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L'Europe occidentale est-elle en déclin ? (Nouvelle version)

De Wikidébats
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Cet article est un débat en construction. Des arguments et des objections manquent ou ne sont pas rédigés. L’introduction et la bibliographie demandent à être améliorées.
N'hésitez pas à les compléter.
Cet article est un débat sensible. Des arguments relayés sur cette page peuvent choquer.
Rappel : ces argument ne sont relayés que dans la mesure où leur présence peut être attestée dans l'espace public. Ils ne sont endossés ni par les contributeurs du site, ni par l'association qui administre Wikidébats.

Pour comprendre le débatPour comprendre le débat [ modifier ]

IntroductionUne question : l'effondrement de l'Europe occidentale

"Michel Onfray : La vérité cruelle est que notre civilisation s'effondre. Elle a duré 1 500 ans. C'est déjà beaucoup. Face à cela, je me trouve dans une perspective spinoziste : ni rire ni pleurer, mais comprendre. On ne peut pas arrêter la chute d'une falaise. François-Xavier Bellamy. – Je partage avec vous l'impression de voir une civilisation s'effondrer, et le sentiment que personne n'en a encore vraiment pris la mesure ; mais la sagesse ne peut pas être qu'un consentement résigné à ce qui advient! Nous pouvons encore décider, dans nos vies personnelles comme dans nos choix collectifs, de recevoir et de transmettre ce qui dans notre culture demeure fécond, et plus actuel que les faux progrès qu'on nous vend. Malheureusement, de ce point de vue, le débat politique et intellectuel oppose plutôt des liquidateurs de faillite que des décideurs capables de tracer des perspectives."

IntroductionUn regain du sujet

Depuis quelques années, le thème du "déclin" est devenu à la mode sous l'impulsion d'un certain nombres d'auteurs appelés "déclinistes", qui s'expriment dans toute l'Europe. Ceux-ci prédisent une agonie de l'Europe occidentale, atteinte de mille symptômes qu'ils se plaisent à énumérer. L'Europe, vieillissante et déprimée, anomique du point de vue économique, aux mains de dirigeants incapables de vision et attachés à une pure gestion comptable, irait vers les abîmes. Elle croirait que l'histoire tragique est finie et ne se préparerait pas à affronter le retour des crises géopolitiques ni des conflits "civilisationnels" qui s'avancent...

Ce discours est souvent l'apanage d'auteurs classés à droite ou dans le camp réactionnaire. Ceux-ci seraient des nostalgiques de la France de jadis, ils nieraient le progrès, auraient peur des avancées sociétales et du métissage, vivraient dans des souvenirs d'un passé mythifié. Leur discours préparerait les esprits aux replis identitaires, voire ferait le jeu des populistes.

Par refus de ces conséquences politiques prévisibles, un certain nombre d'intellectuels et de journalistes récusent à priori ce "déclinisme", renvoyé à une forme de peur psychologique. Ils rejettent ce qui leur apparaît plus comme une réaction affective que le fruit d'une analyse objective et fondée sur les données sociales. Les "déclinistes" sont souvent des essayistes à dominante littéraire voire des romanciers (Houellebecq), méfiants vis-à-vis des sciences sociales.

Le "déclinisme" est bien une idéologie très présente aujourd'hui. Est-elle fondée ? Cette notion de "déclin" correspond-elle à une réalité ?

Cette question revient à esquisser une philosophie de l'histoire au présent : où vont nos sociétés ? Derrière les excès, les outrances ou les aspects non scientifiques, les "déclinistes" ne reposent-ils pas la question du sens de notre "vivre-ensemble" et du vide de grands projets collectifs ? Ne s'agit-il pas de penser le présent, en voyant au-delà des questions purement économiques, pour oser affronter les aspects existentiels de notre malaise collectif ?

IntroductionUn débat qui a une longue histoire

La question du "déclin" de l'Occident a une longue histoire. Déjà après la Première Guerre mondiale, quelques auteurs ont considéré que le progrès était une forme d'illusion, et que la société européenne voyait les prémisses de sa fin. Mais c'est à partir de la Seconde Guerre que le diagnostic est apparu comme une évidence ; l'école de Francfort a vu la montée simultanée du communisme d'Etat soviétique et des fascismes, sans oublier la déshumanisation des sociétés libérales. C'est sur le constat de ces échecs multiples, dans une analyse lucide de cet effondrement des idéaux du monde occidental, qu'elle a élaborée sa réflexion.

Plus tard, les précurseurs de l'écologie sont aussi partis du constat des échecs des sociétés industrielles et productivistes, qu'elles s'inspirent d'un modèle libéral, social-libéral ou communiste. Pour eux le productivisme était l'erreur fondamentale commune à toutes ces sociétés.

Plus radical, Heidegger et les courants qui s'en inspirent voient la cause déterminante de cette folie déshumanisante du monde occidental dans ses prémisses ; pour eux, c'est l'usage de la raison comme outil de domination sur le monde, devenue raison instrumentale, qui a causé en cascade la série des catastrophes. Dès ses prémisses, la philosophie masquait un désir de domination qui a accouché de la technique et a voulu "arraisonner" le monde, tant humain que naturel. Il y a une logique qui se poursuivrait, menant de Platon aux Lumières et des Lumières à Hitler, disent alors les plus radicaux, critiques de la civilisation occidentale.

On voit par ces brefs rappels que la question du "déclin de l'Occident" a une longue histoire, et que les "déclinistes" ne sont pas forcément des réactionnaires – il peut aussi s'agir de révolutionnaires qui récusent la voie empruntée par notre société, voire des utopistes qui rêvent à une autre civilisation.

Néanmoins nous ne pourrons pas traiter toutes ces approches, pour resserrer le débat sur les courants d'idées contemporains, qui s'affrontent autour de ces questions.

Nous laisserons en bibliographie les références d'auteurs "classiques" sur le sujet du déclin pour permettre d'élargir la perspective.

IntroductionLes familles d'acteurs

Aujourd'hui, les thèmes du "déclin", qu'ils soient justifiés ou non, sont au cœur du débat. En ce sens, les "déclinistes" ont remporté une victoire idéologique et ont relégué les conceptions plus optimistes, tournées vers l'avenir et le progrès, à l'arrière-plan. On peut croire que les théories "déclinistes" sont exagérées, voire traverses de fantasmes et motivées plus par l'émotion que par la raison ; on ne peut pas les ignorer.

Le débat porte principalement sur trois aspects.

  • Pour les souverainistes et les antimondialistes, le déclin vient principalement de "la mondialisation" : les pays européens sont soumis au joug de puissances financières et politiques "mondialistes" qui imposent des normes juridiques et économiques au désavantage des peuples, et au bénéfice des grands groupes financiers (ou des Etats-Unis) ;
  • Pour les populistes et les droites radicales, le déclin vient principalement de l'immigration, de la perte de "cohésion nationale", du multiculturalisme, voire de "l'islamisation" ;
  • Pour les anti-américainistes et porteurs du « modèle européen » (faute de meilleure appellation), le déclin vient de l'américanisation, qui est souvent culturelle (langue, séries, musiques...) mais bien plus profonde, et affecte les mœurs, l'économie et l'ensemble des modes de vie et du rapport au monde des Européens.

Ces trois positions se recoupent parfois mais peuvent aussi s'opposer. Ainsi certains courants de gauche peuvent dénoncer la mondialisation mais considérer comme des fantasmes les discours sur "l'islamisation", et comme du racisme le rejet de l'immigration ; de même, certains partisans du libéralisme et du mondialisme peuvent rejoindre les populistes sur des thématiques conservatrices, constituant un courant "libéral-conservateur", alors que d'autres libéraux, au nom de la liberté de circulation et de l'économie ouverte, rejoignent la gauche sur l'immigration dans la volonté d'ouverture des frontières. Politiquement, ces ambiguïtés ne se retrouvent pas, puisqu'on a clairement à gauche un camp anti-mondialisation (économique, voire parfois culturelle), et à droite un camp anti-immigration – à tel point qu'un récent sondage considère que le marqueur le plus accentué gauche/droite est bien cette question de l'immigration.

Le débat sur le déclin et ses différentes facettes se retrouve dans toute l'Europe, notamment au travers de livres-chocs : en France, le succès d'Eric Zemmour avec Le suicide français (500 000 exemplaires), en Allemagne, le livre de Thilo Sarrazin, L'Allemagne disparaît (les 25 000 exemplaires de la première édition ont été vendus le jour même de sa sortie), au Royaume-Uni, le livre La mort de l'Europe, évoquent tous une thématique commune. Le clivage entre déclinistes, conservateurs, critiques ou ennemis du multiculturalisme, et progressistes, adeptes de l'ouverture à l'Autre et des avancées sociétales, structure en partie les débats de société.

On peut considérer que cette opposition forme un des clivages essentiels, clivage qui ne se recoupe pas toujours avec des forces politiques identifiées – même si, on l'a vu, un réel recoupement avec le clivage "gauche/droite" pourrait se lire au travers du thème de l'immigration, clivage ne rendant pas compte de tous les aspects du débat. Pour certains auteurs, il s'agit fondamentalement de la défense des Lumières – qui se trouve "polluée" par des thèmes nationalistes et xénophobes.

"L'esprit critique, l'affirmation de l'autonomie individuelle, le rejet des formes d'autorité refusant tout lien contractuel [...] sont autant d'idées qui furent certes formulées en Occident mis qui ne sont pourtant liées de façon essentielle à aucune ethnie, aucune couleur de peau ni aucune religion. Le projet des Lumières n'est pas le seul fait de penseurs occidentaux, d'autres y ont collaboré, et ses principes ne sont pas considérés comme pertinents – ou du moins attirants – uniquement en Europe et en Amérique du Nord. Sauf que, soumise au politiquement correct et trop occupée à continuer de se flageller pour les péchés du passé, une grande partie de la gauche européenne et américaine ne défend plus avec constance et fierté les piliers des Lumières. La défense de notre culture se retrouve donc pour ainsi dire externalisée, laissée à la droite. [...] Les effets sont dévastateurs parce que, au lieu de mettre en avant les fondamentaux des Lumières, la droite insiste sur les caractéristiques et les intérêts nationaux et, de ce fait, mise exactement sur la tactique qui, dans la première moitié du XXeme siècle, a plongé l'Europe dans l'enfer et la barbarie." (C. Strenger, Le mépris civilisé, Belfond 2016, p. 26)

Un auteur comme Carlo Strenger appelle donc la gauche à se ressaisir et à ne plus "externaliser" la défense des valeurs des Lumières à la droite. Il tente de re-positionner le discours sur "le déclin" en un débat plus légitime sur les principes fondateurs de nos sociétés.

Le débat autour du "déclin" est difficile à mettre en oeuvre sereinement, car les principaux camps (pro et anti mondialisation, pro et anti-immigration) s'accusent mutuellement et font surtout porter la discussion sur le terrain moral. Ainsi, rejeter l'immigration est se montrer raciste, ou au contraire vouloir l'ouverture des frontières, serait être "bisounours" et ne pas voir la réalité. Au lieu de poser à plat les arguments et de se situer le plus possible sur le plan de la raison, on attise les passions et les positions deviennent parfois caricaturales ou extrémistes. Le plus inquiétant dans cette configuration est que certains acteurs ne veulent plus débattre, car ils considèrent leurs adversaires comme des "ennemis" à détruire, et dont les arguments n'ont même pas à être envisagés. Le climat redevient quelque peu similaire à celui qui prévalait aux heures les plus idéologiques de la société, quand pro et anti-communistes s'affrontaient et s'invectivaient. Nous voudrions poser les bases d'un débat qui ne soit pas caricatural, où tous les arguments puissent être examinés, même s'ils choquent ou semblent fantasmatiques. Lutter contre les illusions est à ce prix.
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Pour comprendre le débatCarte des arguments

POUR

Argument POURUn déclin économique
Argument POURUn déclin géopolitique
Argument POURUn déclin politique
Argument POURUne baisse globale de la qualité de la vie
Argument POURUn déclin démographique et un choc migratoire
Argument POURL'idéologie multiculturaliste détruit la cohésion des nations européennes
Argument POURLe communautarisme, terreau du séparatisme
Argument POURLe spectre d'une guerre civile
Argument POURUn déclin culturel
Argument POURUn déclin moral
Argument POURUn sentiment de vide et un désir de mort

CONTRE

Argument CONTREL'Europe est un attracteur
Argument CONTREUn lieu de concentration des richesses
Argument CONTREUne puissance politique mondiale
Argument CONTREUne zone de progrès scientifique et moral
Argument CONTREUne société de plus en plus éthique et écologique
Argument CONTREUne société multiculturelle épanouissante
Argument CONTREL'Europe peut connaître des révolutions pacifiques qui la sauveront
Argument CONTRELe déclinisme est un prisme idéologique erroné
Argument CONTRELes scénarios possibles pour l'avenir de l'Europe

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Êtes-vous plutôt POUR ou plutôt CONTRE ? Ou êtes-vous indécis ?

Vous pouvez parcourir le contenu de ce débat en répondant, pour chaque argument, à deux questions :

  1. Cet argument est-il bien fondé ?
  2. Cet argument est-il important selon vous ?

Durée approximative : 20 minutes

Arguments POURArguments POUR [ modifier ]

Argument POURUn déclin économique

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLe monde occidental est dans une crise économique et financière qui va s'aggraver

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Sous-argumentL'Europe occidentale suit un modèle de développement court-termiste

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Sous-argumentL'Europe n'a plus les moyens de sa politique sociale

Elle tend à privatiser les services publics, réduire les aides, pressuriser les travailleurs indépendants, bloquer les salaires des fonctionnaires, etc. Partout les budgets sociaux sont rognés.

Sous-argumentL'Europe est dépassée par les puissances émergentes

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Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
L'Europe est dépassée par les puissances émergentes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'Union européenne constitue la première puissance économique mondiale
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentL'Europe devient un désert industriel

Disparition des grandes unités de production dans les années 80 du siècle dernier : textile, acier, même voitures.

Des pays comme la France ou le Royaume-Uni perdent leur industrie lourde, délocalisent leur production.

Les emplois ouvriers disparaissent, mettant en chômage une partie importante des populations.

Sous-argumentL'automatisation et l'informatisation détruisent les emplois peu qualifiés

Les emplois de caissières, de coursiers, d'employés aux écritures, etc., disparaissent. Il n'y a plus assez de travail pour le nombre de personnes non qualifiées. Au lieu de profiter à tous, la modernisation ne sert qu'aux plus qualifiés, qui peuvent s'y adapter.

Sous-argumentL'Europe vit une crise de l'avenir

Les nouvelles générations ne croient plus qu’elles vivront mieux que celles qui les ont précédées.

Ref (Chitour2) (Rapport publié par l’Institut de recherche sociale d’Ipsos MORI : « Le postulat d’un avenir systématiquement meilleur pour la génération à venir n’existe plus dans une majeure partie de l’Occident. » https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-144115-loccident-cette-civilisation-en-declin-1175980.php

Sous-argumentLa promesse du progrès est bafouée

Partout s'amorcent des régressions sociales : précarité, loi Travail, démantèlements des services publics.

Sous-argumentL'Europe devient de plus en plus inégalitaire

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OBJECTIONS

ObjectionLa machine économique européenne repartira

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Argument POURUn déclin géopolitique

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLa fin du monde unipolaire

Au monde unipolaire et dominé par l’Occident succède une nouvelle géopolitique marquée par la multiplication des acteurs influents. L’affaissement actuel du système financier ne peut qu’accélérer ce mouvement de repli occidental" (Chitour2)

Sous-argumentUne faiblesse militaire

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Recul de l'interventionnisme américain et faiblesse militaire de l'Europe

Sous-argumentUn alignement sur la politique étrangère américaine

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  • Réintégration de l'OTAN sous Sarkozy, Hollande en Syrie, tensions avec la Russie, etc.
  • Politique qui perd son indépendance et son équilibre : au Proche-Orient, face à la Russie voire à la Chine
Sous-débat
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La politique étrangère de l'Europe occidentale est alignée sur celle des États-Unis
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'Europe a encore une voix importante
de l'argument pour aller plus loin.
OBJECTIONS
Aucune objection n'a été entrée pour le moment.

Argument POURUn déclin politique

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLa crise des institutions

Les institutions assurent la solidité de la société. Or celles-ci s'effritent. Crise de l'État, de la famille, de la Ve République, du contrat, des institutions européennes, de la justice… Ces institutions sont contestées et les citoyens considèrent qu'elles fonctionnent mal.
« La violence symbolique exercée ordinairement par l’institution ne va plus de soi (les notes des enseignants peuvent se trouver contestées, les décisions du tribunal violemment remises en cause) et les demandes de justification se multiplient : les malades réclament des droits, les prisonniers un traitement plus humain. Loin de se réduire au programme institutionnel caractéristique des institutions punitives (de la prison au pensionnat, de la maison de redressement à l’hospice), magistralement décrites par Michel Foucault dans Surveiller et punir (1975), les institutions font désormais l’objet de remises en question parfois explicites, à la manière de la police, perçue lors de ses interventions dans les quartiers dits difficiles comme une puissance hostile, occupant indûment un territoire étranger. »
Philippe Riutort, Pascal Combemale, « La crise des institutions ? », Alternatives économiques, n°270, 01/06/2008.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Les institutions européennes sont en crise
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Cette "crise des institutions" accompagne le besoin d'émancipation
Objection Au contraire, on assiste à un retour de l'ordre
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUn recul de la démocratie

Lors du référendum de 2005, les dirigeants européens sont passés en force pour imposer la "Constitution" qui avait été rejetée par plusieurs pays (France, Hollande).

Sous-argumentLa perte de cohésion nationale

François Hollande dans son ouvrage d'entretiens ("Un Président ne devrait pas dire cela") évoque les divisions internes aux sociétés européennes, parlant de "sécessions" ; l'ouvrage collectif "Les Territoires perdus de la République" dénonçait déjà cette situation mais celle-ci irait s'envenimant jusqu'à l'éclatement de "guerres civiles" (discours attribué aux "néo-réacs" : Rioufol "La guerre civile qui vient", mais que l'on trouve chez des observateurs de diverses tendances, par exemple le psychosociologue Charles Rojzmann "Vers la guerre civile"...).
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Les sociétés européennes ont perdu leur cohésion nationale
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'Etat entretient le mythe de la guerre civile pour des raisons politiques
Objection Ayant perdu son ennemi communiste, le capitalisme se crée un nouvel ennemi sous forme de l'islamiste
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentL'abstention aux élections et l'anomie

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Défiance vis-à-vis des politiques, votes aux extrêmes, manque de représentativité des dirigeants.

