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Le décompte du Livre noir du communisme ne parvient pas à 100 millions de morts

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Résumé de l'argumentRésumé de l'argument [ modifier ]

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CitationsCitations [ modifier ]

« Le premier bandeau de présentation du livre annonçait tapageusement 100 millions de morts. Le décompte des auteurs parvient à 85 millions. M. Courtois n'est pas à 15 millions près. Il manie le cadavre à la louche. »
Daniel Bensaïd, « Communisme contre stalinisme », Rouge, n°1755, 1997.
« Dans son article “les victimes du stalinisme et de la police secrète soviétique : la comparabilité et la fiabilité des données d’archives – ce n’est pas le dernier mot” paru en 1999 dans la prestigieuse revue Europe Asia studies l’historien spécialiste de l’URSS Stephen G. Wheatcroft décrit les enjeux pour les historiens, des enjeux qui n’ont guère changé à ce jour plus de 20 ans après l’ouverture des archives :

Allons-nous progresser dans notre niveau de compréhension ? Allons nous répondre de façon positive aux nouvelles circonstances créées par l’ouverture d’une très grande masse d’archives désormais disponibles ? Allons-nous essayer d’évaluer de manière critique la fiabilité de ces données ? Allons-nous essayer d’établir des indicateurs crédibles descriptifs du cas soviétique que nous pourrons comparer à d’autres sociétés ?

Ces questions se posent avec force et Wheatcroft de souligner à propos de la machine de propagande visant à donner une apparence de sérieux au slogan des 100 millions de morts du communisme qu’elle est désormais totalement démentie par l’analyse des sources historiques. »
Auteur anonyme, « Vrais chiffres du goulag vs propagande anticommuniste : les faits historiques », Initiative communiste journal mensuel du Pôle de la Renaissance Communiste en France, 12 novembre 2017.

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Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentLe communisme soviétique n'a pas fait 20 millions de morts mais un peu moins de 800 mille

« S’agissant des condamnations à mort, Wheatcroft les évalue d’après les archives à 799. 000 sur la période 1921-1953 dont 682. 000 durant la période des grandes purges de 1937 1938. On est ici très loin du slogan des “20 millions de morts de Staline” propagé par l’extrême-droite et repris en cœur par la propagande anti-communiste durant la guerre froide »
Auteur anonyme, « Vrais chiffres du goulag vs propagande anticommuniste : les faits historiques », Initiative communiste journal mensuel du Pôle de la Renaissance Communiste en France, 12 novembre 2017.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentPeut-être même un peu moins : 640 à 643 mille

D'après une autre source d'archives soviétiques communiquée par Nicolas Werth en 1993. Ainsi, le 14 février 1954 le procureur de l’URSS, le ministre de la justice et le ministre de l’intérieur envoyèrent une note à N. Khrouchtchev : entre le 1er janvier 1921 et le 1er février 1954, 3.777. 380 condamnations pour « activités contre-révolutionnaires » (et non 4 millions 60 mille) « par les collèges spéciaux et les troikas de l’OGPU et du NKVD ; le collège militaire de la Cour suprême et les tribunaux militaires.» dont 642.980 condamnations à mort et "peut-être un demi-million" en 1937-1938. La tranche chronologique1921-1954 est un peu plus étendue que la précédente (1921-1953) Nicolas Werth « Goulag, les vrais chiffres », L’Histoire N° 169, septembre 1993, p. 50
« On sait le flou qui entourait la notion d’ « activités contre-révolutionnaires ». Néanmoins ce document donne un ordre de grandeur : peut-être un demi-million d’exécutions pour les deux années les plus terribles de la répression ; tous les témoignages en effet confirment, en effet que les exécutions de « politiques » furent beaucoup plus rares au cours des autres années. Un second document –révélé aux seuls délégués du Plénum du Comité central qui se tint du 22 au 28 juin 1957 et qui condamna le « groupe antiparti » Molotov- Malenkov-Kaganovitch, et récemment exhumé – fait état de 681.692 (toutes "catégories "confondues, « droits communs » et « politiques ») en 1937-1938. »
Nicolas Werth, « goulag les vrais chiffres », L'Histoire, p.50, Paris, septembre 1993.
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« En février 1954, un certificat a été préparé au nom de NS Khrouchtchev, signé par le procureur général de l'URSS R. Rudenko, ministre des Affaires intérieures de l'URSS S.Kruglov et ministre de la Justice de l'URSS K.Gorshenin, dans lequel le nombre de personnes condamnées pour crimes contre-révolutionnaires pour la période allant de 1921 au 1er février 1954. Au total, pendant cette période, 3. 777. 380 personnes ont été condamnées par le Collège OGPU, les troïkas du NKVD, la Réunion spéciale, le Collège militaire, les tribunaux et les tribunaux militaires, dont 642. 980 condamnés à la peine capitale ; (...) Il faut le souligner : du document officiel de l'État ci-dessus, il découle que pour la période de 1921 à 1953. moins de 700. 000 personnes arrêtées pour des raisons politiques ont été condamnées à mort. »
Victor Zemskov, « Le goulag (aspect historique et sociologique) », Revue sociologique, n°6 Sociologiceskie issledovanija, p.p. 3-16 (12-13), 1991.
OBJECTIONS

