Le revenu de base est une mesure adaptée à l'économie du 21e siècle

De Wikidébats
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
[ renommer ][ Modifier les bandeaux d'avertissement de l'argument ]
Mots-clés : Revenu de base, Nouvelle économie [ modifier ]

Résumé de l'argumentRésumé de l'argument [ modifier ]

La robotisation et la numérisation de l'économie et de la production rendra le travail de moins en moins nécessaire. Il n'y aura pas d'autres options que de mettre en place un revenu universel tôt ou tard.

Il faut arrêter de voir le travail comme quelque chose qui nous définit et accepter que ce dernier devienne un choix, non plus une nécessité. Le chômage deviendra une nouvelle norme et la vie en société se fera sur d'autres valeurs, l'absence d'activité professionnelle ne constituant plus une source d'isolement.

CitationsCitations [ modifier ]

Aucune citation n'a été entrée pour le moment.

Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentAdaptée à la situation de chômage de masse

Le revenu de base prend tout son sens dans une société où une grande partie de la population est au chômage. Plutôt que de chercher sans cesse à faire baisser les « chiffres du chômage », ce que tous les gouvernements essaient de faire sans que cela ait réellement d'effet, il faut commencer par accepter le fait que le chômage de masse est une tendance durable de nos sociétés industrialisées.
« Le but du revenu de base est donc de faire repartir l'économie réelle en prenant acte du fait que le plein emploi, c'est terminé. Mais que l'État dépense de plus en plus pour y arriver, sans grand résultat. Les réductions de cotisation sociales s'élevaient ainsi en 2008 à 30,9 milliards, et dernièrement, le Crédit d'impôt compétitivité emploi en a coûté 20. Il est temps de remettre en question le modèle économique basé sur le plein emploi et que l'homme se réaccapare sa vie en développant des activités non marchandes. »
SOUS-ARGUMENTS [ modifier ]
Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
OBJECTIONS [ modifier ]

ObjectionFaire de nécessité vertu

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

ObjectionLe chômage n'est pas une loi naturelle

« La disparition d’un emploi sur quatre serait en quelque sorte la conséquence d’une « loi naturelle ». Elle n’aurait pas de causes sociales mais résulterait d’innovations scientifiques et techniques inéluctables. Il serait donc absurde et vain de s’y opposer. Il ne resterait qu’à s’y adapter et le revenu de base serait l’outil privilégié de cette adaptation. »
Jean-Claude Laumonier, « Le revenu de base ou l’ombre de l’émancipation », 2017/10/01.

ObjectionUne réduction du chômage est possible

Il est tout à fait possible de réduire le taux de chômage dans les pays industrialisés.

Sous-argumentAdaptée à la situation de fin du travail

Aucun résumé ni citation n'a été entré pour le moment.
SOUS-ARGUMENTS [ modifier ]
Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
OBJECTIONS [ modifier ]

ObjectionLe taux d'emploi en France se maintient

« Malgré les craintes de la fin du travail, l’emploi se maintient. Ainsi en 2008 en France, avant les effets de la crise, le taux d’emploi des 15 ans et plus était au même niveau qu’en 1985 (52,4 %), l’augmentation du taux d’emploi des femmes et des 50-64 ans compensant la baisse du taux d’emploi des hommes et des 15-24 ans. Malgré la crise, le taux d’emploi des 25-49 ans est même plus élevé en 2014 (80,4 %) qu’en 1984 (79,1 %). »
Guillaume Allègre, Henri Sterdyniak, « Le revenu universel : une utopie utile ? », Revue de l'OFCE, Sciences Po, 2016/12/15.

ObjectionUne prophétie ancienne jamais confirmée

« Cette thèse fataliste a déjà connu son heure de gloire dans les années 1980 du siècle dernier. À cette époque, des prophètes annoncèrent la « fin du travail ». L’un d’eux, André Gorz, en avait déduit logiquement l’impossibilité d’un projet émancipateur porté par un prolétariat (les salariés) en voie d’extinction. Il fit donc ses « Adieux au prolétariat »11 et devint l’un des théoriciens du revenu inconditionnel, seul moyen d’assurer selon lui une émancipation hors du travail, de la « non-classe des non-travailleurs ». La vérification empirique de la prophétie tardant à venir, la thèse de la « fin du travail » connut une période d’éclipse. »
Jean-Claude Laumonier, « Le revenu de base ou l’ombre de l’émancipation », 2016/10/01.