Sous-argumentDes pays dirigés par une élite de plus en plus coupée des citoyens ordinaires

Les nouvelles élites sont sélectionnées par leurs hautes études et leur capital culturel. Elles méprisent "le peuple", le considérant comme peu apte à user de sa raison. Leurs intérêts et leur mode de vie divergent de plus en plus des citoyens ordinaires. Une nouvelle lutte des classes s'engage entre des élites qui tiennent un discours faussement humaniste et ouvert, prônent la mondialisation et imposent leurs décisions et les victimes de l'ordre économique libéral, qu'elles qualifient souvent de populistes.
« La mondialisation, d’après le sociologue (Christopher Lasch), a transformé les élites en touristes dans leurs propres pays. Les membres de cette nouvelle classe, qui se rêvent «citoyen[s] du monde» mais qui n’acceptent «aucune des obligations que la citoyenneté dans une forme de cité sous-entend normalement», se sont «retirés de la vie commune et ne veulent plus payer pour ce qu’ils ont cessé d’utiliser».

C’est ce qui amène Christopher Lasch à conclure, en référence à La révolte des masses (1929) du philosophe espagnol José Ortega y Gasset: «Naguère, c’était la “révolte des masses” qui était considérée comme la menace contre l’ordre social […]. De nos jours, cependant, la menace principale semble provenir de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie sociale et non pas des masses.» Car cette «révolte des élites» détruit le débat démocratique. Le marxiste explique que «l’isolement croissant des élites signifie entre autre chose que les idéologies politiques perdent tout contact avec les préoccupations du citoyen ordinaire». La conséquence est que «le débat politique se restrei[nt] la plupart du temps aux “classes qui détiennent la parole”».

Or, ces dernières demeurent protégées des nouveaux problèmes qui touchent les classes populaires. Elles «ont perdu tout contact avec le peuple». Celui-ci vit «le déclin de l’activité industrielle et la perte d’emploi qui en résulte; le recul de la classe moyenne; l’augmentation du nombre des pauvres; le taux de criminalité qui monte en flèche; le trafic de stupéfiants en plein essor; la crise urbaine».

Le résultat de cette scission du haut de l’échelle est que «personne n’a de solution vraisemblable à apporter à ces problèmes inextricables» et qu’on «assiste à des batailles idéologiques furieuses sur des questions annexes». Dans le même temps, «ceux qui fabriquent l’opinion cultivée» perçoivent les «gens ordinaires» comme «désespérément minables, ringards et provinciaux, […] peu au fait des évolutions du goût ou des modes intellectuelles, […] obnubilés par la littérature de gare, les romans d’amour ou d’action, et abrutis par une surdose de télévision». »

Sous-argumentLes idéologies extrémistes gagnent du terrain

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OBJECTIONS
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Argument POURUne baisse globale de la qualité de la vie

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentUne hausse de la pollution de l'air et de l'eau

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Sous-argumentLa généralisation de la malbouffe

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Malbouffe, restauration rapide, kebabs, recul de la gastronomie (Onfray qui recrée une Académie du goût).

Sous-argumentL'explosion des maladies dues au mode de vie

Problème des pesticides et des perturbateurs endocriniens dénoncés par Hamon, OGM, obésité, explosion des cancers.
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Les sociétés occidentales subissent l'explosion des maladies dues au mode de vie
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'espérance de vie n'a jamais été aussi longue qu'en Europe
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentLa détérioration des relations humaines

Rapports hommes/femmes ("guerre des sexes"), perte de la civilité (Finkielkraut), phénomène des geeks, vie et amours virtuels

Défiance, les gens ne vont plus les uns vers les autres : par rapport années 80 échange, ouverture

Disparition des cafés, des lieux de convivialité, des cinémas de quartier, des petits commerces ; chacun devant son ordinateur

Sous-argumentLa montée de l'insécurité

Agressions gratuites, femmes qui n'osent plus sortir (proposition de wagons de métros réservés aux femmes), "incivilités", "La France Orange mécanique" (Obertone) ; une accumulation de faits divers qui sont un fait de société
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUne baisse de la qualité de vie au travail

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  • précarisation
  • "opens spaces" qui empêchent l'intimité,
  • obligation de s'adapter sans cesse à de nouvelles technologies, mobilité non choisie,
  • rapports brutaux, et insécurité dans certains secteurs (agressions à l'hôpital et agression de policiers, pompiers, etc.)
  • augmentation des cadences et de la productivité

Sous-argumentDes durées de transport qui s'allongent

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éloignement lieu de travail/lieu de vie

Sous-argumentLe recul et la raréfaction des services publics

Nombre de services publics perdent en qualité et en extension, deviennent plus chers. L'hôpital se détériore, la poste ferme des bureaux.

Sous-argumentLa dégradation des conditions de vie des personnes âgées

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  • Mise à l'écart, solitude,
  • Paupérisation (petites retraites)
  • Dégradation des lieux de vie

Sous-argumentUne montée du malaise existentiel

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  • Nombre de célibataires qui explose, solitude qui croît, villes anonymes
  • Suicides, divorces
  • Drogues et autres addictions : jeux vidéos
  • Crise du modèle familial

Sous-argumentLa dureté de la condition paysanne

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  • Suicides, solitude, appauvrissement, maladies dues aux engrais
  • Désertification rurale, disparition des cafés, des épiceries, des lieux de convivialité
  • Disparition des services publics
OBJECTIONS
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Argument POURUn déclin démographique et un choc migratoire

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentL'Europe fait venir des millions d'immigrés qui déstabilisent son identité

L'Europe occidentale vieillit. Elle craint un lent déclin démographique et, pour compenser la baisse des jeunes actifs en âge de soutenir le système de retraite, elle recherche de nouveaux arrivants. Or, les effets de l'immigration sont des facteurs de crise identitaire. On ne peut pas faire l'impasse des questions culturelles dans l'accueil des immigrés. "La France n'est pas un hôtel."

Sous-argumentL'intégration est en échec

« Je me suis concentré sur les pays où j'ai effectué des reportages et que je pense connaître assez bien : la France, l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne, le Danemark, l'Espagne, les Pays-Bas, la Suède. Certes, selon les pays que j'ai étudiés, des différences sont perceptibles dans les rapports entre la société d'accueil et la population immigrée. Cependant, ce sont les mêmes problèmes qui reviennent d'une manière ou d'une autre. Pour commencer, l'intégration des immigrés s'apparente globalement à un échec. Et les mêmes questions sont posées partout : les taux de chômage et de délinquance supérieurs à la moyenne dans les quartiers peuplés de migrants, les revendications concernant les prescriptions alimentaires islamiques, les demandes de séparation des sexes à l'hôpital ou dans les activités sportives, la recherche d'interlocuteurs musulmans modérés... Quand on voyage d'un pays européen à l'autre, comme je l'ai fait pendant plusieurs années, on entend les mêmes préoccupations, les mêmes mots, et jusqu'aux mêmes blagues.
   Aux lecteurs français, votre livre paraîtra d'une grande liberté de ton, parce qu'ici, ce sujet ne se manie qu'avec la plus grande prudence...
Je sais que chez vous, ce thème est entouré de tabous et de non-dits. Mais je suis journaliste, et le plus grand service que puisse rendre un journaliste est d'ouvrir un débat. Si l'on cherche une différence entre pays européens quant au traitement de l'immigration, elle est précisément là : en France, la parole est verrouillée, contrairement à la Grande-Bretagne, à l'Italie ou à l'Allemagne. Pierre-André Taguieff a raison quand il évoque l'idéologie de l'« immigrationnisme ». Chez vous, il est presque illégal d'avoir une réflexion négative sur un phénomène qui, comme tout fait de société, ne devrait pas échapper à l'esprit critique. Ce que mon regard peut apporter, en tant qu'étranger, c'est un peu de distance. Citoyen américain, c'est de l'extérieur et sans passion personnelle que j'observe la société européenne. »
Christopher Caldwell, Jean Sévillia, « L'islam est le plus grave défi posé à l'Europe », Le Figaro, 10/10/2011.
Sous-débat
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L'intégration est en échec
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection S'il y a "échec de l'intégration", c'est dû aux discriminations et au racisme des pays d'accueil
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argument"On assimile des individus, pas des peuples"

« Causeur : Donc, vous ne croyez plus à la République ? Si l’assimilation des Italiens, des Juifs et des Polonais a marché, pourquoi en irait-il différemment des immigrés musulmans ?


Eric Zemmour : Pour trois raisons. La première et la plus fondamentale, c’est le nombre. Comme l’a écrit Engels, « à partir d’un certain nombre, la quantité devient une qualité ». À cela, il faut ajouter cette observation du général de Gaulle : « On assimile des individus, pas des peuples.» Or nous avons fait venir un peuple entier, qui se considère désormais comme un peuple en soi et veut pérenniser son être sur le sol français. D’ailleurs, cela ne marche pas mieux aux États-Unis. J’ai lu cet été deux livres de Samuel Huntington, Le Choc des civilisations et Qui sommes-nous ? Il explique très bien que tout au long du xixe et du xxe siècle, les États-Unis n’étaient pas beaucoup plus multiculturalistes que la France. Et beaucoup plus assimilationnistes qu’on le prétend en France. En revanche, depuis l’arrivée en masse des Mexicains qui ont hispanisé des villes entières de la Floride à la Californie, la diaspora latino est devenue un peuple dans le peuple américain. Selon Huntington, ce processus aboutira à l’horizon de cinquante ans à une nouvelle guerre de sécession entre le peuple mexicain et le peuple anglo-américain.(...) »
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
"On assimile des individus, pas des peuples"
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'intégration fonctionne
Objection Les difficultés sont passagères, il faut voir le renforcement de l'Europe par cet apport migratoire sur le long terme
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentIl y a un choc migratoire et un "remplacement des populations"

On ne sait pas vraiment le nombre d'immigrés et de leurs descendants, mais il est très important : d'ici 20 à 50 ans, les déclinistes prévoient que la majorité des populations en Europe sera d'origine musulmane. Ce phénomène historique est dissimulé par de nombreux procédés.
« Imaginons que dans un pays les femmes liées à la population de « souche » aient en moyenne 1,3 ou 1,4 enfant/ femme tandis que la population d’origine immigrée (ce qui veut dire en Europe, principalement musulmane) ait un taux de fécondité de 3,4 à 4 enfants par femme. Postulons qui plus est que cette population nouvelle ne représente que 10 % de la population totale…

Chacun va penser que « bien du temps » va se passer avant que la majorité ne bascule en direction de la population immigrée et que d’ici là tous ces enfants feront comme dans la chanson « et tout cela ça fait d’excellents français », après être passés par notre remarquable système éducatif.

Tout dépend en fait de ce que l’on recouvre par la formule « bien du temps ». En fait, et si l’on retient mes hypothèses, le basculement se produira au bout de 30 à 40 ans. Dans 40 ans, il y aura autant de petits enfants issus des 90% que de petits enfants issus des 10%. Et à ce moment-là, la majorité de la population française deviendra inéluctablement « d’origine musulmane ».

Je ne dis pas que cela sera mal, ou que cela sera bien. Je dis simplement que cela sera fort différent et que nécessairement cela aura de l’influence sur le système politique.

Et donc, dans 40 ans au plus tard, il est à peu près certain que la majorité de la population sera d’origine musulmane, en Autriche, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Belgique, en Hollande. Encore une fois, il ne s’agit pas de prédictions mais de calculs et je ne fais même pas appel à l’arrivée de nouveaux immigrants.

Je ne verrai pas ce basculement, mais mes enfants le verront sans doute et certainement mes petits-enfants. Ce qui est arrivé à l’Espagne ou à l’Asie mineure aux Xe et XIe siècles va arriver à l’Europe au XXIe siècle, c’est une certitude.

Le phénomène peut être inversé, mais…

Quelques exemples : à Anvers, la majorité des enfants dans les classes du primaire aujourd’hui sont musulmans. C’est donc dire que dans 15 ans, la majorité des nouveaux entrants sur le marché du travail sera musulmane. A Bruxelles, la capitale de l’Europe, 25 % des nouvelles naissances sont musulmanes, au Pays de Galles, en Ecosse le nom le plus populaire à la naissance est Mohamed, et ainsi de suite. »
Charles Gave, « Demain, le suicide démographique européen », Causeur, 10/09/2017.
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Sous-débat
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Sous-argumentIl n'y a pas réellement besoin d'une telle immigration

L'immigration est soutenue par la plupart des libéraux (Medef, grands partis, grands médias...) car elle sert les intérêts des grands capitalistes : elle permet d'embaucher une main d'oeuvre à bas coût (grandes usines automobiles des années 60 et 70, bâtiment) et pour les "classes bobos" d'avoir des services avantageux (nounous africaines, employés au black dans les restaurants, voitures über etc. Voir analyses du sociologue Christophe Guilluy).
« Faut-il faire venir plus de jeunes travailleurs pour payer les retraites des baby-boomeurs ? Selon la démographe de l’Ined, Michèle Tribalat, l’amélioration du taux d’emploi des jeunes et des seniors et une ambitieuse politique nataliste seraient autrement plus efficaces pour limiter les effets du déclin de la population française.

Marianne : L’Europe vieillit. L’immigration est-elle, selon vous, la solution aux conséquences négatives de ce vieillissement?

Michèle Tribalat : Le vieillissement tient à trois causes : les baby-boomeurs ont pris de l’âge, certains pays européens connaissent une fécondité très basse et l’espérance de vie augmente. Afin de renflouer le milieu de la pyramide des âges, on peut envisager l’arrivée d’immigrants. Mais ces derniers vieillissent aussi. S’il s’agit d’équilibrer les finances publiques, il ne faut pas attendre de l’immigration un effet miraculeux.[...]

Pour la France, dont la natalité est supérieure à la moyenne européenne, quelle est l’utilité de l’immigration d’un point de vue démographique ?

M.T. : Le recours à une immigration massive en France éviterait, dit-on, un recul de la population. Or, ce recul n’est pas nécessairement une catastrophe. Quand le vieillissement est lié à une natalité insuffisante, comme en Allemagne, il est inquiétant. Dans le cadre d’une natalité relativement dynamique comme celle de la France, la disparition des baby-boomeurs « arrivés à échéance » aurait plutôt un effet positif.

Cela dit, l’immigration peut-elle effectivement aider à financer les retraites des personnes âgées, en nombre croissant ?

M.T. : Tout dépend des taux d’emploi. Si les taux d’emploi demeurent en France à un niveau relativement faible, notamment en début et en fin de vie active, l’immigration aura un faible impact sur le rapport de soutien réel [...] »
Michèle Tribalat, Jean Martin, « L'immigration, une fausse solution », Les 4 vérités, 17/04/2011.

Sous-argumentL'immigration coûte plusieurs milliards par an

Selon l'association Contribuables Associés, l'immigration induit un coût important chaque année. Elle avançait le chiffre d'un "solde négatif" de 26 milliards en 2008.

http://www.contribuables.org/2016/05/infographie-les-principaux-couts-de-la-politique-migratoire-de-la-france/
« Jean-Paul Gourévitch, expert international en ressources humaines. Dans l’étude que nous publions, il compare les dépenses annuelles que l’Etat consent pour les immigrés (71,76 milliards d’euros) avec les recettes qu’il encaisse de leur part (45,57 milliards d’euros), soit un solde négatif de plus de 26 milliards. Enfin, il évalue les investissements engagés par l’Etat pour contenir les flux migratoires ou faciliter l’intégration des immigrés et de leurs enfants (10,81 milliards d’euros). Au terme de cette analyse, il présente les solutions qui permettraient de réduire les coûts de l’immigration. »
Jean-Paul Gourévitch, « Le coût réel de l'immigration en France », Contribuables associés, 03/2008.
Sous-débat
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L'immigration coûte plusieurs milliards par an
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'immigration rapporte 12 milliards d'euros par an
Objection C'est un devoir moral d'accueillir des immigrés
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Sous-argumentL'Europe n'a pas assez de logements et d'emplois pour accueillir de nouveaux arrivants

En situation de chômage de masse, les immigrés n'auront pas d'emploi. Pourquoi faire venir des immigrés plutôt que former les chômeurs et les jeunes pour qu'ils puissent répondre aux besoins ?

Quant aux logements, il n'y en a pas assez, on n'en construit plus assez, il y a plusieurs millions de mal-logés en France
Sous-débat
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L'Europe n'a pas assez de logements et d'emplois pour accueillir de nouveaux arrivants
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'Europe peut se donner tous les moyens voulus, c'est un choix politique
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OBJECTIONS

ObjectionL'accueil des migrants est une question de justice

Le monde occidental déclenche des guerres et sème la misère dans les pays du Sud, puis s'étonne de voir arriver des réfugiés poussés par les guerres et la misère. Si la politique menée par le monde occidental était plus juste, il n'aurait pas provoqué ce genre de situations.

ObjectionL'immigration est une nécessité pour soutenir la natalité

L'Europe est un continent qui ne fait plus d'enfants. Lorsque les baby boomers partiront à la retraite, il y aura un creux et il faudra compenser leur départ.

Face à des mastodontes comme la Chine et l'Inde, l'Europe ne pourra faire jeu égal que si elle accroît sa population
Sous-débat
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ObjectionUne société forte et sûre de ses fondamentaux ne se sent pas menacée par l'Autre

Une société forte a suffisamment confiance en ses valeurs, son mode de vie, sa cohésion, pour ne pas se sentir menacée par l'arrivée de nouveaux venus ou par d'autres cultures. Les Européens sont désorientés, ils ont "perdu la foi", quelque chose s'est cassé. A partir d'un tel constat, on peut supposer une sorte de fin du monde européen, comme Onfray ou Houellebecq.

On peut aussi se proposer de retrouver des assises intellectuelles et culturelles, qui redonnent confiance aux Européens en leur culture et en sa possibilité d'accueillir les différences. Pour Carlo Strenger, il faudrait en quelque sorte "revenir aux Lumières". Ce mouvement ne coïncidera surtout pas à une crispation identitaire, au contraire : en retrouvant les principes fondamentaux qui ont fondé nos sociétés, on aura plus de confiance et de force, ce qui conduira à aborder l'Autre de façon plus sereine.

