Les Le Pen entretiennent des liens avec des personnes considérées fascistes

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Argument POURCet argument est un argument POUR dans le débat Le Rassemblement national est-il un parti fasciste ?
POUR CONTRE
Argument POURLe Rassemblement national est un parti nationaliste
Argument POURLe Rassemblement national est un parti raciste, xénophobe, antisémite et homophobe
Argument POURLe Rassemblement national tire son origine d'individus et groupes fascistes
Argument POURLes Le Pen entretiennent des liens avec des personnes considérées fascistes
Argument POURL'étude du fascisme fait partie de la formation des militants du Rassemblement national
Argument POURLe Rassemblement national a la base sociale traditionnelle du fascisme
Argument POURLe slogan "Ni gauche, ni droite" est typiquement fasciste
Argument POURLe programme du RN a un volet sécuritaire via le respect de l'autorité policière et donne une place à l'armée très importante
Argument POURL'idéologie du RN prône la haine et l'exclusion
Argument POURLe RN favorise des comportements fascistes (exclusion, haine, discriminations etc.)
Argument POURLe RN soutient les mouvements identitaires considérés comme extrémistes
Argument POURLe RN tire profit de la crise politico-sociétale
Argument POURLe RN est coutumier des fake news
Argument POURLes sympathisants RN soutiennent largement des idées excluantes et liberticides
Argument CONTRELe Rassemblement national s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen
Argument CONTRELa tendance fasciste du Rassemblement national est en voie de marginalisation
Argument CONTRELe Rassemblement national n'a pas de milices armées
Argument CONTRELe Rassemblement national n'a pas pour objectif de façonner un ordre nouveau
Argument CONTRELe Rassemblement national est un parti intégré dans le jeu électoral
Argument CONTRELe Rassemblement national se réclame de la démocratie
Argument CONTRELe Rassemblement national est un parti national-populiste
Argument CONTRELe RN n'utilise pas la terreur ni la violence de rue
Argument CONTRECrier au loup fasciste avec le RN sert les intérêts politiciens d'une gauche qui a oublié ses fondamentaux
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Mots-clés : Front national, Extrême-droite, Fascisme, Le Pen [ modifier ]

Résumé de l'argumentRésumé de l'argument [ modifier ]

Au début de années 1960, Jean-Marie Le Pen se rend en Espagne pour saluer d'anciens nazis ou d'anciens collaborationnistes. Marine Le Pen entretient toujours actuellement des amitiés avec d'anciens du GUD, dont Philippe Péninque. Elle a participé au Parlement européen pendant une année, en 2007, à un groupe dont une membre, petite-fille de Mussolini, a déclaré « Mieux être fasciste que pédé ! ». Régulièrement, Marine Le Pen se rend à des bals organisés par des nostalgiques du IIIe Reich. Quant à Marion Maréchal-Le Pen, une photo datant de 2012 la montre en compagnie d'un leader du GUD, Edouard Klein, et d'un membre du mouvement skin, Baptiste Coquelle, que l'on retrouve sur une autre photo un casque de nazi sur la tête.

CitationsCitations [ modifier ]

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Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentJean-Marie Le Pen entretient des relations avec d'anciens nazis et collaborationnistes

« Au début des années 1960, Jean-Marie Le Pen, n’ayant rien renié de son passé sulfureux, se rend en Espagne pour aller saluer d’anciens compagnons de combat. Il rend visite à :
  • Abel Bonnard : Maurassien, il évolue vers le fascisme dans les années 1930. Partisan d’un rapprochement franco-allemand, il devient, durant la seconde guerre mondiale, une figure de la collaboration avec l’occupant nazi. Nommé ministre de l’Éducation nationale en 1942, il fait partie des « ultra » et des derniers partisans du régime de Vichy. […]
  • Louis Darquier de Pellepoix : Individu politique d’extrême droite, il est principalement connu pour son engagement antisémite et pour son activité de collaborateur durant la Seconde Guerre mondiale. […]
  • Léon Degrelle : Journaliste et homme politique engagé à l’extrême droite, il est surtout connu pour son engagement antisémite et pour son activité de collaborateur durant la Seconde Guerre mondiale. […] Engagé volontaire, il combattit sur le front de l’Est avec le grade de commandant dans la 28e division SS Wallonie.
  • Otto SKORZENY : Il rejoint le parti nazi autrichien en 1931. Comme colonel SS, il participa à de très nombreuses opérations prestigieuses, telle que l’évasion de Mussolini d’une prison italienne, en 1944. »
Léon Landini, « Front national : Les chiens ne font pas des chats ! », janvier 1970.
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Sous-argumentMarine Le Pen entretient des relations avec d'anciens néonazis

