Le Rassemblement national tire son origine d'individus et groupes fascistes

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Argument POURCet argument est un argument POUR dans le débat Le Rassemblement national est-il un parti fasciste ?
POUR CONTRE
Argument POURLe Rassemblement national est un parti nationaliste
Argument POURLe Rassemblement national est un parti raciste, xénophobe, antisémite et homophobe
Argument POURLe Rassemblement national tire son origine d'individus et groupes fascistes
Argument POURLes Le Pen entretiennent des liens avec des personnes considérées fascistes
Argument POURL'étude du fascisme fait partie de la formation des militants du Rassemblement national
Argument POURLe Rassemblement national a la base sociale traditionnelle du fascisme
Argument POURLe slogan "Ni gauche, ni droite" est typiquement fasciste
Argument POURLe programme du RN a un volet sécuritaire via le respect de l'autorité policière et donne une place à l'armée très importante
Argument POURL'idéologie du RN prône la haine et l'exclusion
Argument POURLe RN favorise des comportements fascistes (exclusion, haine, discriminations etc.)
Argument POURLe RN soutient les mouvements identitaires considérés comme extrémistes
Argument POURLe RN tire profit de la crise politico-sociétale
Argument POURLe RN est coutumier des fake news
Argument POURLes sympathisants RN soutiennent largement des idées excluantes et liberticides
Argument CONTRELe Rassemblement national s'est dédiabolisé avec Marine Le Pen
Argument CONTRELa tendance fasciste du Rassemblement national est en voie de marginalisation
Argument CONTRELe Rassemblement national n'a pas de milices armées
Argument CONTRELe Rassemblement national n'a pas pour objectif de façonner un ordre nouveau
Argument CONTRELe Rassemblement national est un parti intégré dans le jeu électoral
Argument CONTRELe Rassemblement national se réclame de la démocratie
Argument CONTRELe Rassemblement national est un parti national-populiste
Argument CONTRELe RN n'utilise pas la terreur ni la violence de rue
Argument CONTRECrier au loup fasciste avec le RN sert les intérêts politiciens d'une gauche qui a oublié ses fondamentaux
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Mots-clés : Front national, Extrême-droite, Fascisme, Le Pen, Ordre nouveau [ modifier ]

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CitationsCitations [ modifier ]

