Le slogan "Ni gauche, ni droite" est typiquement fasciste

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Argument POURCet argument est un argument POUR dans le débat Le Rassemblement national est-il un parti fasciste ?
POUR CONTRE
Argument POURLe Rassemblement national est un parti nationaliste
Argument POURLe Rassemblement national est un parti raciste, xénophobe, antisémite et homophobe
Argument POURLe Rassemblement national tire son origine d'individus et groupes fascistes
Argument POURLes Le Pen entretiennent des liens avec des personnes considérées fascistes
Argument POURL'étude du fascisme fait partie de la formation des militants du Rassemblement national
Argument POURLe Rassemblement national a la base sociale traditionnelle du fascisme
Argument POURLe slogan "Ni gauche, ni droite" est typiquement fasciste
Argument POURLe programme du RN a un volet sécuritaire via le respect de l'autorité policière et donne une place à l'armée très importante
Argument POURL'idéologie du RN prône la haine et l'exclusion
Argument POURLe RN favorise des comportements fascistes (exclusion, haine, discriminations etc.)
Argument POURLe RN soutient les mouvements identitaires considérés comme extrémistes
Argument POURLe RN tire profit de la crise politico-sociétale
Argument POURLe RN est coutumier des fake news
Argument POURLes sympathisants RN soutiennent largement des idées excluantes et liberticides
Argument CONTRELe Rassemblement national s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen
Argument CONTRELa tendance fasciste du Rassemblement national est en voie de marginalisation
Argument CONTRELe Rassemblement national n'a pas de milices armées
Argument CONTRELe Rassemblement national n'a pas pour objectif de façonner un ordre nouveau
Argument CONTRELe Rassemblement national est un parti intégré dans le jeu électoral
Argument CONTRELe Rassemblement national se réclame de la démocratie
Argument CONTRELe Rassemblement national est un parti national-populiste
Argument CONTRELe RN n'utilise pas la terreur ni la violence de rue
Argument CONTRECrier au loup fasciste avec le RN sert les intérêts politiciens d'une gauche qui a oublié ses fondamentaux
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Mots-clés : Front national, Fascisme [ modifier ]

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CitationsCitations [ modifier ]

« En brouillant ainsi les frontières entre droite et gauche, en accentuant passablement la ligne « ni droite ni gauche », le FN a d’ailleurs retrouvé l’inspiration originelle du fascisme historique qui, notamment en Italie, s’est initialement construit sur un programme paraissant très à gauche sur les questions sociales (incluant notamment des revendications radicales contre la propriété privée), programme qui fut immédiatement mis de côté une fois le pouvoir conquis au prix d’une alliance avec une partie des élites traditionnelles. »
Ugo Palheta, « Le danger fasciste en France : de quoi le FN est-il le nom ? », Contretemps, 14 décembre 2015.

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ObjectionsObjections [ modifier ]

ObjectionsMacron aussi serait alors fasciste

S'il suffit de reprendre le slogan « Ni droite, ni gauche » pour être qualifié de fasciste, il faut alors considérer qu'Emmanuel Macron aussi est fasciste puisqu'il a affirmé être « ni de droite ni de gauche » dans sa campagne présidentielle. Or Macron n'est clairement pas fasciste. Que le FN reprenne le slogan traditionnel du fascisme « Ni droite, ni gauche » ne suffit pas à faire de ce parti un parti fasciste. Bien d'autres conditions d'un parti fasciste ne sont pas réunies :

En cela on ne peut sérieusement considérer le Front national comme un parti fasciste.
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ObjectionsLe RN est juste un parti national-populiste

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »
Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus, Gaël Brustier, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.
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« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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ObjectionLe terme « populiste » n'est pas rigoureusement défini

« Le recours à la qualification de populisme et à ses variantes, le national-populisme, selon le néologisme formé par Pierre-André Taguieff (1984) ou bien encore le néo-populisme, selon le titre de l'histoire du FN proposée par Erwan Lecoeur (2003), pose plusieurs problèmes. Le premier tient au flou qui entoure ce terme : on ne sait jamais très bien si son usage correspond à une exigence scientifique, ou au sens commun ou journalistique. La littérature spécialisée regorge de livres et d'articles s'efforçant d'affronter ce problème. »
Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« La confusion des repères et le brouillage du clivage gauche/droite sont permis et aggravés par l’usage fort répandu de la notion de populisme. En Amérique latine, au cours de la période allant des années 1930 aux années 1960 le terme de populisme correspondait à une réalité spécifique : des gouvernements nationaux populaires ou des mouvements rassemblés autour de figures charismatiques – Vargas, Perón, Cardenas – disposant d’un soutien populaire important et développant une rhétorique anti-impérialiste. Or, l’usage qui est fait du terme aujourd’hui en France et en Europe est vague et imprécis. Ainsi, à propos du Front national, P.-A. Taguieff définit le populisme comme « un style rhétorique qui est lié directement à l’appel au peuple ». D’autres politologues réfèrent le populisme à « une position politique qui se situe du côté du peuple contre les élites » : une caractérisation qui peut convenir pour presque tous les partis et mouvements ! »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.

