Le revenu de base apporte de meilleures conditions de vie

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Mots-clés : Revenu de base, Conditions de vie, Revenu universel [ modifier ]

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Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentUne réduction de la pauvreté

Parce qu'il offre à chaque personne de quoi s'acheter un panier de biens et de services essentiels, le revenu de base permet de réduire drastiquement le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvretéWikipedia.svg

Le seuil de pauvreté est un indicateur lié à la pauvreté. Le seuil de pauvreté peut être défini de manière absolue (en fonction d'un panier de consommation minimale) ou relative (en pourcentage du revenu médian ou moyen). Ce seuil prend des valeurs radicalement différentes selon l'option de calcul retenue pour le pays.

Source : Wikipédia
. De plus, parce qu'il est versé à tous les citoyens sans condition, le revenu de base n'est pas soumis au problème du non-recours touchant les populations les plus pauvres, qui en bénéficieraient automatiquement.
« Un revenu pour quoi faire ? Éradiquer la pauvreté d'abord car, étant versé automatiquement à chaque citoyen, ce revenu inconditionnel n'entraînerait aucune exclusion de fait (connaissance des aides disponibles, épreuve du guichet) ou de droit (conditions d'attribution), contrairement aux minima sociaux aujourd'hui en vigueur. Et si l'on fixe son montant à un niveau égal ou supérieur au seuil de pauvreté, le revenu inconditionnel permettrait mathématiquement d'éradiquer la pauvreté dans sa définition statistique. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.
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OBJECTIONS [ modifier ]

ObjectionLutte seulement contre la « pauvreté absolue »

Si le revenu de base permet de lutter contre l'extrême pauvreté, il n'est pas forcément une arme contre la pauvreté relativeWikipedia.svg

Le seuil de pauvreté est un indicateur lié à la pauvreté. Le seuil de pauvreté peut être défini de manière absolue (en fonction d'un panier de consommation minimale) ou relative (en pourcentage du revenu médian ou moyen). Ce seuil prend des valeurs radicalement différentes selon l'option de calcul retenue pour le pays.

Source : Wikipédia
, qui est définie en fonction du revenu médianWikipedia.svg

Le revenu par ménage est la somme des revenus de tous les occupants d'un même logement, sans que ces personnes soient forcément unies par des liens de parenté. Cela comprend toutes les formes de revenu comme les salaires, les revenus privés issus des placements et de la propriété, les transferts entre les ménages ainsi que tous les transferts sociaux perçus en espèces, y compris les pensions de vieillesse.

Le revenu par ménage peut être utile pour mesurer l'aisance financière des citoyens d'un pays.

Source : Wikipédia
. En effet, toutes les propositions de revenu de base faites à ce jour sont inférieures au seuil de pauvreté retenu par l'Union européenne, égal à 60 % du revenu médian.
« Les allocataires l’ont aussi rappelé avec force : les minima sociaux ne permettent pas de sortir de la pauvreté. Aucun n’atteint d’ailleurs le seuil de pauvreté, qui est de 1 008 euros mensuels pour une personne seule (le seuil de pauvreté monétaire est fixé à 60 % du niveau de vie médian, Insee 2014). Avec un minimum vieillesse ou une allocation pour adultes handicapés (AAH) fixés respectivement à 808 euros par mois, on parvient tout juste à s’en sortir. Et encore, s’il n’y a pas d’imprévu – une dépense de santé non remboursée, une machine à laver en panne… Mais en dessous, on n’y arrive pas. Avec un RSA à 535 euros par mois, on doit aller aux distributions alimentaires, ce qui est chaque fois une humiliation quelle que soit la qualité de l’accueil qu’on y trouve. »
Sous-débat
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Le revenu de base ne lutte pas contre la « pauvreté relative »
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Sous-argument Aucune proposition de revenu de base ne permet de lutter contre la « pauvreté relative »
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de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionLa nécessité d'une lutte contre les inégalités