« Si elle [Marine Le Pen] s'est séparée de plusieurs compagnons de la première heure, elle reste fidèle à certaines amitiés à la trajectoire jugée sulfureuse [...] Emmanuel Leroy, cet ancien d'Ordre nouveau, a un parcours beaucoup plus marqué à l'extrême droite dure. Il a, par le passé, animé une lettre aux relents néonazis (la Lettre noire) et revendique toujours sa filiation nationaliste-révolutionnaire et gréciste. [...] Il est encore consulté de temps à autre sur des dossiers précis, notamment concernant les relations avec la Russie. [...] Un ancien acteur est Philippe Péninque, ancien du GUD. [...] Cette défaite n'entame pourtant en rien le crédit de Philippe Péninque, qui continue de prodiguer ses conseils à Marine Le Pen, celle-ci le chargeant de surcroît de quelques missions délicates, notamment en ce qui concerne les finances de son parti. »
Abel Mestre, « Les réseaux du Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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Sous-argumentMarion-Maréchal Le Pen entretient des relations avec d'anciens néonazis

« C'est une photo dont Marion Maréchal-Le Pen se serait bien passée. Sur cette image, [...] la benjamine de l'Assemblée nationale pose en compagnie d'Edouard Klein, leader du GUD (Groupe union défense, une organisation étudiante d'extrême droite), et de Baptiste Coquelle, présenté comme un membre du « mouvement skin ». La photo date du 11 décembre 2012. Ce soir-là, le FN célébrait en grande pompe ses 40 années d'existence à la salle de la Mutualité, à Paris. Au centre, Baptiste Coquelle. Sur un autre cliché non daté publié par l'hebdomadaire, on retrouve Baptiste Coquelle, casque de SS sur la tête, réalisant un salut nazi devant un drapeau frappé de la croix celtique, symbole des néonazis. »
Jim Jarrassé, « La photo qui embarrasse Marion Maréchal-Le Pen et le FN », Le Figaro, 11/04/2013.
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Sous-argumentMarine Le Pen a fait partie en 2007 d'un groupe parlementaire européen avec des néofascistes

« Pendant une année, en 2007, au Parlement européen, Marine Le Pen a fait partie d’un groupe parlementaire composé de 20 parlementaires qui se nommait Identité Tradition Souveraineté (ITS). Parmi les deux députés italiens qui composaient ce groupe, qui se réunissaient avec Mme Le Pen sans que cela ne lui pose le moindre problème, il y avait une certaine… Alessandra Mussolini ! Cette dernière est la petite-fille du « Duce » Benito Mussolini. Sur les plateaux de télé elle refuse publiquement que l’on rejette « l’héritage mussolinien ». Le 9 mars 2006 (soit un an avant que Mme Le Pen ne voit aucune difficulté à faire un groupe parlementaire avec elle) Mme Alessandra Mussolini avait déclaré à la télé « Meglio fascista che frocio ! » ce qui signifie en bon français : « Mieux vaut être fasciste que pédé ! ». Classe, non ? Ces propos n’ont bien sûr jamais été condamnés par la présidente du FN. »
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Sous-argumentLes Le Pen participent à des évènements néonazis

« Depuis 2005, par un vote de l’assemblée générale de l’ONU, le 27 janvier est devenue la « Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste ». […] Le même jour, [...] Marine Le Pen dansait la valse, à Vienne, avec la crème européenne des néonazis, des nostalgiques du IIIe Reich, et des négationistes. La candidate du Front National a répondu à l'invitation du FPÖ, le parti de feu Jorg Haider, et de sa figure de proue, l’antisémite et néonazi Martin Graf, au bal annuel d’Olympia, cette société secrète interdite aux Juifs et aux femmes, et dont les membres sont chargés de véhiculer dans la société des idées néonazies, pangermanistes, antisémites et négationnistes. Jean Marie Le Pen, qui assistait au bal avec Bruno Gollnisch, et qui en a été l'invité d'honneur en 2008, a ainsi montré à sa fille Marine Le Pen l’exemple à suivre. »
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ObjectionsObjections [ modifier ]

