacun selon ses besoins ». »
Jean-Claude Laumonier, « Le revenu de base ou l’ombre de l’émancipation », 2016/10/01.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS
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Argument CONTREUn mauvais combat politique

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentUne mesure à l'encontre de diverses revendications collectives

Alors qu'elle est présentée comme progressiste, la proposition du revenu de base va à l'encontre des revendications exprimées par les collectifs de chômeurs et de femmes, qui aspirent non pas à une allocation plus importante qui leur permettrait de rester chez eux, mais à obtenir un emploi digne. De la même façon, la refonte du système des retraites proposée par certains défenseurs du revenu de base conduit à niveler les pensions retraites vers le bas, à l'inverse des revendications collectives des travailleurs et des retraités.
« [L]e recyclage des revenus sociaux n’est pas acceptable. Le droit à un revenu garanti s’échange en effet contre la suppression de pans entiers de la Sécurité sociale (chômage, allocations familiales et retraites). Il équivaut à un énorme transfert au détriment des retraités et des chômeurs. Après la réforme, toutes les pensions et les allocations chômage se situeraient au niveau du seuil de pauvreté. Les 12 millions de personnes de plus de 60 ans reçoivent aujourd’hui environ 200 milliards d’euros de prestations vieillesse, soit environ 12,5 % du PIB. Après la réforme proposée, elles ne toucheraient plus que l’allocation universelle et la prestation reçue serait en moyenne divisée par deux. C’est donc un transfert de près de 100 milliards d’euros qui serait ainsi opéré. Seuls les retraités bénéficiant d’autres ressources que leur pension disposeraient d’un revenu dépassant le seuil de pauvreté. On voit mal comment un tel projet pourrait être repris en compte par le mouvement social, tant il se situe aux antipodes des aspirations portées par les mobilisations. »
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« [L]a place des femmes dans tous ces projets est profondément ambiguë. Il est d’ailleurs frappant de constater combien la littérature sur le revenu universel n’introduit pratiquement jamais la dimension de genre et ne réfléchit pas aux spécificités du travail des femmes. Ce n’est sans doute pas par hasard : la question du droit à l’emploi des femmes fait apparaître de manière particulièrement sensible les contradictions des thèses sur le revenu garanti. Si le travail salarié n’est rien d’autre qu’un esclavage, alors les femmes devraient d’abord se féliciter d’en être écartées et exiger ensuite un revenu garanti comme contrepartie de leur activité sociale. Mais comment ne pas voir que ce raisonnement heurte de plein front les aspirations égalitaires des femmes en matière d’emploi ? Leur verser une allocation pour que, ou parce qu’elles ne travaillent pas, voilà un projet qui n’est pas spécialement progressiste. « De l'allocation universelle au salaire maternel, il n'y a qu'un pas à ne pas franchir », comme l’écrivaient Anne Eydoux et Rachel Silvera. »
Sous-débat
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Le revenu de base va à l'encontre de diverses revendications collectives
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Avec l'automatisation grandissante, les besoins en main d'oeuvre diminuent
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUne revendication trop imprécise

Selon si son montant est faible ou élevé, le revenu de base peut être un progrès ou bien une régression sociale (en particulier pour les versions libérales du revenu de base). En ce sens, défendre l'instauration d'un revenu de base quel qu'en soit le montant est dangereux.
« Il faut en tout état de cause expliquer d’où provient ce fameux revenu garanti, comment il est financé. Les partisans du revenu universel ne devraient pas pouvoir récuser cette demande en se réfugiant dans un utopisme flou, parce que le niveau de ce revenu est précisément ce qui distingue les projets libéraux (un revenu minimum comme « filet de sécurité ») et les projets véritablement alternatifs. Si le niveau du revenu est suffisamment élevé pour n’être pas une simple aumône, il faut dire quelle est la répartition du revenu national compatible avec cette garantie de revenu. On trouve peu de réponses à cette question pourtant légitime [...] »
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« Le revenu annuel garanti a ses théoriciens et ses partisans libéraux. Pour eux, il se réduit à une sorte de revenu de survie ou de minimum social permettant de tirer vers le bas l’échelle des salaires et d’enfoncer l’obstacle que représente encore le salaire minimum légal. « L’allocation universelle de solidarité » au moins égale au salaire minimum garanti signifierait une socialisation généralisée du salaire contre les intermittences du travail. Inutile de préciser qu’il faudrait pour l’arracher un rapport de force extraordinairement favorable, alors que, dans la plupart des pays, l’heure est à la défense de la sécurité sociale, des minima sociaux, au refus de remettre en cause le salaire minimum, face aux assauts du patronat contre les solidarités acquises. Dans ce contexte concret, il est dangereux de jouer avec des revendications assez imprécises pour se prêter à des interprétations opposées. »