La pauvreté est liée aux inégalités de richesse, et en particulier de patrimoine. Si le revenu de base n'est pas couplé à des mesures de lutte contre les inégalités, il ne peut réduire efficacement la pauvreté.
« La question fondamentale à se poser est : est-ce que ce système [de revenu de base] contribuera à diminuer les inégalités ? Si oui, alors il réduira la pauvreté, mais s’il ne contribue pas à diminuer les inégalités, alors il ne réduira pas la pauvreté. Or, une des inégalités les plus fortes est celle du patrimoine (et du capital) : à ma connaissance, l’allocation universelle ne sait rien faire avec ça. Si on ne touche pas à ces choses fondamentales, le revenu de base sera alors juste un petit élément correcteur, à la marge... Il faut qu’il soit construit en rapport avec une plus juste répartition des richesses. Sinon, le risque c’est de tomber dans une logique très libérale au sens premier du terme, c’est-à-dire très « chacun pour soi ». On vous donne votre truc, et après c’est bon, débrouillez-vous avec. »
Christine Mahy, « Le revenu de base éliminera-t-il la pauvreté ? », L'inconditionnel, n°1, décembre 2014.

ObjectionLa nécessité d'un accompagnement social

Pour aider les personnes en situation de pauvreté à s'en sortir, donner un revenu n'est pas suffisant. Il faut également accompagner ces personnes par des professionnels formés et bienveillants, qui les aideront à sortir de la situation d'isolement dans laquelle elles se trouvent.
« Si l’on veut réellement lutter contre la pauvreté, peut-on ne parler que de revenu ? Trouver sa place dans le monde du travail et dans la société nécessite pour beaucoup un accompagnement par des personnes formées et bienveillantes. Donner un revenu sans garantir cet accompagnement peut conduire à un isolement, voire à un enfermement pire que celui que beaucoup connaissent déjà. »
Sous-débat
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La lutte contre la pauvreté nécessite un accompagnement par des personnes formées et bienveillantes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Un redéploiement des fonctionnaires mis au chômage technique
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionUn dispositif peu efficace

Étant d'un montant identique pour les plus riches et les plus pauvres, un revenu de base pour tous conduit à un gaspillage de ressources utilisées pour des personnes qui n'en ont pas besoin, alors qu'il suffirait de cibler les populations pauvres. Résoudre la pauvreté par un revenu de base pour tous est donc un moyen de lutte contre la pauvreté peu efficace.
« [D]u point de vue des finances publiques, distribuer la même somme à tous, y compris à ceux qui n’en ont pas besoin (en haut de la courbe des revenus par exemple), est assez inefficace ; l’utilité marginale procuré par 1 500 francs supplémentaires à des personnes du dernier décile du haut de la distribution des revenus est quasiment nulle, alors qu’elle est très forte pour les personnes dont c’est l’essentiel des ressources. Si une telle allocation peut paraître simple à organiser, elle ne débouche pas sur l’optimum collectif que la dépense publique cherche en principe à approcher. C’est bien la raison pour laquelle de nombreuses prestations sociales ont été ciblées vers les personnes qui en ont le plus besoin. C’est l’origine de la mise sous condition de ressources de nombreuses allocations, au risque, certes, d’une stigmatisation des populations bénéficiaires, et d’effets de seuil dont on a vu précédemment la perversité. Mais ces risques ne peuvent conduire à préférer le traitement indifférencié des populations au mépris des besoins spécifiques dont elles font droit. Et ce sont ces risques que veulent surmonter les allocations différentielles. »
Cédric Afsa, Jean-Michel Belorgey, Annie Fouquet, Minima sociaux, revenus d'activité, précarité, Commissariat général du plan, 2000.