ObjectionsLe RN s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen

« Lorsqu'elle décide d'entreprendre sa stratégie de normalisation, au début des années 2000, Marine Le Pen s'applique à marquer une rupture avec les fondamentaux nationalistes des origines. Celle-ci passe par une prise de distance avec les conceptions racialistes et antisémites et par un virage sociétal en rupture avec les conceptions des nationaux-catholiques qui continuent de peser dans l'appareil. [...] Marine Le Pen a tapageusement exclu en 2011 les cadres du FN membres de l'Oeuvre Française (OF), Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, faisant ainsi coup double, puisqu'ils étaient également des soutiens de Bruno Gollnisch. Les groupuscules périphériques apparaissent ainsi instrumentalisés dans le jeu de concurrence interne au parti, même si Pierre Sidos affirme que l'OF n'a nullement cessé son entrisme. Marine Le Pen a pu de cette manière se donner à voir comme celle qui rompait avec l'antisémitisme et le référentiel fascisant. D'ailleurs, sitôt élue présidente du FN, elle a fait une déclaration qui se voulait exemplaire en indiquant que « ce qui s'est passé » dans les rangs nazis constitue le « summum de la barbarie ». »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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« Pour le parti, la solution passe à l'évidence par la formation des militants. En confiant celle-ci à son aile modérée en 2012, alors qu'elle avait été jusqu'ici marquée de la patte des radicaux, le FN entrave tout projet éventuel de l'extrême-droite radicale d'influencer la ligne du parti. S'il parvenait à mener cet encadrement à terme, ce serait la défaite définitive de Dominique Venner, lui qui espérait un contrôle du parti unitaire par un groupuscule radical, avec une cristallisation peut-être plus nette des deux sous-ensembles majeurs de l'extrême-droite, l'un constitué de ses groupuscules, l'autre que l'autre que l'on pourrait qualifier, dorénavant, d'institutionnel. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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ObjectionLes propos racistes, antisémites et islamophobes sont toujours en vigueur chez certains militants

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ObjectionDes propos qui étaient auparavant considérés comme des dérapages sont aujourd'hui banalisés en raison de la droitisation de la vie politique

« Il y a encore quelques années, ces propos auraient eu un coût pour le FN et entraîné une baisse au moins ponctuelle de l'importance de ses soutiens dans l'opinion et, par extension, dans le corps électoral. Or, il faut croire que ces effets de disqualification sont devenus quasi nuls. Les dérapages s'accumulent, mais sans avoir d'incidence majeure pour le FN. Ce qui en dit long sur le niveau de banalisation, non pas tant du parti, mais de certaines de ses idées. »
Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, « Redécouvrir le Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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« La normalisation du parti est certes passée par des purges et la stabilisation de son camp, mais elle relève moins d'une dédiabolisation que d'une droitisation de la vie politique française. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

ObjectionSi les thèmes fascistes sont publiquement mis en sourdine, ils sont beaucoup plus présents en « off »

« Le Front national n'a pas tout abandonné de ses inspirations antérieures : le pétanisme, l'antigaullisme, la préférence nationale, le retour à la peine de mort, le refus de l'avortement, le natalisme, etc. Simplement, ces thèmes sont mis en sourdine, nuancés, du moins dans le discours public. En privé, ce peut être très différent. La vieille idéologie n'a pas disparu, elle fonctionne chez certains militants et dirigeants, mais en interne. Elle est parfois aussi dévoilée par accident. »
Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.

ObjectionIl existe une deuxième ligne au RN, qui garde le fascisme pour héritage

« En réaffirmant qu'il admirait le maréchal Pétain et que les chambres à gaz étaient un « détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale », Jean-Marie Le Pen a déclenché une crise politique au sein du Front national. [...] cet épisode illustre la coexistence de deux lignes politiques entremêlées au sein du FN. L'une est incarnée par Marine Le Pen, lancée depuis son accession à la tête du parti en 2011 dans l'entreprise dite de « dédiabolisation ». [...] L'autre ligne est celle dont le fondateur du FN ne cesse de rappeler l'existence : la référence au régime de Pétain, l'admiration pour des organisations terroristes d'extrême droite comme l'OAS et la conquête du pouvoir en s'appuyant sur des milices et des moyens extraparlementaires. Même si Marine le Pen a exclu les membres du FN, y compris des cadres, qui affichaient trop ostensiblement leur admiration pour les régimes fascistes ou manifestaient de façon trop grossière leur racisme et leur xénophobie, ce courant reste l'ADN du FN. Il suffit de voir le succès d'estime remporté devant les militants par le vieux Le Pen forçant l'accès à la tribune à l'occasion du rassemblement du 1er mai dernier devant l'Opéra de Paris, alors même qu'il était interdit de discours avant d'être carrément suspendu de son statut d'adhérent. »
Lutte ouvrière, « Où va le Front national ? », Lutte de classe, n°168, mai-juin 2015.
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« La direction du Front national, autour de Marine Le Pen, a fait de grands efforts pour se débarrasser de son image de parti fasciste. Il y a eu une lutte au sein du parti pour faire respecter cette ligne et pour ne pas mettre en avant les éléments les plus liés à son passé fasciste. Mais il y a un noyau dur fasciste au sein du FN et de sa direction. Le FN a discrètement maintenu ses liens avec des groupes violents qui ont la rue comme terrain et a été impliqué dans des attaques violentes contre la gauche. »
Cédric Piktoroff, « La gauche doit mener la lutte contre Le Pen », Que faire ?, 26 avril 2012.