ObjectionL'immigration est un atout géopolitique

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Argument POURL'idéologie multiculturaliste détruit la cohésion des nations européennes

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentL'idéologie multiculturaliste conduit à l'inversion du devoir d'intégration

En prétendant que le pays d'accueil doit s'adapter à la culture des nouveaux arrivants, l'idéologie multiculturaliste favorise l'émergence d'enclaves qui vivent différemment. A terme, cette politique aboutit à fracturer la communauté nationale au profit de "communautés", voire de territoires qui vivent avec des mœurs et des règles différentes.
« Le multiculturalisme a fait son apparition politique au Canada avec la Charte canadienne des droits et libertés en 1982, promue par le Premier ministre Pierre Elliott Trudeau. En France, c’est plutôt le débat autour de l’immigration qui a entraîné dans les années 1980 ce discret mais définitif séisme sémantique que fut le passage du modèle de l’assimilation culturelle au multiculturalisme, jusqu’à prôner, explique l’auteur du Multiculturalisme comme religion politique, une inversion de la notion d’intégration, puisque ce n’est plus à l’immigré, figure idéologiquement sacralisée, d’adapter sa culture et ses valeurs à la société d’accueil, mais bien à cette dernière d’adapter constamment les siennes aux populations arrivantes. Une logique qui dépasse la seule question des politiques d’intégration mais reflète plus largement un rapport très problématique des sociétés occidentales à l’Histoire. En effet, le multiculturalisme, comme projet ou religion politique, a pour horizon l’indifférenciation culturelle généralisée, dans des sociétés modernes où le rapport à l’Histoire tend à être remplacée par l’idéologie du compassionnel et du développement personnel, une sorte de meilleur des mondes post-modernes : « A partir du moment où les nations ne sont plus que des labels recouvrant, tout au plus, une simple réalité administrative, à ce moment nous pourrons dire que la véritable diversité culturelle aura été pulvérisée », assène encore l’orateur. »
Laurent Gayard, Mathieu Bock-Côté, « Bock-Côté à l’avant-garde de la critique du multiculturalisme », Causeur, 29/04/2016.
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Sous-argumentLa fin des nations

« Il faut viser substantiellement comme symboliquement une égalité entre groupes victimisés et groupes dominants. Il faut accueillir la diversité et non pas vouloir l'assimiler. La logique du contractualisme doit l'emporter sur celle de l'héritage. L'éducation doit participer à ce mouvement en prônant la déconstruction plutôt que la transmission.

- Le conservatisme est, au mieux, une fragilité psychologique, mais plus probablement une pathologie liée à des phobies diverses. Son point de vue est irrecevable. Le multiculturalisme, seul discours valable, est devenu une religion.

- L'Etat-nation, les frontières et l'autorité sont désuets, l'Europe doit être le modèle de gouvernance d'une forme de communauté potentiellement mondialisée. »
Auteur anonyme, Atlantico.
Sous-débat
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La fin des nations
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le recul des nations est une bonne nouvelle
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentLes "accommodements raisonnables" favorisent le communautarisme

« Les citoyens restent sous le contrôle et la pression sociale de leur communauté.

Les "accommodements raisonnables" tendent à favoriser l'émergence de territoires où la loi commune ne s'applique plus. A terme, ce serait la naissance de micro-sociétés distinctes.

"L’immigration était bienvenue, caressée et choyée. Des quartiers entiers de Göteborg et de Stockholm ont vu pousser des mosquées comme champignons après la pluie. Les points de vente de niqab, hijab et burqa se sont multipliés. Des écoles islamiques ont vu le jour.

C’est allé loin, très loin, sans doute trop loin. Comme en témoigne une émission de la chaine suédoise TV4 et un article très circonstancié d’Aftonbladet, le plus grand quotidien du pays. L’une des réalisatrices de l’émission s’est rendue avec une caméra cachée dans plusieurs cafés de quartiers répertoriés comme « sensibles ». Des hommes lui ont demandé d’aller s’assoir à un autre endroit de l’établissement, loin de leurs regards. Des femmes ont témoigné racontant qu’elles avaient été harcelées par une « police de la morale islamique » parce qu’elles sortaient seules même en promenant leur chien…

Une femme d’un autre quartier « sensible » a raconté comment des voisins ont commencé à l’invectiver parce qu’elle était sur son balcon en train de boire un verre de vin. Quelques minutes plus tard, un groupe de jeunes hommes s’est rassemblé devant son appartement, l’a menacé avant de tenter de rejoindre son domicile via la gouttière. »
Benoît Rayski, « Suède: le paradis perdu du multiculturalisme », Causeur, 9/04/2017.

Sous-argumentLe récit national est attaqué par une histoire mondiale tronquée

L'idéologie du multiculturalisme implique un autre regard sur l'Histoire ; son enseignement devrait adopter un point de vue qui sort des carcans étroits du point de vue national. On élabore donc d'autres récits, plus englobants, qui ont vocation à influencer l'éducation des citoyens mais leur fait "perdre leurs repères" et les coupe de leur héritage.
« Pierre Nora, célèbre pour avoir dirigé en 1989 l’ouvrage Les Lieux de mémoire, débusque dans le livre de son collègue un vice plus fondamental. Adossé à une chronologie qui ferait l’impasse sur les jalons reconnus de l’histoire de France, il relativiserait les frontières. Il apporterait sa contribution à un discours axé sur l’acceptation d’un passé «métissé» et dévaloriserait l’idée de nation. Complaisamment alangui dans l’air du temps, il instrumentaliserait l’histoire à des fins politiques. »
Olivier Meuwly, « Une histoire nationale peut-elle être «mondiale»? », Le Temps.ch, 22/05/2017.
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« On se croirait revenu aux années 1970: "Other is beautiful. Same is horrible!" "Foreigner is beautiful. French is horrible!" Du coup, le parti pris politico-idéologique apparaît: opposer ce qui, dans l'histoire de la France, venait de l'étranger -les musulmans, les colonisés, etc.-, toujours positif, et ce qui concernait l'étranger -esclavage, colonisation, ignorance, fanatisme, trahison, déshonneur-, toujours négatif. (...) rien de l'immense aventure collective de la construction des cathédrales qui marquent nos paysages et notre histoire depuis mille ans, et qui fut pourtant éminemment internationale. Bref, à vouloir remplacer le noir "roman national" par un glorieux "roman international", on tombe dans les mêmes travers d'une histoire téléologique. »
Stéphane Courtois, « Histoire et météorologie politique: attention, M. Boucheron! », L'Express, 2/04/2017.

Sous-argumentLa liberté des individus doit primer sur les exigences de la famille, de la religion ou de la communauté d'origine

L'émancipation se fait toujours contre les modèles familiaux ou religieux ; les Etats laïcs sont là pour protéger les individus qui souhaitent s'émanciper des carcans, la fille qui veut sortir avec un garçon d'une autre religion que la sienne, l'homosexuel-le, etc.
Sous-débat
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La liberté des individus doit primer sur les exigences de la famille, de la religion ou de la communauté d'origine
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'individualisme occidental est un échec, il faut accepter que d'autres citoyens fassent prévaloir leur communauté
de l'argument pour aller plus loin.
OBJECTIONS

ObjectionLe multiculturalisme est une chance et non un problème

Le multiculturalisme permet à chacun de vivre sa culture, c'est un progrès des libertés
Sous-débat
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Le multiculturalisme est une chance et non un problème
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Sous-argument La culture et les valeurs occidentales n'ont pas à s'imposer comme si elles étaient supérieures aux autres
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de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionLes tensions viennent d'une gestion néocoloniale des quartiers

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ObjectionC'est en laissant les différences et les cultures s'exprimer que l'on évitera les conflits

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ObjectionUne société peut fonctionner sur la base de règles communes

Les Libéraux américains (Rawls) ont théorisé une société pérenne composée de communautés aux valeurs distinctes, pouvant néanmoins s'accorder sur le Juste. Ce type de société renonce à fixer les finalités pour se concentrer sur les procédures juridiques qui permettent de vivre-ensemble.
Sous-débat
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Une société peut fonctionner sur la base de règles communes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Une société ne peut établir des règles communes que s'il y a des valeurs partagées
Objection Il faut aller vers une gouvernance mondiale
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionC'est la non-acceptation du multiculturalisme qui est un problème

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Argument POURLe communautarisme, terreau du séparatisme

Les "déclinistes" s'inquiètent du communautarisme, essentiellement de l'islamisme et de son influence (selon eux grandissante), qui pourrait déstabiliser nos sociétés. Les discours sont divers, et présentent de nombreux glissements : on passe d'une dénonciation des reculs de la laïcité et de la République à une critique de l'islamisme radical et parfois, chez certains, à une véritable vision apocalyptique du "choc des civilisations" - qui se poursuivrait en quelque chose désormais à l'intérieur même des sociétés européennes. Conséquence de ces discours : se sentant assiégés par "le communautarisme", certains se réfugient dans un séparatisme identitaire inspiré par des idées d'extrême droite.
SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentA échelle historique, l'Europe change de visage

Pour le journaliste américain C. Caldwell, on assiste à une véritable "révolution sous nos yeux" : par sa composante musulmane qui croit à grande vitesse, l'Europe change profondément. Ces changements affectent le quotidien, les rapports humains, les habitudes. Quant à Onfray, mettant en regard la vitalité des citoyens musulmans, leur foi, leur démographie, par rapport à la fatigue, au manque de foi, voire au nihilisme des autres Européens, il prédit que l'Europe peut out à fait devenir musulmane.

"Une révolution sous nos yeux" : Christopher Caldwell
« Dans votre livre Une révolution sous nos yeux, vous montriez comment l'islam va transformer la France et l'Europe. Sommes-nous en train de vivre cette transformation?

Très clairement.

Celle-ci passe-t-elle forcément par un choc des cultures?

C'est difficile à prévoir, mais ce qui se passe est un phénomène profond, anthropologique. Une culture – l'islam – qui apparaît, quels que soient ses défauts, comme jeune, dynamique, optimiste et surtout centrée sur la famille entre en conflit avec la culture que l'Europe a adoptée depuis la seconde guerre mondiale, celle de la «société ouverte» comme Charles Michel et Angela Merkel se sont empressés de la qualifier après les attentats du 22 mars. En raison même de son postulat individualiste, cette culture est timide, confuse, et, surtout, hostile aux familles. Tel est le problème fondamental: l'Islam est plus jeune, plus fort et fait preuve d'une vitalité évidente. »
Christopher Caldwell, Alexandre Devecchio, « Christopher Caldwell : «Les intuitions de Houellebecq sur la France sont justes» », FigaroVox, 25/03/2016.
Sous-débat
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A échelle historique, l'Europe change de visage
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection "L'islamisation de la société" est un mythe qui sert à agiter des peurs
Objection Les musulmans sont un atout
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Sous-argumentLa laïcité en recul

"Selon sa doctrine classique, l'islam se définit comme un tout : religion, société, Etat. (...) C'est pourquoi la notion de laïcité est étrangère au droit public musulman. Donc, dans un pays où la majorité de la population est musulmane, l'islam doit être reconnu comme religion officielle. Même si le Coran ne se prononce pas à son sujet, il inspire un système politico-religieux qui identifie totalement les sphères religieuse et civile." (Voir Annie Laurent : http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-islam-et-laicite-font-rarement-bon-menage-annie-laurent-3032300.html). Il en découle des frictions qui deviennent plus importantes au fur et à mesure que le nombre de musulmans s'accroît, avec des revendications de plus en plus nombreuses sur la nourriture, les lieux de prières, au travail, à l'hôpital... jusqu'à la demande de "lois séparées" ("tribunaux islamiques" en UK, au Canada). De plus, un musulman en principe ne peut pas changer de religion, ce qui s'oppose à la laïcité. A terme, cette situation est de moins en moins tenable.
« « Le principe de laïcité, rappelle Régis Debray, place la liberté de conscience (celle d’avoir ou non une religion) en amont et au-dessus de ce qu’on appelle dans certains pays la “liberté religieuse” (celle de pouvoir choisir une religion pourvu qu’on en ait une). En ce sens, la laïcité n’est pas une option spirituelle parmi d’autres, elle est ce qui rend possible leur coexistence, car ce qui est commun en droit à tous les hommes doit avoir le pas sur ce qui les sépare en fait. »

Lors de la négociation d'un accord avec les principales organisations musulmanes, J.P. Chevènement avait mis comme point le droit de changer de religion. "Or il y a bien une restriction, puisque le texte initial ajoutait que cette convention « consacre notamment le droit de toute personne à changer de religion ou de conviction ». Assimilée à un acte d’apostasie, cette précision sur le droit à changer de religion ou de conviction a été retirée à la demande des musulmans.

Rappelons que si le Coran réprouve l’incroyance et l’apostasie, il n’accompagne cette condamnation d’aucune peine particulière, en vertu du principe selon lequel la foi, comme tout ce qui concerne le for intérieur, est du domaine exclusif de Dieu. Mais le droit musulman prévoit la peine de mort pour l’apostat en s’appuyant sur un dire controversé du Prophète. Le retrait de cette phrase est donc lourd de conséquences. »
Leïla Babès, « Quelle liberté de conscience ? », Oumma.com, 26/06/2000.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
« "La France n'est plus la France à cause de l'islam". Interrogé sur le sens de cette déclaration, (Eric Zemmour) a d'abord expliqué dissocier les musulmans et la religion musulmane.

"Je parle d’une civilisation, d’une religion qui n’est pas qu’une religion, qui est une civilisation, je parle du dogme, vous dites 'le radicalisme littéral', mais l’islam est fondamentalement littéral, fondamentaliste depuis les origines, je ne parle pas des hommes, je ne parle pas des gens", a-t-il insisté.

"La liberté individuelle est impossible avec l'islam"

"Pour être Français, il ne suffit pas de prétendre respecter les valeurs de la République, j’aimerais bien savoir ce que c’est. A part Liberté, égalité, fraternité, mais c’est tellement vague", a-t-il poursuivi, ajoutant à ces valeurs celle de la laïcité. Mais d'après lui, laïcité et religion musulmane ne peuvent cohabiter.

"La laïcité est incompatible avec l’islam, la liberté individuelle est impossible avec l’islam et même la liberté de la nation est impossible avec l’islam, puisqu’ils appartiennent à la Oumma", a-t-il conclu. »
Eric Zemmour, « Eric Zemmour: "La laïcité est incompatible avec l'islam" », Bfmtv, 3/10/2016.
Sous-débat
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Sous-argumentLe réenracinement des deuxième et troisième générations

« Le singulier de cette évolution est qu’elle se déroule au rebours de celles des précédentes immigrations. Traditionnellement, la première génération reste encore très liée à sa communauté d’origine et se sent mal insérée dans le pays d’accueil où la deuxième ou la troisième génération s’inscrit naturellement dans les modes de vie des autochtones. Dans le cas d’une petite mais bruyante partie de la jeunesse musulmane, nous assistons au phénomène inédit inverse décrit par Hugues Lagrange dans Le Déni des cultures, celui d’un « réenracinement des troisièmes et quatrièmes générations de l’immigration dans la culture de leurs parents et de leurs pays d’origine. ». Témoignages de ce « réenracinement », pointés aussi par Malika Sorel-Sutter, le refus de plusieurs jeunes d’utiliser la langue française au quotidien, y compris dans les cours de récréation, la remise en cause de la laïcité, et chez les adultes, le faible taux d’exogamie. Or comme l’avait fait remarquer, il y a plus de 30 ans, Emmanuel Todd dans Le Destin des immigrés : « Le taux d’exogamie, proportion de mariages réalisés par les immigrés, leurs enfants ou leurs petits-enfants avec des membres de la société d’accueil, est l’indicateur anthropologique ultime d’assimilation ou de ségrégation ». (...) Par ailleurs, l’ouvrier Mohammed des années 1960 ne voyait pas de contradictions insurmontables entre le respect de sa foi et la fréquentation de non-musulmans. Prenons l’exemple des interdits alimentaires : « Ce qui pose question, écrit Dounia Bouzar, c’est la différence de posture envers la définition du halal : ce qui était, pour l’ancienne génération, une donnée négociable et souple est devenue ces dernières années une barrière qui empêche de “manger ensemble”. Jamais un musulman des premières générations n’aurait refusé de prendre un repas chez un non-musulman. Dans son islam à lui, il aurait eu peur d’être puni par Dieu pour avoir vexé une personne bien intentionnée. Aujourd’hui il arrive que de plus en plus de jeunes refusent une invitation de non-musulman, ou de non-pratiquant. » De même, la majorité des Algériennes venues en France dans les années soixante, n’étaient pas voilées. Aujourd’hui, leurs petites-filles le sont souvent, et comme par un effet de mimétisme ou d’« entraînement », nombre de leurs grands-mères ont fini par se voiler elles aussi." »
André Versaille, « Le communautarisme, fils du multiculturalisme », Causeur, 30/04/2017.

Sous-argumentUn séparatisme existe à l'extrême droite

« AB : Y'a-t-il une volonté de sécession de la part de toute cette nébuleuse ? Le blogueur à succès Papacito a déclaré avoir voulu « fabriquer un contre monde »... PC : Sécession est un mot un peu fort. De plus, cette nébuleuse est assez hétérogène : certaines organisations qui aspirent à une vie de communautarisme blanc sont clairement dans une volonté sécessionniste, oui. Mais le « contre-monde » de Papacito n'est pas d'acheter une île pour s’y exiler et vivre entre avec ses fans. Il s'agit plutôt de créer une contre-culture qui ne soit pas celle de la bourgeoisie favorable au multiculturalisme. Il s’agit plutôt de promouvoir la France rurale et terroir. D’autres groupes comme Génération identitaire ne sont pas favorables au métissage ou aux échanges avec d'autres cultures. Ils ne sont donc pas vraiment dans une optique de réconciliation mais dans une volonté de « remigration » des non-européens en gardant homogénéité ethnique. »
OBJECTIONS

ObjectionLa peur de l'Islam fait le jeu de l'extrême-droite

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ObjectionLes musulmans sont un atout

Les Musulmans permettent de créer des ponts entre l'Europe et la rive Sud de la Méditerranée, ainsi qu'avec des pays musulmans plus lointains (Indonésie...). Ils apportent leur culture qui permet plus d'ouvertures et d'enrichissement mutuel.

"L'Europe n'est pas un club chrétien". Avec l'Albanie, le Kosovo, la Roumanie, peut-être la Turquie, l'Europe comprend des pays ou des régions musulmanes, qui sont un de ses composantes.

ObjectionIl n'existe pas un islam, mais des islams

« Passer de la croyance en un Coran dicté et incréé, de fait hypostase de la divinité, à un Coran inspiré et co-créé par Dieu et l’homme, comme le propose notamment Abdennour Bidar, serait un très grand pas vers une nécessaire autocritique de la religion. Cela aurait également l’avantage de faire évoluer la perception qu’a l’islam du rapport entre le divin et l’humain, l’homme n’étant plus un outil écrasé par le poids du sacré, mais un co-auteur grandi par son compagnonnage avec lui.

Ceci, néanmoins, ne peut venir que des musulmans eux-mêmes et ne saurait leur être imposé.