Sous-argumentUne plus grande liberté

En donnant à chacun les ressources monétaires pour bien vivre sans travailler, le revenu de base rend les individus plus libres d'accepter ou non un emploi, de réduire ou non leur temps de travail et de s'adonner à des activités librement choisies. De même, il offre une autonomie financière à toutes les personnes (notamment les femmes et les étudiants) qui souhaitent s'émanciper de leur conjoint ou de leur famille.
« Nous souhaitons apporter à chacun la sécurité fondamentale lui permettant de disposer pleinement de sa liberté et d’effectuer ses propres choix. Si la société me garantit le financement de mes besoins primaires, je suis mieux à même de décider de ma vie comme je l’entends, sans être à la merci des caprices d’un employeur ou de l’aumône de l’Etat. Cette sécurité est le pendant de la responsabilité puisqu’elle doit libérer les individus du besoin et le Gouvernement de l’obligation de multiplier sans fin les allocations diverses colmatant un patchwork social inefficace. Un revenu minimum, se substituant au maquis actuel des allocations et aides diverses, dote chacun d’un stock suffisant de liberté de (de travailler ou de ne pas travailler, d’avoir ou non une famille, de choisir son mode de vie) pour permettre de garantir à tous les libertés à (à conclure volontairement toute forme de contrat, à disposer de son corps, à jouir pleinement de ses propriétés) 3 . En un sens, le revenu minimum permet de dépasser à la fois le discours sur l’assistanat, en établissant un mécanisme transparent et identique pour tous, et celui sur la solidarité, en garantissant un filet de sécurité tel que la vaste majorité des autres allocations puissent être supprimées. Il assure à chacun les moyens de sa dignité sans chercher à influencer les comportements ni à contraindre l’activité économique. »
Marc de Basquiat, Gaspard Koenig, LIBER, un revenu de liberté pour tous, Éditions de l'Onde, 2015/03/01.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« Un revenu de base libère les personnes de l'obligation formelle de travailler. Il permet à chacun de choisir librement quel travail il veut effectuer. L'obligation formelle de travailler et la dépendance totale au travail pour un revenu constituent des atteintes aux valeurs démocratiques et à la dignité humaine. En conséquence, beaucoup de personnes sont malheureuses dans leur travail : à cause de mauvaises conditions de travail et de sous-paiement, ou parce que le travail qu'elles doivent faire ne correspond pas à leurs capacités ou leurs aspirations, idées et valeurs. Un revenu de base donnera la liberté aux personnes de choisir le travail qu'elles veulent vraiment faire. »
Fondation du revenu de base global, Un revenu de base global.
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ObjectionTout dépend du montant

Le revenu de base n'est garant de meilleures conditions de vie que s'il est d'un montant suffisant. Il faut que le montant versé suffise à assurer l'autonomie financière, notamment pour que le choix de ne pas travailler ou de réduire son temps de travail ne soit pas contraint par un besoin d'argent supplémentaire. Ce qui n'est le cas d'aucun modèle de revenu de base proposé par ses différents partisans.
« Les promoteurs libéraux du revenu inconditionnel proposent par exemple la suppression de tous les dispositifs de redistribution et même de certains dispositifs relevant du régime assurantiel (pensions de retraites ou allocations chômage par exemple) ! Typique de l'approche libérale, cette option ne saurait être retenue dans une version de gauche. En effet, accompagnée d'une suppression de tous les dispositifs de redistribution, la mise en place d'un revenu inconditionnel pourrait se traduire par une dégradation de la situation financière des plus démunis, surtout si le montant auquel ce revenu est fixé est particulièrement faible, comme le préconisent les libéraux... »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