« Le Front national est un projet porté par le mouvement néofasciste Ordre nouveau, fondé en 69 et dissout par l’Etat en 1973. [...] Ordre nouveau [ON] se définit comme « nationaliste-révolutionnaire » et ne fait pas de mystère sur que ce que signifie néofasciste dans le cadre de l’après-guerre. Le mouvement se veut très subversif, mais dans ses sections on lit quand même plutôt Maurras, il y a une petite difficulté à accorder le ressenti révolutionnaire avec des idées qui le soient autant. D’où l’importance de la violence physique, qui donne chair à ce révolutionnarisme mais finit par mener à la dissolution. Se retrouvent à ON tous les items qui font l’extrême droite : représentation de la nation comme un organisme, utopie de régénération, dégagement des « élites véritables » en lieu et place de la « démoploutocratie », etc. »
Nicolas Lebourg, « Les origines du Front national », 13 octobre 2013.
« Parmi les tous premiers organisateurs du Front national figurent une kyrielle d’individus issus d’Ordre nouveau ou d’autres organisations d’extrême-droite et fascistes qui, actuellement encore, démontrent par leur présence aux côtés des Le Pen que ce parti reste un parti d’extrême droite […].
  • Commençons par Pierre Bousquet. Membre du Parti franciste depuis 1935, il était devenu délégué général du bureau de commandement de la jeunesse franciste en 1941. Ancien caporal de la 33e division de grenadiers SS Charlemagne, il fait partie des 300 Français qui combattirent les Russes en avril 1945 dans la capitale allemande. Il a été membre du premier bureau politique du Front national et son premier trésorier pendant 9 ans. […]
  • Léon Gaultier. Il a été secrétaire à l’Information du gouvernement de Pétain. Il fut également un des fondateurs de la Milice nationale de Pétain. Lieutenant des Waffen SS, il commanda une unité française sur le front de l’Est durant l’été 1944. À son retour en France, frappé d’indignité nationale, il fut emprisonné et condamné aux travaux forcés. Libéré après avoir passé une certaine période en prison, il devint, en 1972, cofondateur du Front national dont il fut trésorier. Il figure comme une personnalité importante parmi les membres fondavril 2017ateurs de cette organisation.
  • François Duprat. L’homme d’extrême-droite qui inventa le Front national. Auteur spécialisé dans le fascisme et les mouvements d’extrême-droite, il eut un rôle fondamental dans la naissance et l’ascension finale du Front national. Adepte des thèses révisionnistes, il fut une des figures de l’extrême-droite dans les années 1960-70. Il était à ce moment-là numéro 2 au Front national. Il était auparavant adhérent de diverses organisations fascistes, comme l’OAS, en passant par la Fédération des étudiants nationalistes et Ordre nouveau. C’est lui, par exemple, qui souffla à Jean-Marie Le Pen une expression devenue une des marques du parti d’extrême droite, le fameux : « Un million de chômeurs, c’est un million d’immigrés en trop », expression reprise aujourd’hui sous d’autres formes par Marine Le Pen. [...]
  • François Brigneau. Militant d’extrême-droite, il adhère au « frontisme » en 1937. Membre du Rassemblement national populaire de Marcel Déat, il s’oriente vers la Collaboration et en juin 1944, au lendemain du débarquement allié en Normandie, il s’engage dans la Milice. […] Au moment de la création du FN, il en devient vice-président. Un demi-siècle plus tard, « il tire toujours une certaine gloire » de ses engagements et se vante d’avoir été un compagnon de cellule de Brasillach. Brasillach est surtout connu pour son engagement à l’extrême-droite. Membre de l’Action française, dans les années 1930, il évolue vers le fascisme. »
Léon Landini, « Front national : Les chiens ne font pas des chats ! », avril 2017.
« En plus d'accueillir un ancien nazi dans ses rangs, il [le FN] s'est très largement inspiré du MSI, parti fasciste italien. Outre la reprise du logo (flamme tricolore), le lien entre les deux partis ne fut pas froid, comme le rappelle fièrement Lorrain de Saint Affrique (conseiller de Jean-Marie Le Pen) : « Bien sûr, c'est la petite flamme du MSI. Dans les années 1970, le lien politique avec le FN était très important. Jean-Marie Le Pen et Giorgio Almirante ont d'ailleurs fait partie du même groupe au Parlement européen en 1984. » »
Momo-B, « Pourquoi ne pas voter FN ? », 26 décembre 2016.

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ObjectionsObjections [ modifier ]

ObjectionsLa filiation n’est que chronologique

« Nous l’avons dit : Ordre nouveau fut à l’origine du FN. Mais peut-on encore parler en 2014 de filiation autre que chronologique ? Il reste dans la formation de Marine Le Pen d’anciens militants d’Ordre nouveau [ON]. Leur fidélité à l’engagement nationaliste est intacte mais le parti dans lequel ils militent ne peut plus être un calque de celui de leur jeunesse : la violence politique a drastiquement diminué ; les lois réprimant le racisme et la xénophobie rendraient certainement illégaux nombre d’éléments de langage d’ON ; l’anticommunisme et l’antigaullisme ne sont plus des déterminants majeurs du combat politique ; enfin, la « dédiabolisation » voulue par l’actuelle direction passe par l’élimination de la visibilité du « folklore » nationaliste (mais non des fondamentaux nationalistes). »
Jean-Yves Camus, « Préface », Aux racines du FN, Éditions Fondation Jean-Jaurès, 2014.
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ObjectionsLe RN compte aussi à sa fondation des Résistants dans ses rangs

« Si le parti de Marine Le Pen est présenté régulièrement par ses adversaires comme un parti de « collabos », il ne faut pas oublier que le Front national a compté dans ses rangs, et depuis sa fondation, de nombreux résistants et déportés dont voici quelques noms célèbres :
  • Maître Jean-Baptiste Biaggi, avocat, ancien député de Paris, ancien conseiller régional de Corse, ancien maire de Cagnano (Corse), officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-1945, médaille de la Résistance.
  • Rolande Birgy, ancienne de la JOC (1928), membre du Sillon catholique (1930), de la CFTC (1929) et du MRP (1945), résistante (Réseau Valette d’Osia), croix du Combattant volontaire de la résistance, Yad-Waschem (titre de « Juste » décerné par l’Etat d’Israël, en 1984), membre de SOS Tout Petits.
  • Jean-Charles Bloch, Croix de guerre, président du Comité des Français juifs.
  • [...] »
Jordi Vives, « Le Front national et la Résistance française, une histoire méconnue », Lengadoc Info, 28 avril 2017.
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ObjectionsLe RN n'a actuellement pas pour objectif de façonner un ordre nouveau