ObjectionLes relations entre les groupes fascistes et le RN sont devenues moins visibles, mais sont toujours présentes

« Marine Le Pen a par ailleurs individualisé, voire privatisé, les relations avec des figures issues de la mouvance radicale. Celles-ci n'ont pas la carte du FN et ne disposent plus de structures militantes mais plutôt d'entreprises, ce qui lui permet d'affirmer que le parti ne serait pas lié à des éléments radicaux. Les anciens du GUD [Groupe union défense] semblent particulièrement impliqués. Le microparti de Marine Le Pen fondé en 2010, Jeanne, est ainsi passé de la direction d'Olivier Duguet à celle d'Alex Lousteau lorsque le premier a été condamné pour escroquerie. Le second, également mis en examen au même motif en 2015, est responsable du cercle Cardinal destiné à prospecter les milieux patronaux, et tout particulièrement ceux des PME-PMI, pour le compte du FN. La communication des candidats frontistes, elle, est entre les mains de Frédéric Chatillon, ancien meneur gudard proche d'Alain Soral. C'est de cette mouvance que vient Minh Tran-Long, ancien de la Fédération d'action nationaliste et européenne (FANE), mouvement ouvertement néonazi, dont l'entreprise a travaillé pour la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2012, ainsi que pour la mairie de Fréjus conquise par le FN en 2014.

Les radicaux ne se trouvent pas que parmi les techniciens, comme en témoigne le ralliement de deux ex-mégrétistes : celui d'Emmanuel Leroy, premier conseiller en relations internationales de la jeune présidente, marqué par l'idéologie du GRECE, à la lisière des courants néonazis et NR, ou encore celui de Philippe Olivier, le beau-frère de Marine Le Pen. Enfin, les municipalités FN représentent un réel débouché social pour les radicaux. Les maires FN de Beaucaire et de Cogolin ont fait appel aux identitaires pour gérer leur communication. Le cas le plus intéressant est celui de la mairie de Béziers, conquise par Robert Ménard. Ce dernier a fait campagne en rassemblant toutes les chapelles, du FN au Bloc identitaire en passant par l'Action française. S'installant à la mairie, il a pris des collaborateurs avec des trajectoires très marquées, par exemple André-Yves Beck, ancien de Troisième Voie, Nouvelle Résistance et Unité radicale, puis cadre de la mairie d'Orange, ou Robert Ottaviani, ancien du groupe néonazi Ultime assaut, du FN et de son Département protection et sécurité. Les postes d'assistants parlementaires au Parlement européen ont également permis de placer divers anciens radicaux.

La relation entre les instances frontistes et l'extrême-droite radicale n'a donc pas pris fin, elle s'est atomisée. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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« Marine Le Pen a également mis sur pied une structure périphérique susceptible d'accueillir toute personne souhaitant rallier le FN sans en devenir membre, autrement dit sans endosser le stigmate de la marque frontiste. C'est ainsi que le Rassemblement bleu marine (RBM) a vu le jour en mai 2012 dans la perspective des élections législatives, avant d'être transformé en association en septembre et de servir de structure d'accueil à des transfuges (dont Gilbert Collard et Sébastien Chenu), mais aussi de sigle pour des listes dites d'ouverture lors des élections municipales de 2014, listes sur lesquelles ont pu figurer des personnalités appartenant aux courants monarchistes, identitaires et nationalistes-révolutionnaires de l'extrême-droite... Mais il fait aussi office d' « organisation parapluie » abritant « sous son toit plusieurs sensibilités idéologiques dont le FN, tout à sa stratégie de dédiabolisation, ne souhaite plus assumer la présence en son sein même ». »
Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, « Redécouvrir le Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