En revanche, il incombe au reste de la société de favoriser cette démarche, d’encourager le développement d’un « islam des Lumières » et, naturellement, de lutter contre la propagation de « l’islam de l’obscurantisme ». Dans ce but, voici quelques éléments de réflexion, que j’explorerai davantage par la suite mais déjà esquissés à grands traits »

ObjectionLes religions correspondent à ce que les gens en font

La Bible comporte plus de passages violents que le Coran. Néanmoins juifs et chrétiens l'interprètent dans un sens où ces passages passent à l'arrière-plan. Les textes sacrés contiennent différentes facettes et sont complexes ; les croyants peuvent privilégier tel ou tel aspect. Il est irréaliste de dire que tel livre sacré serait "intrinsèquement violent".

ObjectionIl faudrait prendre exemple sur le Consistoire de Napoléon pour l'islam de France

« Puisque hommes politiques et leaders musulmans évoquent sans cesse le modèle juif, son exemple est justement plein d'enseignements ! L'entrée des Juifs dans la nation française, quoiqu'ils aient été déjà là, géographiquement, en France depuis des siècles, s'est faite sous l'égide d'une assemblée convoquée en 1807 par Napoléon pour répondre (de façon quasi comminatoire) à 12 questions extrêmement gênantes, destinées à jauger leur capacité (et leur désir) à devenir français. Ces questions couvraient tous les domaines de l'existence, depuis le statut personnel et les lois qui la régissaient au rapport à la France et aux Français, en passant par le pouvoir rabbinique et la morale économique du judaïsme. (...) Elles obligèrent les Juifs à faire un choix sur des problèmes cruciaux entre la loi juive et l'adhésion à la France. Elles les contraignirent à se réformer à la fois religieusement et civilement (...) Le judaïsme en France est passé par-là, au point d'en avoir gardé une marque indélébile. Ça change tout, même s'il arrive que cette histoire soit l'objet d'un regard critique. (...)

Quelles seraient les questions délicates à poser aux décisionnaires religieux de l'islam, investiguant la nature du rapport que celui-ci pourrait entretenir avec un État laïque d'identité française ? C'est la reconnaissance des non-musulmans qui pose, avant tout, problème avec l'islam. Il faudrait que les autorités de l'islam déclarent sous quelle catégorie elles considèrent la France comme territoire, à la fois géographique et symbolique.

On le sait, la théologie musulmane divise la planète en deux zones, Dar el Islam, la «Maison de l'islam» où doivent régner la paix et la loi coranique dans un univers qui doit être musulman et le Dar el Harb, la «Maison de l'épée» où règnent la guerre et la conquête islamique pour faire triompher le Coran sur les infidèles. C'est là que prend place le djihad, la guerre sainte. Dans cet espace, les non-musulmans n'ont aucun droit et leur avenir est de devenir musulmans (...). Il existe cependant une troisième catégorie d'espace, le Dar el Solh, la «Maison de la trêve» qui, comme son nom l'indique, ne fait que suspendre la guerre contre la «Maison de l'épée», les infidèles, lorsque les conditions de la guerre ne sont pas favorables aux musulmans.

On comprend qu'il y a là l'obstacle majeur à l'intégration de l'islam dans la République. Il faut donc que les autorités musulmanes européennes déclarent solennellement renoncer à la doctrine politique du djihad et donc à cette partition du monde qui empêche toute reconnaissance du non-musulman. Il ne suffirait pas en effet que ces autorités se prononcent sur la catégorie à laquelle appartient l'Europe, car la meilleure catégorie serait celle du Dar el Islam, ce qui impliquerait que l'Europe se soumette à la loi islamique. Déclarer que l'Europe relève de la «Maison de la trêve» comme le fit Tariq Ramadan dans l'émission «Ripostes» de Serge Moati, ne peut en aucune façon rassurer les Européens, on le comprend, car le propre d'une trêve est de finir (...).

L'islam a en effet un problème de taille : il a toujours vécu en majorité même quand il fut dominé. Il a donc naturellement du mal à s'accepter et à se comporter en minorité. C'est tout un travail d'autoréforme qu'il a ainsi à accomplir. C'est ce que firent le judaïsme et le christianisme, en se repliant sur la mystique à défaut de pouvoir se poser dans l'étatique. Le messianisme juif, avec ses attentes dans l'historico-politique, avait constitué un obstacle lors de l'émancipation. Ses représentants trouvèrent une formule pour l'universaliser et le repousser à un avenir indéterminé.

Le deuxième ordre de questions doit concerner la façon dont les autorités de l'islam européen considèrent les autres religions, le judaïsme et le christianisme, si elles acceptent leur légitimité et si elles renoncent au prosélytisme actif. Si des non-musulmans veulent se convertir à l'islam, c'est leur droit (et l'inverse est aussi vrai) mais l'islam ne doit pas dans une République et un État démocratique partir à la conquête des âmes, à l'islamisation de la société civile car cela ne manquerait pas de réveiller en retour la guerre des religions et la surenchère concurrentielle entre elles.

Le troisième ordre de questions doit clarifier le système d'autorité de l'islam afin de désigner des responsables de la doctrine et du bon ordre de la vie religieuse. Avec une particulière attention pour les rapports avec les puissances musulmanes mondiales dont l'islam français comme religion devrait se séparer. (...)

Enfin, quatrième ordre de questions concernant le statut personnel et notamment celui de la femme. Un aspect capital qui commande le rapport à l'autre. Les autorités musulmanes européennes doivent confirmer qu'elles reconnaissent la liberté et les droits de la femme, son droit à divorcer, à contracter mariage avec qui bon lui semble. Elles doivent confirmer la prééminence du droit civil sur la charia.

Ces réponses à ces questions décideront si oui ou non un islam français est possible, si la République peut intégrer l'islam dans ses rangs et l'État avoir confiance dans la population qui se recommande de cette religion. Tout comme on l'a dit pour ce qui est de la décision de la France d'intégrer cette population, qu'on ne peut imaginer négative sous peine d'une guerre civile, on ne peut imaginer de réponse négative à ces questions de la part de l'islam français sous peine d'une très grave crise.

Pourquoi ne pose-t-on pas ces questions ? Parce qu'on a peur que la réponse soit négative ? C'est justement ce qui empoisonne l'atmosphère et fait croître le soupçon, le racisme d'un côté et le ressentiment de l'autre. Qu'on les pose une fois pour toutes, et le problème sera réglé, pour le pire ou, je veux le croire, le meilleur !" »
Shmuel Trigano, La Démission de la République, PUF, 2003.
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Sous-débat
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Il faudrait prendre exemple sur le Consistoire de Napoléon pour l'islam de France
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection L'Etat n'a pas à intervenir dans les questions religieuses
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionLes musulmans se séculariseront comme naguère les catholiques

Le mouvement de la modernité est irrésistible. De par ses séductions, la société moderne amollit les croyances ; quant à l'esprit scientifique, à l'éducation, ils sapent peu à peu l'intégrisme et ouvrent sur des perspectives plus rationnelles. La crainte d'un "revival" religieux est un fantasme.
Sous-débat
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Les musulmans se séculariseront comme naguère les catholiques
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection On ne peut pas appliquer le schéma chrétien sur l'islam
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionAu lieu d'alimenter le "choc des civilisations", œuvrer à l'islam des Lumières avec de nombreux musulmans

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ObjectionLa grille de lecture par la religion est erronée

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ObjectionLe communautarisme a été rendu nécessaire par l'existence d'une forme d'oppression

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Argument POURLe spectre d'une guerre civile

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentIl y a de nombreux territoires perdus de la République

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Sous-argumentLe vivre ensemble et l'antiracisme sont en échec

Les haines montent de toute part. Agressions, racisme, mosquées taguées, synagogues incendiées, églises vandalisées, femmes voilées insultées etc.

Manifestations qui dérapent avec des cris "Mort aux Juifs!" Un grand nombre de livres paraissent avec ce thème, montrant un climat autour de ce thème. Les tensions actuelles vont s'exacerber

Faute de solutions et de mesures fortes, le climat se dégrade

Les armes circulent dans les cités. Policiers, pompiers sont attaqués, émeutes urbaines, voitures brûlées. Le nombre des attentats augmentent. Les "déséquilibrés" commettent des agressions. Il suffit d'un événement plus dramatique pour que tout s'embrase. Il risque d'y avoir des réactions incontrôlables des populations
« La montée du Front national depuis quelques années et de Marine le Pen aujourd'hui s'explique par le ressentiment qu'éprouve depuis longtemps une grande partie des milieux populaires à l'encontre des Arabes et des musulmans. Ces sentiments sont évidemment renforcés aujourd'hui par les attentats islamistes mais aussi par les revendications religieuses et culturelles de l'islam. "Il faudrait tous les zigouiller". C'est ce que j'entends souvent dans les conversations de comptoir et d'atelier. Il en est de même en face, quand s'exprime le mépris des "gaouris". De telles haines n'ont pas été comprises. »
Charles Rojzman, « La carte aveuglante du 1er tour de l'élection présidentielle », Blog HuffPost, 25/04/2017.
Sous-débat
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Le vivre ensemble et l'antiracisme sont en échec
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le vivre-ensemble se passe globalement bien, les déclinistes montent en épingle quelques problèmes "à la marge"
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentLa condition des femmes régresse dans les quartiers

Mariages forcés, excision, voire "crimes d'honneur" se retrouvent en Europe

Sans aller jusqu'à ces extrêmes, les femmes sont moins bien acceptées dans l'espace public, elles ne peuvent pas porter les vêtements qu'elles veulent dans certains quartiers

Sous-argumentLes gouvernements européens laissent la situation se dégrader

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Sous-argumentL'ultra-droite attend la confrontation

« Pointant du doigt l'ultra-droite française, le patron du renseignement, Patrick Calvar a, à deux reprises le mois dernier, émis des craintes concernant une "confrontation" en France, voire une "guerre civile" »
Auteur anonyme, « Le patron de la DGSI évoque un pays "au bord d'une guerre civile" », L'Express, 22/06/2016.

Sous-argumentLes actes terroristes se multiplient

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Sous-débat
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Les actes terroristes se multiplient
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Les attentats ne divisent pas la société, qui manifeste contre eux dans toutes ses composantes
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentLes musulmans risquent de devenir de nouveaux boucs-émissaires

A force de focaliser sur quelques extrémistes religieux et de faire des actualités à sensation sur l'islam, celui-ci devient un nouvel épouvantail auquel on attribue tous les maux de la société. Au lieu de travailler sur les vrais problèmes de la société (chômage, précarité, recul des services publics) on désigne à la vindicte populaire les Musulmans. L'extrême droite notamment met de l'huile sur le feu et fantasme un ennemi imaginaire, responsable de tous les maux.
« Nous vivons des moments effarants, qui rappellent le climat dangereusement xénophobe et antisémite des débats politiques en France lors des heures peu glorieuses d’avant-guerre. Alors qu’un polémiste peut déployer injures et haine contre les musulmans pendant plus d’une heure sur une chaîne de télévision spécialisée dans l’information, alors qu’un “sage de la laïcité” désigné comme tel par le ministère de l’Éducation nationale peut risquer un amalgame éhonté entre une mère d’élève voilée et des djihadistes ou des pédophiles sur les réseaux sociaux, alors qu’un élu RN peut dénier à une personne dans le public le droit d’assister aux débats d’une assemblée républicaine, on peut s’indigner justement de la brutalisation du langage employé actuellement dans la plupart des médias à l’encontre des citoyens français de religion musulmane. »
Valentine Zuber, « Les Français musulmans, des boucs émissaires », Réforme, 23/10/2019.
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« Car en France aujourd'hui, et dans bien d'autres pays européens se creuse dramatiquement le fossé d'incompréhension entre les musulmans et les autres: d'un côté une véritable allergie se répand à l'égard d'une religion perçue comme violente et agressive, de l'autre se propage le sentiment d'être toujours plus «montrés du doigt», stigmatisés. Le rejet n'en finit plus de monter des deux côtés: les uns rejettent, les autres se sentent rejetés. Voilà le mécanisme, l'engrenage maudit, qui pourrait dresser demain nos populations les uns contre les autres dans des tensions civiles très graves. Face à cela, nous devons avoir un sursaut de lucidité collective: être capables de comprendre le piège à temps, et l'éviter tous ensemble, non musulmans et musulmans unis, avant que ne se déclenche son mécanisme de désastre sur les plans social et politique. »
OBJECTIONS

ObjectionLes citoyens réagissent avec mesure

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ObjectionPersonne n'a envie de confrontation violente

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ObjectionSi la "guerre civile" devait se passer, elle aurait déjà eu lieu

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ObjectionLes Etats européens sont suffisamment solides pour éteindre les incendies (dissolution des groupes extrémistes, etc.)

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ObjectionIl est possible de résoudre les conflits "communautaires" au lieu de prophétiser la fin (ou la guerre civile)

« La réconciliation que j'appelle de mes vœux et qui éviterait ce qui pourrait ressembler à une guerre civile est un processus long et douloureux, loin de ce que j'appelle depuis longtemps le "vivrensemblisme", loin du politiquement correct.

Elle suppose, cette réconciliation, que soient mis sur la table, avec les conflits nécessaires, toutes les données de cette inimitié grandissante entre musulmans et une grande partie de la population française. Elle suppose également un véritable dialogue entre ces français qui voient dans l'islam un danger absolu et les autres qui nient ce danger, sous prétexte que le véritable danger est ailleurs, dans un nationalisme étriqué pour les uns, dans les banques et la finance pour les autres.

Cette réconciliation suppose une prise de responsabilité collective et des dialogues conflictuels:

   prendre en compte la réalité de la criminalité d'une minorité importante de la population d'origine immigrée de confession musulmane, criminalité qui suscite la méfiance et la peur.
   Regarder les difficultés réelles des habitants des quartiers, la réalité des discriminations dans le travail et le logement. et en même constater leurs sentiments de victimisation confortés par un antiracisme aveugle.
   Abandonner certaines traditions religieuses et culturelles qui représentent un frein à l'assimilation ou tout au moins à la bonne entente et compréhension entre les populations et rejeter clairement l'antisémitisme, la francophobie et les thèses complotistes de l'islam radical.
   Accepter cette évidence que nous vivons désormais dans une société mixte, que nous le voulions ou non, que les générations issues de l'immigration font désormais partie intégrante de la nation française et que nous devons respecter les croyances et la foi des uns et des autres, tant qu'elles ne s'imposent pas par un prosélytisme et une visibilité qui heurtent les habitudes de la population majoritaire ou contreviennent aux lois de la république.
Le combat contre les inégalités et les injustices doit être l'affaire de tous. A condition que chacun balaye devant sa porte. Responsabilité, c'est le mot d'ordre qui permet cette réconciliation indispensable, je le répète pour éviter une guerre civile toujours possible mais aussi pour nous permettre d'avancer vers plus d'humanisation de nos sociétés. »
Charles Rojzman, « La carte aveuglante du 1er tour de l'élection présidentielle », Blog HuffPost, 25/04/2017.

Argument POURUn déclin culturel

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentL'américanisation des mœurs et de la société

Rapports plus violents, culte de la réussite matérielle, des nouvelles technologies, intérêt pour le transhumanisme

Séries, langue, vêtement, consommation (Mac Do). Cette américanisation coïncide avec un certain abrutissement, et affecte les rapports humains, les mœurs, la tendance à la judiciarisation, la "guerre des sexes".
« Trois fétiches venus d’Amérique ont transformé notre manière de voir le monde. L’espace, désormais, comme aux Etats-Unis, remplace le temps. On communique sans cesse d’un bout à l’autre de la planète, on exalte l’horizon et l’esprit de conquête. Mais on ne transmet plus ; le présentisme spatial se substitue à la mémoire et au passé. L’image l’emporte sur l’écrit, comme au pays d’Hollywood et de la télévision. Un bonheur de commande, enfin, remplace la conscience de l’histoire et le sens du tragique. Il est désormais obligatoire d’être jeune, allant et plein d’espoir, de laisser dans l’ombre les épreuves de la vie et du monde, de tout nimber d’un optimisme de commande qui nous protège «du trouble de penser et de la peine de vivre». »
Sous-débat
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L'américanisation des mœurs et de la société
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Les sociétés européennes se modernisent
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUn recul de la liberté d'expression

Procès aux intellectuels, on remplace le débat d'idées par le débat au prétoire. Une société qui a peur du débat d'idées ou de la liberté de création se met en place.
« Je pense que l’on est sous un régime de censure. […] La censure, c’est maintenant les groupes de pression, les catholiques intégristes, les écologistes, les anti-écologistes, les gays, les anti-gays, les féministes, les anti-féministes, Alain Delon, EuroTunnel… […] Des gens instrumentalisent des lois de police qui avaient été conçues pour réguler les écrits dans un souci de bonne tenue de la société. […] On fait 14 000 procès par an dans la matière dans laquelle j’exerce et c’est à peu près 50 000 francs (environ 7 500 euros) à chaque fois. […] On me soumet des manuscrits, y compris de fiction. On me demande de les relire, de les caviarder, de les censurer pour qu’ils puissent vivre en librairie" »
Emmanuel Pierrat, « Les nouvelles formes de censure », L'Agora.qc, 13/09/2020.
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« "Avant, seuls certains documents très chauds passaient entre nos mains. Aujourd’hui, on nous demande des relectures préventives, même pour le tiède et la fiction. Le Lolita de Nabokov, écrit par un jeune auteur inconnu, serait impossible à publier en l’état" 1, Maître Bigot, spécialisé dans la propriété littéraire. »
Olivier Le Naire, « Qui veut bäillonner l'édition ? », L'Express, 11/04/2002.
« Mais ce qui frappe le plus dans cette censure modernisée est l'appréciation du comportement des personnages. Ce n'est plus la débauche en tant que telle qui est jugée, ce n'est plus la connotation raciste des propos du littérateur qui est désignée à l'opprobre. Les personnages sont les vrais coupables. Si le héros est pédophile, serial killer ou néonazi, il doit faire acte de repentance au dernier chapitre. A défaut, il sera jugé et son créateur lui sera assimilé. Même de fiction, les personnages sont tenus de conserver dignité, morale et respect de la loi. Les temps sont rudes pour Barbe-Bleue, Dracula, les Rapetou ou Arsène Lupin. »
Emmanuel Pierrat, « Au risque d'une censure modernisée », Le Monde, 13/01/2013.

Sous-argumentUne régression démocratique

« Philippe Nemo montre, exemples tirés de la jurisprudence à l’appui, comment ces lois volontairement ambigües dans leur énoncé (« l’homophobie », par exemple, est condamnable, mais il n’en existe aucune définition légale !) ne punissent plus les paroles, mais les pensées. De même, celles-ci ne peuvent être examinées en procès que par l’intermédiaire de juges chargés de traquer et de condamner les déviants, comme de nouveaux inquisiteurs.