ObjectionUn danger pour l'autonomie des femmes

La faiblesse des salaires féminins, ainsi que la domination des représentations qui attribuent aux femmes la principale responsabilité dans l'éducation et les tâches domestiques, restent des obstacles au travail féminin. Instaurer un revenu de base comporte alors le risque d'inciter un grand nombre de femmes à adopter le rôle de mères au foyer, comme l'exemple de l'Allocation parentale d'éducation tend à le montrer.
« Souvent et longuement détaillée dans ses différentes versions (avec ou sans condition d’âge, de revenu, etc.), l’abondante littérature sur le sujet est toutefois silencieuse sur la question de la différenciation sociale entre les sexes. Pourtant, sauf à croire qu’une mesure de type allocation universelle aura un effet identique pour les hommes et pour les femmes, l’enjeu est d’importance : comme on va le voir, il n’y a qu’un pas de l’allocation universelle (en principe ouverte à tous) au salaire maternel (qui confine les femmes au foyer) ; et le risque de dérive n’est pas imaginaire, comme le montre l’exemple de l’APE (allocation parentale d’éducation). […] Après avoir continûment augmenté durant des années, le taux d’activité des mères de deux jeunes enfants a brutalement chuté sous l’effet de l’extension de l’APE, passant de 69 % en 1994 à 53 % en 1997. Depuis 1994, sur un total de plus de 500 000 bénéficiaires, 200 000 à 250 000 mères de famille se seraient retirées du marché du travail pour « choisir » l’APE. L’effet de l’APE est donc indéniable : ce dispositif a incité certaines femmes à se retirer (provisoirement) du marché du travail. »
Anne Eydoux, Rachel Silvera, « De l'allocation universelle au salaire maternel, il n'y a qu'un pas... à ne pas franchir », Appel des économistes pour sortir de la pensée unique, Syros, 2000.
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« Que signifierait pour l’autonomie des femmes, pour leur place dans la famille et dans la société, pour la répartition des rôles familiaux et sociaux, un revenu généralisé déconnecté de l’emploi ? N’y a-t-il pas là, compte tenu de la faiblesse des salaires féminins (les femmes constituent la grande majorité des salariés au SMIC), de la persistance des représentations sociales attribuant aux femmes la responsabilité principale dans les tâches domestiques et l’éducation des enfants, ainsi que de l’idéologie du salaire d’appoint, le risque de voir remettre en cause l’autonomie conquise, même difficilement par l’accès au travail salarié ? Et le risque de voir se mettre en place une forme non dite de salaire maternel ? […] Il y a donc une « pente », non pas naturelle mais socialement construite, pour qu’un revenu inconditionnel déconnecté de l’emploi se transforme en salaire maternel, dans le contexte des rapports sociaux et des représentations idéologiques actuels. »
Stéphanie Treillet, « Revenu d’existence : un danger pour l’autonomie des femmes », texte de discussion de la commission Genre d'Attac.
Sous-débat
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Le revenu de base représente un danger pour l'autonomie des femmes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Une opposition caricaturale entre « avoir un emploi » et « rester à la maison »
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentPlus de temps libre

En donnant aux individus de quoi subvenir à leurs besoins sans avoir besoin d'autant travailler, voire sans avoir besoin de travailler du tout, le revenu de base offre la possibilité d'avoir beaucoup plus de temps libre.

Ce temps libre pourrait permettre aux individus d'exercer plus d'activités épanouissantes, qu'elles soient récréatives, culturelles ou sportives, mais aussi à de la formation, à de l'éducation, à du développement personnel, à de l'aide à la personne, etc. Le revenu de base pourrait aussi être un moyen d'inciter les citoyens à participer à la vie locale, associative et notamment politique, en permettant à chaque citoyen de s'informer et de s'investir dans la chose publique, la vie de la cité.
« Ce revenu élémentaire inconditionnel assure à l’homme une nouvelle liberté et lui permet de ne plus consacrer la totalité de son temps à gagner sa vie. Il peut ainsi retrouver du temps à donner au sens de son existence. Il permet d’investir en l’homme, dans sa richesse, son potentiel et son capital. En cela, il favorise aussi l’usage du temps libre. C’est ainsi que le besoin d’agir, d’œuvrer, d’être apprécié des autres ne dépendra plus, principalement, du travail. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Quelles sont les critiques ? ».
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ObjectionTout dépend du montant