ObjectionIl y a une continuité entre la génération de la « dédiabolisation » du RN et l'ancienne

« Les cadres qui entourent Marine Le Pen à la tête du FN sont des opportunistes capables d'adapter leur stratégie au gré des circonstances. Portés par leurs succès électoraux, ils se sont démarqués avec empressement des déclarations du vieux Le Pen. Dans l'état actuel de la situation politique, ils veulent montrer leur compatibilité avec les institutions républicaines. Ils mettent en avant les personnalités de la société civile qu'ils ont su séduire, l'avocat Collard, député du FN, ou l'ancien journaliste Ménard, nouveau maire de Béziers. Le vice-président du FN et proche conseiller de Marine Le Pen, Florian Philippot, est un énarque, gaulliste et souverainiste qui a démarré sa carrière en soutenant Chevènement en 2002. Ces gens-là aspirent aux ors de la République. Mais la plupart des membres du nouveau comité central du FN, élu en 2011, ont rejoint le FN à l'époque où Le Pen père le dirigeait. Ils n'étaient gênés ni par ses petites phrases ni par son idéologie. À commencer par Marine Le Pen elle-même. Pour ne citer que quelques noms parmi ces nouveaux dirigeants, Stéphane Ravier, 44 ans, sénateur-maire du 7e secteur de Marseille, a adhéré au FN à l'âge de 16 ans, séduit par les idées du vieux Le Pen. Louis Aliot, dont la mère rapatriée d'Algérie était elle-même membre du FN, a fait ovationner lors d'un meeting Bastien-Thiry, organisateur pour l'OAS de l'attentat du Petit-Clamart contre de Gaulle. David Rachline, sénateur-maire de Fréjus de 26 ans, a fait un passage à Égalité et réconciliation, le mouvement identitaire et antisémite d'Alain Soral, avant de s'en éloigner pour policer son image. Quant aux cadres dans l'ombre du FN, ceux qui animent aujourd'hui le micro-parti Jeanne dédié au financement des campagnes de Marine Le Pen ou l'agence Riwal qui organise sa communication, ce sont des anciens du GUD, cette association étudiante d'extrême droite qui faisait le coup de poing dans les années 1970. Tout cela indique la continuité entre la nouvelle génération dirigeante du FN et l'ancienne. Selon les circonstances, les chantres de la dédiabolisation d'aujourd'hui pourraient devenir demain ou après-demain les parrains de milices paramilitaires envoyées contre les travailleurs mobilisés. »
Lutte ouvrière, « Où va le Front national ? », Lutte de classe, n°168, mai-juin 2015.

ObjectionLa dédiabolisation ne pourra être effective que lorsque le RN renoncera à son héritage fasciste

« La dédiabolisation s'arrête, pour les dirigeants du FN, à la suppression de toute forme de négationnisme, de néonazisme ou d'antisémitisme. De fait, un tel processus ne peut être effectif tant que le FN n'aura pas modifié de manière substantielle son logiciel doctrinal, dont la préférence nationale, qui demeure un principe inconstitutionnel, reste l'élément central. C'est à cette condition, c'est-à-dire en renonçant à son héritage fasciste, que l'ancien parti d'extrême droite [italien], le MSI, est devenu, au terme d'un long processus de transformation, un parti de droite conservateur. »
Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, « Redécouvrir le Front national », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.

ObjectionLa soi-disant dédiabolisation n'est qu'une façade

« Quoi qu’en dise sa présidente, le Front National n’a jamais cessé d’être raciste et xénophobe, à en juger par l’opinion de ses adhérents et sympathisants. C’est ce que montre le sondage annuel effectué pour la Commission nationale consultative des droits de l’homme.

Depuis que Marine Le Pen a été élue présidente du Front national, en janvier 2011, sa stratégie de conquête du pouvoir passe par la « dédiabolisation », visant à donner du FN l’image d’un parti « comme les autres ». Il s’agit notamment de montrer qu’il n’est ni raciste, ni xénophobe, ni surtout antisémite.