Il n’est pas besoin de punir tout le monde. La criminalisation du discours repousse les thèses controversées hors de la sphère publique ; l’auto-censure des jeunes professionnels fait le reste. Aucun étudiant en journalisme n’aura la moindre chance de décrocher un simple job de pigiste s’il a le malheur d’exprimer une opinion s’écartant de la norme, même en privé, si celle-ci parvient aux oreilles de son employeur.

Après des décennies le long de ce chemin, le résultat est là : un spectaculaire affaiblissement du débat intellectuel. Le terme de régression n’est pas trop fort. Comme l’explique Philippe Nemo : "Ce qui frappe en effet dans la police des idées qui a été mise en place depuis quelques années en France, c’est son caractère crypto-religieux. Aux personnes qui énoncent des faits et arguments au sujet de l’immigration, des mœurs familiales et sexuelles, de l’école, de la sécurité, de la politique pénale, des politiques sociales, de la fiscalité, etc., n’allant pas dans le sens de l’orthodoxie régnante, on n’oppose pas d’autres faits ou d’autres arguments, mais une fin de non-recevoir. On ne veut pas discuter avec elles, on veut qu’elles disparaissent purement et simplement de l’espace public. On veut que la société soit purifiée de leur présence. »
Auteur anonyme, « De la régression intellectuelle de la France », Contrepoints, 23/01/2012.
Sous-débat
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Une régression démocratique
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Grâce aux lois contre la haine, les idées extrémistes sont mises hors-jeu ou leur diffusion reste confidentielle
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentL'imposition du politiquement correct de type américain

Il envahit la langue, on crée des "études de genres", on veut de "'l'affirmative action", on tombe dans le ridicule pour respecter une morale puritaine qui coexiste avec la pornographie et la violence. On risque de retrouver à terme dans nos universités les mêmes problèmes que dans les universités américaines (voir Edwad Behr, Une Amérique qui fait peur, Pocket, ou ...., La pensée gnangnan, ).
« L'attitude des enseignants devient parfaitement logique quand on comprend qu'ils cherchent avant tout à éviter tout comportement pouvant être interprété, de près ou de loin, comme raciste, sexiste, ou tenant du harcèlement sexuel. Danger réel dans la mesure où, par exemple, en se penchant au-dessus de la copie d'une étudiante, ils pourraient par mégarde lui poser la main sur l'épaule, ou laisser échapper au cours d'une conférence une référence douteuse, c'est-à-dire leste, sexiste ou raciste – en tout cas considérée comme telle par une seule de leurs étudiantes. On atteint le ridicule : une enseignante de haut niveau, dans une université prestigieuse, n'a-t-elle pas réussi à faire enlever la reproduction d'un tableau "insupportable et qui l'incommodait" – il s'agissait de la Maja desnuda de Goya [...] ? D'autres cas sont moins drôles, et les enseignants, surtout non encore titularisés, vivent dans la terreur d'attirer l'attention des censeurs [...] L'Association des professeurs de collège tient un registre de nombreux cas d'enseignants licenciés pour "harcèlement sexuel" sans la moindre preuve autre que l'accusation de l'étudiante concernée. »
Edward Behr, Une Amérique qui fait peur, p.49, Pocket.
Sous-débat
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L'imposition du politiquement correct de type américain
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le politiquement correct est positif, il garantit une meilleure protection des minorités et des femmes
Objection Le politiquement correct diminue
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentLa fin des débats de qualité

La civilisation occidentale émerge notamment avec Socrate, qui met en débat toutes les opinions sur l'Agora. Et, jusqu'aux années d'après-guerre, on constate des débats de qualité entre intellectuels (Sartre et Camus). Aujourd'hui, nous voyons des débats télévisés qui tiennent du spectacle, ou bien se tiennent des Colloques confidentiels, réservés aux spécialistes. Quant aux sites sur le net, il s'agit de discussions confuses. Qu'est devenu l'espace public des Lumières ?
« Apostrophé par les cordonniers, forgerons, géomètres, pêcheurs, jeunes gens de bonne naissance, rhapsodes, esclaves, orateurs, Socrate déambulait dans les rues d'Athènes, se mêlait aux discussions et accouchait les âmes.

Sous les voûtes de pierre, St Thomas faisait résonner les thèses et antithèses des différents scoliastes dans d’interminables joutes logiques.

A sa place habituelle du Café de Flore, Sartre se faisait interpeller par des étudiants. Dans la fumée de cigarette, ils refaisaient le monde.

Sitôt terminée sa communication sur Historicité du questionnement et fondements dialogiques de la démocratie, le professeur émérite sort de l’amphithéâtre comme une fusée ; on lui emboîte le pas, le retient par une question, mais il vole déjà vers Vancouver ; sa réponse prend la forme d’un sourire suspendu. »
Didier Barbier, Emmanuel-Juste Duits, La Logique de la Bête, Editions de l'éclat, 2014.

Sous-argumentUne perte de la diversité culturelle

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Sous-argumentUne baisse du niveau éducatif

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Sous-débat
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Une baisse du niveau éducatif
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le niveau d'éducation moyen augmente
Objection Ne pas confondre éducation et enseignement
Objection L'Europe reste en avant dans le classement
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentLa dégradation de l'urbanisme

Centres-villes désertés par les petits commerces, envahissement de zones plus ou moins industrielles (autoroutes, hangars, parkings, hypermarchés) autour des villes même moyennes, églises qui se détériorent

Sous-argumentUne haute culture en régression

Artiste qui expose une "machine à merde", musique industrielle, "art contemporain", littérature nombriliste ; la culture populaire disparaît, remplacée par les produits culturels (on passe de Brel, Brassens à Rihanna. (Adorno et l'école de Francfort en parlaient déjà). Recul de la culture classique Les jeunes européens se détournent de la culture européenne pour imiter la culture américaine (Régis Debray, "Civilisation") ou adopter une forme d'exotisme (fascination pour l'Inde dans les années 70 – hippies, gourous, sectes...-, ou pour les sociétés archaïques – chamanisme, modes de vie, alimentation qui se dit "préhistorique", etc.)

   La lecture recule (les gens lisent de moins en moins)
Baisse du niveau de la télévision: Lorsqu'il y avait 2 ou 3 chaîne, le peuple regardait "Les Dossiers de l'écran" ou "Le Grand échiquier", aujourd'hui c'est la téléréalité ou Hanouna. Il n'y a plus le grand projet communiste d'éducation populaire à la grande culture (théâtre, musique, MJC, Jean Vilar, etc.) mais un discours relativiste sur "les cultures" (seules les élites accèdent à la culture par leur famille).

Sous-argumentLa fin du modèle de l'école républicaine

De moins en moins de fils et filles d'ouvriers accèdent aux postes dirigeants. On prétend que "toutes les expressions culturelles se valent" mais pendant ce temps les enfants de la bourgeoisie accèdent à la véritable culture et les enfants de prolétaires ne bénéficient que d'une culture au rabais (hypocrisie des classes dirigeantes qui maintiennent ainsi leur pouvoir --> Polony sur l'école).
OBJECTIONS

ObjectionL'accès aux biens culturels s'est démocratisé

Bibliothèques, créations sur le Net, fréquentation des Musées

ObjectionCe sont de vieux ronchons qui regrettent le passé et ils sont ringards

Les nostalgiques de la culture occidentale sont des personnages caricaturaux, peu sexy, vieux, aigris, leurs propos méritent la moquerie ; ils vont mourir pour faire place aux jeunes de talents, plein d'énergie et de vie. On a pas à se préoccuper de ce qu'ils radotent dans leur coin.
Sous-débat
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Ce sont de vieux ronchons qui regrettent le passé et ils sont ringards
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le "ricanement Canal +" masque le vide
Objection Jugement de valeur totalement subjectif
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionIl existe une vie culturelle foisonnante

Concerts, galeries, festivals, créations audiovisuelles, bandes dessinées, internet, etc.

ObjectionLes formes culturelles dépassées s'effacent au profit de nouvelles

Tags, jeux vidéos, rap, slam, BD, graphes forment une nouvelle culture Les Anciens ont toujours dénoncé la décadence des nouvelles formes d'expression

Les Impressionnistes ont été considérés comme "décadents" avant que l'on reconnaisse leur talent
Sous-débat
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Argument POURUn déclin moral

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLe monde occidental cultive la haine de soi et la culpabilité

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Sous-débat
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Le monde occidental cultive la haine de soi et la culpabilité
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Le passé récent (colonisation) ou moins récent (esclavage) justifient cette culpabilité
Objection L'Europe promeut des valeurs qui laissent l'homme face à un vide angoissant
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentLa montée de l'insignifiance

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Sous-argumentLe vide spirituel du monde occidental entraînera sa perte

Une civilisation a besoin de "spiritualité", ou du moins de "mythologies" qui comprennent les éléments fondamentaux d'une religion pour durer :
« Sauf méprise de ma part, l'histoire politique et philosophique de l'Occident au cours des cent cinquante dernières années peut se comprendre comme une série d'efforts – plus ou moins délibérés, plus ou moins systématiques, plus ou moins violents – pour combler le vide central laissé par l'érosion de la théologie. [...] la décomposition d'une doctrine chrétienne d'ensemble a laissé le désordre; a laissé un vide à la place des perceptions essentielles de la justice sociale, du sens de l'histoire humaine, des relations entre le corps et l'esprit, du rôle du savoir dans notre condition morale. »
George Steiner, Nostalgie de l'Absolu, p.8, 10/18.
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« La menace tient pour l'essentiel à cet objectif plus récent de «société ouverte» dont le principe moteur est de vider la société de toute métaphysique, héritée ou antérieure (ce qui soulève la question, très complexe, de la tendance du capitalisme à s'ériger lui-même en métaphysique). A certains égards, on comprend pourquoi des gens préfèrent cette société ouverte au christianisme culturel qu'elle remplace. Mais dans l'optique de la survie, elle se montre cependant nettement inférieure. »
Christopher Caldwell, Alexandre Devecchio, « Christopher Caldwell : «Les intuitions de Houellebecq sur la France sont justes» », FigaroVox, 25/03/2016.
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Sous-argumentLa philosophie est en crise

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Sous-argumentLe libéralisme tue l'Occident

« [...] les points-clés habituels de l’identitarisme [...]. Voulant "jouir sans entraves", la génération de Mai-68 a remplacé les systèmes de valeurs qui pouvaient donner du sens aux existences par un individualisme qui ne le peut pas. La mondialisation marchande a ensuite produit l’envahissement de toutes les dimensions de la société française par le consumérisme, en même temps qu’elle suscitait dans le pays un multiculturalisme qui a sapé les fondements de l’identité nationale. D’où une génération qui, née dans les années 1980-1990, a grandi dans un pays en état de vide existentiel, de perte de sens, et d’absence de repères en termes d’identité collective. »
Sous-débat
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Le libéralisme tue l'Occident
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Ce n'est pas l'Occident que le libéralisme est en train de tuer mais seulement les utopies de 68 (Ferry)
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentUn sentiment morbide de malaise et d'angoisse

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Sous-argumentL'éloignement de la nature

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Sous-argumentUne perte de sens esthétique

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Sous-argumentUn déclin moral d'élites qui ne pensent plus au bien commun

Les élites ont un comportement prédateur. Elles se considèrent comme au-dessus du peuple, justifiant par leurs études et leur mérite leur position de domination et leurs avantages. Au lieu de se sentir solidaires des citoyens ordinaires, les membres des hautes classes les méprisent, vivent entre eux, dans des quartiers sécurisés et des circuits qui échappent aux gens ordinaires. Les membres des hautes sphères perdent tout sens du réel et de la modération dans leur accumulation de richesses.
« La révolte des élites est une forme de combinaison oxymoronique entre sécession sociale et domination économique. Les révoltés sont ceux que le mouvement Occupy Wall Street appelle les 1% qui exploitent les 99%, ils veulent bénéficier des largesses de l'Etat, c'est à dire de l'impôt sans contribuer au bien public à la hauteur de leurs ressources. Cette révolte consiste à légaliser le vol, le vrai nom de l'optimisation fiscale. Si le cas Depardieu a eu autant de résonnance, c'est, bien sûr, parce qu'il est un acteur vedette et que son exil fiscal s'accompagne de quelques côtés peu reluisants mais il est aussi symbolique des élites, c'est à dire des classes hyper-privilégiées qui veulent vivre comme des coucous aux dépends de leur société. Leur rhétorique renvoie à la fin du XIXe siècle. En bons darwinistes sociaux, ils croient que seul leur talent a fait leur richesse et que les "petits" qui envient les "grands" sont des niais ou des nuls. Ils sont les produits capricieux et égocentrés de notre néolibéralisme destructeur. »
Pierre Guerlain, « La révolte des élites », Blog HuffPost, 30/12/2012.

Sous-argumentLe relativisme favorise l'enfermement identitaire et fait le lit de l'intolérance

« Avec son masque humaniste, ce relativisme se prétend garant de bonne entente alors que la quête de vérité (et, surtout, la confrontation entre différentes vérités) conduirait au conflit, voire à la haine. A l'usage, ce « vivre-ensemble » s'est révélé factice ; mettre hors-jeu les questions qui fâchent n'aboutit qu'à la prolifération des procès et à l'hostilité entre communautés de plus en plus divergentes. Malgré la bonne volonté dont elle se drape, la tolérance molle conduit nécessairement aux replis, aux identités sacralisées puis à l'affrontement général. Le constat d'échec d'un monde en désintégration nous montre que notre société a commis une grave erreur d’aiguillage en pariant sur le « respect ». Respecter les religions, les modes de vie, les philosophies, s'avère une autre face du nihilisme. Seule la confrontation intellectuelle est le gage d'un respect des autres qui ne soit pas illusoire. »
Emmanuel-Juste Duits, Après le relativisme, Le Cerf, 2016.
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Sous-argumentLa fragmentation des savoirs et la fin des Grands récits

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Sous-argumentL'ère du vide

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Sous-argumentLa fin de la civilisation

Cf. Giorgio Agamben
OBJECTIONS
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Argument POURUn sentiment de vide et un désir de mort

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLa civilisation occidentale est criminelle par essence

Après la Shoah, les crimes de la colonisation et de l'esclavage, le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki, sans oublier le génocide des Indiens, le monde occidental est en procès, et le verdict semble sans appel : coupable. La plupart des Européens ont intériorisé ces idées et aspirent inconsciemment à la disparition de leur civilisation.

Pour eux, il est temps qu'une telle civilisation mortifère accepte de laisser la place.
« Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est que l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique. »
Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950.

Sous-argumentUn désir de mort que l'on voit à l'oeuvre par mille symptômes

Fuite dans les jeux vidéos violents, la "zombification", la prise de neuroleptiques, la pornographie addictive et in fine le suicide (suicide 2ème cause de mortalité des jeunes français) Fascination pour l'ultraviolence : séries TV américaines avec scènes de tortures, viols, à comparer avec les vieilles séries comme Colombo, etc. Fascination pour la mort (culture gothique, satanisme), les serial-killers (littérature policière), l'horreur. Pour le psychanalyste D.R. Dufour, Sade est le grand précurseur du régime dans lequel vivent nos sociétés. En mettant au centre de ses préoccupations la jouissance au lieu de l'interdit, nos sociétés ont amorcé un basculement anthropologique, qui se retrouve dans la clinique : de plus en plus de patients présentent une typologie de trouble liés à la généralisation de la perversion – alors que le régime précédent était structuré autour de la névrose. Les sociétés occidentales sont-elles happées par des forces inconscientes qui s'apparenteraient à "l'instinct de mort" ? .

Le commandement "Jouis" fait une société sadienne (D.R. Dufour, "La Cité perverse")
« Le danger était apparu à Platon dès l'apparition du monde occidental : la possible transformation de la démocratie en tyrannie. Si cette analyse reste plus que jamais d'actualité, c'est qu'une tyrannie d'un nouveau type s'est mise en place. [...] Le libéralisme triomphant fait peser sur l'être-soi et sur l'être-ensemble une lourde menace : l'assomption d'un homme sadien affirmant son égoïsme et obéissant à un commandement suprême : "Jouis !" »
D.R. Dufour, La Cité perverse, p.465, Folio.
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« Cette libération des passions a transformé toutes les économies où interagissent les hommes : marchande, politique, esthétique, symbolique, sémiotique, psychique, écologique. Ces économies sont aujourd'hui malades. Ce qui survient aujourd'hui dans l'économie psychique, la montée de la "perversion ordinaire", est un effet du redéploiement du capitalisme depuis 1929. [...] Le lien social actuel se présente sous une forme inédite, égo-grégaire, caractérisée par une mise en troupeau de consommateurs sans cesse amenés vers des sources supposées de bonheur. C'est un troupeau organisé comme une chaîne sadienne de jouissance. Plus la satisfaction pulsionnelle est assurée, plus elle est, comme dans tous les mécanismes addictifs, frustrée et donc relancée. Il en résulte que l'aspiration sociale [...] est structurée non plus par une recherche de la levée de l'oppression, mais par une demande de jouissance généralisée. Sitôt que cette dynamique est en défaut, la dépression survient. »
D.R. Dufour, La Cité perverse, p.466-467, Folio.

Sous-argumentL'Europe a perdu son élan vital

Les civilisations suivent des cycles, naissance, apogée, déclin et mort. L'apogée de l'Europe occidentale a coïncidé avec son maximum de puissance politique et de vitalité religieuse : entre les XVIIe et XXe siècles, quand elle colonisait le monde et croyait en elle, en ses valeurs, en sa religion, etc. Depuis lors, l'Europe ne fait que reculer parce qu'elle a perdu son "élan vital".

Cette analyse se retrouve chez Onfray, qui identifie l'Europe au judéo-christianisme. Pour Onfray, le monde occidental va se lancer dans le transhumanisme ou, en partie, chercher dans la conversion à l'islam une vitalité spirituelle qu'elle n'a plus.

L'Occident est dans son déclin (Spengler), il n'a plus de "grande santé" (au sens de Nietzsche)
Sous-débat
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L'Europe a perdu son élan vital
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentL'Europe occidentale laïque s'effondrera nécessairement car il n'existe pas de société humaine sans religion

Robespierre l'avait compris, qui voulait instituer le Culte de l'Etre Suprême

Le nihilisme est l'aboutissement d'une société sans religion

Les individus ont besoin de transcendance --> Citation Huxley

Houellebecq montre dans son oeuvre la vie de l'homme sans religion, qui ne se raccroche plus à rien, vit de petits plaisirs éphémères et n'arrive plus à ressentir un réel bonheur

Alexandra Laignel-Lavatine : "Pour quoi serions-nous prêts à mourir ?"

