Le revenu de base permet une déconnexion entre le revenu et le travail

De Wikidébats
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
[ renommer ][ Modifier les bandeaux d'avertissement de l'argument ]
Mots-clés : Revenu de base, Travail [ modifier ]

Résumé de l'argumentRésumé de l'argument [ modifier ]

Aucun résumé n'a été entré pour le moment.

CitationsCitations [ modifier ]

Aucune citation n'a été entrée pour le moment.

Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentUn non-sens économique

Instaurer un revenu de base revient à distribuer à tous une somme d'argent sans exiger en retour un travail ; cela revient à déconnecter le revenu du travail. Or l'argent à partir duquel est financé le revenu de base provient du travail de nombreux travailleurs, quel que soit le mode de financement du revenu de base, car la valeur économiqueWikipedia.svg

Il existe plusieurs définitions de la valeur selon le courant de pensée économique. Elles se rattachent à deux conceptions principales qui donnent au mot « valeur » des sens radicalement différents, et impliquent deux conceptions différentes de la relation entre valeur et prix.

La conception subjective définit la valeur comme l'expression de l'intérêt qu'un agent particulier porte à un bien ou à un service, qui résulte d'un processus psychologique d'évaluation.

Source : Wikipédia
naît du travail. Si rien n'assure le fait qu'une partie importante de la population continue de travailler, c'est la possibilité même de financer le revenu de base qui s'effondre.
« Détacher le revenu du travail n'a pas de sens car le travail est le seul producteur de richesse, le seul producteur de valeur économique ; donc il y a forcément un lien entre le travail et le salaire. Le revenu de base est détaché de l'emploi. Le problème aujourd'hui du salaire c'est qu'il est lié à l'emploi pour beaucoup de la population ; et si vous liez le salaire à l'emploi, alors c'est le chantage à l'emploi en permanence. On le connaît bien aujourd'hui, Mittal ne fait pas vivre 20 000 personnes, c'est 20 000 personnes qui le font vivre ; et si on lie le salaire à l'emploi, on donne tous les pouvoirs aux propriétaires lucratifs, et c'est pour cela que tout mouvement syndical au cours du XX° siècle a été pour déconnecter le salaire de l'emploi et pour attacher le salaire à la personne. C'est nous qui produisons la valeur, ce n'est pas Mittal. »
Bernard Friot, « Ce soir ou jamais », 07/06/2013.
Voir plus...
Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
SOUS-ARGUMENTS [ modifier ]
Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
OBJECTIONS [ modifier ]

ObjectionUne déconnexion qui tend à devenir la norme

La déconnexion entre le revenu et le travail est déjà bien amorcée. C'est une tendance des sociétés industrialisées contemporaines qui se matérialise notamment par :

  • l'accroissement de la part des prestations sociales (notamment chômage) au sein du PIBWikipedia.svg

    Le produit intérieur brut (PIB) est l'indicateur économique qui permet de quantifier la valeur totale de la « production de richesse » annuelle effectuée par les agents économiques (ménages, entreprises, administrations publiques) résidant à l'intérieur d'un territoire.

    Le produit intérieur brut est le principal indicateur de la mesure de la production économique réalisée à l’intérieur d'un pays et l'un des agrégats majeurs des comptes nationaux.

    Le PIB reflète donc l'activité économique interne d'un pays et la variation du PIB d'une période à l'autre est censée mesurer son taux de croissance économique.

    Source : Wikipédia
     ;
  • l'importance des externalités positivesWikipedia.svg

    L'externalité caractérise le fait qu'un agent économique crée, par son activité, un effet externe en procurant à autrui, sans contrepartie monétaire, une utilité ou un avantage de façon gratuite, ou au contraire une nuisance, un dommage sans compensation (coût social, coût écosystémique, pertes de ressources pas, peu, difficilement, lentement ou coûteusement renouvelables…).

    De la sorte, un agent économique se trouve en position d'influer consciemment ou inconsciemment sur la situation d'autres agents, sans que ceux-ci soient parties prenantes à la décision : ces derniers ne sont pas forcément informés et/ou n'ont pas été consultés et ne participent pas à la gestion de ses conséquences par le fait qu'ils ne reçoivent (si l'influence est négative), ni ne paient (si l'influence est positive) aucune compensation.