Sous-argumentL'abandon de la lutte pour le plein-emploi

En faisant de l'instauration d'un revenu de base une lutte prioritaire, ou en rejetant catégoriquement l'importance d'un emploi pour tous, on est conduit à abandonner la lutte pour le plein-emploi. Or cette dernière est nécessaire à un changement politique radical, dans la mesure où c'est principalement au sein du monde du travail que se crée un rapport de force propice à changer la société.
Sous-débat
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La lutte pour un revenu de base ne doit pas remplacer celle pour le plein-emploi
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Impossibilité du plein-emploi
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentL'abandon de la lutte pour une meilleure protection sociale

Un grand nombre de défenseurs du revenu de base s'appuient sur les lacunes du système de protection sociale actuel (assurance chômage, pension de retraite et sécurité sociale) pour lui opposer le dispositif du revenu universel. Dans le meilleur des cas, ils renoncent à lutter contre le démantèlement de ces services publics et leur renforcement ; dans le pire des cas ils légitiment leur casse.
« En découplant complètement le travail et les protections, l’éventualité d’un revenu d’existence ou de citoyenneté sanctionne le renoncement à ces tentatives qui sont aussi le nerf des luttes à mener sur le front du travail. Pour le dire un peu brutalement, elle entérine les exigences du capital et du marché et lui laisse toute la place. Car pourquoi le marché et le capital ne profiteraient-ils pas de cet abandon des protections attachées au travail pour resserrer encore leur emprise ? Un stock de travailleurs potentiels déjà partiellement rémunérés par un médiocre revenu de subsistance constituerait une nouvelle armée de réserve sur laquelle le nouveau capitalisme pourrait librement puiser au moindre coût. »
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« Aujourd’hui, ce dont nous avons besoin ce n’est donc pas d’une allocation universelle, mais d’une extension de notre sécurité sociale. Attaquée de toutes parts, il faut la renforcer et non la détruire. En effet, le système d’allocation universelle n’a pas le monopole de l’individualisation des droits et du découplement du revenu et du travail (pensons aux retraites, au chômage…). Nous devons évidemment prendre les lacunes du système actuel au sérieux et revendiquer l’individualisation des droits sociaux, l’instauration de minimums sociaux à hauteur du seuil de pauvreté et le renforcement de la spécificité de notre système. Ainsi, au lieu de prendre le lent démantèlement de notre sécurité sociale pour une réalité inéluctable, battons-nous pour la reconstruire de manière encore plus ambitieuse. »
Sous-débat
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La lutte pour un revenu de base ne doit pas remplacer celle pour une meilleure protection sociale
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le revenu universel n'impose pas du tout la disparition des assurances publiques (chômage, retraite, santé)
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUne roue de secours du capitalisme

Un revenu de base d'un montant suffisant pour vivre pleinement amène à faire disparaître le marché du travail, qui est essentiel au bon fonctionnement de l'économie capitaliste. Au sein de cette économie, seul un revenu de base d'un montant relativement faible, légitimant la précarité maximale du travail, apparaît donc possible. Ce revenu de survie n'est alors qu'un moyen de préserver un système économique qui dégrade la vie d'une majorité de la population, alors que c'est ce système qu'il faudrait changer.