Le revenu de base n'est garant de meilleures conditions de vie que s'il est d'un montant suffisant. Il faut que le montant versé suffise à assurer l'autonomie financière, notamment pour que le choix de ne pas travailler ou de réduire son temps de travail ne soit pas contraint par un besoin d'argent supplémentaire. Ce qui n'est le cas d'aucun modèle de revenu de base proposé par ses différents partisans.
« Les promoteurs libéraux du revenu inconditionnel proposent par exemple la suppression de tous les dispositifs de redistribution et même de certains dispositifs relevant du régime assurantiel (pensions de retraites ou allocations chômage par exemple) ! Typique de l'approche libérale, cette option ne saurait être retenue dans une version de gauche. En effet, accompagnée d'une suppression de tous les dispositifs de redistribution, la mise en place d'un revenu inconditionnel pourrait se traduire par une dégradation de la situation financière des plus démunis, surtout si le montant auquel ce revenu est fixé est particulièrement faible, comme le préconisent les libéraux... »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

ObjectionIl ne faut pas instaurer plus de temps libre

Le temps libre est souvent le synonyme de l'oisiveté. Dans le contexte de crise économique actuelle, l'accroissement de temps libre est un mauvais choix politique.

Sous-argumentUne réduction de la peur du chômage

Si chacun recevait un revenu suffisant pour bien vivre, même en étant sans emploi, le chômage ne serait pas vécu comme il l'est aujourd'hui : comme une situation financièrement difficile qui fait peur.

Deux tiers des Français ressentent le risque du chômage pour eux ou l'un de leurs procheshttp://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/09/29/97001-20110929FILWWW00515-66-de-francais-ont-peur-du-chomage.php. Cette peur pourrait diminuer voire ne plus exister si un revenu de base suffisant pour bien vivre était perçu par chaque individu. Le fait de ne plus avoir d'emploi ne serait pas synonyme de difficultés financières comme cela peut être le cas aujourd'hui.
« [L]a reconnaissance d'un droit au revenu apporte une solution au chômage comme problème social. En effet, parce qu'il concrétise la revalorisation sociale des activités « hors travail », le revenu inconditionnel remet en cause le monopole du travail comme source de reconnaissance et d'intégration sociale. Or, c'est précisément ce monopole qui rend le chômage si problématique aujourd'hui. Par ailleurs, sur le plan économique, un revenu inconditionnel déconnecté du travail permettrait, au même titre que les allocations chômage auxquelles il viendrait s'ajouter, de garantir à chaque citoyen un niveau de vie décent. Ainsi, rompant avec la logique des politiques de l'emploi, aussi coûteuses qu'inefficaces, censées lutter contre le chômage, le revenu inconditionnel apparaît comme un outil non pas de lutte contre le chômage, mais de réfutation pure et simple du chômage comme problème économique et social. »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.
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ObjectionTout dépend du montant

Le revenu de base n'est garant de meilleures conditions de vie que s'il est d'un montant suffisant. Il faut que le montant versé suffise à assurer l'autonomie financière, notamment pour que le choix de ne pas travailler ou de réduire son temps de travail ne soit pas contraint par un besoin d'argent supplémentaire. Ce qui n'est le cas d'aucun modèle de revenu de base proposé par ses différents partisans.
« Les promoteurs libéraux du revenu inconditionnel proposent par exemple la suppression de tous les dispositifs de redistribution et même de certains dispositifs relevant du régime assurantiel (pensions de retraites ou allocations chômage par exemple) ! Typique de l'approche libérale, cette option ne saurait être retenue dans une version de gauche. En effet, accompagnée d'une suppression de tous les dispositifs de redistribution, la mise en place d'un revenu inconditionnel pourrait se traduire par une dégradation de la situation financière des plus démunis, surtout si le montant auquel ce revenu est fixé est particulièrement faible, comme le préconisent les libéraux... »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.

