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C'est en 1919 que les Bolcheviks frappent hors de la Russie, unique région qu'ils détiennent en avril-mai 1918

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Résumé de l'argumentRésumé de l'argument [ modifier ]

Nicolas Werth a incroyablement avancé d'une année (1918) des atrocités commises en 1919 par les Bolcheviks hors de Russie, dans des zones qu'en réalité ils ne contrôlaient pas en 1918 : le Don peuplé de Cosaques, l'Ukraine et la Crimée. Deux textes de N. Werth, dont l'un inséré dans son article du livre Noir du communisme le prouvent. Le second texte laisse à croire qu'il s'agit seulement d'une scorie. Reste que dans le premier il sous-entendit que la Terreur rouge en Ukraine, en Crimée et dans le Don débuta entre février et mai 1918, bien avant son déclenchement officiel en Russie début septembre 1918. Après le traité de Brest-Litovsk signé en mars 1918 l'Ukraine et la Crimée étaient indépendantes de la Russie, et sous protectorat allemand. Nous avons inscrit "(sic)" aux deux endroits litigieux du second extrait ci-dessous où figure fautivement "1918".

CitationsCitations [ modifier ]

« Ce n’est qu’en février 1919, lors de l’avance générale des bolcheviks vers l’Ukraine et le sud de la Russie, que les premiers détachements de l’Armée rouge pénétrèrent dans les territoires cosaques du Don. D’emblée, les bolcheviks prirent un certain nombre de mesures qui annihilaient tout ce qui constituait la spécificité cosaque : les terres appartenant aux Cosaques furent confisquées et redistribuées à des colons russes ou aux paysans locaux qui n’avaient pas le statut cosaque ; les Cosaques furent sommés, sous peine de mort, de rendre leurs armes or, de par leur statut traditionnel de gardiens des confins de l’Empire russe, tous les Cosaques étaient armés ; les assemblées et les circonscriptions administratives cosaques furent dissoutes. Toutes ces mesures faisaient partie d’un plan préétabli de décosaquisation ainsi défini dans une résolution secrète du Comité central du Parti bolchevique, datée du 24 janvier 1919 : « Au vu de l’expérience de la guerre civile contre les Cosaques, il est nécessaire de reconnaître comme seule mesure politiquement correcte une lutte sans merci, une terreur massive contre les riches Cosaques, qui devront être exterminés et physiquement liquidés jusqu’au dernier. »
Nicolas Werth, Le livre noir du communisme, Robert Laffont,, Paris, 1997.
« La « Terreur rouge » en Ukraine (mai-août 1918) (sic)

La fragilité du pouvoir bolchevique en Ukraine durant les quelques mois de 1918 (sic) au cours desquels l’Armée rouge occupe les grandes villes ukrainiennes (tandis que les campagnes échappent largement au pouvoir bolchevique) s’accompagne d’une politique de répression contre les élites de l’Ancien régime qui n’ont pas eu le temps de fuir. D’énormes « indemnités sur la bourgeoisie » sont décrétées ; en attendant qu’elles soient payées, les autorités bolcheviques ont recours à l’emprisonnement de nombreux « otages de la bourgeoisie » et à de nombreuses vexations (ainsi, à Odessa, Kiev et Kharkov, les « épouses de bourgeois » sont réquisitionnées pour nettoyer les latrines publiques ou les baraquements militaires, où se produisent de nombreux viols).

De nombreux massacres et exécutions sommaires « d’otages de la bourgeoisie » ont lieu, notamment dans les jours qui précèdent le départ des bolcheviks, devant l’avancée des Blancs, en été 1919.

Parmi les plus importants :

8-11 juin 1919 : Exécutions massives de « bourgeois » dans les prisons de Kharkov, avant la prise de la ville par les Blancs (12 juin 1919). Estimations du nombre de victimes : de 500 à 1 000.

Juin-août 1919 : Exécutions massives « d’otages de la bourgeoisie » à Odessa. Estimations du nombre de victimes : environ 2 000.

Août 1919 : Exécutions massives « d’otages de la bourgeoisie » à Kiev. Estimations du nombre de victimes : 1 800 durant les quinze jours précédant la chute de la ville (28 août) reprise par les armées blanches.

3 000 pour l’ensemble de la période d’occupation bolchevique de la ville (février-août 1919).

(Source :V.Brovkin, op.cit, p. 119-126 ) »
Nicolas Werth, « Crimes et violences de masses des guerres civiles russes (1918-1921), », Sciences Po Violence de masse et résistance, 2009.