Sous-argumentPlutôt qu'un revenu de base, d'autres revendications

D'autres mesures permettraient de réaliser une partie ou l'ensemble des choses permises par un revenu de base, sans en présenter les inconvénients.

  • Fondé sur un droit à l'emploi, le salaire à vie serait financé par le travail de tous, et préparerait une sortie du capitalisme.
  • L'extension des droits sociaux (droits à la santé, à l'éducation, au logement, etc.), sous forme de services publics gratuits pour tous, améliorerait considérablement les conditions de vie de l'ensemble de la population.
  • Une réduction massive du temps de travail, réparti entre tous, alliée à une interdiction des licenciements, métamorphoseraient notre rapport au travail, qui serait ainsi libéré à de nombreux égards.
« L’axe principal devrait donc être la réduction du temps de travail pour toutes et tous, assortie d’une extension du champ de la gratuité pour la satisfaction des besoins sociaux. De ce point de vue, la RTT et l’interdiction des licenciements posent concrètement la question d’une « démarchandisation » de la force de travail. Aujourd’hui une répartition égalitaire des heures de travail équivaudrait à une durée hebdomadaire de l’ordre de 30 heures, et qui pourrait descendre encore par suppression des emplois inutiles rendus nécessaires, par exemple par la non-gratuité des services publics ou par la croissance des dépenses liées à une concurrence improductive. Le niveau de vie serait amélioré principalement par l’extension des droits sociaux (droit à l’emploi, à la santé, au logement, etc.) assurée par un financement socialisé (gratuité ou quasi-gratuité). [...] Bref, il faut articuler la revendication de temps libre et celle de transformation du temps de travail, plutôt que de vouloir opposer la revendication du revenu garanti à celle de nouveau plein emploi. »
Michel Husson, « Fin du travail et revenu universel », Paris, juillet 2005.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.

Sous-argumentIl suffit d'améliorer le RSA

Le RSA est un revenu ciblé sur les personnes qui n'ont plus de chômage ni de revenu décent, il s'adresse donc à ceux qui en ont besoin - alors que le revenu universel s'adresse à tous, même à ceux qui ont déjà des revenus. Le RSA évite donc les surcoûts du revenu de base tout en répondant aux besoins de ceux qui n'ont pas d'activité salariée ou d'autres revenus. Il offre une protection insuffisante car il ne s'étend pas au-dessous de l'âge de 25 ans et qu'il est très bas. En supposant un RSA étendu aux jeunes à partir de leur majorité, et rehaussé de façon à permettre une vie à peu près décente (par exemple à 800€ par mois, proche du minimum vieillesse), il offrirait la protection adéquate et répondrait aux objectifs du revenu universel sans présenter ses inconvénients.
OBJECTIONS

ObjectionUn dispositif appliquable dès maintenant

Un gros avantage de la lutte pour un revenu de base est que celui-ci s'intègre tout à fait dans les institutions actuelles, qui ne nécessitent pas d'être totalement changées pour qu'une telle allocation puisse être instaurée. À l'inverse, les revendications proposées par les objecteurs du revenu de base relèvent de la lutte anticapitaliste, dont la victoire apparaît peu crédible aujourd'hui.

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Pour aller plus loinPour aller plus loin

BibliographieBibliographie [ modifier ]

Plutôt POURPlutôt POUR [ modifier ]

  • Yoland Bresson, Le revenu d'existence ou la métamorphose de l'être social, L'esprit frappeur, 2000.
  • Jean-Marc Ferry, L'allocation universelle. Pour un revenu de citoyenneté, Cerf, 1995.
  • Clémentine Lebon, Le revenu de base. Une idée qui pourrait changer nos vies, Actes Sud, 2017.
  • Mouvement français pour un revenu de base, Pour un revenu de base universel. Vers une société du choix, Édition du Détour, 2017.
  • Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.
  • Philippe Van Parijs, Yannick Vanderborght, Le revenu de base inconditionnel. Une proposition radicale, La Découverte, Paris, 2019.

Plutôt CONTREPlutôt CONTRE [ modifier ]

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Débats connexesDébats connexes [ modifier ]

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