Sous-argumentPas de stigmatisation

Parce que le revenu de base est versé à chaque citoyen sans qu'il ait besoin d'en faire la demande, il n'y a pas de stigmatisation des bénéficiaires, comme cela est le cas pour les différentes aides sociales.

En effet, une proportion importante des personnes qui pourraient avoir recours à des prestations sociales en France ne le font pas, souvent parce qu'elles ont peur du regard qui est porté sur celui qui les réclamehttp://www.lagazettedescommunes.com/137865/%C2%AB-le-non-recours-aux-prestations-sociales-est-bien-superieur-a-la-fraude-%C2%BB-philippe-warin-politologue/. Dans un contexte marqué par les discours sur l'« assistanat », une demande d'aide est généralement perçue comme une marque de faiblesse et tend à faire culpabiliser ceux qui en éprouvent le besoin.
« [L]e revenu garanti étant universel et inconditionnel — il est versé à tous, pauvres et riches, ces derniers le remboursant par l’impôt —, des économies seraient réalisées en supprimant tout le travail administratif lié à la surveillance des bénéficiaires de l’aide sociale, discutable du fait de son caractère humiliant, intrusif et moralisateur. »
Mona Chollet, « Imaginer un revenu garanti pour tous », Le Monde diplomatique, mai 2013.
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« Les systèmes de sécurité sociale actuels stigmatisent aussi les personnes qui reçoivent les prestations. Seul le travail rémunéré est considéré comme un « vrai » travail et ceux qui reçoivent des prestations de sécurité sociale sont regardés comme profitant de ceux qui travaillent et paient leurs impôts. Un revenu de base supprimera cette stigmatisation et permettra aux personnes qui ne peuvent pas effectuer ou trouver un travail rémunéré de participer et contribuer à la société autrement de manière significative et respectable. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».
« Aujourd’hui, 1/3 des ménages éligibles au RSA socle et 2/3 des personnes éligibles au RSA activité – complément de revenu pour ceux qui ont un salaire modeste – ne le demandent pas. La lourdeur des démarches administratives et la stigmatisation qu’elles impliquent n’y sont pas pour rien. Aussi, bon nombre de ces ménages ne savent pas qu’ils ont droit au RSA activité. Le revenu de base étant distribué automatiquement, il supprime le non-recours et permet ainsi déjà de réduire la pauvreté et les inégalités. »
Mouvement français pour un revenu de base, « Le revenu de base ».
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ObjectionUn regard qui ne changera pas d'un coup de baguette magique

« Avec un revenu versé à chacun et de manière automatique, les démarches seront simplifiées, promettent les promoteurs de ces réformes. C’est un bon point car, face à la complexité des dossiers et aussi à l’humiliation de demander, un tiers des personnes éligibles au RSA renonce à le réclamer ! Mais tout cela ne changera pas d’un coup de baguette magique le regard posé sur les plus démunis et la pauvrophobie nourrie par les discours fustigeant « l’assistanat ». »

Sous-argumentUne meilleure santé

« Cette expérimentation [Finlande, montant mensuel 560 €] peut, à juste titre, être considérée comme portant sur un véritable revenu de base, puisque l’allocation était rendue inconditionnelle aux trois sens indiqués, et les résultats provisoires actuellement disponibles pour la première année ne sont pas inintéressants. Ainsi, ils révèlent une diminution de la participation des bénéficiaires au marché du travail au cours du premier semestre, mais une augmentation de cette participation au cours du second. En outre, des entretiens menés au terme de la deuxième année suggèrent une amélioration significative de leur état de santé et un optimisme accru quant à leurs perspectives d’emploi. »
Philippe Van Parijs, Yannick Vanderborght, « Pour un revenu de base individuel, universel et libre d’obligation », Le Monde, 04/09/2019.
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ObjectionsObjections [ modifier ]

