Si vous voulez que ce projet continue à vivre et à se développer, soutenez-nous !

Test d'argument (nouveau format)

De Wikidébats
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cet argument est orphelin. Il n'a aucun argument ou débat parent.
Ne voyez-vous pas d'argument auquel il pourrait être un sous-argument ou une objection ?

Résumé de l'argumentRésumé de l'argument [ modifier ]

En considérant l'univers, on voit que chaque objet a une cause, qui lui-même a une cause et ainsi, en remontant la chaîne des causes, on arrive nécessairement à une cause première. Dieu est cette cause première.

CitationsCitations [ modifier ]

Aucune citation n'a été entrée pour le moment.

Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentIl ne devrait rien exister

Il n'existe pas de « génération spontanée » ni d'objets qui apparaissent d'un coup à partir du vide absolu. « Du néant, rien ne naît. » Il y a donc une cause nécessaire à l'univers. Cette cause est l'Être, la Substance (ce qui se tient « en dessous »).
« Maintenant il faut s’élever à la métaphysique, en nous servant du grand principe, peu employé communément, qui porte que rien ne se fait sans raison suffisante ; c’est-à-dire que rien n’arrive sans qu’il soit possible à celui qui connaîtrait assez les choses de rendre une raison qui suffise pour déterminer pourquoi il en est ainsi, et non pas autrement. Ce principe posé, la première question qu’on a droit de faire sera : Pourquoi il y a plutôt quelque chose que rien? Car le rien est plus simple et plus facile que quelque chose. »
SOUS-ARGUMENTS
Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
OBJECTIONS

ObjectionLe problème reste présent, il est juste déplacé

Aucun résumé ni citation n'a été entré.

ObjectionL'univers à partir de rien est possible

C'est ce que affirme Lawrence Krauss dans son livre "A Universe from Nothing " ou dans sa conférence retrouvable sur Youtube.

ObjectionLe néant n'est pas régit par des lois, rien ne lui interdit donc de générer l'univers

Le néant n'est pas régi par des lois, puisqu'il est l'absence de tout, y compris l'absence d'ordre ; rien ne lui interdit donc de générer l'univers.

Sous-argumentIl ne peut y avoir une infinité de causes

« Admettons que vous vous trouviez dans un wagon qui roule sur une voie ferrée. Vous demandez à votre voisin pourquoi le wagon roule. S’il vous répond : « C’est très simple, le wagon roule parce qu’il est accroché au wagon précédent qui roule et l’entraîne », vous ne serez sûrement pas satisfait ; vous reposerez donc la même question pour le wagon précédent. Votre voisin réitère alors sa question : « Le wagon qui nous précède roule parce qu’il est entraîné par un troisième wagon, qui roule et l’entraîne. » Et si votre voisin s’entête et vous répond que le train dans lequel vous vous trouvez comporte un nombre infini de wagons, et qu’il sera toujours possible de trouver un wagon précédent pour expliquer le mouvement de tout wagon donné, vous ne vous satisferez pas et finirez par conclure que votre voisin n’a pas bien compris la question. En guise d’explication, votre voisin s’en tient, en effet, à reculer la question d’un cran. Mais cela ne sert à rien. Il est clair que vous ne cherchez pas à comprendre comment le mouvement se transmet, mais comment il est produit. Si seule la transmission est expliquée sans que la production ne le soit, on n’a pas répondu à la question. Et allonger la série des wagons ne saurait dissimuler l’incapacité de répondre. Aussi long soit-il, fût-il même infini, un train sans locomotive n’avancera pas. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.112-113, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
Voir plus...
Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« La seconde voie [pour prouver l'existence de Dieu] part de la notion de cause efficiente. Nous constatons, à observer les choses sensibles, qu’il y a un ordre entre les causes efficientes ; mais ce qui ne se trouve pas et qui n’est pas possible, c’est qu’une chose soit la cause efficiente d’elle-même, ce qui la supposerait antérieure à elle-même, chose impossible. Or, il n’est pas possible non plus qu’on remonte à l’infini dans les causes efficientes ; car, parmi toutes les causes efficientes ordonnées entre elles, la première est cause des intermédiaires et les intermédiaires sont causes du dernier terme, que ces intermédiaires soient nombreux ou qu’il n’y en ait qu’un seul. D’autre part, supprimez la cause, vous supprimez aussi l’effet. Donc, s’il n’y a pas de premier, dans l’ordre des causes efficientes, il n’y aura ni dernier ni intermédiaire. Mais si l’on devait monter à l’infini dans la série des causes efficientes, il n’y aurait pas de cause première ; en conséquence, il n’y aurait ni effet dernier, ni cause efficiente intermédiaire, ce qui est évidemment faux. Il faut donc nécessairement affirmer qu’il existe une cause efficiente première, que tous appellent Dieu. »
Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia, q. 2, art. 3.
SOUS-ARGUMENTS
Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
OBJECTIONS

ObjectionL'existence de l'univers s'explique par la chaîne infinie des causes des évènements physiques

« Ajoutez à cela qu’en traçant une éternelle succession d’objets, il paraît absurde de demander la cause générale ou le premier auteur. Comment une chose existante de toute éternité aurait-elle une cause puisque ce rapport suppose un temps antérieur et un commencement d’existence ? Aussi, dans une chaîne ou succession d’objets, chaque partie est causée par celle qui la précède et cause celle qui la suit. Où se trouve donc la difficulté ? Mais le grand Tout, dites-vous, exige une cause. Je réponds que la réunion de ces parties en un Tout, de même que la réunion de plusieurs provinces diverses en un seul royaume ou de plusieurs membres en un seul corps, n’est que l’effet d’un acte arbitraire de l’esprit, et n’a pas la moindre influence sur la nature des choses. Si je vous montrais les causes particulières de chaque individu dans la collection de vingt molécules de matières, je regarderais comme bien peu raisonnable si vous veniez me demander ensuite quelle était la cause de ces vingt parties réunies en un tout. La chose est suffisamment expliquée par l’explication de la cause des parties. »
David Hume, Dialogues sur la religion naturelle, 9e partie, 1779.

Sous-argumentIl ne peut y avoir un passé infini

L'athéisme a presque toujours été lié à l'idée que l'univers est éternel. Un univers surgissant tout à coup implique un commencement absolu, difficilement intelligible et qui pointe vers l'idée du Dieu créateur.
« Si le monde a toujours existé, un nombre infini de jours a précédé celui-ci. Mais on ne peut parcourir l’infini. Donc on ne serait jamais parvenu au jour présent, ce qui est évidemment faux. »
Saint Bonaventure (selon Thomas d'Aquin), Somme théologique, Ia, q. 46, art. 2, arg. 6 et ad.6.
Voir plus...
Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« Le principe de l’argument du kalam est que l’hypothèse d’un passé infini est tout simplement absurde. Autrement dit, l’hypothèse d’un passé infini conduit à des contradictions logiques insurmontables, qui prouvent que le passé n’est pas infini parce qu’il ne peut pas l’être. La finitude du passé n’est donc pas rencontrée comme un fait, mais déduite a priori comme une nécessité. Or, s’il est impossible que le passé soit infini, il faut affirmer que l’univers a nécessairement commencé, et le temps avec lui. Voici l’argument :
  1. L’existence d’un univers perpétuel, c’est-à-dire sans commencement, implique celle d’un passé infini.
  2. Or l’existence d’un passé infini implique l’existence d’un nombre infini d’événements passés.
  3. Or l’existence d’un nombre réellement infini d’événements passés est impossible.
  4. Par conséquent, le passé ne peut pas être infini, et l’univers ne peut pas être éternel. »
Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.212, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
SOUS-ARGUMENTS
Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
OBJECTIONS

ObjectionIl n'existe pas de premier instant du temps

Aucun résumé ni citation n'a été entré pour le moment.

Références

  • Adolf Grünbaum, « Creation as a Pseudo-Explanation », pp. 233-254.  
    Sous-débat
    Le débat continue. Consultez la page détaillée
    Il n'existe pas de premier instant du temps
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Cet argument commet la même erreur que Zénon dans son paradoxe
    de l'argument pour aller plus loin.