    En résumé : « Tout coûte mais tout ne se paie pas » .

    Source : Wikipédia
    dans la création de valeur économiqueWikipedia.svg

    Il existe plusieurs définitions de la valeur selon le courant de pensée économique. Elles se rattachent à deux conceptions principales qui donnent au mot « valeur » des sens radicalement différents, et impliquent deux conceptions différentes de la relation entre valeur et prix.

    La conception subjective définit la valeur comme l'expression de l'intérêt qu'un agent particulier porte à un bien ou à un service, qui résulte d'un processus psychologique d'évaluation.

    Source : Wikipédia
    .
« Ce qui était vrai aux temps les plus reculés de notre histoire ne l’est plus totalement aujourd’hui car, depuis, la nature et la place du travail ont fortement évolué dans notre société. D’ores et déjà, une fraction croissante du revenu des ménages se forme indépendamment de toute participation à l’effort productif, puisque la part des prestations sociales ne cesse de s’accroître dans le PIB, passant de moins de 12% en 1949 à 30% en 1998. [...] Le produit de notre travail n’est pas le fruit de notre seul mérite. Il est aussi le fruit du savoir né du travail des générations antérieures, qui conditionne l’ensemble des connaissances, le capital matériel et social accumulé, le niveau même des salaires, et encore les infrastructures et la culture même dans laquelle nous vivons. C’est cet ensemble qui est à l’origine de l’efficacité des efforts individuels et caractérise le niveau de vie d’un pays. Ces fruits appartiennent donc à tous, qu’ils travaillent ou non, et la justice sociale impose que chacun en perçoive une part égale. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Quelles sont les critiques ? ».

ObjectionDes mécanismes régulateurs

Des mécanismes peuvent inciter les personnes touchant un revenu de base à exercer un travail salarié. Par exemple, si le montant du revenu de base n'est pas suffisant pour bien vivre, une grande partie des personnes seront conduites à travailler. Le travail pourra, en ce sens, toujours être la source de financement du revenu de base.

Sous-argumentUn principe immoral

Donner un revenu aux gens sans contrepartie est immoral. Cela revient à payer les gens à ne rien faire.
SOUS-ARGUMENTS [ modifier ]
Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
OBJECTIONS [ modifier ]

ObjectionLa dignité humaine

Simplement du fait qu'il existe, tout être humain doit recevoir de la société de quoi vivre. La dignité humaine fonde un droit à un revenu pour tous.
« Le revenu d'existence est un projet humaniste, où chaque être humain est reconnu comme une personne autonome, apportant à la société toute entière sa richesse relationnelle, ses projets, ses potentialités d'une infinie variété. Loin de toute approche utilitariste, le revenu d'existence est dû à chacun "non pour exister mais parce qu'il existe". »
Association pour l'instauration d'un revenu d'existence (A.I.R.E), « Charte de l'Association pour l'instauration d'un revenu d'existence ».
Voir plus...
« Chaque être humain a un droit inconditionnel à la vie. Dans les systèmes conditionnels de sécurité sociale, il y a toujours des personnes qui ne remplissent pas les critères. Un revenu de base est inconditionnel et en tant que tel reconnaît le droit à la vie de toutes les personnes. Il soutient aussi la dignité de chaque être humain en libérant les personnes de pauvreté dégradante et de conditions de travail asservissantes. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».

ObjectionUn héritage des générations passées

« Le revenu universel peut également se justifier au nom de l’héritage des générations passées. « James Meade, économiste keynésien, analysait ce revenu de type égalitaire comme la contrepartie de tout ce que nos prédécesseurs nous ont légué, comme connaissances ou comme richesses, et dont chacun de nous hérite à sa naissance sans y être pour rien, écrivent Denis Clerc et Christophe Fourel dans un article publié en 2010 dans la revue Esprit. Il est légitime, disait-il en substance, que ces ressources qui nous viennent du passé et qui expliquent une partie des capacités de production actuelles de chaque nation reviennent à chacun sur une base égalitaire au sein de la nation où il se trouve avoir vu le jour, un peu comme un héritage. » »
Anne Chemin, « Le revenu universel entraînera-t-il la fin du travail ? », Le Monde, 2017/01/26.

