Crier au loup fasciste avec le RN sert les intérêts politiciens d'une gauche qui a oublié ses fondamentaux

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Argument CONTRECet argument est un argument CONTRE dans le débat Le Rassemblement national est-il un parti fasciste ?.
Mots-clés : Front national, Extrême-droite, Fascisme, Le Pen, Rassemblement national[ modifier ].

RésuméRésumé [ modifier ]

CitationsCitations [ modifier ]

« Quand le PS n’a rien à dire, il lui reste la lutte contre le FN, son meilleur ennemi.

Au Parti socialiste, on n’a pas d’idées ni de projets (à l’exception du mariage pour tous et de l’augmentation des impôts), mais on a le FN. Le parti de Marine Le Pen était d’ailleurs au centre des préoccupations de l’université d’été du PS, le week-end dernier à La Rochelle. La «lutte contre l’extrême droite» et le «fascisme» : rien de tel pour motiver et ressouder les troupes quand on n’a rien d’autre à dire. Entre l’extrême droite et la gauche, c’est une vieille histoire d’amour en forme de passion adultérine.

Ces deux-là ne peuvent convoler aux yeux de tous, mais chacun a besoin de l’autre. Sans la gauche refusant de prendre à bras le corps l’insécurité, la montée du communautarisme et l’immigration clandestine, le FN ne prospérerait pas autant et ne gênerait pas la droite. Sans le FN qui lui sert d’épouvantail, la gauche de gouvernement aurait du mal à différencier sa politique économique – dictée par l’Union européenne – de celle de la droite, sinon à des variables d’ajustement. »
Christian Authier, « PS / FN : je t'aime, moi non plus… », L'Opinion, 28/08/2013.
« Que le FN ne soit pas un parti fasciste, c’est une évidence. Est-ce pour autant « un parti comme les autres » ? La question se pose en des termes nouveaux et c’est alors que des antilepénistes de choc, tombant le masque, passent de la diabolisation à la banalisation et répondent aujourd’hui par l’affirmative. Certes, ils ne disent pas que le FN doit être confondu avec les autres formations républicaines mais ils ne cachent pas qu’au second tour, ils s’abstiendront plutôt que d’apporter leurs suffrages à l’adversaire de Marine Le Pen. Or cela revient au même et ce comportement électoral implique une telle révision idéologique. Toutes les études montrent qu’une forte abstention pourrait porter la Présidente du FN à l’Elysée. La conclusion coule de source : s’abstenir, c’est voter Le Pen. Et ce risque devient admissible alors qu’hier toute critique était suspecte dès lors qu’elle n’était pas outrancière. Voilà donc le FN banalisé, habilité à gouverner, par ceux-là mêmes qui l’avaient ostracisé. Preuve que cette diabolisation, sous couvert d’exigence morale, n’était qu’une instrumentalisation électorale. »
François de Closets, « François de Closets: «Le Front national et le piège de l’abstention» », L'Opinion.fr, 2/04/2017.
« (...) la pensée antifasciste tend à considérer comme fasciste l’ensemble des éléments capitalistes puisque le fascisme y est supposément leurs stades ultimes. De ce simple fait, le libéralisme, le conservatisme ou la pensée réactionnaire seraient liés directement ou indirectement au fascisme. On peut dès lors comprendre pourquoi pendant la guerre froide, les communistes voyaient un fasciste dans chacun de ses opposants. De Gaulle était ainsi accusé « de coup d’état fasciste » en 1958 tandis que Raymond Aron et Hannah Arendt étaient accusés de faire le jeu du « fascisme » en osant dénoncer le totalitarisme communiste.

Caricatural sous la guerre froide, le mouvement antifasciste s’est professionnalisé à partir des années 80. La création d’associations antiracistes et communautaires et la percée du Front National aux municipales de 1984 expliquent cette transformation. La Gauche mitterrandienne dont la gauche actuelle est largement issue saura dès lors utiliser habilement l’antifascisme à des fins proprement politiques. Dorénavant, le FN sera encarté comme parti fasciste sans aucune explication. Comme le soulignait Taguieff, cet antifascisme d’opérette permet d’une part de faire oublier les crimes du communisme en se concentrant exclusivement sur « le péril brun » et d’autre part de délégitimer un adversaire politique et au-delà de ça de délégitimer certaines de ces idées.

Ainsi, il suffit que le FN soit pour le contrôle des frontières pour qu’instantanément cette idée devienne « fasciste » et donc dangereuse in fine pour la démocratie. Cette délégitimation ne s’arrête pas à l’extrême-droite puisque si la droite s’avise comme sous Sarkozy à se montrer favorable aux contrôles aux frontières, elle sera immédiatement accusée « de faire le jeu du FN », c’est-à-dire pour eux du fascisme.

Ainsi, toute idée partagée, issue ou reprise par le Front National est frappée de contamination tel un virus qu’il faut circonscrire. Dites que vous êtes eurosceptique, défavorable à l’immigration ou que vous êtes préoccupés par les effets de la globalisation, et vous serez alors contaminé par la « lepénisation des esprits », voire pire, vous serez sans le savoir « un fasciste ». »

Références bibliographiquesRéférences [ modifier ]

Sous-argumentsSous-arguments [ modifier ]

Sous-argumentLe "barrage républicain" est un prétexte des politiciens pour garder leur place

Contre-argumentsContre-arguments [ modifier ]

Contre-argumentLes anciens déportés et résistants appellent tous à ne pas voter RN

Contre-argumentLe "loup fasciste" n'est pas un fantasme

Contre-argumentSi les électeurs votaient "mieux", il n'y aurait pas de vote utile

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