    ObjectionL'univers a un passé fini mais n'a jamais commencé

    L'univers n'a une cause que s'il a un commencement. Mais si l'univers n'a aucun commencement, il n'y a pas rechercher sa cause. L'univers est auto-explicatif, il n'y a pas besoin de supposer un Dieu.
    « L’idée que l’espace et le temps puissent former une surface close sans bord a donc de profondes implications pour le rôle de Dieu dans les affaires de l’univers. Le succès des théories scientifiques dans la description des événements a conduit la plupart des gens à estimer que Dieu permet à l’univers d’évoluer dans le cadre d’un ensemble de lois et qu’il n’intervient pas dans l’univers pour enfreindre ces lois. Pourtant, ces lois ne nous disent pas à quoi l’univers a dû ressembler à son commencement — il reviendrait encore à Dieu de remonter l’horloge et de décider la façon de la mettre en marche. Tant que l’univers avait un commencement, on pouvait supposer qu’il avait un créateur. Mais si l’univers était vraiment complètement auto-contenu, sans bord ni frontière, il n’aurait ni commencement ni fin : il serait, tout simplement. Quelle place resterait-il pour un créateur ? »
    Stephen Hawking, Une brève histoire du temps, Flammarion, Paris, 1989.
    Sous-débat
    Le débat continue. Consultez la page détaillée de l'argument pour aller plus loin.

    ObjectionL'argument commet la même erreur que Zénon dans son paradoxe

    Sous-débat
    Le débat continue. Consultez la page détaillée
    L'argument du kalam commet la même erreur que Zénon dans son paradoxe
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le rapprochement entre l'argument du kalam et le paradoxe de Zénon ne tient pas
    de l'argument pour aller plus loin.

    ObjectionCe raisonnement ne vaut que pour un temps fini

    Aucun résumé ni citation n'a été entré.

    ObjectionLa présentation de l'argument est trompeuse

    « Tout passage se comprend du point de départ au point d’arrivée. Or, quel que soit le jour passé que l’on prend comme point de départ, de ce jour à aujourd’hui il y a un nombre fini de jours qui peuvent être franchis. Tandis que l’objection suppose qu’entre deux extrêmes il y a un nombre infini d’intervalles. »
    Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia, q. 46, art. 2, arg. 6 et ad.6.

    Sous-argumentL'univers a commencé d'exister avec le Big Bang

    Le Big Bang implique le surgissement brusque de l'univers à partir d'un point Alpha. Qu'y avait-il avant le Big Bang ? On ne peut pas supposer qu'il n'y avait rien, que l'énergie primordiale s'est posée toute seule. Donc il y avait un Créateur.
    « En première analyse, on dira qu’une chose a commencé s’il existe un temps en deçà duquel elle n’existait pas. Tous les êtres particuliers qui nous entourent sont dans ce cas. La conclusion que nous pouvons en tirer, c’est qu’aucun n’existe par lui-même et qu’ils ont tous eu une cause. Or, il se trouve que d’après la théorie standard du Big Bang, la totalité de la matière a surgi dans l’existence à un instant précis dans le passé (qu’on date à environ 13,7 milliards d’années, lorsque la totalité de la matière, infiniment concentrée, a commencé son expansion, qui se poursuit toujours). Autrement dit, il semble qu’on ne puisse pas remonter indéfiniment dans le passé, mais que l’histoire de l’univers ait un début. Bref, l’univers aurait commencé. En quoi cela devrait-il entraîner une conséquence en métaphysique ? Pour une raison très simple qu’on peut exposer de la manière suivante :
    1. Tout ce qui a un commencement a une cause ;
    2. Or l’univers a un commencement ;
    3. Donc l’univers a une cause. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.229-230, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
    SOUS-ARGUMENTS
    Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
    OBJECTIONS

    ObjectionS'il n'y a pas d'avant le Big Bang, il ne peut y avoir de cause

    Pas de cause car :

    • il n'existe rien en dehors de l'univers qui soit susceptible de le causer
    • on ne voit pas en quoi pourrait consister une cause de l'univers
    • le principe de raison suffisante est (toujours, partout) faux (cf. "principe d’irraison" de Meillassoux)
    « C’est une maxime générale en philosophie que tout ce qui commence d’exister doit avoir une cause d’existence. Cette maxime est couramment considérée comme accordée dans tous les raisonnements sans aucune preuve donnée ou demandée. On suppose qu’elle est fondée sur l’intuition, et qu’elle est une de ces maximes que l’on peut nier avec les lèvres mais dont on ne peut douter réellement dans son cœur. […] Mais voici un argument qui prouve d’un seul coup que la proposition précédente n’est ni intuitivement ni démonstrativement certaine. Nous ne pouvons jamais démontrer la nécessité d’une cause pour toute nouvelle existence, ou pour toute nouvelle modification d’existence, sans montrer en même temps qu’il est impossible que quelque chose commence d’exister sans un principe producteur ; et si la dernière proposition ne peut être prouvée, nous devons désespérer d’être jamais capables de prouver la première. Or cette dernière proposition n’est absolument pas susceptible d’une preuve démonstrative ; nous pouvons nous en assurer en considérant que, comme toutes les idées distinctes sont séparables les unes des autres, et comme les idées de la cause et de l’effet sont évidemment distinctes, il nous sera aisé de concevoir qu’un objet n’existe pas à un moment, et qu’il existe au moment suivant, sans y joindre l’idée distincte d’une cause ou d’un principe producteur. Il est donc clairement possible à l’imagination de séparer l’idée d’une cause de l’idée de commencement d’existence, et, par conséquent, la séparation effective de ces objets est possible pour autant qu’elle n’implique ni contradiction ni absurdité ; et donc, elle n’est pas susceptible d’être réfutée par un raisonnement partant des seules idées ; et, sans ce raisonnement, il est impossible de démontrer la nécessité d’une cause. »
    David Hume, Traité de la nature humaine, livre I, partie III, section III.
    Voir plus...
    « Pourquoi n’y aurait-il pas un stock permanent de matière dont l’essence n’impliquerait pas l’existence mais qui ne dériverait son existence de rien d’autre ? »
    John Leslie Mackie, The Miracle of Theism, Oxford University Press, 1982.
    « Rien, en vérité, n’a de raison d’être et de demeurer ainsi plutôt qu’autrement – pas plus les lois du monde, que les choses du monde. Tout peut très réellement s’effondrer – les arbres comme les astres, les astres comme les lois, les lois physiques comme les lois logiques »
    Quentin Meillassoux, Après la finitude, p.73, Le Seuil, Paris, 2006.
    « Ce n’est pas comment est le monde qui est le Mystique, mais qu’il soit. »
    Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus, p.111, Gallimard, Paris, 1993.
    Sous-débat
    Le débat continue. Consultez la page détaillée de l'argument pour aller plus loin.

    ObjectionL'univers a un passé fini mais n'a jamais commencé

    L'univers n'a une cause que s'il a un commencement. Mais si l'univers n'a aucun commencement, il n'y a pas rechercher sa cause. L'univers est auto-explicatif, il n'y a pas besoin de supposer un Dieu.
    « L’idée que l’espace et le temps puissent former une surface close sans bord a donc de profondes implications pour le rôle de Dieu dans les affaires de l’univers. Le succès des théories scientifiques dans la description des événements a conduit la plupart des gens à estimer que Dieu permet à l’univers d’évoluer dans le cadre d’un ensemble de lois et qu’il n’intervient pas dans l’univers pour enfreindre ces lois. Pourtant, ces lois ne nous disent pas à quoi l’univers a dû ressembler à son commencement — il reviendrait encore à Dieu de remonter l’horloge et de décider la façon de la mettre en marche. Tant que l’univers avait un commencement, on pouvait supposer qu’il avait un créateur. Mais si l’univers était vraiment complètement auto-contenu, sans bord ni frontière, il n’aurait ni commencement ni fin : il serait, tout simplement. Quelle place resterait-il pour un créateur ? »
    Stephen Hawking, Une brève histoire du temps, Flammarion, Paris, 1989.
    Sous-débat
    Le débat continue. Consultez la page détaillée de l'argument pour aller plus loin.

    ObjectionIl y a une infinité de Big Bangs et de Big Crunches

    Un Big Crunch est immédiatement suivi d'un Big Bang, répétant ce cycle indéfiniment.