Cette stratégie ne fait pourtant pas l’unanimité dans le parti, si l’on en juge par les nombreuses défections de nouvelles recrues, déçues de découvrir une réalité à mille lieux des discours de la présidente. Nadia Portheault, d’origine algérienne, tête de liste FN à Saint-Alban, en Haute-Garonne, est partie après qu’un cadre lui eut lancé : « Toi et tes enfants, vous êtes bons pour le four… » (La voix du Midi, 4 novembre 2013). Arnaud Cléré aussi, transfuge de l’UMP dans la Somme, effaré de voir des croix gammées tatoués aux bras de certains militants, ou encore Anna Rosso-Roig (Front de gauche) à Marseille et Vincent Morelle (UMP) à Meaux. Sans compter les propos racistes et antisémites avérés de 104 candidats du FN aux départementales de 2015, malgré les strictes consignes données par la direction. Ces exemples incitent à s’interroger sur le degré de racisme et d’antisémitisme au sein du « nouveau » Front national. Le parti a-t-il vraiment changé à cet égard, ou la stratégie de « dédiabolisation » n’est-elle qu’un leurre ?

Le constat est sans appel. Sur toutes les questions relatives à la perception de l’Autre, « autre » par ses origines, sa couleur de peau, sa religion, sa culture, et quelle que soit la vague de sondage retenue, les réponses des sympathisants du FN sont toujours beaucoup plus négatives que celles des sympathisants des autres partis.

Ces résultats montrent un décalage certain entre le discours de la présidente du Front national et celui de ses soutiens. Les sympathisants déclarés de son parti se distinguent par un niveau record de rejet de l’Autre, rejet assumé puisque quatre sur cinq se définit comme « raciste ». Alors que Marine Le Pen a fait de l’antisémitisme un tabou, plus d’un sympathisant sur deux a des notes élevées sur une échelle de préjugés anti-juifs. Alors qu’elle prend soin de cibler le « fondamentalisme islamique » et non l’Islam, ses partisans ne font pas la différence. Ils se distinguent des proches de tous les autres partis par leur niveau exceptionnellement élevé d’« islamophobie », au sens de rejet de l’Islam, de ses pratiques, et de ses fidèles. La « dédiabolisation » entreprise par Marine Le Pen n’est pas en phase avec la vision du monde de ses sympathisants. Le « nouveau FN », à cet égard, ressemble encore beaucoup à l’ancien. »
Nonna Mayer, « Le mythe de la dédiabolisation du FN », La vie des idées, le 4 décembre 2015.
Sous-débat
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La soi-disant dédiabolisation n'est qu'une façade
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de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionsLa tendance fasciste est en voie de marginalisation

« Les néo-nazis ne sont plus qu'une infime minorité au sein du FN depuis 1981-82 et leur engagement est purement individuel... À partir de 1985, les sympathisants frontistes aux convictions néo-nazies rejoignent, à sa création, le Parti Nationaliste Français Européen (PNFE)... En règle générale, la durée de l'engagement frontiste des néo-nazis est courte : elle se termine soit par exclusion, soit par départ volontaire en direction des groupuscules. »
Jean-Yves Camus, Le Front national, 1997.
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ObjectionLa littérature fasciste circule toujours, de façon dissimulée

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Sous-débat
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La littérature fasciste circule toujours au Front national de façon dissimulée
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Cela signifie que des groupes fascistes tentent d'influencer le RN
Objection On ne peut pas empêcher aujourd'hui toutes sortes d'idées politiques de circuler, ce n'est pas y adhérer
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionLe RN n'a pas intérêt à se réclamer du fascisme

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Sous-débat
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Le Rassemblement national n'a pas intérêt à se réclamer du fascisme
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le RN n'est pas un mouvement fasciste, sinon il s'en réclamerait
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionAlain Soral, bien qu'ayant rompu avec le RN, est très influent auprès des jeunes militants frontistes

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ObjectionLe RN peut difficilement se passer des fascistes, car certains sont des cadres compétents

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ObjectionLes militants exclus pour fascisme reviennent quand le scandale est oublié

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ObjectionL'exclusion des militants pointés du doigt comme fascistes permet au RN de se dédouaner

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Sous-débat
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L'exclusion des militants du Front national présumés fascistes permet au RN de se dédouaner
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'exclusion du RN des militants présumés fascistes ou racistes montre que le RN n'adhère pas à ces idéologies
Objection Argument fallacieux : si le RN a des militants fascistes, il est fasciste, mais s'il les exclut, il est fasciste aussi !
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionDe nombreux membres du parti commettent des "dérapages" sans pour autant être exclus

« La revue Dièses révèle qu’une conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes, Sophie Robert, affiche sans complexe son opposition à la pratique de l’IVG, un « fléau » qui « ravage la France », selon elle.