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ObjectionsLe RN n'a actuellement pas de milices armées

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ObjectionLe RN finance le GUD, responsable de nombreuses agressions, vandalismes et meurtres

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ObjectionLa police nationale, dans laquelle leur idéologie est très représentée, est leur milice officieuse

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ObjectionRobert Ménard a eu un temps le projet de créer une milice spéciale

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ObjectionsLa tendance fasciste est en voie de marginalisation

« Les néo-nazis ne sont plus qu'une infime minorité au sein du FN depuis 1981-82 et leur engagement est purement individuel... À partir de 1985, les sympathisants frontistes aux convictions néo-nazies rejoignent, à sa création, le Parti Nationaliste Français Européen (PNFE)... En règle générale, la durée de l'engagement frontiste des néo-nazis est courte : elle se termine soit par exclusion, soit par départ volontaire en direction des groupuscules. »
Jean-Yves Camus, Le Front national, 1997.
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ObjectionLa littérature fasciste circule toujours, de façon dissimulée

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La littérature fasciste circule toujours au Front national de façon dissimulée
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Cela signifie que des groupes fascistes tentent d'influencer le RN
Objection On ne peut pas empêcher aujourd'hui toutes sortes d'idées politiques de circuler, ce n'est pas y adhérer
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionLe RN n'a pas intérêt à se réclamer du fascisme

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Le Rassemblement national n'a pas intérêt à se réclamer du fascisme
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le RN n'est pas un mouvement fasciste, sinon il s'en réclamerait
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionAlain Soral, bien qu'ayant rompu avec le RN, est très influent auprès des jeunes militants frontistes

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ObjectionLe RN peut difficilement se passer des fascistes, car certains sont des cadres compétents

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ObjectionLes militants exclus pour fascisme reviennent quand le scandale est oublié

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ObjectionL'exclusion des militants pointés du doigt comme fascistes permet au RN de se dédouaner

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L'exclusion des militants du Front national présumés fascistes permet au RN de se dédouaner
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Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'exclusion du RN des militants présumés fascistes ou racistes montre que le RN n'adhère pas à ces idéologies
Objection Argument fallacieux : si le RN a des militants fascistes, il est fasciste, mais s'il les exclut, il est fasciste aussi !
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionDe nombreux membres du parti commettent des "dérapages" sans pour autant être exclus

« La revue Dièses révèle qu’une conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes, Sophie Robert, affiche sans complexe son opposition à la pratique de l’IVG, un « fléau » qui « ravage la France », selon elle.

Rien d’étonnant à découvrir un passif très conservateur quant aux droits des femmes, mais aussi très raciste et homophobe, comme le montre l’enquête :

   « Alors que des élèves de Seine-Saint-Denis ont repris la célèbre œuvre Roméo et Juliette, celle-ci s’est offusquée publiquement, dans une publication qu’elle n’a pas manqué de partager sur Facebook : “Roméo et Juliette devient Mamadou et Juliette (…)” »
   « “On imagine que ça peut donner cela : Wesh Juliette, donne-moi ton 06 !”, avant d’ajouter “et l’année prochaine, toujours dans un esprit de progrès, de tolérance, et avec le mariage pour tous, ça pourra donner Mamadou et Mohamed, c’est bien ça ?” »

Alors pourquoi n’a-t-elle pas été a minima convoquée par son parti comme d’autres élus RN ? L’enquête indique :

   « Certains ont été écartés du parti, mais ce n’est visiblement pas le cas de Sophie Robert, dont le nom figure toujours en tant que cadre du bureau et du Conseil national du parti. Les points communs des élus convoqués ? Ils incarnent une ligne politique de droite catholique, et sont des proches soutiens de Marion Maréchal. »

Sophie Robert est elle aussi une proche de Marion Maréchal-Le Pen : c’est même la directrice financière de l’ISSEP, école fondée par la nièce de Marine Le Pen. Ce que nous disent ces élues et candidates du RN

Alors que d’autres partis n’hésitent pas à retirer sa candidature à Sara Zemmahi simplement parce qu’elle porte un voile sur un support de campagne, on dirait que le RN, lui, n’est pas très prompt à faire le ménage chez lui.