    ObjectionIl y a une infinité d'univers avant notre univers

    Aucun résumé ni citation n'a été entré pour le moment.
    Sous-débat
    Le débat continue. Consultez la page détaillée
    Il y a une infinité d'univers avant notre univers
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Sous-argument Il y a une infinité de Big Bangs et de Big Crunches
    Aucune objection n'a été entrée.
    de l'argument pour aller plus loin.

    ObjectionLe Big Bang n'est pas une singularité absolue, mais une phase à partir de laquelle la science ne peut rien dire

    Aucun résumé ni citation n'a été entré.

    [ ± Ajouter ou retirer un sous-argument ]

    ObjectionsObjections [ modifier ]

    ObjectionsLe principe de causalité ne s'applique pas à l'univers

    • On ne peut parler de causalité pour l'univers car la causalité est une notion qui est le fruit de nos habitudes issues de nos sens (Hume)
    • Le principe de causalité ne s'applique que dans le monde sensible (Kant)
    • Sophisme de composition (Russell)
    « Ajoutez à cela qu’en traçant une éternelle succession d’objets, il paraît absurde de demander la cause générale ou le premier auteur. Comment une chose existante de toute éternité aurait-elle une cause puisque ce rapport suppose un temps antérieur et un commencement d’existence ? Aussi, dans une chaîne ou succession d’objets, chaque partie est causée par celle qui la précède et cause celle qui la suit. Où se trouve donc la difficulté ? Mais le grand Tout, dites-vous, exige une cause. Je réponds que la réunion de ces parties en un Tout, de même que la réunion de plusieurs provinces diverses en un seul royaume ou de plusieurs membres en un seul corps, n’est que l’effet d’un acte arbitraire de l’esprit, et n’a pas la moindre influence sur la nature des choses. Si je vous montrais les causes particulières de chaque individu dans la collection de vingt molécules de matières, je regarderais comme bien peu raisonnable si vous veniez me demander ensuite quelle était la cause de ces vingt parties réunies en un tout. La chose est suffisamment expliquée par l’explication de la cause des parties. »
    David Hume, Dialogues sur la religion naturelle, 9e partie.
    Voir plus...
    « J’ai dit un peu plus haut que, dans cet argument cosmologique, se cachait toute une nichée de prétentions dialectiques que la critique transcendantale peut aisément découvrir et détruire. Je vais maintenant me borner à les indiquer et laisser au lecteur déjà exercé le soin de scruter plus à fond et de réfuter les principes illusoires. On y trouve donc, par exemple : 1° le principe transcendantal qui nous fait conclure du contingent à une cause, principe qui n’a de valeur que dans le monde sensible, mais qui n’a plus même de sens hors de ce monde. Car le concept purement intellectuel du contingent telle que celle de la causalité et le principe de cette dernière n’a aucune valeur ni aucun critérium de son usage ailleurs que dans le seul monde sensible ; or, ici, il devrait servir précisément à sortir du monde sensible. 2° Le principe qui nous sert à conclure de l’impossibilité d’une série infinie de causes données les unes au-dessus des autres dans le monde sensible à une première cause, principe dont les principes de l’usage ne nous autorisent pas à nous servir même dans l’expérience et qu’à plus forte raison nous ne pouvons pas étendre au-delà de l’expérience (là où cette chaîne ne peut pas être prolongée). »
    Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, A 609.
    SOUS-ARGUMENTS
    Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
    OBJECTIONS

    ObjectionLe sophisme de composition n'est pas un sophisme

    « Cet argument consiste en fait à accuser le métaphysicien de commettre un « sophisme de composition », c’est-à-dire l’erreur de raisonnement qui consiste à attribuer au tout une propriété qui n’appartient qu’aux éléments, comme lorsqu’on dit : « Chaque grain de sable est léger, or le tas de sable est léger, donc le tas de sable est léger. » Certains disent que l’on commet le même sophisme avec la causalité en disant : « Chaque phénomène a une cause, or l’univers est constitué de la totalité des phénomènes, donc l’univers a une cause » […] Mais nous n’avons pas commis cette erreur. Nous ne déduisons à aucun moment que parce que les éléments de l’univers ont une cause, l’univers doit en avoir une ; nous nous bornons simplement à poser la question de savoir si l’univers a une cause. En outre, ceux qui accusent les métaphysiciens de sophisme de composition font eux-mêmes une erreur de raisonnement : car ils semblent considérer qu’il est toujours illégitime d’attribuer au Tout une propriété des éléments. Mais ce n’est pas le cas. Il y a des propriétés qui disparaissent en s’agrégeant et d’autres qui s’additionnent sans disparaître. Ainsi ne commet-on pas d’erreur matérielle en disant : « Tous les grains de sable sont jaunes, or le tas de sable est uniquement constitué de grains de sables, donc le tas de sable est jaune. » »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.39-40, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
    Voir plus...
    « Nous avons déjà discuté cette objection dans notre chapitre sur Kant ; il nous suffira ici de rappeler que si certaines propriétés disparaissent dans l’agrégation, d’autres s’y conservent. Or, la dépendance existentielle est du second type : si chacune des parties d’un être est totalement dépendante (dans la moindre de ses composantes) de l’existence d’une autre partie de ce même être, il va de soi que rien n’existe par soi-même au sein de cet être. Or, si aucune des parties d’un être n’existe par elle-même, on peut conclure sans sophisme que cet être n’existe pas par lui-même. Exactement comme il n’y aucun sophisme à considérer que si chaque carreau d’une salle de bain est bleu, la salle de bain est bleue. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.104-105, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionIl faut suivre le principe de vérité de nos sens

    Aucun résumé ni citation n'a été entré.

    ObjectionSans cause première, la série des causes ne peut être expliquée

    « Peut-on affirmer que l’existence de la totalité des éléments est expliquée, l’existence de chaque élément étant expliquée par un autre ? Là aussi, il faut répondre par la négative. Car il faudrait affronter cette contradiction, à savoir qu’une totalité trouverait en elle-même l’explication de son existence, alors qu’aucun de ses éléments ne trouve la sienne en lui-même. Si l’existence de chaque élément de la série est intégralement dépendante d’un autre élément de la série, l’existence de la série tout entière se trouve causalement infondée. C’est un peu comme si l’on expliquait la présence du reflet d’une chose dans un miroir par l’action d’un précédent reflet de cette chose dans un autre miroir, ad infinitum, sans jamais poser l’existence de la chose reflétée. Ce type d’explication revient à résoudre un problème en le poussant sous le tapis. Or, c’est ce que se borne à faire l’explication scientiste de l’existence de la totalité, qui présuppose constamment l’existence de ce qu’elle prétend expliquer. Elle s’en tient en effet à décrire une chaîne infinie d’êtres qui ont tous reçu l’existence sans qu’aucun ne la détienne jamais par soi. Dès lors, la série tout entière a besoin d’une cause, qu’elle peut trouver en elle-même, puisque rien en son sein n’existe par soi. Le fait que les parties soient en nombre infini ne change rien à l’affaire. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.102-103, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
    Voir plus...
    Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.