ObjectionSi l'on ne compte pas les victimes de la grande famine en Ukraine, celles de la dékoulaisation ni les morts au Goulag, on peut baisser artificiellement le nombre de morts

« Selon certains 10 à 18 millions de personnes séjournèrent dans les camps du Goulag (1,6 million de détenus y mourant, victimes de maladies et de traumatismes provoqués par la faim, l'épuisement et le froid, ou sous les balles des gardiens)4,5 et plusieurs millions furent exilées ou déportées dans diverses régions de l'Union soviétique6,7. Pour d'autres le nombre impressionnant de détenus se limite à quelques millions entre 1934 et 1953. 963 766 d'entre eux périrent de faim et d'épuisement ; mais surtout pendant les années de guerre 1941-1945 imposées à l'URSS par l'invasion allemande. Entre 1921 et 1953, sur 4 060 306 personnes condamnées, 799 455 furent exécutées, dont 681 692 dans les années 1937-19388. Toujours en 1993, Nicolas Werth citait un chiffrage légèrement inférieur sur la base d'une autre source d'archive : le 14 février 1954, le procureur de l’URSS, le ministre de la justice et le ministre de l’intérieur envoyèrent une note à N. Khrouchtchev communiquant des estimations pour une période un peu plus étendue « entre le 1er janvier 1921 et le 1er février 1954 : 3 777 380 condamnations pour « activités contre-révolutionnaires » « par les « collèges spéciaux » et les « troïkas » de l’OGPU et du NKVD ; le collège militaire de la Cour suprême et les tribunaux militaires ». 642 980 d'entre eux furent condamnés à mort9. On y ajoutera entre 1929 et 1933 2 100 000 victimes par la déportation de la dékoulakisation dont en 1930 et 1931 1 800 000 paysans qualifiés de koulaks. Parmi eux 530 000 à 600 000 hommes femmes et enfants moururent10. En 2017, Nicolas Werth et Luba Jurgenson évoquent les chiffres de 20 millions de détenus et 4 millions de morts dans leur ouvrage Le Goulag entre 1929 et 195411. »
Auteur anonyme, « Goulag », Wikipédia.
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« Il y a eu deux séries de famines en URSS, la première en 1921, causée par la désorganisation de l'agriculture à la suite de la Révolution d'Octobre, la seconde, artificielle, liée à la collectivisation des terres. Les famines soviétiques de 1931-1933 ont touché l'ensemble de l'Union des républiques socialistes soviétiques) dans les années 1931-1933, faisant entre 6 et 8 millions de morts selon les estimations. Cet épisode tragique est longtemps resté un sujet tabou en Union soviétique. »