Rien d’étonnant à découvrir un passif très conservateur quant aux droits des femmes, mais aussi très raciste et homophobe, comme le montre l’enquête :

   « Alors que des élèves de Seine-Saint-Denis ont repris la célèbre œuvre Roméo et Juliette, celle-ci s’est offusquée publiquement, dans une publication qu’elle n’a pas manqué de partager sur Facebook : “Roméo et Juliette devient Mamadou et Juliette (…)” »
   « “On imagine que ça peut donner cela : Wesh Juliette, donne-moi ton 06 !”, avant d’ajouter “et l’année prochaine, toujours dans un esprit de progrès, de tolérance, et avec le mariage pour tous, ça pourra donner Mamadou et Mohamed, c’est bien ça ?” »

Alors pourquoi n’a-t-elle pas été a minima convoquée par son parti comme d’autres élus RN ? L’enquête indique :

   « Certains ont été écartés du parti, mais ce n’est visiblement pas le cas de Sophie Robert, dont le nom figure toujours en tant que cadre du bureau et du Conseil national du parti. Les points communs des élus convoqués ? Ils incarnent une ligne politique de droite catholique, et sont des proches soutiens de Marion Maréchal. »

Sophie Robert est elle aussi une proche de Marion Maréchal-Le Pen : c’est même la directrice financière de l’ISSEP, école fondée par la nièce de Marine Le Pen. Ce que nous disent ces élues et candidates du RN

Alors que d’autres partis n’hésitent pas à retirer sa candidature à Sara Zemmahi simplement parce qu’elle porte un voile sur un support de campagne, on dirait que le RN, lui, n’est pas très prompt à faire le ménage chez lui.

On pourrait se dire que ces posts, ces extraits d’interviews parfois vieux de presque dix ans dans le cas de Sophie Robert, sont des casseroles. Des « dérapages », comme on dit souvent dans les médias. Mais c’est aussi une bonne piqûre de rappel, pour celles et ceux qui pensent qu’une femme à la tête d’un parti, même d’extrême droite, c’est une garantie de conserver des acquis en matière de droits des femmes et des minorités.

Tout cela ne fait que confirmer que la stratégie de dédiabolisation du RN a fonctionné dans les urnes, mais a ses limites dans les faits.

Avoir des femmes en son sein ne fait pas du RN un parti respectable. Il aura beau respecter la parité sur les listes électorales (difficile de faire autrement, puisque c’est une exigence inscrite dans la loi du 6 juin 2000), il restera un parti intrinsèquement dangereux, qui brasse des idées sexistes, racistes et homophobes et attire des personnes qui y adhèrent. »

ObjectionsUn parti fasciste ne se contente pas de relations avec des fascistes

Que les responsables du Front national entretiennent des relations avec des personnes considérées fascistes ne suffit pas à faire de ce parti un parti fasciste. Bien d'autres conditions d'un parti fasciste ne sont pas réunies :

En cela on ne peut sérieusement considérer le Front national comme un parti fasciste.
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ObjectionsLe RN est juste un parti national-populiste

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »
Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus, Gaël Brustier, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.
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« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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ObjectionLe terme « populiste » n'est pas rigoureusement défini

« Le recours à la qualification de populisme et à ses variantes, le national-populisme, selon le néologisme formé par Pierre-André Taguieff (1984) ou bien encore le néo-populisme, selon le titre de l'histoire du FN proposée par Erwan Lecoeur (2003), pose plusieurs problèmes. Le premier tient au flou qui entoure ce terme : on ne sait jamais très bien si son usage correspond à une exigence scientifique, ou au sens commun ou journalistique. La littérature spécialisée regorge de livres et d'articles s'efforçant d'affronter ce problème. »
Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« La confusion des repères et le brouillage du clivage gauche/droite sont permis et aggravés par l’usage fort répandu de la notion de populisme. En Amérique latine, au cours de la période allant des années 1930 aux années 1960 le terme de populisme correspondait à une réalité spécifique : des gouvernements nationaux populaires ou des mouvements rassemblés autour de figures charismatiques – Vargas, Perón, Cardenas – disposant d’un soutien populaire important et développant une rhétorique anti-impérialiste. Or, l’usage qui est fait du terme aujourd’hui en France et en Europe est vague et imprécis. Ainsi, à propos du Front national, P.-A. Taguieff définit le populisme comme « un style rhétorique qui est lié directement à l’appel au peuple ». D’autres politologues réfèrent le populisme à « une position politique qui se situe du côté du peuple contre les élites » : une caractérisation qui peut convenir pour presque tous les partis et mouvements ! »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.