ObjectionUn futur hypothétique et lointain

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

ObjectionLes gains de productivité seront plus faibles au 21e siècle

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Sous-argumentAdaptée à la robotisation du travail

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Sous-argumentAdaptée à l'exigence de flexibilité de la main-d'œuvre

Depuis les années 1980, les entreprises privilégient une main-d’œuvre flexibleWikipedia.svg

La flexibilité du travail est l'un des moyens permettant à une entreprise de s'adapter aux évolutions de sa demande et de son environnement. Cette flexibilité est une des composantes de sa réactivité industrielle. Elle implique toutes les ressources de l'entreprise et en particulier son personnel, par ses modes de gestion des ressources humaines.

Source : Wikipédia
, sur le modèle des travailleurs intérimaires et des contrats de travail permettant une gestion « souple » du personnel. Le revenu de base, parce qu'il est un filet de sécurité pour les travailleurs précaires, est alors une mesure qui permet de satisfaire la demande de flexibilité des entreprises, sans compromettre les conditions de vie des travailleurs précaires.
« Constatons [...] que le cycle bien rythmé : études, emploi quasi garanti à durée indéterminée, puis retraite, que nous avons connu, tend à disparaître. En effet, les entreprises ont davantage besoin de capital humain flexible, variable et toujours renouvelé pour s’adapter à une demande mouvante. Il faudra donc apprendre plusieurs métiers dans sa vie pour dynamiser en permanence ses compétences. C’est ainsi que, quel que soit le niveau de l’activité économique, le travail, comme on le constate déjà aujourd’hui, deviendra de plus en plus intermittent, voire précaire, et les périodes d’emploi alterneront avec des phases d’inactivité ou de formation. Il faut donc rompre le lien trop strict emploi revenu, qui aliène l’homme au salariat et l’enferme dans ses contradictions : devoir travailler de façon quasi continue, alors qu’il devra en permanence affronter le changement. De toute façon, la régularité d’un revenu déconnecté du travail est des plus utile pour celui dont le travail est mal rémunéré et peu assuré. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Quelles sont les critiques ? ».
SOUS-ARGUMENTS [ modifier ]
Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
OBJECTIONS [ modifier ]

ObjectionLa généralisation de la précarité

Si le montant du revenu de base est peu élevé, la généralisation du travail précaire a un coût social fort. Il s'agit dans ce cas d'une régression sociale, contre laquelle il s'agit justement de lutter.
« Un revenu de base dérisoire ne permettrait pas de refuser un emploi précaire ou trop mal payé. La « sécurité » des quelques centaines d’euros qu’il apporterait justifierait aux yeux des employeurs l’extension de toutes les formes d’emplois précaires et la baisse des salaires. La « flexisécurité » ainsi instaurée favoriserait la disparition de l’emploi statutaire ou à durée indéterminée, au profit du temps partiel imposé, de contrats courts, du recours généralisé aux « emplois Uber » et aux « auto-entrepreneurs ». Ces deux dernières « nouveautés » constituent en fait un retour aux formes les plus archaïques de l’exploitation, celles du « journalier » (fût-il un travailleur « intellectuel ») contraint de vendre individuellement sa force de travail sur le marché, sans aucune des garanties collectives qu’ont pu acquérir les salariés. »
Jean-Claude Laumonier, « Le revenu de base ou l’ombre de l’émancipation », 2016/10/01.