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Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentEn Ukraine en 1919 les terreurs antibolcheviques ont précédé la Terreur rouge et ont subsisté jusqu'à septembre 1919

Les massacres de la terreur rouge en Ukraine principalement concentrés dans la tranche chronologique juin-août 1919 ont été précédés dès février par les terreurs antibolcheviques et ont continué jusqu'à la fin septembre, soit un mois au moins après l'évacuation de la région par les Bolcheviks.
« LES POGROMES EN UKRAINE (1919-1921)*

Les populations juives d’Ukraine (et, dans une moindre mesure, de Biélorussie) furent victimes, au cours de la guerre civile, des plus terribles pogromes jamais commis jusque-là dans ces régions, pourtant déjà durement frappées par les pogromes de 1903-1906. On estime à 150 000 environ le nombre de victimes juives de pogromes (125 000 en Ukraine, 25 000 en Biélorussie) entre 1918 et 1922. La pire année fut sans conteste 1919. Les pogromes furent commis par les unités armées les plus diverses : par les Armées blanches, sous la direction du Général Denikine, par les troupes de la République populaire ukrainienne, dirigées par S. Petlioura, par les détachements des différents « atamans » (Sokolovski, Kozyr-Zyrka, Hrigoriyv, Zelenyi) véritables « seigneurs de la guerre », par les détachements de « Verts » (paysans insurgés) (...) Certains bourgs d’Ukraine et de Biélorussie furent le théâtre de plusieurs pogromes commis par des unités différentes, tout au cours de la période. Les villes (Kharkov, Ekaterinoslavl) ne furent pas épargnées, notamment après leur reprise par les Blancs, les Juifs étant systématiquement assimilés aux bolcheviks par l’amalgame du « judéo-bolchevisme » accepté par tous les perpétrateurs de pogromes, à quelque formation qu’ils appartinssent. Parmi les pogromes les plus importants :

15-17 février 1919 : Proskourov (province de Podolsk) Massacres, viols, pillages par les unités armées de la République populaire d’Ukraine. Nombre de victimes estimées : entre 1 500 et 1 800.

22-26 mars 1919 : Jitomir (province de Volhynie) Massacres, viols, pillages par les unités armées de la république populaire d’Ukraine. Nombre de victimes estimées : entre 500 et 700.

11-12 mai 1919 : Gorodische (province de Kiev) Massacres, pillages par des détachements de l’Ataman Hrigoriyv.

13 mai 1919 : Tal’noie (province de Kiev). Massacres, pillages par des détachements de l’Ataman Hrigoriyv.

12-14 mai 1919 : Ouman’ (province de Kiev). Massacres, pillages par des détachements de l’Ataman Hrigoriyv. Nombre de victimes estimées : entre 800 et 1 200.

18-19 mai 1919 : Smela (province de Kiev). Massacres, pillages par des détachements de l’Ataman Hrigoriyv.

15-20 mai 1919 : Elizavetgrad (province de Kiev). Massacres, viols, pillages par des détachements de l’Ataman Hrigoriyv .Nombre de victimes estimées : entre 1 300 et 3 000.

26-28 mai 1919 : Trostianets (province de Podolsk). Massacres, pillages par des paysans locaux et des déserteurs (« Verts »). Nombre de victimes estimées : 400.

15-18 juin 1919 : Kharkov, après la reprise de la ville par les unités de l’armée de Denikine. Massacres, pillages. Nombre de victimes estimées : de 800 à 2 500.

24 juin 1919 : Alexandria (province de Kherson). Massacres, pillages par des détachements de l’Ataman Hrigoriyv. Nombre de victimes estimées : 300 à 700.

16-18 août 1919 : Pogrebische (province de Kiev). Massacres, pillages par des détachements de l’Ataman Zelenyi. Nombre de victimes estimées : 400 à 500.

2-6 septembre 1919 : Fastov (province de Kiev). Massacres, pillages par des détachements de l’Armée blanche. Nombre de victimes estimées : 1 000 à 1 500.

28-29 septembre 1919 : Smela (province de Kiev). Massacres, pillages par des détachements de l’Armée blanche. Nombre de victimes estimées : 112. (...)