Article de Libération : "sortir en terrasse de café, c'est résister"

Causeur : "Nihilistes contre nihilistes."

Le monde occidental est nihiliste (Nietzsche, Heidegger)
Sous-débat
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Sous-argumentL'individu occidental entretient un rapport faux avec l'existence et le monde, c'est pourquoi il détruit la planète

« PLANÈTE — Vous vous êtes consacré à l’étude des philosophies et des religions orientales. Par curiosité ?

Alan Watts — Mon intérêt pour la philosophie orientale ne tient pas à l’exotisme. Il tient au fait qu’il ne s’agit pas d’une philosophie au sens où nous l’entendons en Occident. La philosophie occidentale est spéculative. C’est un échafaudage de théories concernant la nature de l’être et la nature de la connaissance, uniquement basées sur des mots. La philosophie orientale, en revanche, est empirique. C’est une expérience. Son but fondamental est de modifier la conscience de telle sorte que l’individu puisse connaître une expérience de lui-même différente de celle qu’on appelle normale. L’expérience normale de nous-même est déterminée par la culture dans laquelle nous vivons. Chaque culture est comme un jeu par lequel nous jouons la vie de diverses manières : il y a le jeu de la girafe, le jeu de l’hippopotame, le jeu du kangourou, et il existe différents jeux humains. Certains de ces jeux ne vont pas : leurs règles sont en contradiction avec elles-mêmes. Lorsqu’un jeu humain se trouve placé sur ce que j’appelle une trajectoire à collision, il risque de détruire la planète. Ce jeu est mauvais. Alors nous avons besoin de sentiments nouveaux, de règles nouvelles, de concepts nouveaux pour définir ce que signifie être en vie, ce que signifie être un homme. En d’autres termes, nous avons besoin de cesser de nous considérer, ici, comme des étrangers dans un monde étranger. Telle est mon idée de base.

P. — Pourquoi pensez-vous que le mode de penser et d’agir de l’Occident constitue une menace pour la planète ?

Alan Watts — L’Occidental parle de son action dans l’univers en termes d’agression ou de conquête. Il escalade une montagne : il dit qu’il la conquiert. (...) au lieu de civiliser le monde, nous sommes en train de le « losangéliser », car Los Angeles est l’un des exemples les plus terrifiants de perversion technologique.

(...) Ici, par exemple, en Californie, la technologie et l’industrie sont en train de détruire complètement les ressources naturelles du pays. Cette région, que je connais bien, deviendra peut-être un désert, simplement parce que l’être humain n’est pas conscient de ce qu’il n’est pas une chose individuelle enfermée dans un sac de peau. Le remous dans la rivière est un événement isolé qui se produit dans la rivière, mais le remous et la rivière sont inséparables. Il en va de même en ce qui concerne l’être humain. C’est l’une des formes prises par l’énergie, et il est inséparable de son milieu. En écologie, qui est la science des relations entre les organismes et leur milieu environnant, l’organisme s’appelle milieu-organisme, avec un tiret pour bien montrer qu’il n’y a qu’un seul champ de comportement. L’organisme a le comportement de son milieu et le milieu a le comportement de tous les organismes qui y vivent. Mais l’individu n’en est pas conscient. Il se ressent comme un ego isolé dans un sac de peau, à mi-chemin derrière les oreilles et un peu en arrière des yeux. Même son corps ne lui appartient pas. Si vous dites à une fille qu’elle est ravissante, elle vous répondra que c’est bien masculin de ne s’attacher qu’au corps, que ce sont ses parents qui lui ont donné ce corps et qu’elle veut être admirée pour elle-même et non pour son chassis. En quoi elle se définit comme chauffeur ! Elle désavoue son corps, tout le monde désavoue son corps lorsqu’il dit j’ai, et non pas je suis un corps. À partir du moment où l’on est, et non plus où l’on a un corps, il se produit quelque chose d’extraordinaire, parce que le corps, lui, sait qu’il est relié à tout l’univers. Un échange d’énergie se fait continuellement entre ce qu’il y a au dehors et moi qui suis assis ici. Lorsqu’on commence à l’éprouver physiquement, on sait immédiatement qu’il n’existe pas de discontinuité, non seulement entre soi et la montagne que l’on voit par la fenêtre, mais entre soi et le système solaire tout entier, la galaxie dont fait partie le système solaire, toutes les galaxies, et tout à coup on comprend qu’on est ce qui est."

(...) Les doigts de la main peuvent bouger séparément, mais uniquement parce qu’ils font partie de l’organisme. De la même façon, nous sommes, vous et moi, deux personnalités complètement différentes et uniques, mais plus nous faisons partie de l’ensemble, plus nous sommes uniques. Nous appartenons au même organisme, et plus nous le réalisons plus le fait que nous sommes des fonctions du monde devient pour nous une réalité, plus nous devenons capables d’être uniques, différents, individuels. »
Alan Watts, « Eloge de l'insécurité », Révolution lente.

Sous-argumentLa raison instrumentale conduit le monde occidental à l'abîme

Pour de nombreux intellectuels, notamment influencés par Heidegger, la société occidentale véhiculait Auschwitz dans son ADN. Le nazisme ,ne serait que le révélateur de la pulsion de la raison devenue folle et voulant "arraisonner" le monde.
« Auschwitz est le produit de la Raison. Bien sûr : le zyklon B et les convois arrivant au rythme métronomique planifié par le fonctionnaire Eichmann, c’était la Raison ! Ce n’était ni le sang, ni le sol, ni la race, ni aucune doctrine ou puissance irrationnelle. Comme pour l’agriculture mécanisée, c’était la Raison. — Mais les Einsatzgruppen aussi ? La Shoah par balles ? Les fosses de Babi Yar ? — La Raison, puisqu’on vous le dit ! LA-RAI-SON ! À 27 ans, en 1916, Heidegger a clairement reconnu sa mission : abattre le rationalisme. « J’ai le droit de déclarer au rationalisme une guerre à couteaux tirés, je le dois », écrit-il à sa femme[4]. Pour ce qui est de purifier l’Allemagne et l’Autriche de tous les philosophes rationalistes en les expulsant physiquement, ses amis politiques ou policiers avaient fait le travail dès les années 1930. Mais, pour débarrasser la pensée et la culture européenne du rationalisme lui-même, il lui a fallu, avant-guerre, créer une novlangue philosophique qui en détruit les concepts (logique, vérité, etc.). Et il lui a fallu, après-guerre, réécrire complètement l’histoire, d’une manière qui fait de la raison et des Lumières la matrice d’Auschwitz. Fabriquer une langue, manipuler l’histoire… Orwell a eu tort : pareilles tâches ne sauraient être dévolues à de banals fonctionnaires du ministère de la Vérité. Seul le penseur le plus haut et le plus profond est à même de les accomplir. Quarante ans après sa mort, en France, ses idées sont devenues lieux communs. »
Jean-Jacques Rosat, « Consolation des heideggériens », Opuscules.
OBJECTIONS
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Arguments CONTREArguments CONTRE [ modifier ]

Argument CONTREL'Europe est un attracteur

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLes autres peuples rejoignent peu à peu le modèle européen

- Du point de vue technique et scientifique, toutes les sociétés adoptent la science "occidentale"

-   Du point de vue des standards éthiques, les sociétés non occidentales adoptent de plus en plus les normes "occidentales" : droits des individus, libertés publiques, etc.
- L'immigration : les gens veulent aller en Europe

Sous-argumentDes millions de personnes veulent venir en Europe

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Sous-argumentL'Europe est une terre d'investissements

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OBJECTIONS

ObjectionLe monde se modernise sans s'occidentaliser

Il adopte les techniques occidentales mais pas les valeurs occidentales (Huntington)

ObjectionBeaucoup de sociétés récusent les normes politiques et morales de l'Occident

En Chine et en Asie, plusieurs penseurs et politiques contestent le modèle politique occidental, le considérant comme trop individualiste ;

en Russie et en Europe de l'Est, plusieurs dirigeants (Poutine, Orban, le parti au pouvoir en Pologne) revendique la sauvegarde des traditions, contre les excès du libéralisme, l'homosexualité, etc. Quant au monde musulman, il a adopté une Déclaration des Droits de l'Homme en islam qui respecte la religion et donne une certaine prééminence de la loi religieuse sur les lois humaines.

ObjectionL'Europe devient une terre d'émigration notamment des diplômés

Les diplômés européens veulent aller au Canada, en Australie, aux USA

Argument CONTREUn lieu de concentration des richesses

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentL'Europe est la première puissance économique

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Sous-argumentL'OTAN est la première puissance militaire

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Sous-argumentL'Europe produit un grand nombre de brevets, de livres, d'oeuvres d'art

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Sous-argumentLes Européens sont globalement heureux

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OBJECTIONS
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Argument CONTREUne puissance politique mondiale

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentL'Europe occidentale est une zone de paix et le demeure

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Sous-argumentElle est formée d'Etats aux institutions stables, avec alternances démocratiques

Elle résiste aux extrêmes (relative marginalité des partis extrémistes)

Sous-argumentL'Europe occidentale est la société la plus aboutie

Elle propose la meilleure protection sociale des individus (modèle scandinave)

   Elle étend les droits aux minorités, aux gays et aux femmes, voire aux animaux
Elle garantit les libertés publiques sans équivalent ailleurs (libertés politiques, liberté d'association, mariage pour tous, protections contre l'arbitraire, liberté d'expression, etc.)
OBJECTIONS

ObjectionL'Europe va connaître des déchirements et un climat de guerre civile

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ObjectionLa montée des populismes est une menace

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ObjectionLes libertés régressent sous la pression du politiquement correct

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ObjectionLe pouvoir est de moins en moins démocratique

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Argument CONTREUne zone de progrès scientifique et moral

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLes normes juridiques et morales de l'Europe vont vers un adoucissement général

« la version de l'évolutionnisme esquissée par Tocqueville, Durkheim et Weber défend donc, sans hésitation, l'idée que l'histoire des sociétés occidentales est traversée par un irrécusable progrès moral. L'idée de l'égale dignité de tous s'y est installée de plus en plus fermement. Elle a donné naissance à un ensemble croissant de droits : droits politiques d'abod, puis sociaux et économiques. Comme le montre l'enquête d'Inglehart et al. (1998), le respect des différences dans les coutumes, les pratiques et les croyances, et des droits des minorités croît sensiblement des générations anciennes aux générations plus jeunes, dans tous les pays occidentaux. On assiste à une “rationalisation” des critères de moralité. Les tabous, à savoir les normes morales qui ne tirent leur autorité que de la tradition, tendent à être évincés dès lors qu'ils heurtent les principes fondamentaux. »
Raymond Boudon, Renouveler la démocratie (Eloge du sens commun), p.51, Odile Jacob, 2006.

Sous-argumentOn constate l'extension des droits pour les minorités, les enfants et les animaux

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Sous-argumentLe niveau d'éducation monte

Le Bac se généralise, de plus en plus de personnes accèdent au Supérieur.

Sous-argumentLa douleur est beaucoup mieux prise en compte

En médecine : soins palliatifs, recherches sur la douleur, hypnothérapie ; dans la société en général : écoute psychologique, asiles psychiatriques qui s'améliorent, prise de conscience de l'inhumanité des prisons...

Sous-argumentLa protection sociale se développe

Loi pour le droit au logement, débat sur le revenu universel, garantie des plus démunis des loyers par l'Etat, etc.

Lois et aides pour les handicapés.

Sous-argumentLes conditions de travail s'améliorent

Réduction du temps de travail, volonté d'introduire plus de bien-être au travail, etc.

Sous-argumentLa généralisation d'Internet conduit à une meilleure prise en compte de l'avis des citoyens

Civic tech, consultations, débats publics, etc.
OBJECTIONS

ObjectionUn recul des acquis sociaux

Dérégulations, précarisation, loi Travail, privatisation de la sécurité sociale, crise de l'hôpital public...

ObjectionUne régression démocratique

« Philippe Nemo montre, exemples tirés de la jurisprudence à l’appui, comment ces lois volontairement ambigües dans leur énoncé (« l’homophobie », par exemple, est condamnable, mais il n’en existe aucune définition légale !) ne punissent plus les paroles, mais les pensées. De même, celles-ci ne peuvent être examinées en procès que par l’intermédiaire de juges chargés de traquer et de condamner les déviants, comme de nouveaux inquisiteurs.

Il n’est pas besoin de punir tout le monde. La criminalisation du discours repousse les thèses controversées hors de la sphère publique ; l’auto-censure des jeunes professionnels fait le reste. Aucun étudiant en journalisme n’aura la moindre chance de décrocher un simple job de pigiste s’il a le malheur d’exprimer une opinion s’écartant de la norme, même en privé, si celle-ci parvient aux oreilles de son employeur.

Après des décennies le long de ce chemin, le résultat est là : un spectaculaire affaiblissement du débat intellectuel. Le terme de régression n’est pas trop fort. Comme l’explique Philippe Nemo : "Ce qui frappe en effet dans la police des idées qui a été mise en place depuis quelques années en France, c’est son caractère crypto-religieux. Aux personnes qui énoncent des faits et arguments au sujet de l’immigration, des mœurs familiales et sexuelles, de l’école, de la sécurité, de la politique pénale, des politiques sociales, de la fiscalité, etc., n’allant pas dans le sens de l’orthodoxie régnante, on n’oppose pas d’autres faits ou d’autres arguments, mais une fin de non-recevoir. On ne veut pas discuter avec elles, on veut qu’elles disparaissent purement et simplement de l’espace public. On veut que la société soit purifiée de leur présence. »
Auteur anonyme, « De la régression intellectuelle de la France », Contrepoints, 23/01/2012.
Sous-débat
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Une régression démocratique
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Grâce aux lois contre la haine, les idées extrémistes sont mises hors-jeu ou leur diffusion reste confidentielle
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionUne société à deux vitesses

On assiste à l'émergence d'une société à deux vitesses à tous les niveaux : médecine, universités, sécurité, travail, etc.

Il y a d'un côté une classe privilégiée des centres-villes, qui accède aux bons postes, aux meilleures études, aux logements agréables et aux quartiers sécures, et une classe défavorisée de plus en plus précaire, qui n'a plus les moyens de se soigner, subit les transports longs, l'insécurité sociale et physique, etc. (analyses de Christophe Guilluy).

ObjectionUne absence de vision globale

La science conduit à une hyper-spécialisation et se fragmente, il n'y a plus de vision globale qui permettrait aux citoyens d'agir

Argument CONTREUne société de plus en plus éthique et écologique

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentL'Europe connaît une révolution écologique et éthique

Partout en Europe les thèmes écologiques prennent de l'ampleur, les citoyens aspirent à une meilleure qualité de vie, à consommer autrement, à passer à des énergies renouvelables

Alors que l'Amérique élit Trump, l'Europe de l'ouest se veut défenderesse de l'écologie.

Elle invente les industries vertes du futur : innovations (autoroutes qui produisent de l'électricité solaire, bâtiments autosuffisants voire producteur d'énergie etc.).

De grands projets écologiques se discutent : Mélenchon qui proposait de développer la géothermie, d'autres qui disent que l'on peut créer 1 million d'emplois dans le secteur vert.

Sous-argumentLe investissements éthiques, le commerce équitable, dessinent une économie respectueuse des humains et de la nature

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Sous-argumentDes éco-quartiers, écocités et écovillages se développent

Il existe déjà des quartiers écologiques dans de grandes villes (Allemagne...) Urbanisme utilisant des matériaux différents Inventions architecturales : maisons géodésiques, tipis

Chauffage par bois, géothermie

Sous-argumentL'explosion du bio

Les AMAP, le développement du bio, la permaculture, l'agriculture bio ou raisonnée

Sous-argumentOn relocalise la production et privilégie les circuits-courts

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Sous-argumentLa vision de la santé change

La médecine intègre la prise en compte du stress, du terrain, des alternatives Acupuncture, yoga, soins par les plantes, privilégient la prévention L'interdiction du tabac, la lutte contre l'alcool et les addictions,

Le management évolue pour favoriser un meilleur épanouissement des employés, gage de réussite.

Sous-argumentLes mentalités aspirent à des relations plus coopératives

On veut privilégier la coopération sur la compétition

La communication non violente se répand.
OBJECTIONS

ObjectionLa mode écologique n'est qu'un habillage marketing

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ObjectionLe capitalisme s'est toujours transformé, mais l'exploitation demeure

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ObjectionLa transition écologique touche une minorité de privilégiés

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Argument CONTREUne société multiculturelle épanouissante

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentDans sa version forte, le multiculturalisme est vecteur d'espoir

« Le multiculturalisme part du principe que des gens qui ont des racines différentes peuvent coexister, qu'ils peuvent apprendre à lire les banques d'images les uns des autres, qu'ils peuvent et doivent apprendre à regarder au-delà des frontières de la race, de la langue, du sexe et de l'âge, sans préjugés ni illusions, et apprendre à penser dans le cadre d'une société hybride. il prétend – modestement – que beaucoup des phénomènes les plus intéressants de l'histoire et de la culture se produisent à l'interface des cultures. Il cherche à étudier les situations frontalières, non seulement parce qu'elles sont fascinantes en elles-mêmes, mais parce que les comprendre est susceptible d'apporter un peu d'espoir au monde. Le séparatisme nie la valeur et jusqu'à la possibilité d'un tel dialogue. Il rejette l'échange. C'est du multiculturalisme aigri, fermenté dans le désespoir et le ressentiment, et qui en Amérique (mais pas en Bosnie-Herzégovine ni au Moyen-Orient) semble voué à l'échec. [...] Apprendre d'autres langues, avoir un contact direct avec d'autres coutumes, d'autres croyances, et faire preuve d'assez d'humilité pour s'y adapter, voilà autant de choses manifestement bonnes, ce que le provincialisme culturel n'est pas. »
Robet Hughes, La culture gnangnan, p.113-114, Arléa, 1994.

Sous-argumentLa force de l'Europe est sa capacité d'autocritique et de comparatisme

« Or une des choses les plus estimables des cultures occidentales (libres et pluralistes, et ce sont là les valeurs que nous considérons comme inaliénables) est qu'elles se sont rendu compte depuis longtemps que la même personne peut être portée à employer des paramètres distincts et contradictoires entre eux, sur des questions différentes. Par exemple, on prend comme un bien l'allongement de la vie et comme un mal la pollution atmosphérique, mais nous percevons parfaitement que, pour avoir de grands laboratoires où l'on étudie l'allongement de la vie, il faut probablement avoir des systèmes de communications et d'approvisionnement qui, ensuite, produisent la pollution.

