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La majorité des ouvriers n'ont pas la possibilité de s'élever socialement

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Cet argument est utilisé dans le débat : La classe ouvrière est-elle la seule classe révolutionnaire ?.

Résumé 

Citations 

« Qu’un salarié devienne un capitaliste, la chose est, de prime abord, impossible, au moins suivant le cours ordinaire des événements. Des esprits raisonnables ne peuvent faire entrer en ligne de compte, dans l’étude de la situation de la classe ouvrière, un gain à la loterie de Hambourg ou un oncle d’Amérique. Dans des circonstances particulièrement favorables, il peut arriver de temps en temps qu’un ouvrier bien placé réussisse, grâce aux privations les plus dures, à économiser suffisamment pour s’assurer l’exploitation d’un petit métier ou d’une petite boutique, pour laisser étudier ses fils et en faire quelque chose de « mieux ». Il serait risible de présenter aux ouvriers de semblables possibilités comme des moyens d’améliorer leur sort ou le sort de leurs enfants. Dans le cours ordinaire des choses, un ouvrier, s’il arrive toutefois à faire des économies, peut se tenir pour satisfait s’il réussit à mettre de côté, dans des périodes de prospérité, une somme suffisante pour ne être pas pris au dépourvu quand arrive le chômage. Mais, aujourd’hui, il serait ridicule pour un ouvrier de faire fond sur cette vague perspective. L’évolution économique ne rend pas seulement l’épargne de plus en plus impossible à l’ouvrier ; elle lui interdit, même s’il réussit à économiser le nécessaire, de s’élever, lui et sa famille, au-dessus de l’existence du prolétaire. Devenir un petit patron indépendant, c’est, pour lui, tomber d’un abîme dans un autre ; généralement, il est obligé de revenir à son ancienne misère et d’apprendre, au prix de ses économies, que la petite industrie est condamnée. »

Karl Kautsky, Le programme socialiste, 1892

Références 

Justifications 

Objections 

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