Sous-argumentPeut-être même un peu moins : 640 à 643 mille

D'après une autre source d'archives soviétiques communiquée par Nicolas Werth en 1993. Ainsi, le 14 février 1954 le procureur de l’URSS, le ministre de la justice et le ministre de l’intérieur envoyèrent une note à N. Khrouchtchev : entre le 1er janvier 1921 et le 1er février 1954, 3.777. 380 condamnations pour « activités contre-révolutionnaires » (et non 4 millions 60 mille) « par les collèges spéciaux et les troikas de l’OGPU et du NKVD ; le collège militaire de la Cour suprême et les tribunaux militaires.» dont 642.980 condamnations à mort et "peut-être un demi-million" en 1937-1938. La tranche chronologique1921-1954 est un peu plus étendue que la précédente (1921-1953) Nicolas Werth « Goulag, les vrais chiffres », L’Histoire N° 169, septembre 1993, p. 50
« On sait le flou qui entourait la notion d’ « activités contre-révolutionnaires ». Néanmoins ce document donne un ordre de grandeur : peut-être un demi-million d’exécutions pour les deux années les plus terribles de la répression ; tous les témoignages en effet confirment, en effet que les exécutions de « politiques » furent beaucoup plus rares au cours des autres années. Un second document –révélé aux seuls délégués du Plénum du Comité central qui se tint du 22 au 28 juin 1957 et qui condamna le « groupe antiparti » Molotov- Malenkov-Kaganovitch, et récemment exhumé – fait état de 681.692 (toutes "catégories "confondues, « droits communs » et « politiques ») en 1937-1938. »
Nicolas Werth, « goulag les vrais chiffres », L'Histoire, p.50, Paris, septembre 1993.
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« En février 1954, un certificat a été préparé au nom de NS Khrouchtchev, signé par le procureur général de l'URSS R. Rudenko, ministre des Affaires intérieures de l'URSS S.Kruglov et ministre de la Justice de l'URSS K.Gorshenin, dans lequel le nombre de personnes condamnées pour crimes contre-révolutionnaires pour la période allant de 1921 au 1er février 1954. Au total, pendant cette période, 3. 777. 380 personnes ont été condamnées par le Collège OGPU, les troïkas du NKVD, la Réunion spéciale, le Collège militaire, les tribunaux et les tribunaux militaires, dont 642. 980 condamnés à la peine capitale ; (...) Il faut le souligner : du document officiel de l'État ci-dessus, il découle que pour la période de 1921 à 1953. moins de 700. 000 personnes arrêtées pour des raisons politiques ont été condamnées à mort. »
Victor Zemskov, « Le goulag (aspect historique et sociologique) », Revue sociologique, n°6 Sociologiceskie issledovanija, p.p. 3-16 (12-13), 1991.
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Sous-argumentDe 1959 à 1974 l'URSS évolue lentement vers un état de droit

« Tout le bruit et toute la fureur, en URSS même et surtout en Occident, autour de la dissidence et de l'attitude des autorités soviétiques à son égard ne doit pas nous faire oublier les tendances systémiques à l'oeuvre en URSS (...) A un système niant tous les droits a succédé un système avec des lois, des droits et des garanties. Eliminer la notion de "crime contre-révolutionnaire" pour la remplacer par celle de "crime particulièrement dangereux contre l'Etat" peut sembler un ravalement de façade sans la moindre incidence pour ceux qui étaient poursuivis et persécutés. Sur ce point les biographies prennent le pas sur l'histoire. Mais pour l'historien ces changements dénotent le passage à une autre étape. (...) quand un système pénal exécutant arbitrairement les condamnés ou les réduisant à l'état d'esclaves est transformé en un système pénal où le travail forcé est aboli, où il existe des procédures juridiques, où les détenus possèdent certains droits et des moyens de combattre l'administration pénitentiaire, où ils peuvent avoir des contacts avec le monde extérieur, voir un avocat, se plaindre légalement des traitements subis, et quand le système reconnaît qu'il a intérêt à introduire quelque légalité en ce domaine, nous sommes alors en présence d'un autre type de régime. Subir une peine de prison pour délit d'opinion entraîne une légitime sentiment d'injustice, et le vécu biographique éclipse l'aspect historique "Que peut me faire, à moi, détenu, le fait que dix ans plus tôt le châtiment eût été pire ?" L'historien, lui, n'a pas le droit d'ignorer ce qui serait arrivé dix ans auparavant à la même personne et à sa famille. »
Moshe Lewin, Le Siècle soviétique, p.253-254, II ème partie D'un nouveau modèle à une nouvelle impasse, de Khrouchtchev à Andropov. Chapitre II Le KGB et l'opposition politique Arrestations politiques et "prophylaxie" (1959-1974)., Arthème Fayard / Le Monde diplomatique, Paris, 2003.
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« La police secrète, qui opérait jusqu'alors sans la moindre contrainte, se déchaînait, arrêtait, torturait, fusillait selon son bon plaisir, est désormais soumise à un mécanisme de contrôle (...) : le KGB n'a plus le droit de prononcer lui-même des condamnations et ses enquêtes sont soumises à un processus de contrôle par des divisions spécialement créées dans cet effet dans les procuratures, à tous les niveaux. Incontestablement, là encore, le changement n'est pas négligeable. La Procurature exerce de plein droit son pouvoir au coeur même d'un système dictatorial qui, du temps de Staline, avait également massacré bon nombre de procureurs trop "curieux". A partir de mars 1953 (et jusqu'en 1991), le département de la Procurature chargé de superviser les enquêtes du KGB doit être informé de tout dossier d'enquête ouvert par la police secrète et ouvrir son propre dossier en parallèle. »
Moshe Lewin, Le Siècle soviétique, p.254, II ème partie D'un nouveau modèle à une nouvelle impasse, de Khrouchtchev à Andropov. Chapitre II Le KGB et l'opposition politique Arrestations politiques et "prophylaxie" (1959-1974)., Arthème Fayard/Le Monde Diplomatique, Paris, 2003.
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Sous-argumentLa destalinisation a ressuscité les exigences de la Tcheka imposées au début de la NEP