La culture occidentale a élaboré la capacité de mettre librement à nu ses propres contradictions. Elle ne les résout peut-être pas, mais elle sait quelles elles sont, et elle le dit. En fin de compte, tout le débat sur globalisation ou pas globalisation est là, sauf pour les agités qui veulent absolument que tout soit noir. Comment rendre supportable un quota de globalisation positive en évitant les risques et les injustices de la globalisation perverse ? Comment faire pour allonger aussi la vie des millions d'Africains qui meurent du sida (et allonger du même coup la nôtre) sans accepter une économie planétaire qui fait mourir de faim les malades du sida et nous force à ingérer des aliments pollués ?

[...] Nous remettons continuellement nos paramètres en discussion. Le monde occidental est ainsi fait qu'il accepte que ses propres citoyens puissent nier toute valeur positive au paramètre du développement technologique et se faire bouddhistes, ou aller vivre dans une communauté où l'on refuse de se servir de pneus, même pour les charrettes à chevaux. L'école doit enseigner à analyser et à discuter les paramètres sur lesquels se fondent nos affirmations passionnelles. »

Sous-argumentUn accès à la diversité du monde et des cultures

Dans nos mégalopoles, nous sommes plongés dans la civilisation planétaire : chaque individu a à portée de main tous les modes de vie, les façons d'aimer, de manger, de s'habiller, les croyances, les pratiques du monde entier
« En ce point du monde, en cet instant historique, voici que se retrouve presque tout ce qui a été produit dans toutes les civilisations connues. Toutes les religions. Toutes les musiques. Toutes les façons de s’habiller, de s’aimer, de manger. La somme des théories psychologiques, philosophiques, politiques, éthiques. Les sports les plus divers. Les littératures du monde entier. Les langues, vivantes et mortes, pidgin, esperantos, argots, patois... La Tour de Babel. Un choix confus, une foire de visions du monde et de modes de vie. Cette île imaginée par Paul Valéry, Xiphos, est là, ici et maintenant: "C’était, réuni sur un point, dans cette Ile privilégiée, ce qui ne s’était produit (et ne se conçoit guère) que séparé et s’ignorant mutuellement, selon le temps ou l’espace..."

Signature du monde moderne, que ces milliards de stimuli qui nous bombardent. Un bouillon de culture où se trouve quoi ? Le meilleur et le pire. On y pressent les totalitarismes de demain comme les mouvements libérateurs, les Hitler en gestation et les Einstein à venir. Nous vivons au temps des métissages et des cocktails. Dans la forêt des théories, Freud et Madame Irma coexistent et se font parfois des enfants...

Un monde inextricable, mais combien riche et passionnant : c’est l’étrange aquarium dans lequel nous flottons.

Chacun sait cela, dira-t-on ! Nuançons : chacun vit, et subit ce maëlstrom. Mais le ressentir passivement est une chose, en comprendre toutes les implications sur notre vie en est une autre. Allons-nous savoir actualiser l’espace de liberté qui s’ouvre enfin à nous ?

[...] notre société accumule un nombre incroyable de facteurs qui accroissent nos possibles. En chaque domaine de la vie, nous avons le choix entre différentes options. C’est cela, le résultat des foisonnements : des milliers de modes de vie. Nous pouvons choisir d'être chrétiens, bouddhistes ou zoroastriens, ou un mélange entre deux. Nous pouvons être végétariens, crudivores, ou ne fréquenter que les fast-food. Nous pouvons nous habiller en kimono, en hippies, ou même... en costume !

Nos possibilités de choix sont restreintes en fonction de l’argent, du milieu, des préjugés, du temps. L’argent ? Notons que beaucoup de choix intéressants sont moins coûteux que les options banales : des vacances en chantier archéologique ou un stage de parachutisme reviennent moins cher qu’une location à la mer. Le restau Africain n'est pas plus cher que la pizzeria. Les sorties dans les traditionnelles boîtes du vendredi soir coûtent souvent autant que ce concert de sitar, cette petite salle où joue un groupe de percussions africaines, ou... cette séance de spiritisme ! J’ai moi-même des amis vivant avec le SMIG, et qui, pourtant, trouvent pour leurs curiosités une multitude d’activités intéressantes. Il existe des restaurants originaux, des réunions inattendues et stimulantes, à portée de toutes les bourses ! Le problème n’est pas seulement l’argent, mais le niveau d’information. »
Emmanuel-Juste Duits, L'Homme réseau (Penser et agir dans la complexité), Chronique sociale.
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« Nous vivons bien peu les possibilités que cette société nous offre. Ce que je propose, c’est de remplacer le grignotage de l’éclectisme mou par l’éclectisme dur, et de nous confronter sciemment à une foule d'expériences hétéroclites et peu cohérentes ; la multiplicité et le malaise peuvent devenir l’alambic où se dissolvent les opinions, les préjugés. Il s’agit de déclencher une crise existentielle, une confrontation porteuse de doutes. Ce renversement des doxas, a toujours été préconisé par la philosophie, et nous ne faisons que l’actualiser, pour la rendre réalisable ; ce n’est plus la réflexion qui nous mène à cet état proprement philosophique. C’est une expérience de désorientation existentielle, vécue comme une exploration du monde et une connaissance de soi. »
Emmanuel-Juste Duits, Mode d'emploi de la civilisation planétaire, Chronique sociale, 2010.

Sous-argumentL'élaboration d'une pensée complexe

L'effondrement des idéologies du XXème siècle conduit à élaborer une "pensée complexe" Voir "Pour entrer dans le XXIe siècle", Edgar Morin ; il émerge d'ailleurs des disciplines centrées sur les interactions et les rétroactions (cybernétique, systémique, écologie, Joël de Rosnay, Le Macroscope)

Sous-argumentUne confrontation des modes de vie et des visions du monde

Nous concilions le maximum de libertés publiques et le cosmopolitisme, ce qui pourrait permettre une confrontation passionnante des modes de vie, des visions du monde, etc.
OBJECTIONS

ObjectionLa modernité est un effondrement global

Le monde occidental s'est détourné des véritables principes supérieurs, c'est le règne de la quantité, la fin de la verticalité, et la fuite dans de fausses spiritualité (New Age) (René Guénon)

Pour Guénon et les traditionalistes, le monde moderne est en phase de dissolution : même son savoir est une fausse connaissance, dissolvante. L'essentiel pour l'homme est de s'inscrire dans un ordre signifiant qui le dépasse, et dont il peut connaître les principes par intuition intellectuelle directe.

Citation : "La connaissance par excellence est immuable. Toute connaissance vraie est identification avec son objet (objective). Les Occidentaux envisagent une connaissance rationnelle et discursive, donc indirecte et imparfaite, donc connaissance par reflet. En plus, ils l’apprécient uniquement si elle peut servir à des buts pratiques."
« […] le caractère le plus visible de l’époque moderne: besoin d’agitation incessante, de changement continuel, de vitesse sans cesse croissante comme celle avec laquelle se déroulent les événements eux-mêmes. C’est la dispersion dans la multiplicité, et dans une multiplicité qui n’est plus unifiée par la conscience d’aucun principe supérieur; c’est, dans la vie courante comme dans les conceptions scientifiques, l’analyse poussée à l’extrême, le morcellement indéfini, une véritable désagrégation de l’activité humaine dans tous les ordres où elle peut encore s’exercer; et de là l’inaptitude à la synthèse, l’impossibilité de toute concentration, si frappante aux yeux des Orientaux.” (p. 48)

La pensée occidentale souffre les conséquences du matérialisme, et la matière est essentiellement multiplicité et division. „Plus on s’enfonce dans la matière, plus les éléments de division et d’opposition s’accentuent et s’amplifient; inversement, plus on s’élève vers la spiritualité pure, plus on s’approche de l’unité, qui ne peut être pleinement réalisée que par la conscience des principes universels.” (p. 49)

Le mouvement et l’action sont recherchés dans la pensée occidentale pour elle-même, comme sous une loi du pur déséquilibre. Dans la science, on fait de la recherche pour la recherche, on aboutit à des résultats partiels et fragmentaires, une succession de plus en plus rapide de théories et d’hypothèses sans fondement, qui s’écroulent pour être remplacés par d’autres: „véritable chaos au milieu duquel il serait vain de chercher quelques éléments définitivement acquis, si ce n’est une monstrueuse accumulation de fait et de détails qui ne peuvent rient prouver ni rien signifier.” (p. 49)

Le seul domaine où l’homme moderne peut se vanter d’une certaine supériorité est le domaine matériel.

Prévisions: „Il faut donc s’attendre à ce que les découvertes ou plutôt les inventions mécaniques et industrielles aillent encore en se développant et en se multipliant, de plus en plus vite elles aussi, jusqu’à la fin de l’âge actuel; et qui sait si, avec les dangers de destruction qu’elles portent en elles-mêmes, elles ne seront pas un des principaux agents de l’ultime catastrophe, si les choses en viennent à un tel point que celle-ci ne puisse être évitée?” (p. 49-50)

Dans la civilisation occidentale, le devenir emporte sur l’immuable et le stable, chose qui implique la négation de toute véritable connaissance.

Il existe un lien directe entre la négation de tout principe immuable et celle de l’autorité spirituelle, entre la réduction de toute réalité au «devenir» et l’affirmation de la suprématie du pouvoir temporel, dont le domaine propre est le monde de l’action.

L’intuition intellectuelle, par laquelle s’obtient la vraie connaissance métaphysique, n’a absolument rien de commun avec cette autre intuition dont parlent certains philosophes contemporains (ex: Bergson). Parce que la vraie intuition est l’intelligence pure, supra-rationnelle.

L’individualisme aussi est la négation du supra-individuel.

„Tant que les Occidentaux s’obstineront à méconnaître ou à nier l’intuition intellectuelle, ils ne pourront avoir aucune tradition au vrai sens de ce mot, et ils ne pourront non plus s’entendre avec les authentiques représentants des civilisations orientales, dans lesquelles tout est comme suspendu à cette intuition, immuable et infaillible en soi, et unique point de départ de tout développement conforme aux normes traditionnelles.” (p. 52)

IV. Science sacrée et science profane

Dans les civilisations traditionnelles, la métaphysique constitue l’essentiel, et tout le reste s’y rattache, notamment les sciences sociales. En ce qui concerne les sciences, la conception traditionnelle et la conception moderne sont incompatibles.

L’intuition intellectuelle: „[…] est la plus immédiate de toutes les connaissances, aussi bien que la plus élevée, et qui est absolument indépendante de l’exercice de toute faculté d’ordre sensible ou même rationnel.” (p. 64)

Les sciences traditionnelles sont des illustrations de la doctrine pure, tout comme la circonférence existe uniquement par rapport au centre.

Il y a en toute civilisation normale des arts traditionnels, non moins inconnus aux Occidentaux que les sciences traditionnelles.

„La vérité est qu’il n’existe pas en réalité un «domaine profane», qui s’opposerait d’une certaine façon au «domaine sacré», il existe seulement un «point de vue profane», qui n’est proprement rien d’autre que le point de vue de l’ignorance.” (p. 66)

La science moderne est: „[…] savoir d’ordre inférieur, qui se tient tout entier au niveau de la plus basse réalité, et savoir ignorant de tout ce qui le dépasse, ignorant de toute fin supérieure à lui-même, comme de tout principe qui pourrait lui assurer une place légitime, si humble soit-elle, parmi les divers ordres de la connaissance intégrale; enfermée irrémédiablement dans le domaine relatif et borné où elle a voulu se proclamer indépendante, ayant ainsi coupé elle-même toute communication avec la vérité transcendante et avec la connaissance suprême, ce n’est plus qu’une science vaine et illusoire, qui, à vrai dire, ne vient de rien et ne conduit à rien.” (p. 66)

„Qui dit individualisme dit nécessairement refus d’admettre une autorité supérieure à l’individu, aussi bien qu’une faculté de connaissance supérieure à la raison individuelle; les deux choses sont inséparables l’une de l’autre.” (p. 74)

„Il est très difficile de faire comprendre à nos contemporains qu’il y a des choses qui, par leur nature même, ne peuvent se discuter; l’homme moderne, au lieu de chercher à s’élever à la vérité, prétend la faire descendre à son niveau; et c’est sans doute pourquoi il en est tant qui, lorsqu’on leur parle de «sciences traditionnelles» ou même de métaphysique pure, s’imaginent qu’il ne s’agit que de «science profane» et de «philosophie». »
René Guénon, La crise du monde moderne, Gallimard, 1974.

ObjectionLe multiculturalisme aboutit en pratique à rejeter la haute culture

Le multiculturalisme aboutit à rejeter la haute culture au nom du culturel, qui met à égalité les œuvres de l'esprit et les pratiques coutumières

Il fait de l'individu un consommateur culturel : "Multiculturel signifiant pour eux abondamment garni, ce ne sont pas les cultures en tant que telles qu’ils apprécient, mais leur version édulcorée, la part d’elles-mêmes qu’ils peuvent tester, savourer et jeter après usage." (Finkielkraut).
« Les héritiers du tiers-mondisme ne sont pas seuls à préconiser la transformation des nations européennes en sociétés multiculturelles. Les prophètes de la postmodernité affichent aujourd’hui le même idéal. Mais tandis que les premiers défendent, face à l’arrogance occidentale, l’égalité de toutes les traditions, c’est pour opposer les vertiges de la fluidité aux vertus de l’enracinement que les seconds généralisent l’emploi d’une notion apparue voici quelques années dans le monde de l’art. L’acteur social postmoderne applique dans sa vie les principes auxquels les architectes et les peintres du même nom se réfèrent dans leur travail: comme eux, il substitue l’éclectisme aux anciennes exclusives; refusant la brutalité de l’alternative entre académisme et innovation, il mélange souverainement les styles; au lieu d’être ceci ou cela, classique ou d’avant-garde, bourgeois ou bohème, il marie à sa guise les engouements les plus disparates, les inspirations les plus contradictoires; léger, mobile, et non raidi dans un credo, figé dans une appartenance, il aime pouvoir passer sans obstacle d’un restaurant chinois à un club antillais, du couscous au cassoulet, du jogging à la religion, ou de la littérature au deltaplane. S’éclater est le mot d’ordre de ce nouvel hédonisme qui rejette aussi bien la nostalgie que l’auto-accusation. Ses adeptes n’aspirent pas une société authentique, où tous les individus vivraient bien au chaud dans leur identité culturelle, mais à une société polymorphe, à un monde bigarré qui mettrait toutes les formes de vie à la disposition de chaque individu. Ils prônent moins le droit à la différence que le métissage généralisé, le droit de chacun à la spécificité de l’autre. Multiculturel signifiant pour eux abondamment garni, ce ne sont pas les cultures en tant que telles qu’ils apprécient, mais leur version édulcorée, la part d’elles-mêmes qu’ils peuvent tester, savourer et jeter après usage. Consommateurs et non conservateurs des traditions existantes, c’est le client-roi en eux qui trépigne devant les entraves mises au règne de la diversité par des idéologies vétustes et rigides. »
Alain Finkielkraut, La Défaite de la pensée, p.149-150, Folio.
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« Que veut la pensée postmoderne ? La même chose que les Lumières : rendre l'homme indépendant, le traiter en grande personne, bref, pour parler Kant, le sortir de la condition de minorité dont il est lui-même responsable. À cette nuance près que la culture n'est plus considérée comme l'instrument de l'émancipation, mais comme l'une des instances tutélaires qui lui font obstacle. Dans cette optique, les individus auront accompli un pas décisif vers leur majorité, le jour où la pensée cessera d'être une valeur suprême et deviendra aussi facultative (et aussi légitime) que le tiercé ou le rock'n roll : pour entrer effectivement dans l'ère de l'autonomie, il nous faut transformer en options toutes les obligations de l'âge autoritaires. »
Alain Finkielkraut, La Défaite de la pensée, Folio.

Argument CONTREL'Europe peut connaître des révolutions pacifiques qui la sauveront

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentL'Histoire n'est pas écrite

Les déclinistes adoptent parfois un ton prophétique, comme si un processus était enclenché sur lequel les hommes ne peuvent agir

Onfray : "La falaise s'effondre." Bellamy : "Nous sommes vivants. Quelles que soient les circonstances, l'histoire n'est jamais écrite d'avance: le propre de la liberté humaine, c'est de rendre possible ce qui, en apparence, ne l'était pas…"

Sous-argumentUn retour aux Lumières

La crise morale pourrait être "dépassée par le haut" par un retour aux Lumières (Carlo Strenger, E.J. Duits)

Ce retour aux Lumières irait contre le repli nationaliste et "identitaire", car les Lumières comportent le cosmopolitisme, la curiosité envers les différentes cultures, l'ouverture à l'autre. Mais il irait aussi contre le politiquement correct et sa fausse tolérance. Il impliquerait d'affirmer sans honte ses valeurs et son mode de vie mais aussi de dialoguer avec les diverses cultures et reconnaître leurs apports essentiels.

Sous-argumentUne thérapie sociale

Il ne s'agit pas d'être dans un optimisme naïf, mais d'envisager un pessimisme actif et une sortie de crise. "La guerre civile est déjà dans les têtes" et il faut mettre en oeuvre une véritable thérapie sociale
« Il ne s’agit pas de se rencontrer avec la bienveillance et la volonté de recoudre des liens déchirés, mais bien au contraire de favoriser un dialogue conflictuel qui débutera naturellement par la violence des accusations réciproques, par la mauvaise foi, les mensonges, les paranoïas mais qui permettra de mettre sur la table les raisons factuelles véritables de ces séparations craintives ou haineuses.

J’ai inventé, expérimenté et perfectionné avec mes collègues Nicole et Igor Rothenbühler l’approche qui permet de réaliser cela, y compris dans les situations les plus extrêmes, dans des pays en guerre. Dans un processus méthodique de mise en confiance progressive et de ré-humanisation de ceux d’en face, on parvient peu à peu à parler de ses blessures et de ses propres violences, on sort de la victimisation pour parler de ses propres responsabilités et de celles de son groupe d’appartenance, des erreurs des dispositifs institutionnels et des politiques inadaptées aux situations nouvelles créées par la globalisation et la marchandisation du monde.

Ces dialogues ne remplacent évidemment pas la décision politique qui devrait être assumée par des dirigeants, conscients des enjeux et assez courageux pour trancher dans le vif mais ils permettent de tenir compte des réalités vécues par l’ensemble des citoyens de ce pays et même de ce dont on ne parle pas souvent en politique, les émotions et les passions qui enrichissent ou empoisonnent les vies quotidiennes. »
Charles Rojzman, « Guerre civile ou union nationale : une réconciliation impossible ? », FrontPopulaire, 16/02/2021.