ObjectionsTout dépend du montant

Le revenu de base n'est garant de meilleures conditions de vie que s'il est d'un montant suffisant. Il faut que le montant versé suffise à assurer l'autonomie financière, notamment pour que le choix de ne pas travailler ou de réduire son temps de travail ne soit pas contraint par un besoin d'argent supplémentaire. Ce qui n'est le cas d'aucun modèle de revenu de base proposé par ses différents partisans.
« Les promoteurs libéraux du revenu inconditionnel proposent par exemple la suppression de tous les dispositifs de redistribution et même de certains dispositifs relevant du régime assurantiel (pensions de retraites ou allocations chômage par exemple) ! Typique de l'approche libérale, cette option ne saurait être retenue dans une version de gauche. En effet, accompagnée d'une suppression de tous les dispositifs de redistribution, la mise en place d'un revenu inconditionnel pourrait se traduire par une dégradation de la situation financière des plus démunis, surtout si le montant auquel ce revenu est fixé est particulièrement faible, comme le préconisent les libéraux... »
Baptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Utopia, 2010.
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ObjectionsDésocialisation, ennui et dépression

Le travail est un moteur important d'inclusion sociale et de satisfaction personnelle, le fait de ne pas travailler suscitant souvent un sentiment d'inutilité, comme l'attestent les sondages interrogeant les chômeursVoir le sondage IPSOS daté du 3 mai 1994, Paroles de chômeurs..
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ObjectionLe travail peut aussi favoriser les mêmes problèmes

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ObjectionLe chômage ne serait pas un problème dans une société où tout le monde aurait un revenu de base

Dans une société où tout le monde recevrait un revenu de base, une plus grande proportion d'individus ne travailleraient pas ou travailleraient moins. Ils pourraient plus facilement s'organiser entre eux, et s'occuper dans des activités épanouissantes.

La solitude que subissent les chômeurs est surtout liée au fait que la majorité des personnes ont un emploi à temps complet. Si une plus grande proportion d'individus ne travaillaient pas ou travaillaient moins, les gens auraient plus l'opportunité de se rencontrer la journée. De la même façon, ils pourraient plus facilement s'organiser entre eux et s'occuper. C'est parce que la société est organisée autour de la journée de travail de sept ou huit heures que le chômage est souvent lié à l'inactivité et le mal-être. Dans une société où tout le monde recevrait un revenu de base, il est fortement probable que le temps libre ne soit pas considéré comme un moment d'oisiveté, mais plutôt comme un moment propice aux activités épanouissantes, de divertissement, d'apprentissage ou de création.

ObjectionsUne harmonisation par le bas pour les chômeurs et les retraités

Si le revenu de base est financé en redistribuant à tous les allocations versées aux chômeurs ou aux retraités, comme le propose Jacques Marseille, les chômeurs et les retraités auront certes tous un revenu identique, mais le revenu qu'ils toucheront sera dans la plupart des cas inférieur à l'allocation chômage ou retraite qu'ils toucheraient avec le système actuel (le revenu de base devant être pour la plupart de ses défenseurs d'un montant inférieur au salaire minimum). Le revenu de base conduirait à une harmonisation par le bas pour les chômeurs et les retraités.
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ObjectionTout dépend du modèle de financement du revenu de base

Les modèles de financement proposés par Baptiste MylondoBaptiste Mylondo, Un revenu pour tous ! Précis d'utopie réaliste, Éditions Utopia, 2010. A télécharger sur : http://www.liege.mpoc.be/livres/Mylondo-Baptiste_Un-revenu-pour-tous_106p.pdf., Jean-Marie Monnier et Carlo VercelloneJean-Marie Monnier et Carlo Vercellone, « Fondements et faisabilité du revenu social garanti », revue Multitudes n°27, avril 2006. ou le think tank Génération libreGaspard Koenig, Marc de Basquiat, LIBER, un revenu de liberté pour tous, Génération libre. A télécharger sur : http://www.impotnegatif.com/. ne remettent pas en question le fonctionnement des pensions de chômage et de retraite.

