De nombreux philosophes de gauche ont débattu avec des heideggériens ou Heidegger, lui-même compromis avec le nazisme

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Débat parentCet argument est utilisé dans le débat Faut-il débattre avec l'ennemi ?.
Mots-clés : aucun[ modifier ].

RésuméRésumé

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Fait connu de tous, Heidegger a été compromis avec le régime nazi. Sa pensée n'est pas tout à fait étrangère à cet engagement. Or un tel pedigree n'a pas empêché nombre de philosophes continentaux, souvent de gauche, de dialoguer avec Heidegger (ou des heideggériens convaincus), véhiculant donc une pensée aux antipodes du rationalisme.

CitationsCitations

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« Martin Heidegger consigna ses réflexions dans trente-quatre cahiers (le premier a été « perdu »), dits noirs en référence à la couleur de la reliure. Gallimard vient d’en publier deux volumes qui couvrent les années 1931-1939 (Sous le titre de Réflexions II-VI et VII-XI.), période durant laquelle Heidegger tenait non seulement des propos antisémites mais était membre du Parti nazi (dès 1933 et jusqu’en 1945). Dans ces ouvrages, ce qu’annonçait le « prophète », c’était la venue d’un « messie », à savoir lui-même. La posture messianique a une portée décisive : elle dit qu’il ne suffit pas d’exterminer les juifs, il faut aussi détruire le judaïsme de l’intérieur. Fin 1941, dans l’un de ces fameux Cahiers, Heidegger écrit, avec une aveuglante clarté, que l’acte le plus haut de la politique consiste à contraindre l’ennemi à procéder à son auto-extermination. (...) Pour Heidegger, le combat pour l’être (der Kampf für Seyn) doit, contre Kant, se substituer au combat pour l’homme. Or la métaphysique a été corrompue par l’oubli de l’Être, c’est-à-dire, comme le souligne F. Rastier, par le rationalisme juif. Une métaphysique « enjuivée » qui conduit à l’antisémitisme et forge le cadre du négationnisme ontologique (on doit cette suggestive expression à Emmanuel Faye.) qui frappe les juifs. Dès lors, les nazis ne sont plus les bourreaux mais de simples instruments de ce qui est en réalité auto-anéantissement. »

Alain Policar, « Débat : Heidegger ou « l’antisémitisme rédempteur » », The Conversation, 22/02/2019.

« L'analyse de leur relation [Heidegger et Arendt] est entrecoupée de compte rendus contextuels historiques et culturels qui déterminent leurs chemins, tout comme ils reconfigurent leur relation au fur et à mesure des évènements. Pourtant, au fil des séparations et des retrouvailles, des silences et des correspondances, Hannah Arendt reste fidèle à la confrontation de sa pensée à celle de Heidegger. Elle pense avec lui, même sans lui,  et c'est bien là la dimension remarquable de cet amour : le dialogue n'a guère besoin de proximité ni d'immédiateté, bien que les deux anciens amants en aient eu régulièrement besoin tout au long de leurs vies. Ne pouvant en dire plus sur cet ouvrage si dense, il suffira de dire que le livre tisse avec précision et justesse le fil d'une histoire dans l'Histoire. »

Auteur non renseigné, « Hannah Arendt et Martin Heidegger, histoire d'un amour, Antonia Grunenberg », La Cause littéraire, 2/07/2013.

RéférencesRéférences

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Arguments pourSous-arguments

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Arguments contreContre-arguments

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  • Argument contreLa philosophie de Heidegger n'a rien à voir avec le nazisme

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