Sous-argumentLe convivialisme

Il existe "trois délires" politiques qui forment système : ultralibéralisme, intégrisme théocrate, nationalisme (R.D. Dufour). Pour sortir de ces impasses, des voies s'amorcent : le convivialisme, l'action complexe...
« Trois délires politiques mortifères hantent notre époque. Dans le premier, le délire occidental, la pléonexie (vouloir toujours plus) à l’œuvre dans le néolibéralisme se transforme en risque de tout perdre (dislocation des subjectivités, déchirure du lien social, épuisement de la planète, destruction des bases mêmes de la vie sur terre). Le second, le délire théo-fasciste de l'islamisme djihadiste prétend, contre l'égoïsme érigé en système et la démesure caractérisant l'Occident, restaurer une pureté absolue. Or, quand cette pureté originaire revendiquée se réalise, elle se transforme en souillure et en horreur absolues. Le troisième, le délire identitaire néo-fasciste (qui monte aujourd'hui partout en Europe) se présente comme le seul rempart possible contre les deux premiers. Contre la mondialisation néo-libérale, il prône un retour à la patrie. Non pas une patrie fondée sur un principe universaliste (du type "liberté, égalité, fraternité"), mais une patrie refermée sur elle-même, désignant des boucs émissaires, les étrangers, pour que des acolytes réputés "amis" se regroupent et décrètent contre ces "ennemis" l' "état d'exception". Ces trois délires tendent de plus en plus à former système : on ne sort de 1'un que pour entrer dans l'un des deux autres. Puisqu'aucun des garde-fous démocratiques (Etat, médias et université) ne fonctionne plus, il faut songer à tout refonder à partir des principes de dignité et de commune humanité, également bafoués par ces trois délires. Il se pourrait bien que le travail actuellement fourni par Les Convivialistes puisse fournir les bases de cette reconstruction – probablement une des dernières possibles avant la catastrophe annoncée. »
R.D. Dufour, « 4ème de couverture », La situation désespérée du présent me remplit d'espoir, Le Bord de l'eau, 2016.

Sous-argumentInventer de nouveaux modèles

Avec l'effondrement des idéologies, on se trouve face à un vide positif : nous devons réinventer de nouveaux modèles (développement, famille, travail, etc.) ; loin d'être négatif, il s'agit d'un défi : "il ne faut pas conserver le monde, il faut l'inventer" (T. Guénolé)

(notamment nous devons surmonter la fragmentation et retrouver des enceintes de débats où élaborer des vérités --> citation)

La crise actuelle pourrait bien être une transition vers un autre modèle de société et une chance pour proposer des "utopies réalistes" : notamment, "la fin du travail"

L'automatisation et l'informatisation créent, aujourd'hui, une part de chômage (fin des grandes industries, etc.). Il est possible de penser à une autre économie, qui libérerait les hommes de la plupart des tâches, comme le proposait le candidat Benoît Hamon, dans le sillage de travaux comme ceux de Dominique Méda sur "la fin du travail". Ces utopies prennent racine dans la contre-culture américaine notamment et une vision différente de l'homme, de son rapport à la terre et à la vie.
« Il s’agit maintenant d’inventer de nouveaux modes d’action, qui tiennent compte, dans leur structure même, de la complexité. On ne peut plus espérer « changer le monde » avec les organisations telles qu’on les a connues, qui chacune se trouve en lutte contre les autres, et tente d’imposer une vision du monde – religieuse, politique ou thérapeutique, le domaine importe peu. Nous allons esquisser d’autres formes d’action, qui engramment à leur naissance l’ouverture d’esprit et la complémentarité des approches. »
Emmanuel-Juste Duits, Mode d'emploi de la civilisation planétaire, Chronique sociale.
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Voir les citations restantes dans la page détaillée de l'argument.
OBJECTIONS
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Argument CONTRELe déclinisme est un prisme idéologique erroné

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentLa notion de déclin est trop vague

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Sous-argumentToutes les générations disent "c'était mieux avant"

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Sous-argumentLa notion de déclin n'a de sens que par rapport à une norme d'une "bonne société"

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Sous-argumentLe déclinisme est alimenté par les médias

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Sous-argumentIl n'y a pas de "choc des civilisations"

« Pourquoi ne croyez-vous pas à la thèse du choc des civilisations ?

Parce qu’il n’y a pas plusieurs mais une seule civilisation. Depuis plusieurs siècles, nous assistons au déploiement d’une civilisation globale, avec évidemment ses tensions, ses disparités, ses conflits et ces formes de violence radicale inédites. Il peut donc y avoir des guerres hautement destructrices, mais ce ne sont pas des guerres de civilisations. Le terrorisme actuel illustre cette civilisation globale avec ses méthodes transfrontières qui jouent de frustrations nées de la globalisation sur un marché mondial de la terreur.

Dans cette civilisation globale, notre désir de vivre ensemble est de moins en moins enraciné dans un territoire unique mais voyage dans des espaces déterritorialisés. C’est ainsi que ma fille peut se sentir plus proche d’une Mexicaine ou d’une Japonaise rencontrée sur Internet, immergée comme elle dans la culture manga, que de notre voisine de palier. Les mangas constituent un espace de désir déterritorialisé. Ces espaces profitent de l’infinité d’Internet. Aucun des conflits actuels ne peut être analysé comme une guerre de civilisations mais comme des conflits hybrides mêlant des Etats, des organisations terroristes, mafieuses, des réseaux économiques, des postures identitaires globalisées. L’idée d’une civilisation assiégée est plutôt caractéristique d’une Europe devenue fondamentaliste, c’est-à-dire en quête de son origine et de son hégémonie perdue. »

Sous-argumentIl n'y a pas de guerre de religion mais conflits à l'intérieur des religions

« Les vraies oppositions ne sont pas entre les religions, mais souvent internes au sein d’une même religion. La violence actuelle entre chiites et sunnites l’illustre bien. La logique du choc des civilisations affirme pourtant l’existence d’oppositions de valeurs fondées sur des antagonismes religieux multiséculaires. Il existe en fait aujourd’hui trois polarités religieuses majeures qui traversent toutes les religions : ce sont le spiritualisme, le charismatisme et le fondamentalisme. Ces tendances peuvent s’opposer mais elles sont partagées par toutes les religions. A base de développement personnel, de bien-être, le spiritualisme est la religiosité phare des sociétés les plus riches dites post-industrielles. Elle est dominante dans le bouddhisme occidental, mais on la retrouve aussi en islam avec le néosoufisme. Le charismatisme promet, lui, la réussite matérielle dans l’effervescence collective, qui touche surtout les plus pauvres, que l’on trouve dans le christianisme avec le pentecôtisme, mais aussi dans le bouddhisme avec la Soka Gakkaï. Enfin, le fondamentalisme touche ceux qui sont en déficit de reconnaissance de soi, qui rejettent le présent et s’accrochent à un passé idéal. Ce sont eux les partisans de la «guerre de civilisations», »

Sous-argumentLes "déclinistes" sont nostalgiques d'une société fermée et sclérosée

Les déclinistes regrettent une société sclérosée et triste : l'ordre moral, l'homogénéité sociale et culturelle.

Les années 50 et 60 sont le modèle fantasmé auquel les déclinistes se réfèrent. Or cette société était guindée, sclérosée, autoritaire. La police tabassait parfois dans les commissariats (écouter les sketchs de Coluche à ce sujet !). Les femmes divorcées étaient stigmatisées, les homosexuels devaient se cacher. Il y avait du racisme très répandu avec des agressions contre "les Arabes". La liberté sexuelle n'existait pas.

La jeunesse des années 60 n'en pouvait plus de cette société étouffante, c'est pourquoi dans tout le monde occidental la contestation est montée, les étudiants se sont révoltés, le mouvement hippie est né.

Sous-argumentLe déclinisme conduit à des solutions politiques autoritaires ou dangereuses

On ne pourrait revenir en arrière que par un régime autoritaire, voire dictatorial. Le déclinisme aboutit nécessairement à contraindre les citoyens, notamment les minorités, à se conformer à un modèle désuet (nation, autorité, transmission, traditions...).
Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Le déclinisme conduit à des solutions politiques autoritaires ou dangereuses
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection La dictature est celle des dirigeants européens
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentLes déclinistes veulent une identité figée, alors qu'une société vivante évolue et se construit

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Sous-argumentLes déclinistes ne se fondent pas sur des études sociologiques mais sur des ressentis

Les discours "déclinistes" ne sont pas rigoureux, ils s'alimentent de fantasmes, de peurs, d'impressions
Sous-débat
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Les déclinistes ne se fondent pas sur des études sociologiques mais sur des ressentis
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
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de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentLes déclinistes se focalisent sur des difficultés passagères sans voir l'avantage à long terme des changements en cours

Nous vivons une transition majeure : irruption des nouvelles technologies, grandes migrations, passage des campagnes aux villes... Ces changements demandent des adaptations, notamment économiques, avec la disparition des grandes industries au profit de la "société de l'information" et d'unité plus petites. Les déclinistes confondent les difficultés de cette transition avec un déclin global ; ils ne voient pas le mouvement d'ensemble historique.
« La réflexion historique sur la longue durée témoigne que la métamorphose est une donnée constante de l’histoire: c'est le processus sans fin de la refonte civilisationnelle. La fin du monde n’est jamais la fin du monde: la fin de l’hégémonie européenne n’est pas la fin d’une certaine idée faustienne de l’homme. J’observe simplement un phénomène de translation, de transmission et de continuité. »
Régis Debray, « Comment nous sommes devenus américains », Slate.
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« Que pensez-vous du tournant politique destrogyre auquel nous assistons actuellement, que ce soit aux Etats-Unis, en Europe, en Russie, en Turquie ? Pour ne parler que de l’Europe, s’il y a tentation du repli, c’est parce qu’il y a déclin. La menace identitaire-culturelle d’aujourd’hui n’est toutefois pas une tendance de fond. Le siècle est-il la bonne mesure ? J’en doute fort. Le réactif est une attitude d’esprit, par essence, inintelligente, qu’il convient de combattre. Certes, il faut un réexamen qui ne doit pas impliquer de repentance, et pour cela, il faut comprendre les phénomènes de puissance. A cet égard, en revenir à de prétendus fondamentaux est stupide. De la même façon, faire le jeu du renchérissement du culturalisme fait le jeu de la victimisation. L’universel doit demeurer régulateur. »
François Jullien, Hocine Rahli, « Il n'y a pas d'identité culturelle : rencontre avec François Jullien », Nonfiction, 23/07/2017.

Sous-argumentParler du "déclin" sert à dissimuler les vrais problèmes

Les déclinistes mettent sur le dos de la baisse de la culture ou de l'immigration des problèmes qui viennent de la baisse de l'activité économique. La démoralisation, le repli sur soi, les difficultés à proposer une éducation avec des moyens suffisants, le communautarisme, la dégradation de infrastructures, etc., tous ces effets découlent de l'anomie économique – et non d'un mystérieux "déclin".

Parler de "déclin" de manière romantique c'est oublier les inégalités sociales, l'anomie économique, les discriminations (cita "La Bête")
Sous-débat
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Parler du "déclin" sert à dissimuler les vrais problèmes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Il existe des problèmes culturels, on ne peut pas tout réduire à l'économie
de l'argument pour aller plus loin.
OBJECTIONS

ObjectionL'Histoire est tragique

Les progressistes supposent qu'il y a du progrès. Or l'Histoire est tragique, elle est faite de guerres et de contradictions, qui ne se résolvent pas mais changent de forme. Les idéologues croient tous que le monde s'unifiera sous leur bannière : que tout le monde deviendra chrétien, ou démocrate, ou que le marxisme triomphera... En réalité, les humains n'arriveront jamais à un accord fondamental ni une "paix perpétuelle". Le conflit existera toujours, entre nations, religions, civilisations.

ObjectionIl existe des aires civilisationnelles distinctes et concurrentes

En prétendant que toute l'humanité peut adhérer aux mêmes valeurs, aux Droits de l'homme, les Occidentaux ont justifié le colonialisme. En réalité, chaque culture produit son image du Bien et du Juste, et il est illusoire et dangereux de vouloir toutes les amener à accepter des valeurs qui ne sont, in fine, qu'occidentales. Croire en une sorte de réconciliation mondiale sur des valeurs communes n'est qu'une utopie - illusoire, voire dangereuse, en ce qu'elle nie la diversité des cultures et des civilisations. Il faut accepter que chaque civilisation vive de son côté.
Sous-débat
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Il existe des aires civilisationnelles distinctes et concurrentes
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection La notion de "civilisation" n'est pas pertinente
de l'argument pour aller plus loin.

ObjectionL'homme, quand il est déraciné, devient une unité comptable

L'individu abstrait n'existe pas ; chaque personne est l'expression d'une langue, d'une culture, d'une histoire. En imaginant un "homme remplaçable", qui peut s'abstraire de toute appartenances pour décider sa vie, on fait une erreur tragique. On prépare le terrain à un homme sans racine, sans identité, flottant et malléable, qui sera à la merci des firmes internationales, de la publicité, des loisirs de masse, voire de mots d'ordres et slogans sans profondeur.

ObjectionDans un monde multipolaire, il faut une politique de puissance

L'Europe occidentale ne pourra pas toujours vivre sous la tutelle militaire américaine ; pour avoir une destinée propre, elle doit entrer à nouveau sur la scène de l'histoire, accepter la possibilité du conflit, se doter d'outils militaires et politiques. Elle doit aussi se réarmer moralement, croire en ses valeurs, en son histoire, trouver un projet collectif qui la porte - comme les autres aires civilisationnelles, qui croient en elles, comme la Russie avec la religion orthodoxe, le monde islamique, les USA avec leur patriotisme etc.

ObjectionIl faut retrouver un sens à la civilisation occidentale

Prendre des verres à une terrasse de café, porter une minijupe, partir à la mer, ne donnent pas sens ni grandeur à la destinée humaine. Celle-ci aspire à des actes héroïques, à une tension vers l'absolu, à un rapport avec la transcendance - ou, à minima, à la fierté de son histoire et de sa culture. Certains "déclinistes" espèrent un retour au christianisme (comme en Russie) ou à la sagesse antique (Onfray) comme réponses au vide contemporain.

Argument CONTRELes scénarios possibles pour l'avenir de l'Europe

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SOUS-ARGUMENTS

Sous-argumentUne civilisation des petits bonheurs et de la liberté

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Sous-argumentAller vers le transhumanisme

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Sous-argumentRenouer avec le projet marxiste

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Sous-argumentSe tourner vers les sagesses extrêmes orientales

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Sous-débat
Le débat continue. Consultez la page détaillée
Se tourner vers les sagesses extrêmes orientales
SOUS-ARGUMENTS OBJECTIONS
Aucun sous-argument n'a été entré. Objection Biais d'exotisme
de l'argument pour aller plus loin.

Sous-argumentRevenir à une tradition

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Sous-argumentRetrouver Socrate

La civilisation occidentale s'inaugure avec Socrate, qui cherche la vérité par la raison - en allant contre les Dieux, contre les opinions, contre les autorités. A partir de la crise de la philosophie, celle-ci abandonne l'idéal de la recherche de la vérité en commun - qui se transporte dans des sciences parcellaires (physique, biologie, sciences humaines séparées). Les individus se trouvent devant des vérités qui se contredisent, et que personne ne cherche à départager. Or l'homme a besoin de savoir quelle est la vérité sur les questions essentielles, si du moins une telle vérité existe. Il veut savoir quel est le bien, le juste, le réel, l'ultime, l'être. Il faut retrouver cette quête de la vérité, et créer des enceintes spécialement destinées à confronter les différentes visions du monde (religions, philosophies), pour savoir "quelle est la vraie". C'est ce que propose notamment E.J. Duits dans "Après le relativisme" (Le Cerf, 2016).

Sous-argumentInventer des idéaux inédits

Les déclinistes proposent toujours de se retourner vers le passé de l'occident : christianisme, antiquité grecque, ou marxisme. Or, tout a échoué, du christianisme au marxisme, du libéralisme à la postmodernité. Tout est à réinventer, sans modèles ni boussoles, peut-être en prenant ce qu'il y a de meilleur dans les diverses civilisations. Le monde est ouvert.
OBJECTIONS
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Pour aller plus loinPour aller plus loin

BibliographieBibliographie [ modifier ]

Plutôt POURPlutôt POUR [ modifier ]

  • Michel Onfray, Décadence.
  • Eric Zemmour, Le suicide français.
  • Alain Finkielkraut, L'identité malheureuse.
  • Samuel Huntington, Le Choc des civilisations, Odile Jacob.
  • Ivan Rioufol, La guerre civile qui vient.
  • Emmanuel-Juste Duits, Didier Barbier, La Logique de la Bête, Editions de l'éclat.
  • Oswald Spengler, Le déclin de l'Occident.

Plutôt CONTREPlutôt CONTRE [ modifier ]

  • Dany-Robert Dufour, La situation désespérée me remplit d'esoir (Face à trois délires mortifères, l'hypothèse convivialiste), Le Bord de l'eau.
  • Raphaël Liogier, La guerre des civilisations n'aura pas lieu.
  • Ulrich Beck, Le cosmopolitisme.
  • Edgar Morin, Pour entrer dans le XXIe siècle, Le Seuil.
  • Emmanuel-Juste Duits, Mode d'emploi de la civilisation planétaire, Chronique sociale.
  • Francis Fukuyama, La fin de l'Histoire.
  • Johan Norberg, Non, ce n’était pas mieux avant, Plon, Mai 2017.

Ni POUR ni CONTRENi POUR ni CONTRE [ modifier ]

  • Dany-Robert Dufour, La Cité perverse, Folio.  
  • Gilles Lipovetsky, L'ère du vide, Folio.  
  • Jean-François Mattéi, Le procès de l'Europe, PUF.  
  • Alain Finkielkraut, La Défaite de la pensée, Folio.  
  • Carlo Strenger, Le Mépris civilisé, Pocket.  
  • Emmanuel-Juste Duits, Après le relativisme, Le Cerf.  
  • Charles Rojzman, Vers les guerres civiles, Lemieux.  
  • Hugues Lagrange, Le déni des cultures.  
  • Alvin Toffler, Le Choc du futur, Folio.  
  • Max Horkheimer, Eclipse de la raison, Payot.  
  • Marcel Gauchet, Le Désenchantement du monde.  

SitographieSitographie [ modifier ]

Plutôt POURPlutôt POUR [ modifier ]

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Plutôt CONTREPlutôt CONTRE [ modifier ]

Ni POUR ni CONTRENi POUR ni CONTRE [ modifier ]

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Débats connexesDébats connexes [ modifier ]

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