(Sources : I.Heifetz, The Slaughter of Jews in Ukraine, New York, 1922 ; L.B.Miliakova, E.S.Rozenblat, I.E.Elenskaia (eds), Pogromy na Ukraine, v Belorussii i Evropeiskoi casti Rossii, 1918-1922. Sbornik dokumentov, Moskva, 2006 ). »
Nicolas Werth, « crimes et violences de masse pendant les guerres civiles russes (1918-1921) », Sciences Po violence de masse et résistance, Paris, 2009.
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Sous-argumentLa source communiquée par Nicolas Werth est particulièrement contestable

« Dans sa contribution au Livre noir du communisme, Nicolas Werth citait particulièrement une source : "la Commission d'enquêtes sur les crimes bolcheviques" créée en juin 1919 par le général Denikine, les témoignages recueillis par cette commission étant à leur tour "la source principale du livre de S. P. Melgounov, la Terreur rouge en Russie 1918-1924 (...) Le premier, général tsariste de haut rang, réorganisateur dans la région du Don de l'antibochevique armée des volontaires, mena en 1919 la plus âpre des guerres contre le pouvoir soviétique, son armée multipliant les pires pogroms qui firent des morts par dizaines de milliers - juifs et bolcheviks étant assimilés... Quant à Melgounov, cet aristocrate socialiste de droite, ennemi juré du bolchevisme, condamné à mort en 1919 par un tribunal pour ses activités antisoviétiques, condamnation commuée en simple peine de prison, libéré en 1921 - on n'a donc pas été des plus féroces avec lui -, mena dans son exil parisien jusqu'à sa mort une bataille écrite où s'exprime une haine inexpiable contre le nouveau régime. »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante.Suivi d'un choix de textes de Lénine, p.62-63, "Dé-idéologisation" et choix des sources, Editions sociales les parallèles, 1917 + cent, Paris, 2017.
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« Faire l'histoire de la guerre civile russe pour y stigmatiser les atrocités bolcheviques en s'appuyant sur Denikine et Melgounov, c'est un peu comme écrire l'histoire de la résistance intérieure française durant la Deuxième Guerre mondiale en cherchant ses sources du côté de la Gestapo et de la collaboration - pour elles aussi les résistants étaient des "terroristes"... Or sur cette question existent des travaux contemporains dont la richesse d'information et la qualité historique sont sans comparaison avec ce vieux témoignage partisan : citons ceux de Jean-Jacques Marie sur la guerre civile et d'Arno Mayer sur la violence révolutionnaire. »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine, p.63, "Dé-idéologisation" et choix des sources, Editions sociales les parallèles, 1917 + cent, Paris, 2017.
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Sous-argumentEn juillet 1918 Lénine dénonce la répression contre-révolutionnaire dans le Don

« Nous apprenons constamment que çà et là des révoltes éclatent contre les Soviets (...) Sur le Don, se trouve le général Krasnov que les ouvriers russes laissèrent généreusement en liberté à Pétrograd, quand il leur rendit son épée, car les préjugés des intellectuels sont encore forts et ceux-ci protestaient contre la peine de mort (...) Je voudrais bien voir maintenant le tribunal populaire, le tribunal ouvrier-paysan, qui ne fusillerait pas Krasnov, comme celui-ci fusille les ouvriers et les paysans. »
Lénine, « rapport du conseil des commissaires du peuple », oeuvres de Lénine, tome 27 février-juillet 1918, p.551, 5 juillet 1918, Editions sociales, Paris, 1961.
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« Mais s'il existe donc dès le début de 1917 une situation des plus explosives -elle n'est pas l'oeuvre des bolcheviks, dont l'infuence est minime jusqu'à l'été-, encore a-t-il fallu que la mèche de la violence armée soit allumée (...) la guerre civile chaude a été décidée et engagée par la caste militaire tsariste étroitement liée à la noblesse et à la grande bourgeoisie. Ses premières actions d'éclat ont été dès juillet la mise à sac des locaux de la Pravda , le massacre d'ouvriers et militants bolcheviques à Moscou ; elles s'intensifient en octobre, où les troupes gouvernementales "abattent à la mitrailleuse" près de 300 ouvriers et gardes rouges dans l'enceinte du Kremlin (p. 29). Et à cette date la naïveté des bolcheviks est encore complète. Ayant arrêté le général Kraznov, ils le libèrent "sur sa parole de ne pas combattre la révolution", après quoi il descend aussitôt dans le Sud pour organiser les cosaques du Don contre les Soviets (p. 30). »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine, p.64 et 65, Dé-idologisation et choix des sources ( références à l'ouvrage de Jean-Jacques Marie, histoire de la guerre civile russe 1917-1922) Paris, Autrement 2005), Editions sociales les parallèles, 1917 + cent, Paris, 2017.
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