Sous-argumentAdaptée à la situation de « travail invisible »

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

Sous-argumentAdaptée au capitalisme cognitif

Le développement du secteur tertiaire est la base d'une nouvelle économie qualifiée de capitalisme cognitifWikipedia.svg

L'économie du savoir, l'économie de la connaissance, l'économie de l'immatériel ou encore le capitalisme cognitif, est, selon certains économistes, une nouvelle phase de l'histoire économique qui aurait commencé dans les années 1990. Le concept est établi par Fritz Machlup en 1962 par la publication de son livre The production and distribution of knowledge in the United States ; sa thèse de 1977 montre que près de 45 % des employés aux États-Unis manipulent de l'information. Ces travaux sont repris dans une annexe d'un rapport officiel français paru en 1978, L'Informatisation de la société, rapport qui connait un succès médiatique sans précédent sous le nom de ses auteurs Simon Nora et Alain Minc.

Source : Wikipédia
, qui a profondément changé la nature du travail. Entre autres choses, le capitalisme cognitif se caractérise par l'importance du travail intellectuel, qu'il est difficile de mesurer en heures de travail et donc de rémunérer de façon adéquate par un salaire calculé sur la base d'un certain nombre d'heures de travail. Or, parce qu'il n'est pas établi sur la base d'un temps de travail, le revenu de base est en ce sens un mode de rétribution particulièrement adapté au capitalisme cognitif.
SOUS-ARGUMENTS [ modifier ]
Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
OBJECTIONS [ modifier ]

ObjectionUne forme de capitalisme marginale à l'échelle mondiale

Bien que la dimension « cognitive » du capitalisme se soit considérablement renforcée à partir des années 1980, cette dimension est encore relativement marginale, surtout si l'on considère le capitalisme à l'échelle mondiale, et non pas seulement à l'échelle des pays industrialisés. En effet, à l'échelle mondiale, c'est une forme traditionnelle (fordisteWikipedia.svg

Le fordisme, est — au sens premier du terme — un modèle d'organisation et de développement d'entreprise développé et mis en œuvre en 1908 par Henry Ford (1863-1947) fondateur de l'entreprise qui porte son nom, à l'occasion de la production d'un nouveau modèle, la Ford T.

Ce modèle accorde une large place à la mise en œuvre des nouveaux principes d'organisation du travail (organisation scientifique du travail, ou OST) instaurés par le taylorisme (qui, quant à lui, se base avant tout sur la qualité du produit) en y ajoutant d'autres principes comme notamment le travail des ouvriers sur convoyeur (qu'Henry Ford dit avoir découvert lors de la visite d'un semblable dispositif déjà à l'œuvre aux abattoirs de Chicago).

Leurs salaires peuvent être indexés sur cette progression, et générer une augmentation bienvenue du pouvoir d'achat. Comme le perçoit bien Henry Ford (qui voulait que ses ouvriers fussent bien payés, pour leur permettre d'acheter les voitures qu'ils avaient eux-mêmes produites), relayé plus tard par les keynésiens : « le fordisme est le terme par lequel on désigne l'ensemble des procédures (explicites ou implicites) par lesquelles les salaires se sont progressivement indexés sur les gains de productivité.

Source : Wikipédia
) de capitalisme qui domine, caractérisée par le travail non-qualifié et le travail à la chaîne.

ObjectionUne forme de capitalisme marginale même dans les pays à la pointe du développement

Même dans les pays les plus à la pointe de l'économie comme les États-Unis, la majorité des emplois créés sont des emplois non-qualifiés (y compris dans le secteur des services).
« Le capitalisme contemporain se caractérise en réalité par une dualité dans la dynamique de l’emploi. Les effectifs employés croissent en effet par les deux bouts : d’un côté, les effectifs des « travailleurs cognitifs » augmentent rapidement, mais la masse des emplois créés se retrouvent dans les emplois peu qualifiés du commerce et des services aux personnes. Cette structure est particulièrement nette aux Etats-Unis qui devraient pourtant être la terre d’élection de ce nouveau capitalisme. L’étude concrète du capitalisme contemporain montre clairement qu’il est indissociablement néo-taylorien et « cognitif ». »

ObjectionsObjections [ modifier ]

Aucune objection n'a été entrée pour le moment.

Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

Aucune référence n'a été entrée pour le moment.

Débat parentDébat parent