ObjectionTout le monde produit de l'utilité sociale

Les individus ne sont que très rarement inactifs. En majorité, les retraités ou les chômeurs accomplissent des choses utiles à la société, qui ne sont simplement pas comptabilisées dans le PIBWikipedia.svg

Le produit intérieur brut (PIB) est l'indicateur économique qui permet de quantifier la valeur totale de la « production de richesse » annuelle effectuée par les agents économiques (ménages, entreprises, administrations publiques) résidant à l'intérieur d'un territoire.

Le produit intérieur brut est le principal indicateur de la mesure de la production économique réalisée à l’intérieur d'un pays et l'un des agrégats majeurs des comptes nationaux.

Le PIB reflète donc l'activité économique interne d'un pays et la variation du PIB d'une période à l'autre est censée mesurer son taux de croissance économique.

Source : Wikipédia
.
« [S]i le revenu inconditionnel est versé à chaque citoyen pour lui permettre de contribuer, par les activités de son choix, à l'enrichissement de la société, cela revient à postuler que toutes les activités sont utiles à la société et contribuent réellement à son enrichissement et à son bien-être. Un tel postulat peut interpeller. D'aucuns pourraient en effet mettre en doute l'utilité sociale d'une partie de pétanque ou de belote entre amis par exemple... Mais au nom de quel critère pourrait-on la mettre en doute ? Une erreur courante consiste à limiter l'utilité sociale aux seules activités économiquement reconnues et valorisées. Mais le marché ne saurait constituer un critère pertinent de détermination de l'utilité sociale. Non seulement toute activité marchande n'est pas nécessairement utile, mais les activités utiles ne sont pas nécessairement marchandes non plus. Et pour cause, c'est précisément leur gratuité qui donne toute leur valeur à certaines choses, toute leur utilité sociale. [...] Pour finir, à ceux qui rechigneraient encore à « payer les gens à ne rien faire », rappelons ces quelques points. D'abord, personne n'est inactif. Chacun de nous se livre à des activités. Quelles qu'elles soient, quels que soient leur cadre, leur forme, le nombre d'individus qu'elles impliquent ou les retombées sociales qu'elles engendrent, ces activités sont utiles socialement. Lorsqu'elles sont collectives, la création de richesse sociale est immédiate. Lorsqu'elles sont solitaires, la création de richesse est simplement différée. En effet, ces activités sont autant de richesses et d'expériences amassées et qui finissent tôt ou tard par être partagées. La richesse sociale a d'ailleurs ceci de particulier qu'on ne la perd pas en la partageant, on la multiplie au contraire. Notons enfin que la société est une toile tissée de liens sociaux, et que la richesse des uns finit toujours, grâce à l'échange, par profiter à tous. Gardant ces points à l'esprit, qui douterait encore de l'utilité sociale d'une partie de belote ? Qui ignorerait toujours la saveur et la richesse sociale qui naît d'une discussion amicale autour d'un verre ? Ce sont ces activités-là qui rendent la société si riche et qui lui donnent tout son sens ; c'est cette richesse-là que nous devons entretenir. Le revenu inconditionnel doit pouvoir y contribuer. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

ObjectionLa rémunération du travail social non rémunéré

« Dans le capitalisme cognitif, le travail est toujours dans une certaine proportion du travail souterrain, non rémunéré car échappant à la sphère monétaire de l'échange marchand et du rapport salarial. En dépit de sa contribution à la production, ce travail social n'est pas rémunéré et la valeur de cette production est jugée inexistante puisqu'elle échappe aux critères traditionnels de mesure du travail dans la sphère monétaire ou le rapport salarial. En conséquence, la contrepartie en termes de travail existe déjà, mais c'est précisément le revenu qui manque. »
Jean-Marie Monnier, Carlo Vercellone, « Le revenu de base comme revenu primaire », Revue de l'OFCE, Sciences Po, 2017.

ObjectionsObjections [ modifier ]

Aucune objection n'a été entrée pour le moment.

Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

Aucune référence n'a été entrée pour le moment.

Débat parentDébat parent