« L'opinion occidentale horrifiée et fascinée par l'absurdité de la répression sous Staline et disposant d'une masse de données sur cette époque, a accepté sans difficulté l'idée qu'après Staline la terrur continuait avec les mêmes moyens et avec la même échelle. Mais les deux périodes ne sont pas comparables, ne serait-ce que parce que cette police politique si puissante avait perdu le droit exorbitant de juger et de punir elle-même ses victimes. Les affaires relevaient désormais des tribunaux. Quant aux enquêtes du KGB elles devaient -comme c'était le cas pour la Tcheka au début de la NEP- être dûment enregistrées auprès de la Procurature générale ou des procuratures locales. Les résultats de ces enquêtes devaient être communiquées au fur et à mesure au département spécial de la Procurature chargé de les superviser (la procédure était la même au niveau local) . Des documents en nombre encore insuffisant attestent que ces procédures étaient respectées - même si l'on peut s'attendre à ce que l'ouverture des archives révèle bien des lacunes dans cette supervision (...) On dispose maintenant de beaucoup d'informations sur leur nombre, les peines prononcées, les appels, les réductions de peine ou les non-lieux. »
Moshe Lewin, Le Siècle soviétique, p.235, II ème partie D'un nouveau modèle à une nouvelle impasse, de Khrouchtchev à Andropov. Chapitre II Le KGB et l'opposition politique Arrestations politiques et "prophylaxie" (1959-1974)., Arthème Fayard / Le Monde diplomatique, Paris, 2003.
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ObjectionsObjections [ modifier ]

ObjectionsLe bilan morbide de l'URSS doit prendre en compte les victimes du Goulag, y compris celles qui en sont revenues

« Les camps staliniens sont réputés pour leurs conditions de vie difficiles. Le taux de mortalité parmi les détenus, ainsi que les nombreuses séquelles dont souffrent les survivants, soulignent la dureté du système répressif que le régime stalinien a mis en place. Seize heures de travail par jour, parfois par moins 50°, la malnutrition, les maladies et les mauvais traitements caractérisent le système carcéral soviétique. Dans les camps de la Kolyma, en Sibérie orientale, un autre phénomène vient perturber la vie des zeks10 : le rapport à l’autre. Non seulement ils se craignent l’un l’autre, mais ils ont aussi à subir les coups de ceux qui règnent en maîtres dans cette zone de non-droit.

Note : Selon les archives actuellement disponibles, pendant la Grande Purge, 681 692 détenus (soit 51 % des personnes condamnées en 1937-1938) furent exécutés dans les camps (Nicolas Werth, Un État contre son peuple, op. cit., p. 213). (...)