ObjectionLe terme « populiste » ne renvoie qu'à une partie des idées du RN

« On peut s'étonner de voir resurgir la notion de « populisme » pour qualifier le parti de Marine Le Pen, tant les mises au point académiques sur le sujet ont été nombreuses par le passé. D'une part, en effet, le terme a perdu toute signification à force d'être utilisé pour désigner un ensemble toujours plus large de personnalités ou de phénomènes (de Margaret Thatcher au chanteur Renaud, de Bernard Tapie au guide Michelin, du général Boulanger à Internet, de Lech Walesa au mouvement altermondialiste, etc.). D'autre part, le plus petit dénominateur commun entre ses multiples manifestations réside dans un style politique d'appel au peuple – style qui ne saurait être considéré comme une nouveauté au FN. Il faut donc admettre que cette notion est impropre à qualifier le parti de Marine Le Pen, même si la présidente du parti le revendique pour elle-même, précisément parce qu'elle est moins « stigmatisante » que l'étiquette d'extrême droite qui est généralement accolée au FN. »
Alexandre Dézé, Le Front national : à la conquête du pouvoir ?, Armand Colin, Paris, 2012.

ObjectionLe populisme ne s'installe généralement pas dans le paysage politique

« Il faut tirer quelques leçons de ces indications encore élémentaires. La première est que contrairement au « boulangisme » ou au « poujadisme », le FN est inscrit dans la durée, capable de survivre à des changements importants, tant internes (scission de 1998 ou succession de 2011), que dans son environnement politique, social, culturel. [...] L'adjectif « populiste » n'en demeure pas moins souvent appliqué. Mais, en règle générale, le populisme ne s'installe pas durablement, c'est plutôt un moment, une configuration qui correspond à un état singulier d'une société. Ce n'est pas le cas avec le Front national. »
Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.

ObjectionL'usage du terme « populisme » sert à éviter de qualifier le RN de raciste

« Quand on l’applique au Front national (ou à d’autres partis européens d’extrême droite) ce pseudo concept [de populisme] devient un euphémisme trompeur qui permet – délibérément ou non – de les légitimer, les rendant plus acceptables, voire appelant – car qui refuse d’être pour le peuple contre les élites ? – à écarter les termes dérangeants de racisme, xénophobie, fascisme, ou extrême-droite. »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.
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« Pour contourner le véritable interdit moral qui empêche désormais toute assimilation du FN français ou du FPÖ autrichien au fascisme, les « intellectuels » ont inventé le mot de « populisme », jugé historiquement plus « neutre » et moins polémique. Quelle erreur ! Ce faisant, on a légitimé un peu plus ces partis : dans « populisme », il y a peuple et le FN, par exemple, en joue pour affirmer qu’il est le parti du peuple. Ce terme qui se veut méprisant valide en réalité son discours : d’un côté, il y aurait un parti populiste ou « anti-establishment », pour reprendre une expression de Le Pen père, à l’écoute du peuple, de l’autre « l’UMPS » représentant les élites. Le mot « populisme » donne une façade aimable à des partis qui détestent les valeurs européennes d’égalité, de liberté, de fraternité léguées par la Révolution française. S’interdire de nommer ce que l’on combat, c’est s’interdire tout simplement de le combattre : si les jeunes sont attirés par ces partis, c’est aussi parce qu’ils sont sans filiation encombrante, qu’ils paraissent neufs alors, ce qui leur permet de se revendiquer des traditions nationales les plus nobles, comme le fait sans vergogne le FN avec De Gaulle et Jaurès. »
Jean Quatremer, « Le fascisme à visage humain », 17 octobre 2016.

ObjectionL'usage du terme « populisme » sert à amalgamer extrême droite et gauche radicale

« En France et en Europe le mot populisme est aussi délibérément utilisé par certains idéologues et médias comme un moyen de mystification, qui permet d’opérer un amalgame entre l’extrême droite et la gauche radicale, par exemple le Front de gauche, de mettre en regard d’un populisme de droite un populisme de gauche, sous prétexte que les deux s’opposent aux politiques néolibérales et à la construction européenne… »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.

Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

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