    ObjectionsL'univers n'a pas de cause ni de raison d'être

    Pas de cause car :

    • il n'existe rien en dehors de l'univers qui soit susceptible de le causer
    • on ne voit pas en quoi pourrait consister une cause de l'univers
    • le principe de raison suffisante est (toujours, partout) faux (cf. "principe d’irraison" de Meillassoux)
    « C’est une maxime générale en philosophie que tout ce qui commence d’exister doit avoir une cause d’existence. Cette maxime est couramment considérée comme accordée dans tous les raisonnements sans aucune preuve donnée ou demandée. On suppose qu’elle est fondée sur l’intuition, et qu’elle est une de ces maximes que l’on peut nier avec les lèvres mais dont on ne peut douter réellement dans son cœur. […] Mais voici un argument qui prouve d’un seul coup que la proposition précédente n’est ni intuitivement ni démonstrativement certaine. Nous ne pouvons jamais démontrer la nécessité d’une cause pour toute nouvelle existence, ou pour toute nouvelle modification d’existence, sans montrer en même temps qu’il est impossible que quelque chose commence d’exister sans un principe producteur ; et si la dernière proposition ne peut être prouvée, nous devons désespérer d’être jamais capables de prouver la première. Or cette dernière proposition n’est absolument pas susceptible d’une preuve démonstrative ; nous pouvons nous en assurer en considérant que, comme toutes les idées distinctes sont séparables les unes des autres, et comme les idées de la cause et de l’effet sont évidemment distinctes, il nous sera aisé de concevoir qu’un objet n’existe pas à un moment, et qu’il existe au moment suivant, sans y joindre l’idée distincte d’une cause ou d’un principe producteur. Il est donc clairement possible à l’imagination de séparer l’idée d’une cause de l’idée de commencement d’existence, et, par conséquent, la séparation effective de ces objets est possible pour autant qu’elle n’implique ni contradiction ni absurdité ; et donc, elle n’est pas susceptible d’être réfutée par un raisonnement partant des seules idées ; et, sans ce raisonnement, il est impossible de démontrer la nécessité d’une cause. »
    David Hume, Traité de la nature humaine, livre I, partie III, section III.
    Voir plus...
    « Pourquoi n’y aurait-il pas un stock permanent de matière dont l’essence n’impliquerait pas l’existence mais qui ne dériverait son existence de rien d’autre ? »
    John Leslie Mackie, The Miracle of Theism, Oxford University Press, 1982.
    « Rien, en vérité, n’a de raison d’être et de demeurer ainsi plutôt qu’autrement – pas plus les lois du monde, que les choses du monde. Tout peut très réellement s’effondrer – les arbres comme les astres, les astres comme les lois, les lois physiques comme les lois logiques »
    Quentin Meillassoux, Après la finitude, p.73, Le Seuil, Paris, 2006.
    « Ce n’est pas comment est le monde qui est le Mystique, mais qu’il soit. »
    Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus, p.111, Gallimard, Paris, 1993.
    SOUS-ARGUMENTS
    Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
    OBJECTIONS

    ObjectionLa causalité n'est pas liée à la succession temporelle

    « Cette objection, assez attrayante, commet deux erreurs : d’abord elle tient pour acquis qu’une cause est nécessairement antérieure à son effet. Or nous avons vu qu’une cause et un effet simultanés sont concevables. C’est l’asymétrie qui compte, pas le temps. L’absence de moment antérieur n’est donc pas un argument suffisant pour rejeter le besoin d’une cause. […] On oppose parfois à l’idée de causalité simultanée le fait que l’influence causale ne pourrait pas se transmettre plus vite que la lumière. Mais […] une analyse serrée de l’acte même de causation débouche sur l’idée que la cause et l’effet sont toujours simultanés. Nous sommes couramment trompés sur ce point par notre imagination, qui confond l’existence de l’être causant, antérieur à l’être causé, et l’acte même de causation, qui est nécessairement l’exact contemporain du surgissement de l’effet. L’allumette a évidemment existé avant la flamme, mais le moment où le phosphore est suffisamment frotté pour générer la flamme est nécessairement l’exact contemporain du moment où la flamme jaillit. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.234, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionLa cause première peut être d'une autre nature que physique

    « Les raisons de réclamer une cause n’ont pas disparu : l’essentiel dans notre affaire est que l’univers a fait son entrée dans l’existence à un moment du passé. Que ce commencement radical n’ait pas été précédé par un moment physique ne change rien d’essentiel : il existe bel et bien un premier moment de l’existence de l’univers, qui s’est réellement écoulé pour faire place au moment suivant, et qui appelle naturellement une cause, une explication. Que ce premier moment n’ait pas été précédé par un moment physique n’implique pas qu’il n’a pas eu de cause ; cela implique seulement qu’il n’a pas eu de cause physique. La seule échappatoire serait d’affirmer que l’être physique a surgi du néant absolu – autrement dit que le rien a engendré quelque chose. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.234, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionL'exception au principe de raison suffisante mérite une justification

    « D’abord, on peut s’étonner que tous ces penseurs reconnaissent la validité du principe de raison suffisante au sein du monde, où ils admettent que les faits contingents ont des explications, et le refusent lorsqu’il s’agit de l’univers. On ne voit pas en effet au nom de quoi l’on pourrait décider que la contingence à l’intérieur du système est justiciable d’une enquête causale systématique mais que la contingence de l’univers lui-même ne doit faire l’objet d’aucune recherche d’explication, et laisser place à une muette admiration mystique (qui appelle généralement la citation du paragraphe de Wittgenstein sur la question). Même les penseurs absurdistes les plus radicaux cherchent d’où vient la panne quand leur voiture ne démarre pas – ils ne tombent pas en extase pour admirer l’absurdité radicale de l’univers. Et pourquoi cherchent-ils une explication ? Parce qu’ils voient bien qu’une panne de moteur n’a rien d’un fait nécessaire par soi […], mais tout d’un fait dépendant, contingent, qui aurait pu ne pas avoir lieu. Mais alors pourquoi renoncent-ils à ce principe en face de la contingence radicale du monde, qui n’a rien non plus d’un fait nécessaire par soi ? L’agrégat de tous les faits contingents est contingent, il appelle donc une cause extérieure. Que cette cause ne puisse pas faire partie des faits contingents physiques (puisque nous parlons de la totalité des faits physiques) n’est pas une raison d’en réfuter l’existence. Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ? La charge de la preuve incombe à ceux qui l’instaurent, pas à ceux qui, benoîtement, maintiennent que l’univers, étant contingent, doit pouvoir avoir une explication. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.185, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionParce que l'univers est contingent, il a une cause

    « Selon la thèse absurdiste, le monde, bien que contingent, n’a pas d’explication. La proposition centrale est donc qu’un être contingent peut n’avoir pas d’explication. Nous pensons que cette proposition est fausse. Il est possible de le montrer, en partant d’un principe plus faible que le principe de raison, acceptable y compris par les tenants de la thèse absurdiste. C’est à Richard Gale et Alexander Pruss que nous devons cette idée : ce principe consiste à admettre que « tout être contingent peut avoir une cause » (et non que « tout être contingent a une cause »). Chacun reconnaîtra qu’il est difficile de s’opposer à un principe aussi exigeant. Il va pourtant nous conduire assez loin. Prenons le cas de l’univers considéré dans sa matière primordiale. Même si l’on affirme que cet univers n’a, de fait, pas d’explication, on est obligé d’admettre qu’il pourrait en avoir une (que les êtres métaphysiquement contingents aient une explication est en effet le cas général et l’on ne voit pas ce qui pourrait empêcher que l’existence d’une quantité déterminée d’énergie ait une cause). On admet donc qu’il est logiquement possible que cet être ait une cause explicative. Or, nous savons que tout effet rend sa cause nécessaire (à partir du moment où un événement singulier a une cause, il faut reconnaître qu’il aurait été impossible sans celle-ci). On est donc amené à dire qu’il est possible que l’univers n’ait pas pu exister sans sa cause. Or les règles standard de la logique modale (système S5) posent que si un fait nécessaire est possible, il est réel. Donc, s’il est possible qu’un fait contingent ait une cause explicative, il est possible qu’il ait nécessairement besoin de cette cause, et donc il a une cause. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.187-188, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
    Voir plus...
    Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.