L’un des plus grands bourreaux des camps est le dirigeant Garanine. En 1937, il instaure une véritable terreur dans les camps de la Kolyma, et ce afin d’y rétablir l’ordre. Tous ses actes sont cautionnés, approuvés par le régime. Cette purge, plus connue sous le nom de « garaninchtchina », fut aussi appelée « exécutions Garanine ». Chalamov la qualifie de « massacre des « ennemis du peuple », [de] massacre des « trotskistes » ». Dans de nombreux récits, il évoque la lecture de longues listes de condamnés à mort, jour et nuit, toujours en fanfare. La sentence est toujours signée par Garanine, chef de la troïka, puis exécutée sans enquête. Cet homme reste tristement célèbre dans l’univers concentrationnaire. D’après Jacques Rossi, en 1938, année que Chalamov nomme l’« année des fusillades », Garanine aurait envoyé plus de 25 000 détenus, pour la plupart des politiques et des réfractaires au travail, à la Serpentine, afin de les y faire fusiller. »
Elena Pavel, « Varlam Chalamov, témoin des bourreaux du Goulag », Labyrinthe, n°12, 12/2002.
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« La police politique, le Guépéou (dont Aragon, grand styliste de la langue française, chanta les louanges) en assure l'administration. C'est là qu'elle met au point, en 1926, ce système de travail forcé d'une main-d'oeuvre servile, maillon important de l'économie soviétique. 18 millions d'individus en ont été victimes, plus de 4 millions n'en sont pas revenus. Les années 1937-1938, celles de la Terreur rouge, n'ont pas été les plus mortelles _ c'est le début des années 1950 qui le fut. 1937 marque pourtant un tournant. Les camps soviétiques, jusqu'ici prisons gérées dans l'indifférence et où l'on mourait plutôt par accident, passent au statut de camps où des détenus au travail sont délibérément tués. Tout Soviétique risque de se retrouver au goulag : « les ennemis de l'intérieur » bien sûr, Polonais, Baltes, Tchéchènes, koulaks, vieux bolcheviks, mencheviks, trotskistes, religieux, poètes, écrivains, artistes... mais aussi ces quatre frères joueurs de football du club du Spartak auxquels Beria reproche d'avoir infligé une trop lourde perte au Dynamo de Kiev, ce paysan qui possède quatre vaches quand ses voisins n'en ont qu'une, cette jeune femme qui a volé un stylo. »
Emmanuel Hecht, « Une histoire de l'enfer du Goulag », Les Echos, 15/11/2005.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionLa statistique des déportations et des morts au goulag comprend indistinctement les politiques et les droits communs

« Des données fiables existent pour la période du 1er janvier 1934 au 31 décembre 1947, montrant que dans l'ensemble des camps du goulag 963.766 prisonniers sont morts - ce chiffre comprend les "ennemis du peuple" mais aussi les détenus de droit commun. »
Moshe Lewin, Le Siècle soviétique, p.515, Annexes (annexe 2 ), Arthème Fayard / Le Monde diplomatique, Paris, 2003.
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« Nous avons des informations très précises selon lesquelles pendant la période du 1er janvier 1934 au 31 décembre 1947, 963. 766 prisonniers sont morts dans les camps de travail du GOULAG, et ce nombre comprend non seulement les «ennemis du peuple», mais aussi les criminels. »
Victor Zemskov, « Le goulag ( histoire et sociologie ) », Revue sociologique p. 3-16, 1991 n)6.
Sous-débat
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ObjectionsLa torture était largement pratiquée en URSS et dans d'autes pays communistes, ce qui doit être ajouté à son bilan

« Il n’y a peut-être pas de plus grande énigme anthropologique et politique que l’aveu dans les grands procès staliniens. Comment expliquer qu’un pouvoir totalitaire ait à ce point besoin du consentement des sujets qu’il supplicie ? Comment expliquer que les communistes s’y prêtèrent quasiment sans résistance ? L’aveu n’était pourtant pas exigé juste après la Révolution bolchevique, pas plus que la torture n’était pratiquée. Finalement, ils atteindront leur apogée lors des procès de 1938. Il doit ainsi être compris dans une histoire longue du pouvoir russe qui a pris de nouvelles formes ces dernières années. Nous en parlons avec notre invité, Galia Ackerman, journaliste, historienne, et traductrice littéraire.

"Il fallait construire des grands réseaux imaginaires d'espions, de saboteurs et d'ennemis. Pour cela les accusés étaient poussés non seulement à l'aveu, mais également à la délation. Rapidement, il a fallu créer des scénarios de toutes pièces, la majeure partie du temps inventés et rédigés personnellement par Staline, d'après ses idées paranoïaques."

"Staline mis en place la torture systématique, jusqu'à ce que les captifs n'aient d'autres choix que d'avouer de vive voix des choses qu'ils n'avaient jamais faite. Cette technique avait également pour but de convaincre l'opinion publique lors des procès." »
Galia Ackerman, « L'aveu dans les procès staliniens », France Culture, 1/03/2019.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS

ObjectionDans les années 1930 la menace contre l'URSS était une réalité

« Il est juste d'ajouter que cette brutalisation de l'histoire eut elle-même au départ pour important motif la menace d'une nouvelle guerre impérialiste perceptible dès la fin des années 1920, d'une agression allemande contre l'Union Soviétique prévisible dès 1933, qui lui imposent une industrialisation à marche forcée. Dans un discours de février 1931 devant les cadres de l'industrie, Staline dit : "Nous retardons de cinquante à cent ans sur les pays avancés. Nous devons parcourir cette distance en dix ans. Ou nous le ferons, ou nous serons broyés"( Staline, textes, éditions sociales, 1983 t. 2 p. 27). Contrainte historique manifeste qui ne disculpe pas Staline de sa criminelle brutalisation sociale mais montre aussi la part qui en revient à l'hostilité agressive des puissances capitalistes. »
Lucien Sève, Octobre 1917. Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine., p.101-102 note 97, La ligne de partage : vouloir forcer l'histoire, Editions sociales les parallèles, 1917 + cent, Paris, 2017.
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« ... l’Union soviétique, qui comptait dans les années 30 près de 160 à 170 millions d’habitants, était sérieusement menacée par les puissances étrangères. Suite aux grands changements politiques en Europe dans les années 30, la menace de guerre de la part de l’Allemagne nazie était grande, une menace de survie pour le peuple slave. Le bloc occidental nourrissait aussi des ambitions interventionnistes. Cette situation, Staline l’a résumé en 1931 : "Nous avons 50 à 100 ans de retard sur les pays avancés. Nous devons rattraper ce retard en 10 ans. De cela dépend notre survie." Dix ans plus tard, le 22 juin 1941, l’Union soviétique était envahie par l’Allemagne nazie et ses alliés. La société soviétique dût faire de gros efforts entre 1930 et 1940 et la majeure partie de ses ressources fut consacrée à préparer la défense contre la guerre qui s’annonçait. »
Mario Sousa, « Les mensonges sur l'histoire de l'Union Soviétique la menace intérieure et étrangère », Réveil communiste, avril 1998.

ObjectionsAttribuer à "l'extrême droite" la dénonciation des horreurs du communisme est une fallacy

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ObjectionsLa répression en URSS est marquante par son absurdité et son arbitraire autant que par le nombre des victimes

« Ces témoignages sont aussi l’histoire d’un bannissement civique à une échelle jamais atteinte de ceux-là même qui avaient combattus pour la révolution bolchevique. Ce rejet représenta une terrible méprise pour les communistes convaincus qui furent enfermés. Bourreaux et victimes se retrouvaient dans un face-à-face incompréhensibles. L’œuvre des uns était détruite par les mêmes qui y avaient participé. Nadeshda Surowzewa veilla sur un communiste italien dans un hôpital du Goulag qui peu avant son agonie lui murmura : "si un jour…peut-être…dites aux camarades, que tout cela a été inventé, je suis communiste, je n’ai jamais été un traître…"

. Nadeshda Surowzewa soigna beaucoup de communistes qui avant de mourir lui assuraient de leur innocence. Il lui semblait alors tant le phénomène se répéta que cet aveu allégeait leur conscience avant de mourir.

Jelena Sidorkina, militante du parti communiste russe relate son tragique destin : elle passa 10 ans dans un camp pour être ensuite bannie en Sibérie. Après son exclusion du parti, la perte de son travail et son arrestation, elle pensa se suicider. Mais la décision était difficile à exécuter puisqu’elle n’était coupable de rien. De fait, sa première réaction fut l’incrédulité. Sur les 2000 communistes de l’organisation régionale du parti, presque la moitié se trouvait en prison avec elle. Puis l’enfermement eut raison de ses interrogations.

Plus exactement, elle s’inquiétait pour sa fille envoyée dans un orphelinat du NKVD et son mari envoyé dans le camp de Belomorkanal. Après sa « condamnation », elle fut envoyée dans le camp de Karaganda. Là-bas, reconnue pour son travail, Jelena Sidorkina estimait avoir de cette manière combattue le fascisme pour aider son pays le plus qu’elle le pouvait. Jelena Sidorkina était avant tout une femme de devoir. Libérée en 1945, elle s’installa près de sa fille Rosa, enfermée dans un hôpital psychiatrique. Sa fille âgée de 12 ans au moment de leur séparation, avait perdu la raison. Elle pu lui rendre visite jusqu’en 1948, date de sa seconde arrestation. Les dernières phrases du témoignage de Jelena Sidorkina sont empreintes de fatalisme. »
Constance Margain, « Envoyées au Goulag, elles témoignent », Nonfiction, 4/10/2012.
SOUS-ARGUMENTS
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OBJECTIONS
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ObjectionsLe bilan global des victimes du communisme directes et indirectes en Asie, Europe et Afrique est plus important que le nombre des victimes du nazisme

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ObjectionsMême si les chiffres du Livre noir ne sont pas tous exacts, ils donnent une échelle de grandeur du caractère criminel des régimes communistes

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Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

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