De plus, il est tout à fait possible d'avoir un système distribuant un revenu de base cumulable à des pensions complémentaires de retraite, auxquelles les travailleurs auraient cotisé tout au long de leurs années de travail. Les personnes n'ayant pas travaillé et qui donc n'auraient pas cotisé toucheraient même un revenu de base supérieur à la pension minimale que touche cette catégorie de personnes dans le système actuel. De même pour les chômeurs de longue durée, le revenu de base serait toujours supérieur aux différents types de revenus minimums existants, comme le revenu de solidarité active (RSA).

ObjectionLes systèmes d'assurance chômage et de retraite actuels sont injustes et inefficaces

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ObjectionsUne dégradation des conditions de travail

Un revenu de base d'un montant élevé semblant irréaliste, le revenu de base risque d'être, pour la majorité des personnes, un revenu minimum devant être couplé à un ou plusieurs emplois complémentaires. Puisque la plupart des personnes auront besoin de ces emplois d'appoint, il est probable que le nombre de « petits boulots » précaires et mal rémunérés augmente considérablement, avec un danger : la dégradation du marché du travail et la généralisation de la précarité.
« [U]n montant versé sans condition à toute personne ne peut être que médiocre et ne peut assurer l’indépendance économique des bénéficiaires. Ceux-ci seraient obligés d’accepter du travail à n’importe quel prix pour arrondir leur allocation. Il en résulterait une dégradation du marché du travail et la prolifération de « boulots » mal payés. Le revenu inconditionnel contribue ainsi à institutionnaliser, selon les termes de Robert Castel, le « précariat ». »
Mateo Alaluf, « L'allocation universelle contre la protection sociale », 14 juin 2013.
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ObjectionLa négociation de meilleures conditions de travail

En offrant aux individus un revenu suffisant pour bien vivre sans travailler, le revenu de base change le rapport de force entre employeurs et employés, en faveur des employés : ces derniers pourraient alors négocier des salaires plus attractifs et de meilleures conditions de travail.
« Un revenu de base inconditionnel, permettant la réduction et la redistribution du temps de travail, facilitera une nouvelle forme de plein emploi, avec création de postes de travail supplémentaires. Cette offre d’emplois supplémentaire renforcera le pouvoir compensatoire des salariés et leur permettra de négocier des meilleures conditions de travail et d’existence. »
Collectif de l'initiative citoyenne européenne, « Initiative citoyenne européenne pour un revenu de base inconditionnel ».
Voir plus...
Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« L'obligation formelle de travailler et la dépendance au travail pour un revenu donne aux employés une position de négociation faible vis-à-vis des employeurs. Cela obstrue le libre fonctionnement du marché du travail. Un revenu de base donnera aux employés une position plus égale de négociation. Cela conduira à de meilleures conditions de travail, et des salaires plus justes. »
Fondation du revenu de base global, « Un revenu de base global ».
« Chaque citoyen a droit au revenu universel et le touche sans avoir à apporter de justification. Puisqu’il n’est pas contraint de travailler et n’est plus mis en concurrence avec une masse de chômeurs, le salarié peut mieux négocier ses conditions de travail. Alors que le travailleur est aujourd’hui contraint d’accepter les conditions d’embauche et de travail fixées par l’employeur, le revenu universel permet d’inverser le rapport de force et d’aller vers une activité choisie plutôt que subie. »
Mouvement Utopia, Le travail, quelles valeurs ? Idées reçues et propositions, p.65, Utopia, Paris, 2012.
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Le revenu de base permet de négocier de meilleures conditions de travail
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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Objection Une extension de la précarité
Objection Une situation favorable aux employeurs
Objection Une situation irréaliste
Objection Une baisse de la compétitivité économique
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Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

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