    ObjectionsL'univers s'est créé à partir de rien

    « Parce qu’une loi comme la gravitation existe, l’Univers peut se créer et se créera spontanément à partir de rien […]. La création spontanée est la raison pour laquelle il existe quelque chose plutôt que rien. »
    Stephen Hawking, The Grand Design.
    SOUS-ARGUMENTS
    Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
    OBJECTIONS

    ObjectionLe soi-disant « rien » est bien quelque chose

    « La loi de la gravitation peut à la rigueur être considérée comme une cause, mais à la condition précisément de s’appliquer à une réalité préexistante. Elle ne saurait donc rendre compte de l’existence de toute réalité. Ce qu’Hawking veut dire est que la loi de la gravitation, appliquée au vide quantique originaire, a produit un certain état de l’univers – à savoir le surgissement d’une première particule (qu’il appelle abusivement « l’univers »). Mais cela n’a rien à voir avec la création de l’univers (car le vide quantique est quelque chose et non pas rien). D’une théorie scientifique expliquant le passage d’un certain état de l’univers à un autre état de l’univers, Hawking tire des conclusions tout à fait démesurées, par simple tour de passe-passe de vocabulaire : il nomme « néant » l’état t1 et « univers » l’état t2 et tire de là que le néant a produit l’être, par l’intervention de la loi de la gravitation ! »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.115-116, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
    Voir plus...
    « Lorsque certains athées versés en astrophysique affirment que le surgissement d’une particule hors du vide quantique est un surgissement de l’être à partir du néant, ils jouent sur les mots. Car le vide quantique est tout sauf du « néant » ! Assurément, le vide quantique n’a rien de solide, il n’a pas l’allure épaisse et terreuse de ce que notre imagination aime à se représenter sous le nom de « chose » ; mais tout ce qui n’est pas solide n’est pas « rien » pour autant. Le vide quantique est un champ d’énergie doté de propriétés bien particulières, objet d’une description scientifique rigoureuse. Le renommer « néant » pour s’offrir le plaisir de nier le principe ex nihilo nihil est un tour de passe-passe. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.235, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionL'idée de création à partir du néant est absurde

    « Au surplus, l’affirmation selon laquelle l’univers « se crée lui-même à partir de rien » est un nid de contradictions : pour se créer soi-même, il faut se précéder soi-même dans l’existence ; ce qui est impossible. Et pire que cela, pour se tirer soi-même du néant, il faut tout à la fois exister avant d’exister, et ne pas exister avant d’exister, auquel cas on ne se tirerait pas du néant mais de soi-même ! Autant dire que cette phrase d’allure métaphysique ne veut absolument rien dire. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.115-116, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionsL'univers n'a pas de commencement

    L'univers n'a une cause que s'il a un commencement. Mais si l'univers n'a aucun commencement, il n'y a pas rechercher sa cause. L'univers est auto-explicatif, il n'y a pas besoin de supposer un Dieu.
    « L’idée que l’espace et le temps puissent former une surface close sans bord a donc de profondes implications pour le rôle de Dieu dans les affaires de l’univers. Le succès des théories scientifiques dans la description des événements a conduit la plupart des gens à estimer que Dieu permet à l’univers d’évoluer dans le cadre d’un ensemble de lois et qu’il n’intervient pas dans l’univers pour enfreindre ces lois. Pourtant, ces lois ne nous disent pas à quoi l’univers a dû ressembler à son commencement — il reviendrait encore à Dieu de remonter l’horloge et de décider la façon de la mettre en marche. Tant que l’univers avait un commencement, on pouvait supposer qu’il avait un créateur. Mais si l’univers était vraiment complètement auto-contenu, sans bord ni frontière, il n’aurait ni commencement ni fin : il serait, tout simplement. Quelle place resterait-il pour un créateur ? »
    Stephen Hawking, Une brève histoire du temps, Flammarion, Paris, 1989.
    SOUS-ARGUMENTS
    Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
    OBJECTIONS

    ObjectionLe commencement n'est pas l'origine

    « Il convient en effet de ne pas confondre deux idées : l’idée de commencement et l’idée d’origine. Commencer, c’est avoir un premier instant d’existence dans le temps. Avoir une origine, c’est dépendre d’un autre être que soi pour exister. Ce qui commence d’être a forcément une origine (une cause) ; mais ce qui a une origine (une cause) n’a pas forcément un commencement dans le temps. Par suite, ce qui n’a pas de commencement n’est pas forcément sans origine. Admettons par exemple que la lumière du jour n’ait jamais commencé d’exister, qu’elle existe depuis un temps infini. Cesserait-elle pour autant de dépendre du soleil comme de sa cause ? Non. Le fait pour la lumière d’avoir toujours existé ne lui donnerait pas le statut d’être par soi, capable de subsister sans cause. Si la lumière était éternelle, éternellement elle serait dépendante du soleil. Le soleil ne l’aurait pas produite à un moment donné du temps ; il la produirait continûment depuis une éternité. Ainsi l’effet et la cause peuvent-ils être exactement contemporains, sans que cela supprime le moins du monde la relation asymétrique de causalité entre l’un et l’autre. La leçon que l’on doit retirer de cette distinction entre l’idée de dépendance et l’idée d’antécédence, c’est qu’il ne suffit pas d’être éternel pour être incausé. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la question radicale que nous posons n’est pas celle de savoir comment l’univers se conserve, se transforme et se transporte lui-même d’un moment à l’autre sans cesser d’exister. La question est de savoir pourquoi il existe. À cette question la science ne répond pas. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.113-114, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionDieu est sempiternel

    « Si l’univers a eu un commencement, c’est Dieu qui l’a fait commencer d’une manière plutôt que d’une autre. Si l’univers n’a pas eu de commencement, la seule alternative est qu’il soit sempiternel. Dans ce cas, Dieu peut être considéré comme celui qui le conserve dans l’existence à chaque moment, sous les lois de la nature en vigueur. C’est par sa décision de chaque instant qu’il existe en ce moment et que les lois de la nature en vigueur sont ce qu’elles sont. »
    Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, Ithaque, Paris, 2009.

    ObjectionL'idée d'un temps sans commencement est inconcevable car contradictoire

    « L’idée d’un temps fini sans commencement est non seulement inimaginable, mais aussi inconcevable. Car toutes les tentatives que l’on peut faire pour y parvenir aboutissent à détruire le concept même de temps. Voyons cela. Un espace fini sans bord, c’est un espace dans lequel il est possible de se déplacer sans jamais rencontrer de limite, mais dont l’expansion totale est finie. Que pourrait bien être un temps fini sans commencement ? Hawking n’en dit rien, mais nous pouvons essayer d’y réfléchir. Nous retrouvons pour commencer l’idée zénonienne : le temps serait fini mais il n’a pas de commencement parce que tout intervalle de temps fini, et singulièrement le premier, comporterait un nombre infini d’instants à parcourir, ce qui rejettrait à l’infini le commencement. Pour être valable, cette solution suppose que le temps lui-même « mette du temps » à franchir le nombre potentiellement infini de ses propres instants divisibles ; mais c’est complètement absurde car le temps n’a pas de vitesse. L’autre solution pour donner un sens à l’idée d’un temps qui n’en finit pas de passer mais qui parcourt pourtant une durée déterminée, c’est d’imaginer un temps circulaire. Mais cette solution est également absurde : un temps circulaire implique que tout événement soit à la fois antérieur et postérieur à lui-même, ce qui est contradictoire avec le concept même de temps. Cela le transforme tout simplement en espace (où il est effectivement possible de passer deux fois par le même point alors qu’il est impossible de passer deux fois par le même instant du temps). Si l’on fait disparaître la relation antérieur/postérieur, on fait disparaître le temps pour le remplacer par la relation d’interposition. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.253-254, Éditions du Cerf, Paris, 2013.
    Voir plus...
    « Une théorie qui contient une contradiction ne peut être vraie, aussi réussies que soient ses prédictions. Or la « proposition » d’un temps cyclique contient à mon avis une contradiction. Elle entraîne que demain est à la fois après et avant aujourd’hui (puisque si vous vivez suffisamment longtemps après demain, vous vous retrouverez aujourd’hui). Ce qui entraîne à son tour que je peux provoquer aujourd’hui des événements de demain, qui, à leur tour, suivant une longue chaîne de causes, provoqueront mon existence aujourd’hui. Il est de toute façon logiquement possible (que ce soit possible ou non en pratique) que je prenne librement des décisions différentes de celles que je prends aujourd’hui ; dans ce cas, je pourrais décider d’agir aujourd’hui de façon à m’assurer que mes parents ne soient jamais nés et donc que je n’aie jamais existé — ce qui est contradictoire. Un temps cyclique rend possible que j’agisse de manière à faire que je n’aie jamais pu agir. Et, puisque cela est contradictoire, un temps cyclique n’est pas possible. »
    Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, Ithaque, Paris, 2009.
    Sous-débat
    Le débat continue. Consultez la page détaillée
    L'idée d'un temps sans commencement est inconcevable car contradictoire
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'idée de "contradictoire" n'est pas applicable à l'Univers car il repose sur les lois de la physique quantique
    de l'argument pour aller plus loin.