ObjectionLe terme « populiste » ne renvoie qu'à une partie des idées du RN

« On peut s'étonner de voir resurgir la notion de « populisme » pour qualifier le parti de Marine Le Pen, tant les mises au point académiques sur le sujet ont été nombreuses par le passé. D'une part, en effet, le terme a perdu toute signification à force d'être utilisé pour désigner un ensemble toujours plus large de personnalités ou de phénomènes (de Margaret Thatcher au chanteur Renaud, de Bernard Tapie au guide Michelin, du général Boulanger à Internet, de Lech Walesa au mouvement altermondialiste, etc.). D'autre part, le plus petit dénominateur commun entre ses multiples manifestations réside dans un style politique d'appel au peuple – style qui ne saurait être considéré comme une nouveauté au FN. Il faut donc admettre que cette notion est impropre à qualifier le parti de Marine Le Pen, même si la présidente du parti le revendique pour elle-même, précisément parce qu'elle est moins « stigmatisante » que l'étiquette d'extrême droite qui est généralement accolée au FN. »
Alexandre Dézé, Le Front national : à la conquête du pouvoir ?, Armand Colin, Paris, 2012.

ObjectionLe populisme ne s'installe généralement pas dans le paysage politique

« Il faut tirer quelques leçons de ces indications encore élémentaires. La première est que contrairement au « boulangisme » ou au « poujadisme », le FN est inscrit dans la durée, capable de survivre à des changements importants, tant internes (scission de 1998 ou succession de 2011), que dans son environnement politique, social, culturel. [...] L'adjectif « populiste » n'en demeure pas moins souvent appliqué. Mais, en règle générale, le populisme ne s'installe pas durablement, c'est plutôt un moment, une configuration qui correspond à un état singulier d'une société. Ce n'est pas le cas avec le Front national. »
Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.

ObjectionL'usage du terme « populisme » sert à éviter de qualifier le RN de raciste

« Quand on l’applique au Front national (ou à d’autres partis européens d’extrême droite) ce pseudo concept [de populisme] devient un euphémisme trompeur qui permet – délibérément ou non – de les légitimer, les rendant plus acceptables, voire appelant – car qui refuse d’être pour le peuple contre les élites ? – à écarter les termes dérangeants de racisme, xénophobie, fascisme, ou extrême-droite. »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.
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« Pour contourner le véritable interdit moral qui empêche désormais toute assimilation du FN français ou du FPÖ autrichien au fascisme, les « intellectuels » ont inventé le mot de « populisme », jugé historiquement plus « neutre » et moins polémique. Quelle erreur ! Ce faisant, on a légitimé un peu plus ces partis : dans « populisme », il y a peuple et le FN, par exemple, en joue pour affirmer qu’il est le parti du peuple. Ce terme qui se veut méprisant valide en réalité son discours : d’un côté, il y aurait un parti populiste ou « anti-establishment », pour reprendre une expression de Le Pen père, à l’écoute du peuple, de l’autre « l’UMPS » représentant les élites. Le mot « populisme » donne une façade aimable à des partis qui détestent les valeurs européennes d’égalité, de liberté, de fraternité léguées par la Révolution française. S’interdire de nommer ce que l’on combat, c’est s’interdire tout simplement de le combattre : si les jeunes sont attirés par ces partis, c’est aussi parce qu’ils sont sans filiation encombrante, qu’ils paraissent neufs alors, ce qui leur permet de se revendiquer des traditions nationales les plus nobles, comme le fait sans vergogne le FN avec De Gaulle et Jaurès. »
Jean Quatremer, « Le fascisme à visage humain », 17 octobre 2016.

ObjectionL'usage du terme « populisme » sert à amalgamer extrême droite et gauche radicale

« En France et en Europe le mot populisme est aussi délibérément utilisé par certains idéologues et médias comme un moyen de mystification, qui permet d’opérer un amalgame entre l’extrême droite et la gauche radicale, par exemple le Front de gauche, de mettre en regard d’un populisme de droite un populisme de gauche, sous prétexte que les deux s’opposent aux politiques néolibérales et à la construction européenne… »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.

Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

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