On pourrait se dire que ces posts, ces extraits d’interviews parfois vieux de presque dix ans dans le cas de Sophie Robert, sont des casseroles. Des « dérapages », comme on dit souvent dans les médias. Mais c’est aussi une bonne piqûre de rappel, pour celles et ceux qui pensent qu’une femme à la tête d’un parti, même d’extrême droite, c’est une garantie de conserver des acquis en matière de droits des femmes et des minorités.

Tout cela ne fait que confirmer que la stratégie de dédiabolisation du RN a fonctionné dans les urnes, mais a ses limites dans les faits.

Avoir des femmes en son sein ne fait pas du RN un parti respectable. Il aura beau respecter la parité sur les listes électorales (difficile de faire autrement, puisque c’est une exigence inscrite dans la loi du 6 juin 2000), il restera un parti intrinsèquement dangereux, qui brasse des idées sexistes, racistes et homophobes et attire des personnes qui y adhèrent. »

ObjectionsLe RN est simplement un parti national-populiste

« La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l'extrême droite : le national-populisme, qui s'est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l'extrême droite en France. Le national-populisme conçoit l'évolution politique comme une décadence dont seul le peuple, sain, peut préserver la nation. Privilégiant le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà les clivages et les institutions parasites censées menacer de mort la nation, le national-populisme se réclame de la défense du petit peuple, du « Français moyen » de « bon sens », face à la trahison d'élites, fatalement corrompues. Il fait l'apologie d'un nationalisme fermé, se met en quête d'une unité nationale mythique et est « altérophobe ». Il réunit des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Bien qu'il recoure à une esthétique verbale socialisante, il prône l'union de tous après l'exclusion de l'infime couche de profiteurs traîtres à la patrie, ce qui implique de rompre avec l'idéologie de la lutte des classes. Pour faire coïncider la nation et le peuple, il effectue des permutations entre les sens du mot « peuple ». Le peuple, c'est le demos, l'unité politique ; c'est également l'ethnos, l'unité biologique ; c'est encore un corps social, les « classes populaires » ; et c'est enfin la « plèbe », les masses. L'extrême droite national-populiste joue sur la confusion entre toutes ces significations. »
Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus, Gaël Brustier, « Le FN, un national populisme », Le Monde, 5 octobre 2013.
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« Le FN s'ancre dans la veine nationale-populiste installée dans la vie politique française par le général Boulanger (1887-1889) et visant à établir une république autoritaire. Il a toujours attiré des membres issus de l'extrême-droite radicale dont l'action s'inscrivait dans une perspective révolutionnaire. »
Stéphane Lebourg, « Le Front national et la galaxie des extrêmes droites radicales », Les faux-semblants du Front national, Presse de Sciences Po, Paris, 2015.
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ObjectionLe terme « populiste » n'est pas rigoureusement défini

« Le recours à la qualification de populisme et à ses variantes, le national-populisme, selon le néologisme formé par Pierre-André Taguieff (1984) ou bien encore le néo-populisme, selon le titre de l'histoire du FN proposée par Erwan Lecoeur (2003), pose plusieurs problèmes. Le premier tient au flou qui entoure ce terme : on ne sait jamais très bien si son usage correspond à une exigence scientifique, ou au sens commun ou journalistique. La littérature spécialisée regorge de livres et d'articles s'efforçant d'affronter ce problème. »
Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« La confusion des repères et le brouillage du clivage gauche/droite sont permis et aggravés par l’usage fort répandu de la notion de populisme. En Amérique latine, au cours de la période allant des années 1930 aux années 1960 le terme de populisme correspondait à une réalité spécifique : des gouvernements nationaux populaires ou des mouvements rassemblés autour de figures charismatiques – Vargas, Perón, Cardenas – disposant d’un soutien populaire important et développant une rhétorique anti-impérialiste. Or, l’usage qui est fait du terme aujourd’hui en France et en Europe est vague et imprécis. Ainsi, à propos du Front national, P.-A. Taguieff définit le populisme comme « un style rhétorique qui est lié directement à l’appel au peuple ». D’autres politologues réfèrent le populisme à « une position politique qui se situe du côté du peuple contre les élites » : une caractérisation qui peut convenir pour presque tous les partis et mouvements ! »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.