    ObjectionL'idée d'un temps sans commencement conduit à abandonner la notion de temps

    « La seule solution rationnelle, sur le plan de la cohérence conceptuelle (seule chose dont nous puissions juger ici), pour donner un sens réaliste à la notion de « temps imaginaire » est d’abandonner la notion de temps. Il faudrait alors opter pour l’idée d’un temps atemporel. Une reformulation de la théorie d’Hawking consisterait à dire qu’en deçà du mur de Planck, on débouche sur un univers atemporel. Mais cette hypothèse paraît elle-même difficilement tenable. D’abord, parce qu’une réalité physique atemporelle devrait être absolument immuable, sans changement, et par conséquent absolument froide. Le problème est que l’état physique initial de l’univers, fût-il quantique, est tout sauf froid. Il est au contraire d’une chaleur extrême. Mais il y a pire : un tel état de l’univers, s’il est atemporel, ne peut pas se trouver dans une relation temporelle avec l’univers temporel, il ne peut donc pas exister « avant » le Big Bang, mais doit lui coexister éternellement. Cela supposerait donc que cet univers atemporel originaire continue d’exister aujourd’hui dans cet état atemporel, ce qui est contradictoire avec l’hypothèse puisqu’il est censé s’être lui-même « transformé » en notre univers. Au surplus, cet état atemporel n’ayant jamais commencé, l’univers aurait dû en jaillir depuis un temps infini (reflet temporel de l’intemporalité), ce qui n’est visiblement pas le cas, puisque notre univers a un passé fini. Assurément, on peut concevoir en lieu et place de la singularité = 0 de la théorie standard une réalité immuable, simple, atemporelle, productrice de l’univers, et réellement subsistante. Mais, comme il ne peut s’agir d’une réalité physique, on est alors tout simplement en train de décrire une réalité non physique, intemporelle, immatérielle, toute-puissante, dotée d’une volonté libre. Et nous l’appellerons « Dieu ». »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.255-256, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionsL'univers est contingent

    Raisonnement de Sartre : si l'univers trouve sa raison d'être dans un être nécessaire, alors il doit être nécessaire. Or, l'univers est contingent. Donc Dieu, être nécessaire, n'a pas créé l'univers.
    « Il est nécessaire qu’il y ait quelque chose et non pas rien, parce qu’il est nécessairement contingent qu’il y ait quelque chose et non pas quelque autre chose. La nécessité de la contingence de l’étant impose l’existence nécessaire de l’étant contingent. »
    Quentin Meillassoux, Après la finitude, p.103, Le Seuil, Paris, 2006.
    SOUS-ARGUMENTS
    Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
    OBJECTIONS

    ObjectionSi l'univers n'a pas de cause, alors il n'est pas nécessaire qu'il existe quelque chose

    « Mais voici que les choses se corsent : non seulement l’univers est contingent mais primo, il n’a pas de cause, et secundo il doit nécessairement exister quelque chose (cet univers ou un autre). Mais si l’univers n’a pas de cause, d’où vient cette nécessité ? Nulle loi, nul principe, nul être ne nous est accessible pour expliquer qu’il soit impossible que rien n’existe. Si la totalité de ce qui est pourrait ne pas exister, alors il pourrait réellement ne rien exister, et l’existence de quoi que ce soit est contingente. Il est impossible de faire surgir du chapeau une nécessité du second ordre pour enrober le tout, car il n’y a nulle part où la prendre. C’est donc de deux choses l’une : ou bien la contingence de l’univers est réelle, le néant est une vraie possibilité et il aurait vraiment pu ne rien exister du tout (si on le nie, c’est que la contingence du monde n’est qu’une illusion, ou une concession purement verbale) ; ou bien la contingence du monde n’est pas réelle et alors l’univers est nécessaire (mais dans ce cas, il faut argumenter une telle position, ce qui n’est pas facile, et d’ailleurs Meillassoux est comme nous persuadé du contraire). C’est donc indûment à notre avis qu’il revendique simultanément le bénéfice des deux positions. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.182-183, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionLa nécessité qu'il existe quelque chose suppose qu'il existe Dieu

    « La position qu’imagine Meillassoux, à savoir qu’il existe nécessairement quelque chose et que l’univers soit radicalement contingent, est possible […] mais à une condition stricte : qu’il existe aussi un être nécessaire ! Mais prétendre que le néant est impossible sans poser un être nécessaire, cela nous paraît absurde. La seule source de nécessité dans le raisonnement de Meillassoux est un pur épiphénomène logique. Il s’agit d’une nécessité verbale, sans enracinement dans une quelconque nécessité réelle. Reprenons son théorème […] Cela donne en clair : [Pour tout x et tout y, il est nécessaire que si x existe à la place de y, ce soit de manière contingente] implique [il existe nécessairement un x ou un y contingent]. Ce raisonnement n’est pas valide. La nécessité dont il traite dans la première proposition est une pure nécessité conditionnelle, elle ne porte pas sur l’existence de quelque chose, mais seulement sur l’enchaînement qui lie (selon sa thèse) le fait d’exister à celui d’être contingent (« si x existe, alors nécessairement x est contingent » et non « il est nécessaire qu’un x existe, qui soit contingent »). En réalité la première proposition est une tautologie qui dit que lorsqu’on fait partie de l’ensemble des êtres contingents, il est nécessaire qu’on soit un être contingent. Ce qui est vrai mais pas très informatif. L’argument de Meillassoux n’est pas une preuve, mais la simple affirmation d’une définition : « Par définition tout x est contingent, donc tout x est contingent. » Bref, de l’implication selon laquelle si quelque chose existe, ce doit être de façon contingente, il est impossible de tirer la conclusion qu’il existe nécessairement quelque chose. Générer une situation de nécessité sans un être nécessaire dans le tableau, c’est tout bonnement impossible. On est parfois tenté de le faire en imaginant des relations de conditionnement réciproque entre des termes contingents, à la façon de Dupont et Dupond qui croient se prémunir d’une chute en s’accrochant l’un à l’autre, mais la manœuvre est illusoire. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.183-184, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionLe raisonnement selon lequel un être nécessaire ne peut engendrer qu'un univers nécessaire confond implication logique et lien causal

    « Certains philosophes (Sartre, par exemple) opposent que si l’univers contingent avait sa raison d’être dans un être nécessaire, il serait lui-même nécessaire. Car, disent-ils, les propositions déduites de propositions nécessaires sont elles aussi nécessaires (s’il est nécessaire que P que P implique Q, alors il est nécessaire que Q). […] Ici, il y a une confusion entre l’implication logique et le lien causal. Requérir une cause nécessaire ultime n’implique absolument pas qu’elle doive annuler la contingence de l’univers en lui apportant une explication de type déductif. […] la cause première n’implique pas l’univers. Elle le cause, ce qui est différent. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.197, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionAu contraire, un être nécessaire ne peut engendrer qu'un univers contingent

    « Il est en fait parfaitement impossible qu’un être absolument nécessaire produise quoi que ce soit d’aussi nécessaire que lui. En effet, il n’existe qu’un seul être nécessaire ; par conséquent, pour produire quelque chose d’absolument nécessaire, l’être nécessaire devrait se produire lui-même, ce qui est absurde. Si l’être nécessaire produit quelque chose, c’est nécessairement quelque chose de contingent. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.197-198, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionsLa cause première est le Big Bang

    L'univers est causé par le Big Bang ; "avant" le Big Bang, l'espace et le temps n'existaient pas, on ne peut donc pas chercher "la cause" du Big Bang. L'univers est une singularité absolue.
    SOUS-ARGUMENTS
    Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
    OBJECTIONS

    ObjectionLe Big Bang a une cause

    Aucun résumé ni citation n'a été entré.

    ObjectionsLa cause première est un point immatériel

    Voir Quentin Smith, « Time was a timeless point », God and time : Essays on the divine nature
    SOUS-ARGUMENTS
    Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
    OBJECTIONS

    ObjectionUn point immatériel est une abstraction et une abstraction ne peut rien causer

    « Nous pensons que la solution de Smith n’est pas crédible, et cela pour une raison simple. Un point n’est pas une réalité concrète, mais une pure abstraction. Or une abstraction n’a aucun pouvoir causal. Il est parfaitement exact qu’un point présente un certain nombre des déterminations que nous avons exigées de la cause première : simplicité, absence de parties, inextension, etc. Il lui manque seulement l’existence ! Nommer la cause première « point » présente un seul avantage : ne pas l’appeler esprit. Mais un point n’est rien d’autre que le degré ultime d’exténuation de la réalité physique. Il n’existe aucune réalité ponctuelle, sinon dans l’abstraction mathématique géométrique. Si l’on prétend ne pas faire de géométrie, mais se situer dans le plan des êtres réellement existants, parler d’un point est une façon de signifier ou bien le néant ou bien l’esprit. Admettre à la fois que l’univers a une cause et que la seule façon de désigner cette cause dans la langue scientifique soit d’en parler d’un point, c’est tout simplement dire, sans le dire, que cette réalité n’est pas physique. Car ou bien elle est vraiment un point, et elle n’est rien, et ne peut donc être la cause de rien ; ou bien elle est sans dimension spatiale et vraiment existante, et alors elle est un esprit. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.157, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionsTout a une cause, et Dieu en particulier

    = L'argument de la cause première est un paralogisme.
    « Si tout doit avoir une cause, alors Dieu doit avoir une cause. S’il existe quelque chose qui n’ait pas de cause, ce peut être aussi bien le monde que Dieu, si bien que cet argument ne présente aucune valeur. »
    Bertrand Russell, « Pourquoi je ne suis pas chrétien », Le mariage et la morale, 10/18, 1997.
    Voir plus...
    « L’argument de Cléanthe, on l’a vu, repose sur cette idée que tout ordre manifeste une cause finale, c’est-à-dire un dessein formé dans une pensée consciente. Mais, remarque Philon, la mise en ordre de nos pensées requiert une cause, en l’occurrence un principe d’organisation. Si, par conséquent, on suit la logique de Cléanthe, qui conçoit la pensée divine par analogie avec la pensée humaine, on se trouve engagé dans une régression à l’infini ; la formation du dessein divin suppose une nouvelle cause spirituelle qui demande à son tour à être expliquée et ainsi de suite. Jamais on ne parviendra par cette voie à l’idée d’une cause première. »
    David Hume, Dialogues sur la religion naturelle, introduction, 1779.
    SOUS-ARGUMENTS
    Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
    OBJECTIONS

    ObjectionCe n'est pas « tout » mais « tout effet » qui a une cause

    « L’argument favori des adversaires du théisme est bien connu ; c’est d’accuser les théistes de se servir du principe de causalité comme d’un « taxi ». On monte dedans pour se rendre où l’on souhaite (en l’occurrence, jusqu’à l’existence de Dieu) et lorsqu’on est arrivé à destination, on en descend (en l’occurrence, on omet d’appliquer le principe de causalité à Dieu). De Schopenhauer à Dawkins en passant par Comte-Sponville et Daniel C. Dennet, les antithéistes amateurs prétendent que les théistes s’appuient sur l’axiome que « tout a une cause », mais que par une manipulation malhonnête, ils font exception pour Dieu, une fois que ce principe les a conduits jusqu’à lui. D’où la question que les athées posent d’un air goguenard en croyant embarrasser les théistes : « Mais qui a donc causé Dieu ? » Le problème est que cette présentation de l’argument est totalement fantaisiste. Non seulement aucun théiste sérieux ne s’est jamais appuyé sur le principe selon lequel « tout a une cause », mais tout métaphysicien rigoureux, athée ou théiste, doit commencer par le réfuter pour dégager le terrain de sa recherche. Il est en effet impossible que tout ce qui existe ait une cause. Et c’est précisément l’examen de cette impossibilité qui nous a conduits à reconnaître l’existence d’un être incausé. Répétons-le encore une fois : le premier acquis de notre recherche philosophique est très simple, mais il est très robuste ; c’est qu’il existe nécessairement un être incausé. Sur ce point, nous prétendons que l’accord doit se faire parmi tous les philosophes, athées ou théistes. Le seul principe solide est que « tout effet a une cause » ou encore que « tout être contingent a une cause ». À partir de là, la vraie question est de savoir si l’univers, par exemple, est un être contingent, ou bien s’il existe par soi. Mais l’existence d’au moins un être incausé est hors de doute. La question malicieuse des antithéistes – qui a causé Dieu ? – est donc totalement absurde. Elle se ramène en effet à demander : « Qui a causé l’être incausé ? » Or, il va de soi, aussi bien pour les athées sérieux que pour les théistes, qu’il existe nécessairement un être incausé et que cet être incausé, par définition, ne saurait avoir de cause. Toute la dispute entre athées sérieux porte sur l’identification de cet être incausé. La vraie bonne question n’est pas : « Qui a causé Dieu ? », mais : « Pourquoi l’être incausé serait-il un être transcendant et non l’univers ? » Ou encore : « Pourquoi l’univers ne serait-il pas Dieu ? » Il n’est plus question de savoir s’il existe ou non un être incausé. La dispute sur ce point ne sépare pas les athées des théistes, mais les scientistes des philosophes. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.118-119, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionDieu est hors du temps, donc sans cause

    Cf. Keith Ward

    ObjectionLe monde a eu un commencement et par conséquent a une cause première

    Aucun résumé ni citation n'a été entré.

    ObjectionLe principe de causalité ne s'applique pas à l'univers

    • On ne peut parler de causalité pour l'univers car la causalité est une notion qui est le fruit de nos habitudes issues de nos sens (Hume)
    • Le principe de causalité ne s'applique que dans le monde sensible (Kant)
    • Sophisme de composition (Russell)
    « Ajoutez à cela qu’en traçant une éternelle succession d’objets, il paraît absurde de demander la cause générale ou le premier auteur. Comment une chose existante de toute éternité aurait-elle une cause puisque ce rapport suppose un temps antérieur et un commencement d’existence ? Aussi, dans une chaîne ou succession d’objets, chaque partie est causée par celle qui la précède et cause celle qui la suit. Où se trouve donc la difficulté ? Mais le grand Tout, dites-vous, exige une cause. Je réponds que la réunion de ces parties en un Tout, de même que la réunion de plusieurs provinces diverses en un seul royaume ou de plusieurs membres en un seul corps, n’est que l’effet d’un acte arbitraire de l’esprit, et n’a pas la moindre influence sur la nature des choses. Si je vous montrais les causes particulières de chaque individu dans la collection de vingt molécules de matières, je regarderais comme bien peu raisonnable si vous veniez me demander ensuite quelle était la cause de ces vingt parties réunies en un tout. La chose est suffisamment expliquée par l’explication de la cause des parties. »
    David Hume, Dialogues sur la religion naturelle, 9e partie.
    Voir plus...
    « J’ai dit un peu plus haut que, dans cet argument cosmologique, se cachait toute une nichée de prétentions dialectiques que la critique transcendantale peut aisément découvrir et détruire. Je vais maintenant me borner à les indiquer et laisser au lecteur déjà exercé le soin de scruter plus à fond et de réfuter les principes illusoires. On y trouve donc, par exemple : 1° le principe transcendantal qui nous fait conclure du contingent à une cause, principe qui n’a de valeur que dans le monde sensible, mais qui n’a plus même de sens hors de ce monde. Car le concept purement intellectuel du contingent telle que celle de la causalité et le principe de cette dernière n’a aucune valeur ni aucun critérium de son usage ailleurs que dans le seul monde sensible ; or, ici, il devrait servir précisément à sortir du monde sensible. 2° Le principe qui nous sert à conclure de l’impossibilité d’une série infinie de causes données les unes au-dessus des autres dans le monde sensible à une première cause, principe dont les principes de l’usage ne nous autorisent pas à nous servir même dans l’expérience et qu’à plus forte raison nous ne pouvons pas étendre au-delà de l’expérience (là où cette chaîne ne peut pas être prolongée). »
    Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, A 609.
    Sous-débat
    Le débat continue. Consultez la page détaillée
    Le principe de causalité ne s'applique pas à l'univers
    SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
    Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le sophisme de composition n'est pas un sophisme
    Objection Il faut suivre le principe de vérité de nos sens
    Objection Sans cause première, la série des causes ne peut être expliquée
    de l'argument pour aller plus loin.