ObjectionLe terme « populiste » ne renvoie qu'à une partie des idées du RN

« On peut s'étonner de voir resurgir la notion de « populisme » pour qualifier le parti de Marine Le Pen, tant les mises au point académiques sur le sujet ont été nombreuses par le passé. D'une part, en effet, le terme a perdu toute signification à force d'être utilisé pour désigner un ensemble toujours plus large de personnalités ou de phénomènes (de Margaret Thatcher au chanteur Renaud, de Bernard Tapie au guide Michelin, du général Boulanger à Internet, de Lech Walesa au mouvement altermondialiste, etc.). D'autre part, le plus petit dénominateur commun entre ses multiples manifestations réside dans un style politique d'appel au peuple – style qui ne saurait être considéré comme une nouveauté au FN. Il faut donc admettre que cette notion est impropre à qualifier le parti de Marine Le Pen, même si la présidente du parti le revendique pour elle-même, précisément parce qu'elle est moins « stigmatisante » que l'étiquette d'extrême droite qui est généralement accolée au FN. »
Alexandre Dézé, Le Front national : à la conquête du pouvoir ?, Armand Colin, Paris, 2012.

ObjectionLe populisme ne s'installe généralement pas dans le paysage politique

« Il faut tirer quelques leçons de ces indications encore élémentaires. La première est que contrairement au « boulangisme » ou au « poujadisme », le FN est inscrit dans la durée, capable de survivre à des changements importants, tant internes (scission de 1998 ou succession de 2011), que dans son environnement politique, social, culturel. [...] L'adjectif « populiste » n'en demeure pas moins souvent appliqué. Mais, en règle générale, le populisme ne s'installe pas durablement, c'est plutôt un moment, une configuration qui correspond à un état singulier d'une société. Ce n'est pas le cas avec le Front national. »
Michel Wieviorka, Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Maison des Sciences de l’Homme, 2013.

ObjectionL'usage du terme « populisme » sert à éviter de qualifier le RN de raciste

« Quand on l’applique au Front national (ou à d’autres partis européens d’extrême droite) ce pseudo concept [de populisme] devient un euphémisme trompeur qui permet – délibérément ou non – de les légitimer, les rendant plus acceptables, voire appelant – car qui refuse d’être pour le peuple contre les élites ? – à écarter les termes dérangeants de racisme, xénophobie, fascisme, ou extrême-droite. »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.
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« Pour contourner le véritable interdit moral qui empêche désormais toute assimilation du FN français ou du FPÖ autrichien au fascisme, les « intellectuels » ont inventé le mot de « populisme », jugé historiquement plus « neutre » et moins polémique. Quelle erreur ! Ce faisant, on a légitimé un peu plus ces partis : dans « populisme », il y a peuple et le FN, par exemple, en joue pour affirmer qu’il est le parti du peuple. Ce terme qui se veut méprisant valide en réalité son discours : d’un côté, il y aurait un parti populiste ou « anti-establishment », pour reprendre une expression de Le Pen père, à l’écoute du peuple, de l’autre « l’UMPS » représentant les élites. Le mot « populisme » donne une façade aimable à des partis qui détestent les valeurs européennes d’égalité, de liberté, de fraternité léguées par la Révolution française. S’interdire de nommer ce que l’on combat, c’est s’interdire tout simplement de le combattre : si les jeunes sont attirés par ces partis, c’est aussi parce qu’ils sont sans filiation encombrante, qu’ils paraissent neufs alors, ce qui leur permet de se revendiquer des traditions nationales les plus nobles, comme le fait sans vergogne le FN avec De Gaulle et Jaurès. »
Jean Quatremer, « Le fascisme à visage humain », 17 octobre 2016.

ObjectionL'usage du terme « populisme » sert à amalgamer extrême droite et gauche radicale

« En France et en Europe le mot populisme est aussi délibérément utilisé par certains idéologues et médias comme un moyen de mystification, qui permet d’opérer un amalgame entre l’extrême droite et la gauche radicale, par exemple le Front de gauche, de mettre en regard d’un populisme de droite un populisme de gauche, sous prétexte que les deux s’opposent aux politiques néolibérales et à la construction européenne… »
Michael Löwy, Francis Sitel, « Le Front national dans une perspective européenne », Contretemps, 17 octobre 2016.

Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

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