    ObjectionsIl n'y a pas de raison que ce soit Dieu la cause première

    Au mieux, l'argument de la cause première reviendrait à dire qu'il y a, en-dessous des phénomènes, une Substance qui les soutient. Mais comment attribuer à cette Substance des qualités telles que l'intelligence, la bonté, ou d'autres attributs traditionnels de Dieu ?
    « Au demeurant, quand bien même on donnerait raison à Leibniz et au principe de raison, cela prouverait seulement l’existence d’un être nécessaire. Mais qu’est-ce qui nous prouve que cet être soit Dieu, je veux dire un Esprit, un Sujet, une Personne (ou trois) ? Ce pourrait être aussi bien l’apeiron (l’infini, l’indéterminé) d’Anaximandre, le feu toujours changeant d’Héraclite (le devenir), l’Être impersonnel de Parménide, le Tao – tout aussi impersonnel – de Lao-tseu… Ce pourrait être la Substance de Spinoza, laquelle est absolument nécessaire, cause de soi et de tout, éternelle et infinie, mais immanente (ses effets sont en elle) et dépourvue, je le rappelais à propos de la preuve ontologique, de tout trait anthropomorphique : elle est sans conscience, sans volonté, sans amour. Spinoza l’appelle «Dieu», certes, mais ce n’est pas un Bon Dieu : ce n’est que la Nature (c’est ce qu’on appelle le panthéisme spinoziste : « Deus sive Natura, Dieu c’est-à-dire la Nature »), laquelle n’est pas un sujet et ne poursuit aucun but. À quoi bon la prier, puisqu’elle ne nous écoute pas ? Comment lui obéir, puisqu’elle ne nous demande rien ? Pourquoi lui faire confiance, puisqu’elle ne s’occupe pas de nous ? Et que reste-t-il alors de la foi ? Leibniz ne s’y est pas trompé. Ce panthéisme-là est plus près de l’athéisme que de la religion. »
    André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006.
    Voir plus...
    Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
    SOUS-ARGUMENTS
    Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
    OBJECTIONS

    ObjectionLa cause première est un être nécessaire

    Debat-sensible.svgLe résumé de cet argument est désavantageux
    L'argument est présenté de façon lacunaire ou caricaturée. Une version plus convaincante doit être rédigée.
    La cause première est un être nécessaire. Dieu, par définition, est un être nécessaire.

    ObjectionLa cause première ne peut pas être matérielle

    Aucun résumé ni citation n'a été entré.

    ObjectionLa cause première ne peut pas être une abstraction

    « Sur quelle base affirmer que la cause première est un esprit ? Réponse : à partir du moment où l’on reconnaît que cet être doit être sans parties et dépourvu de toute détermination quantitative (et c’est nécessaire), nous n’avons pas tellement le choix. Il n’existe pas trente-six sortes d’êtres immatériels. À vrai dire, seulement deux. Il peut s’agir 1) d’une abstraction (une loi logique, une idéalité mathématique), 2) d’un esprit, deuxième type d’être immatériel communément admis. Mais une abstraction – à supposer qu’elle puisse subsister par soi sans un entendement pour la penser, ce qui est très douteux – n’a pas de pouvoir producteur. Ce sont les 15 joueurs de l’équipe de France qui gagnent le match, pas le chiffre 15. Il ne peut donc s’agir que d’un esprit. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.155, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionLa cause première a une conscience

    « Mieux que cela, nous avons de bonnes raisons de penser que la réalité physique elle-même n’est rien d’autre qu’un degré infime de spiritualité. Pour bien saisir la nécessité de ce point, il faut se demander en quoi pourrait consister la réalité propre d’un être non physique, c’est-à-dire d’un être tout entier intérieur à lui-même, n’offrant aucune prise à un repérage sensible. Cela ne peut être qu’une présence à soi, autrement dit une conscience. Nous dirons donc que la cause première est un être conscient, non seulement de lui-même mais de tout ce qu’il fait. Et comme il fait tout, puisqu’il soutient l’univers dans son existence, sa conscience est coextensive à l’ensemble de la réalité. C’est ce qu’on appelle classiquement le fait d’être omniscient. La dernière échappatoire serait d’invoquer un « type-d’être-immatériel-encore-inconnu » qui ne serait ni une abstraction, ni un esprit. Mais c’est là une solution verbale et gratuite. En l’absence d’éléments tendant à définir le contenu de cette hypothèse et à montrer qu’elle est plus probable que celle d’un esprit, il s’agit d’une pure fantaisie. Il est certes parfaitement impossible de réfuter une hypothèse dont le principal contenu est de n’en avoir aucun, mais cela ne prouve rien contre les autres hypothèses. »
    Frédéric Guillaud, Dieu existe, p.156-157, Éditions du Cerf, Paris, 2013.

    ObjectionsLa cause première est inconnaissable

    « Pourquoi Dieu plutôt que rien ? Ainsi la question de l’être est première, et revient toujours. Or, à cette question, nul ne peut répondre. Affirmer que l’être est éternel, ce n’est pas l’expliquer : qu’il y ait toujours eu de l’être, cela nous dispense d’en chercher le commencement ou l’origine, non d’en chercher la raison. Penser l’être comme nécessaire, ce n’est pas davantage l’expliquer ; c’est constater qu’il ne s’explique que par lui-même (il est « cause de soi», disent souvent les philosophes), ce qui le rend, pour nous et à jamais, inexplicable. Les philosophes n’échappent pas davantage au mystère que les physiciens ou les théologiens. Pourquoi le big-bang plutôt que rien ? Pourquoi Dieu plutôt que rien ? Pourquoi tout plutôt que rien ? La question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?» se pose d’autant plus nécessairement qu’elle est sans réponse possible. C’est ce qui la rend fascinante, éclairante, tonique : elle nous renvoie à ce que j’appelle le mystère de l’être, indissociable de son évidence. Elle nous réveille de notre sommeil positiviste. Elle secoue nos habitudes, nos familiarités, nos prétendues évidences. Elle nous arrache, au moins un temps, à l’apparente banalité de tout, à l’apparente normalité de tout. Elle nous renvoie à l’étonnement premier : il y a quelque chose, et non pas rien ! Et personne, jamais, ne pourra dire pourquoi. puisqu’on ne pourrait expliquer l’existence de l’être que par un être, autrement dit qu’à la condition de présupposer d’abord ce qu’on veut expliquer. L’existence de l’être est donc foncièrement mystérieuse, c’est cela qu’il faut comprendre, et que ce mystère est irréductible. Parce qu’il est impénétrable ? Au contraire : parce que nous sommes dedans. Parce qu’il est trop obscur ? Au contraire : parce qu’il est la lumière même. »
    André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006.
    Voir plus...
    « Un ami peintre, sans religion particulière, me dit un jour : « Je ne suis pas athée ; je crois qu’il y a du mystère… » La belle affaire ! Moi aussi, je crois qu’il y a du mystère ! Je pense même qu’il n’y a que cela : on peut certes expliquer beaucoup de choses, mais pas tout, ni même la série entière des choses explicables, de telle sorte que tout ce qu’on explique baigne dans de l’inexpliqué. « La vérité est au fond de l’abîme », disait Démocrite, et l’abîme est sans fond. C’est notre lieu. C’est notre lot. Il n’y a rien de plus mystérieux que l’existence du monde, de la nature, de l’être, et pourtant nous sommes dedans (oui : au cœur de l’être, au cœur du mystère !). Mais cela, c’est ce qu’on appelle l’immanence, quand Dieu est supposé transcendant. L’univers fait un mystère suffisant. Pourquoi faudrait-il en inventer un autre ? »
    André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006.
    SOUS-ARGUMENTS
    Aucun sous-argument n'a été entré pour le moment.
    OBJECTIONS
    Aucune objection n'a été entrée pour le moment.

    ObjectionsPrendre Dieu comme cause première déplace la question au lieu d'y répondre

    Aucun résumé ni citation n'a été entré.

    [ ± Ajouter ou retirer une objection ]

    Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

    • Frédéric Guillaud, Dieu existe, Éditions du Cerf, Paris, 2013.  

    [ ± Ajouter ou retirer une référence ]